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Jean-Sébastien Massart
Après Passion simple et L’Événement, Mémoire de fille confirme la difficulté, voire l’impossibilité d’adapter Annie Ernaux au cinéma. Dans ce récit autobiographique publié il y a une dizaine d’années, l’autrice revenait sur l’été de ses dix-huit ans, durant lequel elle quitte pour la première fois sa famille et devient monitrice dans un camp de vacances. La narration, froide et analytique,…
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Jean-Sébastien Massart
Lorsqu’on les interrogeait sur les influences de Resident Evil, jeu de survival horror qui fit date dès sa création en 1996, ses trois créateurs japonais citaient George Romero, Tobe Hooper et Alfred Hitchcock. Le cinéma industriel américain leur a vite rendu la monnaie de leur pièce, exploitant le succès du jeu à travers une franchise médiocre avec Milla Jovovich, pendant…
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Jean-Sébastien Massart
La comédie romantique battrait-elle de l’aile ? On faisait l’an dernier ce triste constat devant Bridget Jones : folle de lui, où Renée Zellweger, 56 ans, reprenait le rôle-titre de la saga dans une version crépusculaire d’elle-même. Tout le film, traversé par le deuil, soulevait cette double question : comment survivre à son propre déclin ? Comment se reconstruire après avoir connu l’âge d’or ?…
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Jean-Sébastien Massart
Rien ne permettait de prévoir que Le Diable s'habille en Prada connaîtrait un jour une suite. La carrière de Meryl Streep n'avait pas spécialement besoin de faire revivre Miranda Priestly, sa maturité s'étant incarnée dans d'autres grands rôles de femme de pouvoir (The Iron Lady et Pentagone Papers entre autres). Quant à la presse mode, dont le film de 2006…
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Jean-Sébastien Massart
Qu’attendait-on au juste de Michael, biopic produit et validé par John Branca, ancien manager et avocat de Michael Jackson, désigné comme exécuteur testamentaire de l’artiste depuis sa disparition, en juin 2009 ? Croyait-on qu’il allait éclairer la part la plus sombre de la vie de l’artiste et revenir, entre autres, sur l’affaire Chandler et les perquisitions effectuées dans le ranch…
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Jean-Sébastien Massart
Pourquoi faire jouer des actrices américaines dans les films français ? La question pouvait se poser il y a quelques mois devant Vie privée, où le choix de Jodie Foster, loin de capitaliser sur l’étrangeté de sa présence dans un décor parisien, relevait du pur caprice cinéphile et finissait par s’avérer assez vain et stérile. Le cas de Coutures est un…
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Jean-Sébastien Massart
Enfonçons tout de suite une porte ouverte : Gourou décrit moins la carrière contrariée de Matt – coach de vie influent organisant des séminaires spectaculaires – qu’il ne commente l’ascension de Pierre Niney, dont la place dans l’économie du cinéma français a sensiblement bougé depuis Le Comte de Monte Cristo. Fort de ce succès colossal, l’acteur a opéré une mue dépassant…
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Jean-Sébastien Massart
Au terme de la longue confession qui sert de fil rouge au Mage du Kremlin, Vadim Baranov (Paul Dano), conseiller en communication de Vladimir Poutine, avoue à son interlocuteur (Jeffrey Wright) à propos de la guerre en Ukraine : « Je ne l’ai pas voulue, mais je ne m’y suis pas opposé. » On tient là l’une des clés de ce personnage veule…
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Jean-Sébastien Massart
Le détective Benoît Blanc (Daniel Craig) reprend son costume d’Hercule Poirot des plateformes dans Wake Up Dead Man, troisième volet de Knives out, franchise que Rian Johnson développe désormais au rythme d’un film tous les trois ans. Rien de nouveau sous le soleil : la comédie policière se replie sur ses bases littéraires (Edgar Poe et Agatha Christie, ouvertement cités) et…
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Jean-Sébastien Massart
Adapté de son propre roman, Les Tourmentés conforte Lucas Belvaux dans sa veine sombre, celle, entre autres, de Rapt et Des hommes. Visages blafards, sérieux sans faille des dialogues, solennité de l’acting (en mode Bureau des légendes) sont autant de signaux qu’envoie ce film triste et monochrome, qui emporte dans sa noirceur les nuances plus lumineuses et subtiles de Pas…
