par
Nicolas Maille
Tourné en 1982, Victor/Victoria est le film qui permit à Blake Edwards de revenir sur le devant de la scène après une série d’échecs commerciaux. À la fois comédie burlesque, film musical et ébauche d’intrigue policière, cette œuvre séduit toujours par son ambivalence entre un certain classicisme et une extrême modernité. Car à l’image de son titre tout en dualité,…
par
Pierre Eugène
Où, quelque peu lassé par les dernières productions cinématographiques, l’auteur devenant désabusé trouve – miracle – un film (HIJ) visionnaire sans essence, terriblement retors, flegmatiquement génial, et diablement problématique pour le cinéma d’aujourd’hui. Projection unique de Modell et surtout première de HIJ (en version française) dans le cadre du festival d’Automne, à voir de toute urgence le 9 novembre à…
par
Arnaud Hée
À l’occasion des 16es Rencontres de Montreuil, il a été possible en une journée – le samedi 8 octobre – d’avoir un large aperçu du cinéma d’Audrius Stonys, cinéaste lituanien méconnu en France méritant largement de sortir de cette confidentialité. Avant les Rencontres, la rencontre a commencé par un geste banal : mettre un DVD – à l'intitulé déjà intriguant…
par
Alice Leroy
Anthropologue américain déçu par sa propre culture et fasciné par celles du monde, cinéaste explorant les possibilités de l’image et du son jusqu’à l’expérimental, Robert Gardner n’est jamais là où on l’attend. Il n’appartient ni à la tradition d’un cinéma anthropologique rompu au réalisme de la description ethnographique, ni à celle d’un cinéma d’avant-garde dont il ne s’est jamais revendiqué.…
par
Guillaume Morel
Cher Asghar Farhadi, Vous le savez sûrement d’où vous êtes, votre film, Une séparation, par l’ampleur de son succès, est devenu ici un événement cinématographique. Notre cinéphile président s’en est même fait, paraît-il, l’avocat. On se félicite ici beaucoup de ce succès. Je trouve cela moi-même plutôt réjouissant qu’un film sans stars, au récit âpre et venu d’un pays au…
par
Anne-Violaine Houcke
Jack Bauer a réussi à tenir en haleine des millions de téléspectateurs « 24 heures chrono », et même huit fois vingt-quatre heures puisque la série – 24 – comporte huit saisons dont le principe est le suivant : chaque saison comporte 24 épisodes, dont chacun met en scène une heure de la vie de Jack Bauer (passons sur le…
par
Florian Guignandon
Sorti en 1983, Les Trois Couronnes du matelot reste aujourd’hui l’un des plus grands films de Ruiz. Le réalisateur se penche sur un monde qui l’a toujours fasciné, celui des marins, de l’océan. Mais porté par une mise en scène d’une force et d’une beauté totales, le film n’en est pas moins d’un sinistre créant parfois un sentiment à la…
par
Ursula Michel
Quel mot barbare que ce « prequel » (préquelle ?) ! Mais rien ne vaut un néologisme pour désigner ce qui ressemble de plus en plus à une mode cinématographique. Alors que la notion de suites atteint son paroxysme (Saw étant une excroissance de cette déferlante qui commença dès les années 1980 avec des séries comme Vendredi 13) et que…
par
Anne-Violaine Houcke
En 2005, Barbara Bouley-Franchitti, comédienne, metteur en scène et dramaturge, rentre d’un séjour en Afrique. Elle écrit à ce propos : "La société démocratique dans laquelle je devais me réadapter alimentait en Irak une guerre atroce : celle du Golfe. Pourquoi l’alliage “raison-domination-démocratie” de l’Europe achevait-elle toujours son empire sur des cités en ruine, sur des terres brûlées (même lointaines),…
par
Frédéric Caillard
Outre les rétrospectives et les hommages dédiés à des cinéastes et personnalités reconnus (David Lean, Mahamet-Saleh Haroun, Buster Keaton, Jean-Claude Carrière, etc.), le festival de La Rochelle présentait cette année l'œuvre de deux réalisateurs dont les films sont quasiment inconnus en France : Denis Côté et Erik Løchen. Deux découvertes essentielles. Denis Côté ou le cinéma de la juxtaposition Le…
par
