Chaque mois sur Kiosk Radio et Critikat, un.e invité.e partage ses ban­des-son de films favorites et ses sou­venirs cinéphiles. Rob Jacobs est réal­isa­teur et mem­bre du col­lec­tif Faire-Part. 

COLD WAR BY PAWEL PAWLIKOWSKI

00′00″ ♪ Dwa Ser­dusz­ka (Folk song)

Plusieurs ver­sions de cette chan­son tra­di­tion­nelle ponctuent le film. Dwa ser­dusz­ka, cztery oczy — Deux cœurs, qua­tre yeux — racon­te l’histoire d’un amour impos­si­ble. Je suis ému à chaque fois, mais par­ti­c­ulière­ment au début du film, lorsqu’une jeune fille s’exerce à jouer les accords com­plex­es de la chan­son.

Sev­er­al ver­sions of this folk song play through­out the film. Dwa ser­dusz­ka, cztery oczy — Two Hearts, Four Eyes — tells the sto­ry of an impos­si­ble love. I’m moved every time, but espe­cial­ly in the begin­ning of the film, when a young girl is prac­tis­ing the song’s tricky pro­gres­sion.

DAYSLEEPERS  BY ENZO SMITS

00′00″ ♪ Sound excerpt

00′47″ ♪ Orig­i­nal Score by Liew Niy­omkarn

Mon ami Enzo a réal­isé un très beau et sub­til film sur un garçon qui trou­ve un cheval dans le cen­tre de Brux­elles, par une chaude nuit d’été. Le com­pos­i­teur Liew Niy­omkarn a con­stru­it un écrin sonore déli­cat autour du bruit des pas du cheval sur le béton de la ville.

My dear friend Enzo made a sub­tle and beau­ti­ful film about a boy who finds a horse in the cen­tre of Brus­sels on a hot sum­mer night. Com­pos­er Liew Niy­omkarn built a del­i­cate son­ic room around the sound of the horse’s foot­steps on the city con­crete.

LES CHEVAUX DE FEU BY SERGEI PARAJANOV

01′57″ ♪ Sound excerpt

03′12″ ♪ Ver­bo­va Doshchech­ka (folk song)

Mon amoureuse Caro et moi sommes tombés par hasard sur une pro­jec­tion de minu­it de ce film, dans un camp­ing, et nous avons été émer­veil­lés. Des mou­ve­ments de caméra qui sem­blent impos­si­bles nous empor­tent le long de riv­ières enneigées et à tra­vers des forêts dens­es. C’est une autre his­toire d’amour trag­ique, cette fois ancrée dans le folk­lore des Carpates ukraini­ennes.

My love Caro and I stum­bled upon a mid­night screen­ing of this film at a camp­site and were in awe. Seem­ing­ly impos­si­ble cam­era move­ments car­ried us along snowy rivers and through dense forests. It’s anoth­er trag­ic love sto­ry, this time set in the folk­lore of the Ukrain­ian Carpathi­ans.

SOUNDTRACK TO A COUP D’ÉTAT BY JOHAN GRIMONPREZ

04′19″ ♪ Max Roach and Abbey Lin­coln — Trip­tych: Prayer / Protest / Peace

Un fre­donnement hyp­no­tique explose en un cri de 80 sec­on­des dans ce morceau tiré de la bande orig­i­nale jazzy de Sound­track to a Coup d’É­tat. Quelques mois seule­ment après avoir enreg­istré cette com­po­si­tion, en févri­er 1961, Max Roach et Abbey Lin­coln pénétrèrent dans la salle du Con­seil de sécu­rité de l’ONU à New York et protestèrent con­tre l’assassinat de Patrice Lumum­ba. Le film retrace la col­li­sion entre le jazz et la poli­tique à l’époque de la guerre froide.

Hyp­not­ic hum­ming explodes into an 80-sec­ond scream in this song from jazz-packed Sound­track to a Coup d’É­tat. Just a few months after record­ing the com­po­si­tion in Feb­ru­ary 1961, Max Roach and Abbey Lin­coln walked into the UN Secu­ri­ty Coun­cil cham­ber in New York and loud­ly protest­ed the assas­si­na­tion of Patrice Lumum­ba. The film traces the col­li­sion of jazz and pol­i­tics in the Cold War era.

