Critikat

L’Étranger

par Josué Morel

L’Étranger version Ozon commence et s’achève par ce que l’on croit d’abord être une substitution. « J’ai tué un Arabe » est la première phrase prononcée par Meursault, en lieu et place du « Aujourd’hui, maman est morte » de Camus. Au terme du film, Ozon répète l’idée : le récit ne se conclut pas sur le personnage, mais sur la tombe de sa…

Quand vient l’automne

par Jean-Sébastien Massart

Peu de réalisateurs français peuvent se targuer d’être aussi productifs et rentables que François Ozon (presque un film par an depuis ses débuts, à la fin des années 1990). Peu ont également engendré une œuvre aussi hétéroclite et discontinue, épousant aussi bien le mauvais théâtre (de Huit femmes à Peter von Kant) que la dignité du film « à sujet » (Grâce…

Mon Crime

par Thomas Grignon

À la fin de Mon Crime, François Ozon filme un théâtre, lieu matriciel de son cinéma depuis son adaptation en 2000 d'une pièce de Fassbinder : Gouttes d’eau sur pierres brûlantes. Madeleine Verdier (Nadia Tereszkiewicz), jeune comédienne de l’entre-deux-guerres, y interprète une scène où elle tue son producteur parce qu'il a eu les mains trop baladeuses. Triomphe dans l'assistance, où…

Peter von Kant

par Sylvain Blandy

On connaît le goût de François Ozon pour les espaces clos et la décoration d’intérieur. Il apparaît bien vite, une fois le rideau levé sur l’appartement de Peter von Kant, que la pièce de Fassbinder dont ce film est la transposition au masculin participe d’abord de la reconstitution fétichiste d’un imaginaire, avec son mobilier kitsch et ses tapis de fourrure.…

Tout s’est bien passé

par Hugo Mattias

Tout s’est bien passé va droit au but : en quelques secondes et une sonnerie de téléphone, Emmanuelle (Sophie Marceau) rejoint à toute vitesse l’hôpital où son père (André Dussollier) se remet péniblement d’un AVC. On la retrouve ensuite dans une rame de métro, où un touriste lui demande son chemin en lui tendant une carte. La caméra isole le…

Tout s’est bien passé

par Hugo Mattias

Tout s’est bien passé va droit au but : en quelques secondes et une sonnerie de téléphone, Emmanuelle (Sophie Marceau) rejoint à toute vitesse l’hôpital où son père (André Dussollier) se remet péniblement d’un AVC. On la retrouve ensuite dans une rame de métro, où un touriste lui demande son chemin en lui tendant une carte. La caméra isole le…

Été 85

par Sylvain Blandy

Depuis les côtes normandes, Alexis (Félix Lefebvre), 16 ans, lève les amarres pour une échappée en mer. Mais l’orage gronde et le bien-nommé Tape-cul chavire. Un coup de foudre zèbre l’horizon quand apparaît David (Benjamin Voisin), garçon de la plage dont la gueule en pain de sucre et l’assurance contrastent avec les manières pataudes du blondinet échoué. À la barre…

Grâce à Dieu

par Thomas Lequeu

En prenant connaissance de tous les éléments de l’affaire Preynat (du nom de ce prêtre accusé d’agressions sexuelles à Lyon qui aurait bénéficié de la protection du cardinal Barbarin), François Ozon a d’abord eu l’idée d’en faire un documentaire mais, répondant notamment à la volonté des victimes, dont les témoignages constituent le matériau premier du film, le réalisateur s’est décidé…

L’Amant double

par Fabien Reyre

Ça commence comme une pub pour Jean-Louis David, avant d’enchaîner sur un plan d’une subtilité folle (une vulve qui se fond en œil grand ouvert - plus tard, dans le film, c’est une bouche hurlant de plaisir qui deviendra vulve). Pour son nouveau film, un thriller psychanalytico-érotique dans la pure tradition de ceux qui, suite au triomphe de Basic Instinct…

Frantz

par Adrien Dénouette

C’est l’histoire d’une jeune veuve, Anna, à qui tout le monde souhaite le bonheur, mais qui n’en finit pas d’absorber, en plus de son chagrin, celui de tout son monde. « Soyez heureuse », lui ordonne-t-on plusieurs fois, comme si son malheur à elle, au lendemain d’une guerre qui lui aura volé le garçon qu’elle aimait, pesait moins lourd que…

