Critikat

The Two Faces of January

par Alexis Gilliat

Si la réussite d’un film tient à son casting, il faut sans doute commencer par embaucher Viggo Mortensen. On n’oublie pas ici ses partenaires Oscar Isaac, qui apporte à son héros une belle épaisseur, et Kirsten Dunst, laquelle doit faire avec un personnage plus schématique dont le film semble vite se désintéresser (la suite ne viendra pas corriger cette tendance…).…

Sabotage

par Alexis Gilliat

Petit maître du néo-polar urbain, spécialiste de la descente aux enfers made in LA, David Ayer se risque ici à une variation expendablesque bis, lestée de ses habituels tics de réalisations (mélange des régimes d’images, montage ultra cut, lumière simili-brute pour mettre en relief les "gueules") et du Gouvernator, avec son indécrottable accent austro-californien et une mine de plus en…

Son épouse

par Alexis Gilliat

Étrange aventure que ce film indien de Michel Spinosa, qu’il serait presque inopportun de réellement disséquer – on préférera décrire ce qu’il peut éveiller. Même si son esthétique ne doit pas forcément grand-chose à l’œuvre de l’autrice et cinéaste, il est ainsi difficile de ne pas penser au moins un peu à Marguerite Duras devant Son épouse. S’y conjuguent déambulation…

Mea Culpa

par Alexis Gilliat

En dépit de son titre aux allures d’aveu préalable, le troisième long de Fred Cavayé bénéficiait d’une réelle bienveillance ; ceci moins à cause du précédent film du réalisateur, À bout portant, honnête polar maniériste dans la lignée des productions que le cinéma français s’entête à développer depuis l’irruption de Jason Bourne, qu’à la lumière de sa première tentative, Pour…

Jeune et jolie

par Alexis Gilliat

Présenté en compétition au dernier Festival de Cannes, cet élégant récit de la "perdition" d’une adolescente ne renversera pas forcément ses spectateurs, si implacablement belle que soit son héroïne. Mais il ne cherche pas plus à le faire qu’à ventiler le soufre, et Jeune et jolie n’en reste pas moins une œuvre intéressante pour l’étude de son réalisateur, au moins…

Rampart

par Alexis Gilliat

Sur une thématique rebattue (la descente aux enfers d'un flic borderline), Oren Moverman compose un portrait nettement plus élaboré que la moyenne, co-signé par le maître du noir made in LA, James Ellroy. Une spirale désespérée et étouffante dont la claudication et les stases peuvent désorienter ou désappointer les amateurs d’intrigue policière, mais introduisent une tonalité singulière dans sa narration,…

Dead Man Down

par Alexis Gilliat

Le réalisateur de Millenium nous revient avec un épais et surprenant nanar : surprenant pas tant parce qu’il égaye son spectateur que par la composition de son casting international. Ça fait du (beau) monde sur le carreau… Que Niels Arden Oplev, qui avait dirigé une adaptation solide (bien que sans génie et ouvrant un boulevard à David Fincher) du best-seller…

The Place Beyond the Pines

par Alexis Gilliat

Sur la lancée de Blue Valentine et avec un Ryan Gosling resté en mode Drive, Derek Cianfrance plonge dans le noir et déroule un drame en trois parties, ample, immersif, mais inégal et un peu longuet. Lorgnant sur l'œuvre de James Gray sans en atteindre l'apothéose lyrique, ce triptyque (paraît-il inspiré dans sa construction par… le Napoléon Bonaparte d’Abel Gance,…

Le Capital

par Alexis Gilliat

Que Costa-Gavras, dont on estime à sa juste valeur la glorieuse filmographie, nous pardonne : trois ans après l’échec d’Éden à l’ouest, on pouvait craindre le pire au vu des premières images de son Capital. Si le film, thriller économique rythmé, évite le naufrage, il valide aussi une bonne partie de ces craintes. Il est des teasers qui "teasent" moyennement.…

Jason Bourne : l’héritage

par Alexis Gilliat

Il s’agit au départ d’une équation pour producteurs : comment poursuivre l’exploitation du filon Jason Bourne, devenu la référence indépassable du cinéma d’action moderne, sans Jason Bourne ? Comme le rappelle son titre, le film vit plus volontiers sur "l’héritage" qu’il n’impose de nouveaux standards. Pourtant Jason Bourne : l’héritage est une suite/un spin-off qui remplit excellemment son office, et…