LUMUMBA, LA MORT DU PROPHÈTE BY RAOUL PECK

08′12″ ♪ Du côté du Katan­ga by Hen­ri Lopès (poem)

Lumum­ba, la mort du prophète s’ouvre sur un poème évo­quant un géant tombé au Katan­ga, dans l’est du Con­go, tan­dis que la caméra observe des gens s’abritant de la pluie au cœur de Brux­elles. C’est un film poé­tique et per­son­nel, mais aus­si rigoureux, infor­matif et sans com­pro­mis, réal­isé dans les années 1990, sur l’assassinat de Patrice Lumum­ba et le sab­o­tage de la jeune démoc­ra­tie con­go­laise par une inter­ven­tion con­jointe des États-Unis et de la Bel­gique.

Lumum­ba, la mort du prophète opens with a poem about a giant who fell in Katan­ga, in east­ern Con­go, while the cam­era observes peo­ple shel­ter­ing from the rain in the cen­tre of Brus­sels. It is a poet­ic and per­son­al, but rig­or­ous­ly infor­ma­tive and uncom­pro­mis­ing film from the 1990s about the assas­si­na­tion of Patrice Lumum­ba and the sab­o­tage of young Con­golese democ­ra­cy through a joint US-Bel­gian inter­ven­tion.

JOY BOY, A TRIBUTE TO JULIUS EASTMAN BY FALLON MAYANJA, PAUL SHEMISI, MAWENA YEHOUESSI, ROB JACOBS, ANNE REIJNIERS, VICTOIRE KARERA KAMPIRE

08′45″ ♪ Julius East­man — Joy Boy

Avec cinq amis — Fal­lon, Mawe­na, Vic­toire, Anne et Paul — nous avons réal­isé un film en hom­mage au musi­cien et mil­i­tant révo­lu­tion­naire Julius East­man. Ce fut une expéri­ence pro­fondé­ment trans­for­ma­trice que de tra­vailler aux côtés de ces artistes bien­veil­lants et vision­naires. Le film se com­pose de qua­tre clips vidéo qui s’entrecroisent, pour qua­tre com­po­si­tions musi­cales. Cette pièce, Joy Boy, accom­pa­gne le dernier chapitre et sonne pour moi comme une renais­sance après une longue tra­ver­sée dans l’obscurité.

Togeth­er with five beloved friends — Fal­lon, Mawe­na, Vic­toire, Anne, and Paul — we cre­at­ed a trib­ute to rev­o­lu­tion­ary musi­cian and activist Julius East­man. It was trans­for­ma­tive to work along­side these kind and vision­ary artists. The film con­sists of four inter­con­nect­ed video clips for four musi­cal com­po­si­tions. This piece — Joy Boy — is the score for the final chap­ter, and to me sounds like rebirth after a long stretch of dark­ness.

BEAU TRAVAIL BY CLAIRE DENIS

12′05″ ♪ Souls le soleil brûlant d’Afrique (colo­nial chant)

Mon ami Jonathan m’a mon­tré ce film lorsque je venais de démé­nag­er en ville. C’é­tait l’un des pre­miers films que j’ai vus qui n’était pas un block­buster, et il a changé ma con­cep­tion de ce que pou­vait être le ciné­ma. Un film ambigu, d’une beauté aveuglante, sur la mas­culin­ité, l’ego, la répres­sion et le colo­nial­isme. Une lumière solaire écla­tante, des têtes rasées, l’hypnose des mou­ve­ments syn­chro­nisés. On entend une unité de la Légion étrangère française enton­ner un chant sous le soleil brûlant de Dji­bouti.

My friend Jonathan showed me this film when I first moved to the city. It was one of the first films I saw out­side the block­buster-sphere, and it changed my idea of what cin­e­ma could be. An ambigu­ous, blind­ing­ly beau­ti­ful film about mas­culin­i­ty, ego, repres­sion, and colo­nial­ism. Bright sun­light, shaven heads, the hyp­no­tism of syn­chro­nised move­ment. We hear a French For­eign Legion unit chant­i­ng under Djibouti’s blaz­ing sun.

