Chaque mois sur Kiosk Radio et Critikat, un.e invité.e partage ses ban­des-son de film favorites et ses sou­venirs cinéphiles. Pour ce troisième épisode de The Scores : le mix de Pablo Altar, musi­cien et com­pos­i­teur. Il réalise des ban­des sonores pour des films, des vidéos d’art et des per­for­mances.

DARK ANGEL BY JAMES CAMERON & CHARLES H. EGLEE

00′00″ ♪ Joel McNeely — Theo’s Ash­es (Pablo Altar edit)

L’histoire de Dark Angel se situe en 2019, dans un futur post-apoc­a­lyp­tique. Je suis retombé récem­ment sur la BO. En plus du sur­gisse­ment de sou­venirs de la Trilo­gie du Same­di, j’ai bien aimé la petite mélodie répéti­tive de ce morceau.

The sto­ry of “Dark Angel” is set in 2019, in a futur­is­tic post-apoc­a­lyp­tic world. I recent­ly came across the sound­track again; beyond the rush of mem­o­ries from the Sat­ur­day Tril­o­gy, I real­ly liked the small repet­i­tive melody in this piece.

A WALK BETWEEN LOVE AND DEATH BY JOHN HUSTON

02′36″ ♪ Georges Delerue — Héron at the Gip­sy camp

Dans une France médié­vale rav­agée par la guerre et la peste, Héron quitte Paris pour voir la mer. Il ren­con­tre une jeune princesse et en tombe amoureux. La musique racon­te un imag­i­naire médié­val recréé, rêvé — une tem­po­ral­ité hybride : un Moyen Âge fan­tas­mé qui habitait le présent post-68.

In a medieval France rav­aged by war and plague, Heron leaves Paris to see the sea. He meets a young princess and falls in love with her. The music depicts a re-cre­at­ed, dreamt-up medieval imag­i­nary — a hybrid tem­po­ral­i­ty: a fan­ta­sized Mid­dle Ages liv­ing with­in the post-’68 present.

ECHO BY ULTRA ULTRA

03′52″ ♪ Bjarke Nie­mann — Arrival 

Echo racon­te l’éveil d’une voyageuse spa­tiale après 100 ans de som­meil. Je n’ai jamais joué au jeu mais j’avais été touché par sa BO entre sonorités d’orchestre et syn­thés.

“Echo” tells the sto­ry of a space trav­el­er awak­en­ing after 100 years of sleep. I’ve nev­er played the game, but I was moved by its sound­track, blend­ing orches­tral and synth tex­tures.

ENCOUNTERS AT THE END OF THE WORLD BY WERNER HERZOG

05′52″ ♪ Mark A. Craw­ford — Ice­berg Dream

Dans cette scène, un sci­en­tifique racon­te à Wern­er Her­zog son rêve : dériv­er sur un ice­berg, porté par les courants et la soli­tude.

In this scene, a sci­en­tist recounts to Wern­er Her­zog his dream: drift­ing on an ice­berg, car­ried by cur­rents and soli­tude.

DON’T WAKE THE SLEEPING CHILD BY KÉVIN AUBERT

09′07″ ♪ Orig­i­nal Score by Pablo Altar

Des extraits d’une de mes dernières musiques, pour le film de Kevin Aubert Ne réveillez pas l’enfant qui dort. Nous avons exploré une com­po­si­tion basée sur un des matéri­aux fon­da­men­taux de la musique au ciné­ma : les cordes. Elles sont ici un peu spec­trales, comme des fan­tômes de musique de film.

Excerpts from one of my lat­est pieces, for Kevin Aubert’s film “Don’t wake the sleep­ing child”. We explored music built around one of the most com­mon ele­ments of film sound­tracks : strings. Here they sound a bit spec­tral, like ghosts of film music.

REEL FISHING BY VICTOR IRELAND

12′50″ ♪ Ken­zou Katou — Reel Fish­ing

Une sound­track faite avec les ressources disponibles (lim­itées) de la PS1, dans un doux mélange d’innocence tech­nologique et de lim­i­ta­tions tech­niques. Super bande son de sim­u­la­teur de pêche.

A sound­track made with the (lim­it­ed) resources of the PS1, in a gen­tle mix of tech­no­log­i­cal inno­cence and tech­ni­cal con­straints. A great sound­track for a fish­ing sim­u­la­tor.

TOUS LES MATINS DU MONDE BY ALAIN CORNEAU

18′15″ ♪ Marin Marais — La Rêveuse

Le film retrace la rela­tion entre Marin Marais et Sainte-Colombe, deux com­pos­i­teurs et gam­bistes de renom du XVI­I­Ie siè­cle. Une oppo­si­tion se crée entre Sainte-Colombe qui tra­vaille son instru­ment sans cesse, dans une petite dépen­dance de sa mai­son, isolé de tout, et Marin Marais qui part se pro­duire à la cour du roi. La dépen­dance est cen­trale dans le film : elle sym­bol­ise la musique comme un lieu où l’on revient sans cesse.

