Chaque mois sur Kiosk Radio et Critikat, un.e invité.e partage ses ban­des-son de films favorites et ses sou­venirs cinéphiles. Julia Taris­san est réal­isatrice, diplômée du Fres­noy. Elle réalise des courts-métrages et des clips musi­caux (pour Pablo Altar, NxxxxxS, Tim­o­th­ée Joly…).

MISE À MORT DU CERF SACRÉ BY YÓRGOS LÁNTHIMOS

00′00″ ♪ Sound excerpt

Juste un dia­logue sym­pa. Pour don­ner un peu de con­texte: le père (Col­in Far­rell) veut être sûr que son enfant (Sun­ny Suljic), mourant d’une mal­adie sor­tie du cha­peau, n’est pas en train de lui faire une mau­vaise blague.

Just a nice lit­tle dia­logue. For a bit of con­text: the father (Col­in Far­rell) wants to make sure that his child (Sun­ny Suljic), who is dying from a com­plete­ly out-of-nowhere ill­ness, isn’t play­ing some kind of sick joke on him.

JŌHATSU BY ANDREAS HARTMANN & ARATA MORI

00′32″ ♪ Orig­i­nal Score by Jana Irmert & Mika Take­hara

Un doc­u­men­taire qui suit l’entreprise des « yonige-ya » (sociétés de « démé­nage­ment noc­turne ») qui aident des Japonais.es à dis­paraître, après une expéri­ence vécue ou subie où la honte sociale est insur­montable. Ensem­ble, ils effacent leur passé et recom­men­cent une nou­velle vie anonymement. Ce son, c’est comme une bombe à retarde­ment.

A doc­u­men­tary fol­low­ing yonige-ya com­pa­nies (“night-mov­ing” ser­vices) that help Japan­ese peo­ple dis­ap­pear after hav­ing lived through – or been sub­ject­ed to – expe­ri­ences so social­ly shame­ful they become unbear­able. Togeth­er, they erase their past and start a new anony­mous life. This sound feels like a tick­ing time bomb.

THE WHITE LOTUS BY MIKE WHITE

01′14″ ♪ Orig­i­nal score by Cristóbal Tapia de Veer

Fun fact : Tapia de Veer voulait faire cette BO som­bre et étrange, mais Mike White préférait un mood rooftop d’Ibiza. Quand le réal et la prod lui ont recalé sa ver­sion longue avec les « ooh-loo-loo-loo » des saisons précé­dentes, il a claqué la porte pour la sai­son 4. Class.

Fun fact: Tapia de Veer want­ed a dark, unset­tling sound­track, while Mike White was aim­ing for an Ibiza rooftop vibe. When the direc­tor and pro­duc­ers reject­ed his longer ver­sion with the famous “ooh-loo-loo-loo” from pre­vi­ous sea­sons, he slammed the door and quit for sea­son 4. So chic.

 

DAHOMEY BY MATI DIOP

02′59″ ♪ Wal­ly Badarou — Vesu­vio Solo

2021. Le film s’ouvre sur la voix d’un tré­sor du Bénin qui nous par­le. Plus tard, on com­prend que sur les mil­liers de tré­sors que la France a volés au Bénin lors des inva­sions colo­niales, seule­ment 26 sont ren­dus. Tout au long du film, on écoute les tré­sors pren­dre la parole, avec ce ton grave, doux et englobant. C’est si touchant, et la musique ren­force encore ce sen­ti­ment. Trop beau.

The film opens with the voice of a Beni­nese trea­sure speak­ing to us. Lat­er, we learn that out of the thou­sands of arti­facts stolen by France dur­ing colo­nial inva­sions, only 26 are returned. Through­out the film, the trea­sures them­selves speak, with a deep, gen­tle, envelop­ing tone. It’s incred­i­bly mov­ing, and the music ampli­fies that feel­ing. So beau­ti­ful.

GREMLINS BY JOE DANTE

05′39″ ♪ Sound excerpt

La voix de Giz­mo est en réal­ité 100% faite par un acteur : Howie Man­del, qui s’est fait con­naître grâce à une blague lors d’un spec­ta­cle de stand up. Il avait mis un gant en latex sur sa tête, et souf­flé dedans par le nez jusqu’à le faire gon­fler comme un poulet… Tout aus­si super, les effets pra­tiques de ce film ont été réal­isés par Chris Walas et son équipe, humain.es à qui on doit aus­si La Mouche de Cro­nen­berg.

Gizmo’s voice is actu­al­ly per­formed entire­ly by an actor: Howie Man­del, who became famous after a stand-up joke where he put a latex glove over his head and inflat­ed it through his nose like a chick­en. Just as impres­sive: all the prac­ti­cal effects in the film were cre­at­ed by Chris Walas and his team, who also worked on Cronenberg’s “The Fly”.

SILENT HILL BY CHRISTOPHE GANS

06′25″ ♪ Aki­ra Yamao­ka — Nev­er For­give me, nev­er for­get me

Aki­ra Yamao­ka est le com­pos­i­teur des musiques des jeux vidéo Silent Hill, que Jeff Dan­na a enrichies pour ce film. On est coincé.es dans une boucle, comme les per­son­nages sont coincés dans ce monde par­al­lèle. Sinon, ce film c’est une bombe visuelle­ment. C’est aus­si incroy­able que Immor­tel, Ad vitam de Enki Bilal.

