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Mathieu Macheret
Mother s’ouvre sur un plan sidérant au cours duquel un mouvement de grue ascendant accompagne, dans un champ de hautes herbes blondes, la marche d’une femme qui avance vers nous jusqu’à nous faire face et, arrivée sur une éminence du terrain, se met à danser étrangement. Invocation ? Possession ? Culte primitif ? Le film qui suit cette image est…
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Mathieu Macheret
Que tous les amateurs du cinéma de Kiarostami prennent garde. Ils ne doivent lire aucun papier sur son dernier film, Shirin, s’ils veulent conserver une once de surprise lors de sa projection. Car en donner la formule reviendrait presque à le décrire tout entier. Mais quel mauvais sort a donc pu transformer ce petit frère tardif de Ten en une…
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Mathieu Macheret
Il n’est pas rare que les héros viscontiens foncent tête baissée dans le mur de leurs illusions. Arrive toujours un moment où leur bulle éclate, où leur passion se trouve brutalement dépouillée, mise à nu, et son fond exposé dans toute son horreur. La comtesse Livia Serpieri (Alida Valli) n’échappe pas à la règle. Elle prend cher. Quand, lors de…
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Mathieu Macheret
De mémoire de cinéphile, peu de films s’ouvrent sur une scène aussi profondément dramatique que le premier quart d’heure des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse. Scène tonnante, scène furieuse, de celles qui imposent le silence et laissent augurer du pire. Minnelli y déploie sa palette de grand cinéaste oscarisé avec une incise mordante, un geste aussi précis que solennel : le…
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Mathieu Macheret
Victor Sjöström n’est pas seulement un exceptionnel cinéaste suédois, c’est aussi l’un des grands pionniers du cinématographe, l’un des piliers qui soutinrent son expression naissante. Terje Vigen date de 1917 et occupe (déjà) la trentième place de sa filmographie. Il témoigne à la fois d’une sensibilité grave, mystique, recueillie sur l’énigme d’une nature impétueuse et splendide, et d’une inventivité sans…
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Mathieu Macheret
Après ce Désir, qui date de 1936, il restera à Frank Borzage vingt-quatre films à réaliser – dont une belle poignée de chefs-d’œuvre, de Trois camarades (1938) au Fils du pendu (1948), en passant par The Mortal Storm (1940) – avant de clore définitivement sa carrière. Cette aimable comédie sophistiquée ressemble, à ce titre, si peu à son œuvre précédente…
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Mathieu Macheret
Non content de signer, avec The Late George Apley, une comédie brillante, doublée d’une étude de mœurs incomparable de finesse et de mordant, le grand Mankiewicz nous invite au plus beau spectacle cinématographique qui soit : le spectacle d’un homme qui change et, ce faisant, élargit son horizon. Mettre en scène l’inflexion d’un caractère aveugle et borné est l’une des…
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Mathieu Macheret
Un grand hôtel de San Francisco. Un congrès de musicologie. Quatre valises identiques. Des bijoux. Des documents secrets. Une bourse d'études. Un agent secret. Un voleur. Un chercheur coincé. Sa fiancée autoritaire. Un riche mécène. Un concurrent servile. Une pétillante Miss Catastrophe en guise de détonateur. Peter Bogdanovich ravive le feu d'artifice de la screwball comedy et anime les rues…
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Raphaëlle Pireyre, Mathieu Macheret
L'intégralité (jusqu'ici) des films réalisés par Nicolas Philibert se trouve rassemblée dans le coffret édité par les Éditions Montparnasse et accompagnée de riches bonus, interviews et films inédits, parfois tournés par le documentariste lui-même. Il est singulier de constater à quel point le cinéaste a écumé à travers sa carrière des milieux très différents – du théâtre de Strasbourg à…
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Oscar Duboy, Mathieu Macheret
Mercredi 2 septembre COMPÉTITION: Baarìa de Giuseppe Tornatore Qui de mieux placé qu’un auteur conventionnel italien pour mettre tout le monde d’accord à la soirée d’ouverture? Après avoir fédéré beaucoup de monde autour de Cinema Paradiso, Tornatore propose ici une grande fresque sicilienne qui commence sous le fascisme pour arriver jusqu’aux années 1970. C’est surtout l’histoire de Peppino, fils de…