Lady Vegas – les mémoires d’une joueuse

par Alexis Gilliat

S’il n’a plus rien à prouver en tant que réalisateur, Stephen Frears reste néanmoins tributaire des scénarios qui lui parviennent, puisqu'il n’est pas l’auteur de ses films. Tiré des mémoires de son affriolante héroïne, celui de Lady Vegas est plutôt cocasse et sympathique, mais même s'agissant d'une récréation, on peine assez vite à lui trouver de l'intérêt. C'est un peu…

Piégée

par Alexis Gilliat, Théo Ribeton

Passé par la dernière Berlinale, Piégée précède d'un mois la sortie d'un autre film du prolifique Steven Soderbergh (Magic Mike), et ne fait pas l'unanimité au sein de la rédaction de Critikat. Flânerie inespérée dans le genre du film d'action ou œuvre fatiguée, chic et toc, à vous de trancher, après consultation des deux points de vue... [POUR] Killing them…

Hénaut président

par Alexis Gilliat

Adaptation souvent poussive du programme court de 2007, Hénaut président est traversé par quelques saillies comiques assez irrésistibles, et emmené par un Olivier Gourmet qui semble évoluer dans l’écho du récent film de Pierre Schoeller. À défaut d’être vraiment convaincante ou corrosive, l’entreprise reste sympathique. 2011 a accouché de l’une des plus brillantes réussites du cinéma français de ces dernières…

Target

par Alexis Gilliat

On distingue généralement nanars sympas et nanars simplement exécrables. En dépit d’un robuste Tom Hardy, incompréhensiblement embarqué dans cette galère, McG ne faillit pas à sa réputation de tâcheron en livrant une comédie aussi mal foutue que filmée, qui s’inscrit résolument dans cette seconde catégorie. L’impartialité semble parfois une inatteignable chimère : on a beau vouloir se défaire de ses…

Le Territoire des loups

par Alexis Gilliat

Âpre et plutôt adroitement mené malgré sa psychologie parfois lourdingue, le survival de Joe Carnahan (Narc, Mi$e à prix, L’Agence tous risques…), fait essentiellement preuve d’une assez renversante efficacité dans ses scènes d’action. Clairement pas le roman analytique de l’année, mais au moins le film remplit-il sa mission première. On s’en doutait un peu : en dépit d’un titre VF…

Intruders

par Alexis Gilliat

Bien qu’il ne lésine pas sur les crescendos de cordes anxiogènes, le troisième long métrage de Juan Carlos Fresnadillo échoue sur l’essentiel, et ne risque pas de troubler les nuits de ses spectateurs. Si peu attendu que soit le film, le réalisateur d’Intacto et 28 semaines plus tard avait quelque chose à jouer avec Intruders, coproduction internationale au casting hispano-germano-hollando-britannique…

Les Crimes de Snowtown

par Alexis Gilliat

Pour son premier long métrage, l’Australien Justin Kurzel n’est pas loin de livrer le film le plus noir de l’année. Une réussite au sombre éclat qui confirme, après Animal Kingdom, que l’Australie remporte cette année la palme du genre. Comme Animal Kingdom, très remarqué au printemps dernier, Snowtown est un premier film. Comme Animal Kingdom, Snowtown est australien, adopte le…

30 minutes maximum

par Alexis Gilliat

"Même livrée rapidement, une mauvaise pizza reste une mauvaise pizza…" … les congés de fin d’année approchant, on a pensé un temps servir cette ample réflexion en guise de critique façon 30 mots maximum plutôt que de jouer les Cyrano, mais il existe un juste milieu. Comme il n’est pas inutile de connaître le menu, résumons : Jesse Eisenberg plus…

Time Out

par Alexis Gilliat

Prenant (comme tout un chacun l’aura signalé) au pied de la lettre l’adage time is money, Andrew Niccol livre une parabole SF anti-capitaliste étonnante de maladresse, lançant son très zoli casting dans une course contre la montre le plus souvent bancale voire inepte. Attention, rechute sévère. 1h41 : c’est donc ce que coûtera à son spectateur, selon l’unité d’échange instituée…

Blackthorn

par Alexis Gilliat

Ébouriffant projet autour de la dernière chevauchée (fictive) d’un mythe américain (Butch Cassidy) incarné par un autre mythe américain (Sam Shepard), la coproduction internationale de Mateo Gil déçoit, tant le réalisateur espagnol échoue à faire passer le souffle espéré, en dépit du magnétisme de son acteur. Butch Cassidy est un mythe – il en a la persistance. Celui, solaire, de…