par
Matthieu Bareyre
L’impensable Tous les grands cinéastes ont trouvé leur manière personnelle d’en finir avec la narration, c’est-à-dire de la réinventer : Godard par la logique musicale ; Pialat en se fichant éperdument, dès L’Enfance nue, des transitions et des enchaînements ; Bergman en faisant déborder le présent sur ses deux côtés, passé et futur, alors rapidement annexés comme ses extensions naturelles. Puissance inouïe…
par
Matthieu Bareyre
Un film de Bergman de 1951 ressort sur nos écrans. Depuis Godard et son article élogieux de 1958, Jeux d'été semble être entré dans un long hiver. Pourquoi tout le monde se souvient-il de Monika (1952) quand la mémoire semble avoir égaré Marie, l'héroïne de Jeux d'été, au fond du lac sur lequel elle voguait ? N'est-il pas, comme Godard…
par
Matthieu Bareyre
Tout montrer La speaker et la radio ; le publicitaire et le cinéaste ; les ouvriers qui séquestrent et le patron ; les délégués syndicaux communistes et les maos ; la femme qui travaille et l’ombre que lui fait l’homme ; l’être humain et ses métiers ; la manif’ et les flics ; la rue quelconque et ces usines qu’on…
par
Matthieu Bareyre
En repensant au 18ème festival de Contis, aux numéros des bungalows, aux CP62, CP58, CP100, CP102, à tout cet algèbre sur pilotis, je revois une série de chalets siamois grelottant sur le sable. Car la pluie s’en mêla : sur le toit de tous ces Parthénon en bois, des gouttes pianotèrent aléatoirement pendant cinq jours un crépitement de bouilloire. Le…
par
Matthieu Bareyre
Nous voilà rassurés: le cinéma et, plus largement, l’image ont toujours quelque chose à voir avec le politique. La toute-puissante doctrine du divertissement, pour laquelle la fiction ne vaut pas comme reconstruction d’un monde réel mais comme ludique et vain «univers» clos sur lui-même, vient récemment d’être mise en déroute par quelques Clodoaldiens et Versaillais offusqués par l’affiche de L’Inconnu…
par
Matthieu Bareyre
Longtemps ignoré par les sciences sociales, le fait divers est aujourd’hui encore mal traité par le cinéma et la presse qui le réduisent souvent à une histoire alléchante. Comme si, sous prétexte que la une des journaux change de jour en jour, les traits d'un meurtrier ne se retrouvaient pas dans le visage de toute une société. Le fait divers…
par
Matthieu Bareyre
Coup d’essai, coup de maîtresse : Maria Bonsanti, pour la première fois à la tête du festival Cinéma du Réel qui se déroulait au Centre Pompidou du 21 au 31 mars 2013, s’est faite remarquer pour une programmation à la mesure des 35 ans de l’événement. Comme Belfort, Lussas et Brive en 2012 le suggéraient, l’augmentation de la fréquentation (+…
par
Matthieu Bareyre
Arielle Dombasle telle qu’en elle-même et Fabrice Luchini du temps où il n’était pas encore la potiche d’Ozon, quel bonheur ! Premier film de Rohmer, avant L’Anglaise et le Duc en 2001, à traiter aussi ouvertement de politique, L’Arbre, le maire et la médiathèque nous rappelle, en ces temps d’asservissement médiatique de la cause collective, ce qu’est très concrètement la…
par
Matthieu Bareyre
Après de longs mois d’attente, Le Policier de Nadav Lapid, grâce à Bodega Films, a droit à son édition DVD, occasion pour nous de repenser à ce diamant noir en le rapprochant d’un autre film, un peu voisin, qu’est Oslo, 31 août de Joachim Trier. Les deux miroirs de ce diptyque contemporain ne sont peut-être pas les films les plus…
par
Matthieu Bareyre
Modeste documentaire à la chronologie linéaire, L’Amère Patrie a le mérite d’exposer au grand jour, archives et témoignages à l’appui, que l’exil des pieds-noirs ne fut pas seulement un traumatisme mais la mise sous silence d’un vécu collectif. Entre le déni effarant du gouvernement gaulliste, la volonté des métropolitains d’oublier cette page honteuse du pays qu’était la défaite en Algérie…
par
Matthieu Bareyre