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Mathieu Macheret
Il en va de certains films comme de ces naufragés que nous décrivent les romans d’aventure. Un jour, ils reviennent. Ils nous reviennent. Quarante ans d’oubli et d’isolement nous contemplent d’un regard vierge et terriblement lucide. Saurons-nous soutenir ce regard ? Il est des films qui nous viennent de très loin. Celui-ci, Lettre à la prison, a survécu à un…
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Mathieu Macheret
En France comme aux États-Unis, les comédies canines ont la dent dure (bien que peu incisive). Difficile d'en dire autant de ce Trésor qui trimballe, durant son heure vingt-cinq syndicale, une forme de mollesse incurable. On peut résumer de deux façons la trame du Trésor entamé par Claude Berri et terminé par François Dupeyron. La première, littérale, reprend à peu…
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Mathieu Macheret
Clap, deuxième ! Le Lycée Raspail a ouvert ses portes, le 3 octobre dernier, à la nouvelle édition d'un tout jeune festival qui se propose de projeter et récompenser les meilleurs travaux des classes parisiennes de l'option cinéma. Cette réjouissante initiative permet à la fois de valoriser les résultats d’activités souvent considérées comme auxiliaires au sein du lycée – on…
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Mathieu Macheret
Depuis les rétrospectives que lui ont conjointement consacrées la Cinémathèque et le Centre Georges Pompidou, Frederick Wiseman, parisien d’adoption, a réalisé trois films. Deux d’entre eux n’ont pas encore rencontré nos écrans. Difficile de nier que l’engagement de capitaux français, allié à la représentation d’un « monument » de la culture nationale (le ballet de l’Opéra de Paris), ont lourdement…
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Mathieu Macheret
Tom comprend que son couple bat de l’aile le jour où il découvre, lors d’une conversation anodine dans un magasin de disque, que sa petite amie n’a pas écouté la compilation qu’il lui avait préparée. Est-ce grave, docteur ? Dans un film comme (500) jours ensemble, entièrement travaillé par l’idée de "best of", le symptôme, en effet, a tout pour…
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Mathieu Macheret
Le jury de la soixante-sixième Mostra de Venise, présidé par le cinéaste Ang Lee, a rendu, au soir du samedi 12 septembre, un palmarès qu’on peut juger effarant d’impertinence, tant il semble s’être acharné à récompenser les films les plus convenus de la compétition, ces affreuses « bêtes de festival ». Ceci dit, reconnaissons à Venise le génie d’une sélection…
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Mathieu Macheret
Mushon Salmona, pour son premier long-métrage, endosse la double défroque du sociologue et du raconteur, mais s’empêtre dans ses costumes. Il voudrait répondre à la richesse du milieu décrit – un quartier « difficile » du sud d’Israël – par la complexité d’une structure chorale et, à terme, brinquebalante. Une jeunesse israélienne ne filme malheureusement rien d’autre que son scénario,…
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Mathieu Macheret
Plus le temps avance, plus The Mad Songs of Fernanda Hussein risque de rester dans nos mémoires comme le lugubre avènement d’un nouveau mode d’existence pour pas mal de films. Bien qu’extrêmement ambitieux, acclamé par de nombreux journalistes et critiques – dont, notamment, les Américains – vainqueur d’une belle brochette de récompenses, celui-ci n’a pourtant jamais trouvé le chemin d’une…
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Mathieu Macheret
La Route One court le long de la côte atlantique des États-Unis. Ce n’est ni une autoroute, ni une ligne droite : elle traverse les villes et épouse la forme des terres. C’est dire si, en tant que route première, elle annonce quelque chose aux hommes de passage, aux visiteurs. Le cinéaste Robert Kramer et son acteur Paul McIsaac la…
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Mathieu Macheret
Pour mieux parler de Ce cher mois d’août, évacuons d’emblée la question du partage entre documentaire et fiction. Car une fois qu’on a dit que les deux modes s’y mélangeaient – en fait, ils y copulent allègrement – on a véritablement tout dit. Le second long-métrage de Miguel Gomes, après La Gueule que tu mérites, invite de lui-même à passer…