Aki­ra Yamao­ka com­posed the music for the Silent Hill video games, which Jeff Dan­na expand­ed for the film. We’re trapped in a loop, just like the char­ac­ters stuck in this par­al­lel world. Visu­al­ly, the film is like a bomb — as strik­ing as Enki Bilal’s “Immor­tal, Ad Vitam”.

THE ANIMATRIX: BEYOND BY KŌJI MORIMOTO

08′19″ ♪ Orig­i­nal Score by Susumu Hira­sawa

The Ani­ma­trix, c’est une série de 9 courts-métrages (réal­isés par des stu­dios japon­ais et améri­cains), tous super­visés par les sœurs Wachows­ki. Beyond est le 7ème : il racon­te l’his­toire d’une fil­lette qui décou­vre une mai­son dans la matrice. Ce com­pos­i­teur a aus­si fait la trop jolie BO du film Papri­ka de Satoshi Kon.

“The Ani­ma­trix” is a series of nine short films (made by Japan­ese and Amer­i­can stu­dios), all super­vised by the Wachows­ki sis­ters. “Beyond” is the sev­enth episode and tells the sto­ry of a young girl who dis­cov­ers a house inside the Matrix. The com­pos­er also cre­at­ed the beau­ti­ful score for Satoshi Kon’s “Papri­ka”.

BLADE BY STEPHEN NORRINGTON

13′03″ ♪ New Order — Con­fu­sion (1995 Pump Pan­el Remix)

Peut-être la scène la plus incroy­able du film ? Un club rem­pli de vam­pires surex qui se reçoivent une pluie de sang en con­tinu pen­dant 3 min­utes. Hot.

Pos­si­bly the most incred­i­ble scene in the film: a club full of overex­cit­ed vam­pires get­ting drenched in a con­tin­u­ous rain of blood for three straight min­utes. Hot.

ST4R BY JULIA TARISSAN

16′30″ ♪ Orig­i­nal score by Migu

J’ai décou­vert la musique de Migu et cette voix angélique au Sam­ple lors d’un con­cert. Ça a été une évi­dence: je voulais trop qu’il fasse la musique de mon film. Encore mer­ci d’avoir dit oui et d’avoir fait de si belles choses.

I dis­cov­ered migu’s music and that angel­ic voice at the Sam­ple dur­ing a con­cert. It was obvi­ous – I absolute­ly want­ed him to com­pose the music for my film. Thanks again for say­ing yes and cre­at­ing such beau­ti­ful work.

TOP OF THE LAKE BY JANE CAMPION

19′03″ ♪ Mark Brad­shaw — Broth­el Search

J’aime comme cette musique est entrainante et mys­térieuse, dans un bar jazzy et miteux. Et puis, si grave et sérieuse. Ça va super avec cette série, very deep, et excep­tion­nelle.

I love how this music is both catchy and mys­te­ri­ous, in a grimy jazz bar, then sud­den­ly heavy and seri­ous. It fits the series per­fect­ly – very deep and absolute­ly excep­tion­al.

LE CINQUIÈME ÉLÉMENT BY LUC BESSON

(est accusé de viol, de VSS, et de ten­ta­tives d’abus dans un con­texte de pou­voir en 2018 par plusieurs femmes)

21′09″ ♪ Eric Ser­ra — Lucia di lam­mer­moor (feat Inva Mula)

Voilà un film à tra­vers lequel j’ai gran­di et rêvé de faire des films. Je ne pour­rais pas l’oublier. Mais Luc Besson, on préfér­erait sûre­ment que tu te retires par toi-même. Cette chan­son – un opéra que les spec­ta­teurices et acteurices du film regar­dent – sus­pend tout : on s’arrête pour écouter et regarder, en même temps que les méchants arrivent pour vol­er Leloo, la « femme objet» du film, le 5th ele­ment qui doit tous.tes nous sauver de la fin du monde.

This is a film I grew up with, one that made me dream of mak­ing movies. I could nev­er for­get it. But Luc Besson – we’d prob­a­bly all pre­fer you step aside on your own. This song – an opera watched by both the audi­ence and the char­ac­ters – stops every­thing. We all pause to lis­ten and look, while the vil­lains arrive to kid­nap Leeloo, the film’s “objec­ti­fied woman,” the Fifth Ele­ment meant to save us all from the end of the world.

EDWARD AUX MAINS D’ARGENT BY TIM BURTON

26′00″ ♪ Dan­ny Elf­man — The End

Mon deux­ième film de chevet d’enfance. Pour la créa­tion des musiques, Tim Bur­ton racon­te qu’il mon­trait juste des dessins et des images à Dan­ny Elf­man pour don­ner des direc­tions, et je trou­ve ça super. Cha­cun son médi­um. Et btw, Dan­ny Elf­man est aus­si le créa­teur du thème des Simp­son.