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Jean-Sébastien Massart
D’Évanouis à Together, cet été 2025 aura été riche en hommages inattendus au cinéma de John Carpenter. Si le premier évoque plutôt le versant politique de son œuvre (sa satire vise l’Amérique des idiots dont Trump et Musk sont devenus les mascottes), le second cite ouvertement The Thing, mais en restreignant la question des mutations à celle du couple. C’est…
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Jean-Sébastien Massart
« C’est qui Steven Spielberg ? » demande naïvement à sa coiffeuse Magalie Moreau (Adèle Exarchopoulos), une star des réseaux sociaux. La réponse qu’elle lui donne (« Un mec qui faisait des films avant ») ancre le film de Quentin Dupieux dans un présent où le cinéma et ses auteurs auraient été tout simplement effacés pour être remplacés par des…
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Jean-Sébastien Massart
Dans un immeuble situé au milieu de nulle part, un couple – Anx et Cassandra – est confronté à une épidémie qui s’attaque à la peau avant de provoquer de violentes mutations. Après Le Règne animal et dans une moindre mesure Vermines avec sa tour HLM mise en quarantaine, Else apporte une nouvelle pierre à l'édifice des récits fantastiques plus…
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Jean-Sébastien Massart
« Freud qui baise avec sa mère, c’est pas pour moi », avoue Anis (Hakim Jemili) à sa psy (Clotilde Courau). La scène n’est pas loin de conclure L’Amour, c’est surcoté et il faut peut-être y voir un point d’aboutissement, sinon une forme d’apogée : par amour pour Madeleine (Laura Felpin), le triste Anis accepte le principe d’une thérapie pour ne plus…
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Jean-Sébastien Massart
La déception suscitée par Drop Game confirme ce que l’on pressentait déjà depuis un certain temps : à 56 ans, Jason Blum n’occupe plus le centre du cinéma d’horreur américain industriel. On peut même dire que depuis quelques années, la stratégie low cost qui a fait le succès des produits Blumhouse (budgets rachitiques, cinéastes moins en vue, à l’exception notable de…
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Jean-Sébastien Massart
Dans un Mexique touristique et suranné, Lee (Daniel Craig), écrivain d’âge mûr, tombe amoureux du jeune Eugène (Drew Starkey) et entame assez vite une relation avec lui. Résumé ainsi, Queer pourrait n’être qu’une variation autour de Call Me by Your Name, mais l'initiation que le film relate dépasse assez vite le cap de la romance gay pour atteindre dans son…
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Jean-Sébastien Massart
L’Amour au présent marche sur les traces de Nos étoiles contraires, le best-seller de John Green dont l’adaptation cinématographique (en 2014) a remis au goût du jour la romance sur fond de chimiothérapie, vieille recette de mélo hollywoodien sur laquelle reposait déjà le succès planétaire de Love Story au début des années 1970. Dans ce genre de récits, la conscience…
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Jean-Sébastien Massart
« Coward » s'entend dire le jeune Leonard Fife (Jacob Elordi) au moment où le sergent-instructeur qui vient de l'examiner le déclare inapte au service militaire. La séquence, qui se situe à la fin de Oh, Canada, résume tout ce que la laborieuse confession de Fife a voulu mettre au jour, peut-être dans l’espoir d’une absolution : l’aveu de sa propre lâcheté,…
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Jean-Sébastien Massart
Claire Atherton, qui a monté les films de Chantal Akerman de 1984 jusqu’à sa mort, en 2015, était invitée à présenter une partie de la rétrospective dédiée à la cinéaste lors du dernier festival de La Rochelle. Elle revient avec nous sur le travail de composition des films, la place laissée à l’intuition et le rôle de l’écriture chinoise dans…
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Jean-Sébastien Massart
Peu de réalisateurs français peuvent se targuer d’être aussi productifs et rentables que François Ozon (presque un film par an depuis ses débuts, à la fin des années 1990). Peu ont également engendré une œuvre aussi hétéroclite et discontinue, épousant aussi bien le mauvais théâtre (de Huit femmes à Peter von Kant) que la dignité du film « à sujet » (Grâce…