ALBERTA’S ROOM BY VICTOIRE KARERA KAMPIRE

12′22″ ♪ Orig­i­nal Score by Pene­lope Grat­a­cos

Une caméra tourne lente­ment autour d’un salon et racon­te l’histoire d’Alberta Gaye, la mère de Mar­vin Gaye, qui a per­du son fils dans un drame famil­ial. J’ai vu ce court métrage de nom­breuses fois, et chaque vision­nage révèle quelque chose de nou­veau — caché dans les meubles de la pièce ou enfoui dans le son. Je l’ai un jour vu au bord de la mer, à Ostende, où se déroule l’histoire. J’ai regardé la mer par la fenêtre de la salle jusqu’à ce que l’écran descende. Lorsqu’il est remon­té, la mer était tou­jours là, mais elle sig­nifi­ait quelque chose de dif­férent.

A cam­era slow­ly spins around a liv­ing room and tells the sto­ry of Alber­ta Gaye, Mar­vin Gaye’s moth­er, who lost her son in a fam­i­ly dra­ma. I’ve seen this short film many times, and each view­ing reveals some­thing new — hid­den in the room’s fur­ni­ture or buried in its dense sound­scape. I once saw it by the beach in Ostend, where the sto­ry is set. I watched the sea through the venue’s win­dow until the screen came down. When it came back up, the sea was still there, but some­how it meant some­thing dif­fer­ent.

15′52″ ♪ Mar­vin Gaye — What’s Going On

Moth­er, moth­er
There’s too many of you cry­ing
Broth­er, broth­er, broth­er
There’s far too many of you dying
Father, father
We don’t need to esca­late

Dans la bande orig­i­nale de Alberta’s Room, deux voix mur­murent les paroles de What’s Going On de Mar­vin Gaye. La manière calme et retenue dont elles pronon­cent les mots leur donne une tout autre réso­nance que la façon enjouée avec laque­lle ils sont chan­tés dans la ver­sion orig­i­nale.

In the sound­track of Alberta’s Room, two voic­es whis­per the lyrics of Mar­vin Gaye’s What’s Going On. The qui­et, sub­dued way they say the words gives them a very dif­fer­ent feel­ing from the upbeat way they’re sung in the orig­i­nal.

BLADE RUNNER BY RIDLEY SCOTT

18′02″ ♪ Van­ge­lis — Mem­o­ries of Green

22′47″ ♪ Sound excerpt

« La tortue gît sur sa cara­pace, le ven­tre brûlant sous le soleil, bat­tant des pattes pour essay­er de se retourn­er, mais elle n’y arrive pas. Pas sans votre aide. Mais vous ne l’aidez pas. Pourquoi ça ? »

Un répli­cant pré­sumé est soumis à une série de ques­tions pour déter­min­er s’il est humain ou non. L’écho de sa voix, les bat­te­ments de cœur qui s’accélèrent… le stress prend le dessus. J’ai l’impression que ma tem­péra­ture cor­porelle aug­mente de deux degrés en deux min­utes.

“A tor­toise lays on its back, its bel­ly bak­ing in the hot sun, beat­ing its legs try­ing to turn itself over, but it can’t. Not with­out your help. But you’re not help­ing. Why is that?”

A sus­pect­ed repli­cant is test­ed for their human­i­ty through a set of unset­tling ques­tions. The echo of his voice, the accel­er­at­ing heart­beat… stress takes over. My body tem­per­a­ture seems to rise by two degrees in two min­utes.




THIS SUFFOCATING NOW BY VIKA KIRCHENBAUER

24′07″ ♪ Sound excerpt

24′47″ ♪ Orig­i­nal Score by Vika Kirchen­bauer

Le film de Vika par­le du fait de dénon­cer les vio­lences géno­cidaires com­mis­es con­tre les Pales­tiniens tout en tra­vail­lant au sein d’une école de ciné­ma alle­mande. Il pro­pose un regard per­son­nel, queer et mil­i­tant sur la crise poli­tique que tra­verse l’Allemagne depuis quelques années, replacée dans le con­texte plus large de l’histoire alle­mande. Elle a com­posé elle-même la bande orig­i­nale. Je trou­ve cette musique à la fois trou­blante et exal­tante, comme l’expression presque exta­tique d’une cer­taine ten­sion.