The film traces the rela­tion­ship between Marin Marais and Sainte-Colombe, two renowned 18th-cen­tu­ry com­posers and vio­la da gam­ba vir­tu­osos. An oppo­si­tion forms between Sainte-Colombe, who end­less­ly prac­tices his instru­ment in a small out­build­ing of his home, iso­lat­ed from every­thing, and Marin Marais, who leaves to per­form at the king’s court. The out­build­ing is cen­tral through­out the film; music is described as a place one con­stant­ly returns to.

THE ELDER SCROLLS V: SKYRIM BY TODD HOWARD

22′45″ ♪ Jere­my Soule — Secun­da

Un peu floue, baignée de réver­béra­tion, la musique de Skyrim évoque l’immense monde ouvert du jeu : grandes plaines, mon­tagnes, quêtes infinies. Des heures et des heures de bande-son pour rem­plir un univers qua­si sans fin, dans une autre éter­nité médié­vale fan­tas­tique, à la fois épique et sans direc­tion.

A bit blur­ry, bathed in reverb, Skyrim’s music evokes the game’s vast open world: wide plains, moun­tains, end­less quests. Hours and hours of sound­track to fill an almost infi­nite uni­verse, anoth­er kind of fan­tas­tic medieval eter­ni­ty, both epic and direc­tion­less.

ANNIHILATION BY ALEX GARLAND

24′40″ ♪ Mod­er­at — Inter­lude

À la fin d’Anni­hi­la­tion, la fron­tière entre le son de la créa­ture extrater­restre et la musique s’efface. Le film a été mon­té autour de ce morceau « Inter­lude », pour­tant com­posé avant le film. La basse du morceau devient le son émis par la créa­ture.

At the end of “Anni­hi­la­tion”, the bound­ary between the alien creature’s sound and the music blurs. The film was edit­ed around this track Inter­lude, even though it was com­posed before­hand. The bass becomes the creature’s sound.

SIBÉRIADE BY ANDREÏ KONTCHALOVSKI

28′07″ ♪ Eduard Arte­myev — La Mort du héros

Mélange de musique élec­tron­ique futur­is­ti­co-utopique et de thème tra­di­tion­nel, apparem­ment inspiré par les musiques de Van­ge­lis, à la recherche d’une cer­taine moder­nité. Le thème con­tin­ue aujourd’hui de se réin­car­n­er, dans de gross­es pro­duc­tions musi­cales comme dans des edits Sound­Cloud.

A blend of futur­is­tic-utopi­an elec­tron­ic music and tra­di­tion­al themes, appar­ent­ly inspired by Van­ge­lis’ music in an attempt to cre­ate some­thing mod­ern. The theme con­tin­ues to rein­car­nate today in major music pro­duc­tions as well as in Sound­Cloud edits.

TOMB RAIDER II

32′42″ ♪ Nathan McRee — Clas­si­cal Lara

Musique « clas­sique » pour un des pre­miers Tomb Raider, faite dans les lim­ites tech­niques de l’époque, comme la musique de Reel Fish­ing. Mais ici, c’est moins l’innocence tech­nologique qui est mise en scène, que la dra­maturgie orches­trale.

A “clas­si­cal” piece for one of the ear­ly “Tomb Raider” games, made with the tech­ni­cal lim­i­ta­tions of the time like “Reel Fish­ing”. But here it’s less about tech­no­log­i­cal inno­cence and more about orches­tral dra­matur­gy.

ENCOUNTERS AT THE END OF THE WORLD BY WERNER HERZOG

34′46″ ♪ Sound excerpt

Dans une autre scène du film, les chercheurs enreg­istrent les sons des pho­ques sous la glace. On croirait enten­dre des syn­thé­tiseurs mod­u­laires, des sig­naux incon­nus.

In anoth­er scene of the film, researchers record the sounds of seals beneath the ice. You’d think you were hear­ing mod­u­lar syn­the­siz­ers, unknown sig­nals.

DIES BY ELÉONORE BERRUBÉ

36′40″ ♪ Orig­i­nal Score by Pablo Altar

Dies est un film doc­u­men­taire d’Éléonore Berrubé, dans lequel trois femmes décrivent des rit­uels de soins qu’elles pra­tiquent pour elles-mêmes. Nous avons tra­vail­lé la musique à par­tir d’instruments à vent, notam­ment le haut­bois qui est mon pre­mier instru­ment.

“Dies” is a doc­u­men­tary by Éléonore Berrubé in which three women describe heal­ing rit­u­als they prac­tice for them­selves. We built the music around wind instru­ments, espe­cial­ly the oboe, which is my first instru­ment.