Oui, les travellings de ce film, aux dires de Jean-Claude Brisseau lui-même, ont bien été réalisés avec une poussette. Oui, il a fixé dessus une planche horizontale sur laquelle il a placé son optique. Oui, il a quasiment tout fait lui-même, de la prise sonore sauvage au rôle principal, lui qui, il y a quelques mois à peine, n’avait d’ailleurs…
par
Matthieu Bareyre
Voilà Dominique Auvray, Pedro Costa, Jean-Charles Fitoussi, Alexandra Mélot, Andreï Schtakleff et Jean-Marie Straub réunis autour d’un thème, le travail du cinéma, pour un sextuor où chaque soliste s’attache à suivre scrupuleusement une partition personnelle. Exposant tour à tour leur anti-méthode, peu adeptes, et à raison, des grandes formules, ces différents acteurs du cinéma (plusieurs cinéastes, une monteuse et une…
par
Matthieu Bareyre
La rétrospective Rob Zombie y est sûrement pour beaucoup, mais le festival Entrevues 2012 vit exploser son nombre d’entrées. Il faut dire qu’il y avait tous les éléments à Belfort pour refaire le monde : de la jeunesse (la compétition), des souvenirs (Mocky, Lubitsch), des moments de réflexion (sur le capitalisme en temps de crise) et de l’argent (thème génial…
par
Matthieu Bareyre
De vieux visages du cinéma sur un fond rouge-jeunesse, voilà l’affiche ; de jeunes images mêlées aux plus vieilles, voilà le fond. Au temps des feuilles mortes, s’il est un événement cinématographique, c’est bien le festival Entrevues, qui se déroulera à Belfort du 24 novembre au 2 décembre. Le maître-mot, c’est réunir, tant le festival tient cette année à signifier…
par
Matthieu Bareyre
Il est des quartiers où les enfants ne peuvent pas manger leur pain au chocolat, car ils préfèrent faire du cinéma. La septième édition du festival Cinébanlieue, ce discret bijou porté haut depuis tant d’années par Aurélie Cardin, pose définitivement ses images comme un rythme et son thème, l’enfance, comme un cri pour demain. Trois jours pour une rénovation visuelle…
par
Matthieu Bareyre
C'est fascinant, et ce n'est que le premier volume. Arte Éditions, après le célèbre Contacts, lance une collection documentaire incarnant un panorama à la fois synthétique et précis des différents courants de la photographie. Des primitifs de la photographie (1850) à la Nouvelle Objectivité allemande (1960-1970) et la photographie mise en scène (1960-1970), en passant par la photographie surréaliste (les…
par
Matthieu Bareyre
C'est très beau, la naissance d'une intransigeance. Augustine, premier long-métrage de la réalisatrice Alice Winocour, n'est pas seulement un film mais un acte cinématographique. Sélectionné à la Semaine de la Critique, le film émeut autant par son récit que par la rareté du geste qu’il nous donne à voir : la méthodique construction d’une révolte artistique. Et parce que Winocour…
par
Matthieu Bareyre
On rêverait d'un Genpin semblable au carnet de notes d'une sociologue qui fait son terrain ; on l'aimerait vraiment humble, simplement heureux d'être totalement en prise avec son objet, cette clinique Yoshimura à Okazaki au Japon qui propose une assistance pour des accouchements naturels. Si le nouveau documentaire de Naomi Kawase a le mérite de donner une visibilité à ce…
par
Matthieu Bareyre
"Je me dépouille" : les mots de Jacques, le personnage de son deuxième long-métrage, siéraient bien au style naissant de Sandrine Bonnaire. Avec J'enrage de son absence, apprécié à Cannes à la Semaine de la Critique, elle confirme son esthétique austère que son poignant documentaire Elle s'appelle Sabine mettait déjà discrètement en place. Bonnaire cinéaste est ainsi : plus elle…
par
Matthieu Bareyre
À l'occasion de la sortie de son second film, J'enrage de son absence, nous avons rencontré Sandrine Bonnaire accompagnée d'Alexandra Lamy, deux femmes à l'étrange ressemblance, fières de présenter un film auxquelles elles tiennent. Lors de la présentation du film à Cannes, vous avez déclaré que votre film n'aurait pas pu voir le jour en dehors du modèle économique de…