par
Corentin Lê
S’ils ne sont pas les seuls documentaires réalisés par Chantal Akerman, D’Est (1993), Sud (1999) et De l’autre côté (2002) forment à bien des égards une trilogie à part entière dans sa filmographie. Voyages hantés épousant le trajet de quelques âmes errantes, les trois films partagent une démarche et une même attention à ce qui passe, dans tous les sens…
par
Josué Morel
Trois kilomètres jusqu’à la fin du monde commence comme un film policier : dans un village du delta du Danube, Adi, un garçon de 17 ans, est rué de coups en rentrant d’une soirée. Si l’on devine assez vite pourquoi (dans le prologue, un plan fugace le montre en compagnie d’un garçon), le film met un certain temps à arriver à cette question de…
par
Bastien Gens
Monsieur Aznavour débute sur une page blanche, qui évoque cependant moins ici l’angoisse de l’auteur qu’elle n'éveille celle des spectateurs : dans un carnet de chansons s’inscrit le titre d’un vieux standard du chanteur surplombé de la mention « chapitre 1 ». Le film ne débordera jamais de ce programme strictement établi, qui emprunte une logique d’émission de variété :…
par
Fabrice Fuentes
Simon (Stanislas Merhar) est un jeune homme de bonne famille allergique au pollen. Dans son grand appartement haussmannien en travaux, il vit la plupart du temps reclus avec sa grand-mère et Ariane (Sylvie Testud), sa dulcinée. Cette dernière lui donne du fil à retordre. Le soir, plutôt que de faire l’amour avec elle, il lui suggère de jouer aux dames.…
par
Fabrice Fuentes
Depuis la faillite de sa maison de production Lion Rock en 2017, John Woo peine à trouver un nouveau souffle. Et ce n’est pas The Killer, remake occidental de l’un de ses meilleurs films chinois sorti en 1989 qui va faire grandir notre enthousiasme. On s’évitera ici de recourir au petit jeu des ressemblances et dissemblances avec l’original, tant l’exercice…
par
Josué Morel
À l’image de ses personnages obsessionnels, partagés entre un entêtement et une aspiration à la fuite, le cinéma de Guiraudie se caractérise par un étrange mélange de cohérence bornée (c’est une qualité) et d’indécidabilité : à peine a-t-on cru localiser son désir que ce dernier prend une autre direction. Si les films reconduisent à chaque fois une poignée de motifs…
par
Caroline Alonso
Dès les premiers plans des Violons du Bal, Michel Drach se met en scène : il y arrache les pages de son scénario, qui sont emportées par le courant d’un fleuve. Cette ouverture illustre l’horizon poétique du cinéaste, tout en annonçant la nature flottante (et itinérante) de son film. Constamment sur les routes (en train, en moto ou en auto),…
par
Clément Colliaux
Au début de L’Amour ouf, une vision qu’a le jeune Clotaire fait presque office de déclaration d’intention : sur le port où le garçon déjeune avec son père, une flaque d’essence forme un miroir ondoyant et coloré par la lumière irisée du soleil. Agitée et bariolée, voilà comment on pourrait décrire l’esthétique du film, qui déploie autour de l’histoire d’amour…
par
Camille Bouthors
Sauvages est un film engagé, dont l’objectif consiste à sensibiliser les enfants aux ravages de la déforestation. L’histoire qui sert de prétexte à cette noble ambition est une sorte de synthèse entre Bambi, Avatar et Princesse Mononoké : à Bornéo, de nos jours, une orpheline nommée Kéria recueille un enfant orang-outang dont la mère vient d’être tuée par des bûcherons. Par…
par
Camille Bouthors
Après le Vietnam (Les Âmes errantes), le Sahara (Hope) et la Centrafrique (Camille), Boris Lojkine poursuit sa quête de « l’autre » dans un nouveau monde chaotique et inhospitalier : les rues de Paris, où s’affaire le peuple fantôme des travailleurs sans papiers. La dure réalité a un visage, celui de Souleymane (Abou Sangare), dont le film organise le martyre…
par
Josué Morel