My sec­ond child­hood com­fort film. When cre­at­ing the music, Tim Bur­ton says he would sim­ply show draw­ings and images to Dan­ny Elf­man to guide him. I love that – to each their own medi­um. And by the way, Dan­ny Elf­man also cre­at­ed “The Simp­sons” theme.

THE LEFTOVERS BY DAMON LINDELOF & TOM PERROTTA

30′32″ ♪ Max Richter — A Bless­ing

Ces deux min­utes ne sont rien en com­para­i­son du génie de cette série. Pas besoin de con­tin­uer à lire ce que je racon­te: va faire des cours­es et installe toi con­fort­able­ment pour regarder TOUS les épisodes. C’est boulever­sant et sub­lime.

These two min­utes are noth­ing com­pared to the sheer genius of this series. No need to keep read­ing – go gro­cery shop­ping, get com­fort­able, and watch every sin­gle episode. It’s dev­as­tat­ing and sub­lime.

PROMISING YOUNG WOMAN BY EMERALD FENNELL

32′46″ ♪ Antho­ny Willis — Tox­ic 

Une reprise orches­trale de Tox­ic de Brit­ney Spears pour ce revenge movie, vrai­ment super bien trou­vé.

An orches­tral cov­er of Brit­ney Spears’ “Tox­ic” for this revenge movie – such a smart choice.

MISE À MORT DU CERF SACRÉ BY YÓRGOS LÁNTHIMOS

34′35″ ♪ Ellie Gould­ing — Burn (Raffy Cas­sidy cov­er)

L’actrice Raf­fey Cas­sidy, adossée con­tre un arbre avec son ipod dans les oreilles, qui pousse la chan­son­nette.

Actress Raf­fey Cas­sidy leans against a tree, head­phones on, qui­et­ly singing along.

LE LABYRINTHE DE PAN BY GUILLERMO DEL TORO

35′12″ ♪ Javier Navar­rete — Long, Long Time Ago

Une chan­son qu’on me mur­mure dans les oreilles, rien qu’à moi, pour me ras­sur­er. C’est aus­si bien que sucer son pouce devant ce film, avec un doudou.

A song whis­pered into my ear just for me, to reas­sure me. It’s as com­fort­ing as suck­ing your thumb with a stuffed toy while watch­ing this film.

MAY DECEMBER BY TODD HAYNES

37′21″ ♪ Michel Legrand — Le Mes­sager (réar­rangé par Marce­lo Zar­vos)

Dimanche, 22h30, France 2 : le générique de Faites entr­er l’accusé. Moi, 10 ans, com­plète­ment hap­pée. Comme dans l’émission, le film par­le d’un fait divers et cette musique nous met en état d’alerte: on va nous racon­ter des choses sen­sa­tion­nal­istes et ter­ri­bles. Aujourd’hui, l’enfant vic­time devenu adulte, Vili Fualaau, se dit offen­sé par May Decem­ber, esti­mant que le film exploite son his­toire sans son con­sen­te­ment. Et je crois le com­pren­dre.

Sun­day night, 10:30 p.m., France 2: the open­ing theme of “Faites entr­er l’accusé”. Me, ten years old, com­plete­ly trans­fixed. Like the TV show, the film deals with a true-crime sto­ry, and this music puts us on alert: we’re about to be told some­thing sen­sa­tion­al and ter­ri­ble. Today, the vic­tim-turned-adult, Vili Fualaau, has said he feels offend­ed by “May Decem­ber”, believ­ing the film exploits his sto­ry with­out his con­sent. And I under­stand why.

M3GAN BY GERARD JOHNSTONE

39′06″ ♪ Sound excerpt

Il fal­lait bien une petite page de pub­lic­ité… Et c’est un film créé par la boite de James Wan, der­rière Con­jur­ing, Annabelle, Saw et tous les autres.

There had to be a lit­tle com­mer­cial break… And it’s a film pro­duced by James Wan’s com­pa­ny, behind “The Con­jur­ing”, “Annabelle”, “Saw”, and many oth­ers.

CRUEL INTENTIONS BY ROGER KUMBLE

39′46″ ♪ The Verve — Bit­ter Sweet Sym­pho­ny

On était telle­ment cram­pon­nées à la télé devant ce film avec ma sœur qu’une fois on l’a faite tomber sur moi. Mon bras d’enfant n’avait pas fait le poids face à cette énorme télé cathodique.

My sis­ter and I were so glued to the TV watch­ing this film that one day it fell on top of me. My child-sized arm didn’t stand a chance against that mas­sive CRT tele­vi­sion.

WHITE GOD BY KORNÉL MUNDRUZCÓ

43′49″ ♪ Sound excerpt

C’est la fin: tous les ani­maux craque­nt (chiens et humains), et c’est la petite fille qui va nous calmer tout ce beau monde, avec sa trompette. C’est le film le plus triste que j’ai jamais vu. On pour­rait l’utiliser pour empêch­er les gens d’abandonner leur chien.

This is the end: all the ani­mals snap (dogs and humans alike), and it’s a lit­tle girl who calms every­one down with her trum­pet. It’s the sad­dest film I’ve ever seen. It could be used to stop peo­ple from aban­don­ing their dogs.