Arnaud Hée
Paris, le 28 juin 2011. Cher Alain Cavalier, Selon toute vraisemblance, vous n'êtes pas informé du fait que "notre" histoire dure depuis des années. De récents événements m'ont encore rapproché de vous et me conduisent à vous écrire. Il y a bien sûr la sortie de Pater, que j'ai proposé avec ardeur comme film de la semaine. Mon insistance et…
par
Frédéric Caillard
Richard Sarafian réalise Vanishing Point (Point limite zéro en VF) en 1971, dans la lignée directe d’Easy Rider (1969) et de Zabriskie Point (1970), auxquels il emprunte l’ambiance hippie, les décors désertiques métaphysiques du sud-ouest américain et les moteurs vrombissants. Mais sous couvert d’un simple road-movie d’action, d’un film de bagnoles où filles nues et courses-poursuites se tirent la bourre,…
par
Pierre Eugène
Il est troublant comme certains cinéastes induisent un type d’écriture particulier. Cet article est en quelque sorte le témoin d’un combat intérieur où s’affrontent impressionnisme et désir maladroit de parler malgré tout. Le fasciné est souvent tout sauf fascinant, or c’est justement tout le talent de Schroeter que d’être le passeur de sa propre fascination. Je laisse au lecteur le…
par
Vincent Avenel
En 1955, alors que la Hammer pose les bases de sa résurrection de l’ère des monstres avec Le Monstre de Val Guest (une nouvelle ère qui commence véritablement en 1957, avec le Frankenstein s’est échappé de Terence Fisher), Roger Corman commence sa carrière de réalisateur, pour ce qui semble alors être une collection de films de tâcheron. Désirant avant tout…
par
Lionel Hurtrez
Passage obligé pour tous les étudiants en cinéma, L’Homme à la caméra de Dziga Vertov ressemble à une sorte de documentaire expérimental, à mi-chemin entre manifeste politique et cinématographique, tant la richesse des techniques utilisées dévoile les possibilités de la caméra. Revoir ce film, c’est donc entrer dans le champ de l’expérimentation visuelle, de la construction d’un langage symbolique, mais…
par
Ariane Beauvillard
Valéry Giscard d'Estaing, ministre de l'Économie au moment de la mort de Georges Pompidou et chantre de l'anti-gaullisme libéral, commande en 1974 un film qui, dans son idée, se devait d'être un hymne à la modernité de sa campagne. Le jeune candidat élancé, « sérieux » comme il aime à le rappeler, ne se doute probablement pas que Raymond Depardon…
par
Anne-Violaine Houcke
L'obscure clarté du sud La 33ème édition du festival du Film de Femmes de Créteil vient de se clore. Cette année, c’est le sud de l’Europe qui en a été le centre : l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce, les Balkans. Pilar Miro, Teresa Villaverde, Maria de Medeiros, Athina Rachel Tsangari et bien d’autres réalisatrices sont venues parler de leurs…
par
Guillaume Morel
Film court (1h05), unité de lieu et d’action, Procès de Jeanne d’Arc frappe par ses soustractions, ce que Robert Bresson s’y refuse à faire. Si l’austérité définit habituellement le cinéma Robert Bresson, Procès de Jeanne d’Arc en est peut-être l’exemple le plus singulier. Mais le film nous rappelle surtout que cette austérité, plus qu’une posture, se base toujours sur des…
par
Raphaëlle Pireyre, Arnaud Hée
Après la très belle programmation "Americana" en 2008 – centrée sur les turbulentes années 1960 et 1970 –, se dessinait au fil de la 33e édition du Cinéma du Réel une ample et passionnante déambulation à travers la création documentaire américaine. Entre la thématique "America Is Hard to See", les dédicaces à Richard Leacock et Leo Hurwitz, ainsi que les…
par
Guillaume Morel
À la 33ème édition du Cinéma du Réel, Chris Marker siégeait à une place qui lui allait à merveille. Quelques-uns uns de ses films, d’époques et de formes très différentes, innervaient le festival à différents endroits du programme. Pas de rétrospective donc, mais une présence à la fois discrète (parfois même secrète avec Henchman Glance) et surplombante dans cette manière…