Une nouvelle amie

par Clément Graminiès

François Ozon n'est pas un cinéaste politique, tout le monde en convient sans mal. La littéralité de sa mise en scène, son goût assumé pour le factice et l'artifice, sa tendance au recroquevillement spatial qui se traduit jusque dans les titres (Le Refuge, Dans la maison, etc.) en ont fait un cinéaste populaire volontairement coupé d'une réalité sociétale, visant à…

Jeune et jolie

par Alexis Gilliat

Présenté en compétition au dernier Festival de Cannes, cet élégant récit de la "perdition" d’une adolescente ne renversera pas forcément ses spectateurs, si implacablement belle que soit son héroïne. Mais il ne cherche pas plus à le faire qu’à ventiler le soufre, et Jeune et jolie n’en reste pas moins une œuvre intéressante pour l’étude de son réalisateur, au moins…

Dans la maison

par Matthieu Bareyre

Le cinéma est vraisemblablement l'art le plus encombré par tout ce qui ne relève pas de son fonctionnement propre. Ses amoureux l'aimeraient soucieux de réinventer sa propre pureté, de travailler, jusque dans ses essais les plus légers, à creuser ce qui fait sa spécificité. Et par un soir pluvieux d'octobre, on le retrouve à survendre et sous-exploiter ses procédés les…

Potiche

par Sarah Elkaïm

Potiche réussit à Ozon. Après des incursions tout aussi diverses que variées, dans le "socio-surnaturel" (Ricky), "l’interrogatif au regard autobiographique déplacé" (Le Refuge), dont on était un peu moins convaincus, le réalisateur renoue avec la veine de Huit femmes et la kitscherie jubilatoire (mais pas du tout du même ordre, ici) d’un Sitcom ou d’un Gouttes d’eau sur pierres brûlantes.…

Potiche

par Ariane Beauvillard

François Ozon n’est décidément jamais où on l’attend. Après quelques voyages plus ou moins ridicules au pays de la comédie de mœurs (Le Refuge) et du fantastique (Ricky), il revient à ses anciennes amours : les années Giscard. Reprenant les teintes passées et les artifices orangés de Gouttes d’eau sur pierre brûlante, le cinéaste s’éloigne de Fassbinder pour faire sien…

Le Refuge

par Sarah Elkaïm

Plusieurs réalisateurs cohabitent en François Ozon qui, depuis ses débuts, s’est essayé à beaucoup de genres, de styles, a pris des chemins de traverse ou, parfois, des autoroutes. Sa filmographie, boule à facettes tour à tour osée, gonflée, mystérieuse ou très sage, dénote rarement, qu’on l’aime ou pas, un manque de relief. C’est malheureusement un peu le cas du Refuge…

Ricky

par Nicolas Maille

Après la parodie de soap trash (Sitcom), la ballade façon Bonnie and Clyde (Les Amants criminels), le Cluedo version Cukor, Minnelli et Sirk (8 femmes), le drame psychologique (Sous le sable) ou le mélo kitsch (Angel), l’enfant désinvolte du cinéma français s’essaie au fantastique social en adaptant une nouvelle de la romancière britannique Rose Tremain : Moth. Présenté au Festival…

Angel

par Raphaël Lefèvre, Marie Bigorie

Kitsch volontaire, perversité des rapports humains, fusion démonstrative du réel et de l'imaginaire... Drôle de réalisateur que François Ozon. Cynique ou sincère ? Roublard ou maladroit ? On n'arrivera jamais à se décider. La rédaction essaie quand même de trancher. [POUR] L'Angel d'Ozon est une féministe en puissance (par Marie Bigorie) C'est bien connu, François Ozon déteste les femmes. D'ailleurs,…

Le Temps qui reste

par Clément Graminiès

Lorsque Romain apprend qu'il ne lui reste plus que quelques mois à vivre, sa vie bascule, forcément. De là, il va profiter de chaque minute qui lui reste pour faire oublier la personne égoïste qu'il était. Sans aucune ambition cinématographique, le réalisateur jadis acclamé sombre dans la facilité et prouve que son inspiration lui fait désormais défaut. Après avoir vu…