Grosse déception : après un Terrifier 2 assez réjouissant, où Damien Leone faisait montre d’une inspiration excédant ce qu’il avait jusqu’ici montré – un goût de l’artisanal, une approche de l'horreur à la fois vintage et jusqu’au-boutiste dans son goût de l’hémoglobine –, le troisième volet des aventures d’Art le clown s’apparente à une régression esthétique. L’affaire commence pourtant bien, avec…
par
Clément Colliaux
Comment faire le biopic d’une personnalité comme Donald Trump, qui passe déjà son temps à se mettre en scène ? Ali Abbasi décide de se focaliser sur la jeunesse de l’ex-président, et plus précisément sur son ascension sur le marché de l’immobilier, qu’il doit en partie à l’amitié nouée avec Roy Cohn (Jeremy Strong), un avocat aussi véreux qu’influent. Pour…
par
Josué Morel
On concédera un mérite à Folie à deux : par le pas de côté (un peu trompeur, on y reviendra) qu’il fait vers la comédie musicale, le film délaisse les atours vaguement « politiques » du premier volet. Exit le vernis insurrectionnel, qui faisait du pauvre Arthur Fleck (Joaquin Phoenix) un agent du chaos dont l’ascension médiatique embrasait la ville de Gotham City…
par
Clément Colliaux
Golden Eighties, comédie musicale que Chantal Akerman réalise en 1986, prend à bras-le-corps l'artificialité qui fit les beaux jours du genre sous l’égide des cinéastes classiques hollywoodiens. Tourné en studio, le film se déroule quasi intégralement dans un décor unique qui s’apparente lui-même à une devanture factice, puisque l’action se trouve circonscrite à une galerie marchande encadrée par deux vitrines…
par
Corentin Lê
S’ils ne sont pas les seuls documentaires réalisés par Chantal Akerman, D’Est (1993), Sud (1999) et De l’autre côté (2002) forment à bien des égards une trilogie à part entière dans sa filmographie. Voyages hantés épousant le trajet de quelques âmes errantes, les trois films partagent une démarche et une même attention à ce qui passe, dans tous les sens…
par
Josué Morel
Auréolé d'un Grand Prix qu'on est en droit de trouver taillé trop grand pour lui, All We Imagine as Light a suscité sur la Croisette un enthousiasme qui s'explique peut-être par le timing de sa projection, en queue d'une compétition riche en objets imposants et démonstratifs. Il faut reconnaître que le film est tout l'inverse : modeste, discret, petit, presque…
par
Alexandre Moussa
C’est un quai de gare, vide. Gris et inhospitalier. Le cadre est fixe, frontal. Les lignes convergentes de deux voies ferrées dirigent notre regard vers le centre de l’image, où l’on distingue, au premier plan, une cabine téléphonique. Les piliers soutenant le toit au-dessus du quai achèvent d’équilibrer la composition : ce non-lieu en paraîtrait presque beau. Le son d’un train…
par
Thomas Grignon
Rebel Ridge débute par l'arrestation violente d'un homme noir par deux policiers blancs : violemment percuté par un véhicule de service alors qu’il est en chemin pour le tribunal local, Terry Richmond (Aaron Pierre) est appréhendé pour une raison fallacieuse et se voit confisquer les 30 000 dollars qu'il transporte sur lui. Problème : cette somme doit être déposée au…
par
Robin Vaz
C’est le prologue du film : depuis l’instabilité des flots, la skyline de Manhattan se révèle dans la pénombre, où des milliers de vies luisent faiblement à travers les vitres des gratte-ciels. Diluées dans cette immensité, de faibles voix murmurent des bribes de phrases yiddish, qui viennent se mêler à des notes de violons, composant une énigmatique mélopée. Puis, en…
par
Jean-Sébastien Massart
Peu de réalisateurs français peuvent se targuer d’être aussi productifs et rentables que François Ozon (presque un film par an depuis ses débuts, à la fin des années 1990). Peu ont également engendré une œuvre aussi hétéroclite et discontinue, épousant aussi bien le mauvais théâtre (de Huit femmes à Peter von Kant) que la dignité du film « à sujet » (Grâce…