LOVELESS BY ANREY ZVYAGINTSEV

42′24″ ♪ Evgueni & Sacha Galper­ine — Cycles of E

Le piano est un instru­ment omniprésent dans les musiques de film – et dans la mienne aus­si, assez sou­vent ! J’avais été mar­qué par l’intensité de celle-ci et sa présence dans Love­less.

The piano is an omnipresent instru­ment in film music – and in mine as well, quite often! I was struck by the inten­si­ty of this one and its pres­ence in “Love­less”.

THE WORK BY JAIRUS MCLEARY

46′16″ ♪ Sound excerpt

Un doc­u­men­taire boulever­sant sur un ate­lier thérapeu­tique dans une prison de haute sécu­rité. Une scène en par­ti­c­uli­er, où un pris­on­nier tente de sauver un autre du dés­espoir, est mar­quée par le bruit du micro com­pressé entre leurs corps. On y entend à la fois leurs voix étouf­fées et leurs cœurs bat­tants.

A pow­er­ful doc­u­men­tary about a ther­a­peu­tic work­shop in a high-secu­ri­ty prison. One scene in par­tic­u­lar, where one inmate tries to save anoth­er from despair, is marked by the sound of a micro­phone com­pressed between their bod­ies. You hear both their muf­fled voic­es and their beat­ing hearts.

THERE WILL BE BLOOD BY PAUL THOMAS ANDERSON

48′32″ ♪ Jon­ny Green­wood — Open Spaces

La bande-son du film mêle des œuvres préex­is­tantes et des com­po­si­tions de Jon­ny Green­wood. Elle est entière­ment faite de sonorités orches­trales. Green­wood repro­duit des tex­tures sonores expéri­men­tales plutôt datées du siè­cle précé­dent (Pen­derec­ki, Arvo Pärt, par exem­ple). Des rad­i­cal­ités musi­cales d’une autre époque, mais tou­jours per­ti­nentes.

The film’s sound­track mix­es pre-exist­ing works and orig­i­nal com­po­si­tions by Jon­ny Green­wood. The whole score is built from orches­tral sonori­ties. Green­wood recre­ates exper­i­men­tal sound tex­tures large­ly root­ed in the pre­vi­ous cen­tu­ry (Pen­derec­ki, Arvo Pärt, for instance). Musi­cal rad­i­cal­i­ties from anoth­er era yet still rel­e­vant.

ANDREÏ ROUBLEV BY ANDREÏ TARKOVSKI

52′15″ ♪ Sound excerpt

Dans cette scène, un per­son­nage doit fab­ri­quer une cloche. Il pré­tend en être capa­ble, mais en réal­ité il ne l’a jamais fait. Tout le monde se réu­nit le jour où la cloche est ter­minée pour savoir si elle va pro­duire un son ou non.

In this scene, we fol­low a char­ac­ter who must cast a bell. He claimed he knew how to do it but had actu­al­ly nev­er made one before. Every­one gath­ers on the day the bell is fin­ished to see whether it will pro­duce a sound or not.

54′00″ ♪ Charles Ives — The Unan­swered ques­tion

Une ques­tion posée par la trompette, à laque­lle les cordes refusent de répon­dre en restant en sus­pens. The Unan­swered Ques­tion est util­isée dans de nom­breux films (notam­ment dans La Ligne rouge de Ter­rence Mal­ick). Elle revient sou­vent, avec ce car­ac­tère d’interrogation sans réso­lu­tion, tou­jours relancée.

A ques­tion posed by the trum­pet, to which the strings refuse to answer, remain­ing sus­pend­ed. “The Unan­swered Ques­tion” is used in many films (notably in Ter­rence Malick’s “The Thin Red Line”, 1998). It often reap­pears with its qual­i­ty of an ever-renewed ques­tion with­out res­o­lu­tion.

COMMENT ÇA VA ? BY JONATHAN VINEL & CAROLINE POGGI

57′44″ ♪ Pablo Altar — Horns strong winds

Car­o­line Pog­gi et Jonathan Vinel ont util­isé une musique de mon dernier album Far Out pour leur court-métrage, Com­ment ça va ?. Ici, c’est une démo, une des pre­mières ver­sions de cette musique. Après tous ces morceaux qui nav­iguent entre plusieurs tem­po­ral­ités, sou­venirs et futurs pos­si­bles, j’aimais l’idée de ter­min­er sur cet état un peu spec­tral : une musique qui, à un moment, était encore en devenir.

Car­o­line Pog­gi & Jonathan Vinel includ­ed a track from my lat­est album “Far Out” in their recent short film “Com­ment ça va ?”. This is a demo, one of the ear­ly ver­sions of that piece. After all these tracks nav­i­gat­ing between mul­ti­ple tem­po­ral­i­ties, mem­o­ries, and pos­si­ble futures, I liked the idea of end­ing on this slight­ly spec­tral state: a piece of music that was still becom­ing some­thing, at one moment.