Vika’s film speaks about call­ing out the geno­ci­dal vio­lence against Pales­tini­ans, while work­ing with­in a Ger­man film school. It offers a per­son­al, queer, activist lens on the polit­i­cal cri­sis in Ger­many over the past few years, sit­u­at­ed with­in the broad­er con­text of Ger­man his­to­ry. Her own music plays through the film. To me, the music feels unset­tling but uplift­ing, an almost ecsta­t­ic expres­sion of ten­sion.

MAX, MON AMOUR BY NAGISA OSHIMA

26′52″ ♪ Orig­i­nal Score by Michel Por­tal

Je suis un jour allé voir mon ami Eduar­do en Espagne, avec la bande orig­i­nale de Max, mon amour qui tour­nait en boucle dans mes écou­teurs. Ce ne sont que des vari­a­tions autour d’une même mélodie — cer­taines plus enjouées, d’autres plus mélan­col­iques. Je me suis pro­fondé­ment attaché à cette bande orig­i­nale, et je ne peux plus l’entendre aujourd’hui sans penser à mon ami en train de faire cuire des oignons sur un feu de bois, et à la couleur jaune des rochers de la côte. J’aime vrai­ment beau­coup le doux fre­donnement de cette ver­sion.

I once made a trip to see my friend Eduar­do in Spain with the sound­track of Max, mon amour play­ing on repeat in my head­phones. It’s all vari­a­tions on the same melody — some more upbeat, some more melan­cholic. I grew very attached to the sound­track, and I can’t hear it now with­out think­ing of my friend cook­ing onions over an open fire, and the yel­low colour of the coastal rocks. I real­ly love the sooth­ing hum­ming in this ver­sion.

MOONSCAPE BY MONA BENYAMIN

29′17″ ♪ Orig­i­nal Score by Mona Benyamin

Moon­scape est un court métrage con­stru­it comme une suc­ces­sion de clips musi­caux. L’une des chan­sons racon­te l’étrange his­toire de Den­nis M. Hope, qui revendi­qua la pro­priété de la Lune en 1980 et fon­da la Lunar Embassy, une entre­prise qui vend des par­celles de ter­rain sur la Lune. Le film fait le lien entre cette absurde fan­taisie colo­niale et la réal­ité de la vie de la réal­isatrice : une jeune pales­tini­enne vivant sous occu­pa­tion israéli­enne. Elle se demande si elle pour­rait, elle aus­si, acheter une par­celle sur la Lune, puisque la terre de ses ancêtres lui a été prise.

Moon­scape is a short film shaped like sev­er­al music videos. One of the songs tells the strange sto­ry of Den­nis M. Hope, who claimed own­er­ship of the Moon in 1980 and found­ed the Lunar Embassy, a com­pa­ny sell­ing plots of land on the Moon. The film con­nects this absurd colo­nial fan­ta­sy with the real­i­ty of the director’s own life: a young Pales­tin­ian woman liv­ing under Israeli occu­pa­tion. She won­ders whether she too could buy land on the Moon, since the land of her ances­tors has been tak­en from her.


ANTUCA BY MARÍA BAREA AND WARMI CINE Y VIDEO COLLECTIVE

31′34″ ♪ Sound excerpt (folk song)

Le film suit Antu­ca, une jeune femme autochtone qui quitte Caja­mar­ca pour Lima, au Pérou, où elle trou­ve un poste de domes­tique éprou­vant et s’engage dans un mou­ve­ment poli­tique. Le film — con­stru­it à par­tir de témoignages et de réc­its de vie de femmes exerçant ce type de tra­vail — est tra­ver­sé de musique et de chants col­lec­tifs. On entend ici un extrait d’un chant autochtone, enton­né pen­dant le tra­vail de la terre.

The film fol­lows Antu­ca, a young Indige­nous woman who leaves Caja­mar­ca for Lima in Peru, where she does demand­ing domes­tic work and becomes involved in a polit­i­cal move­ment. The film — based on tes­ti­monies and life sto­ries from women in this line of work — is full of music and col­lec­tive singing. Here we hear a frag­ment of an Indige­nous song, sung while work­ing the land.

COMMON SIDE EFFECTS BY JOE BENNETT & STEVE HILEY

32′16″ ♪ John Ley­ton — John­ny, Remem­ber Me

Une his­toire psy­chédélique autour d’un champignon mys­térieux capa­ble de guérir presque toutes les mal­adies, et de l’industrie phar­ma­ceu­tique qui fait tout son pos­si­ble pour le garder secret. La série est un mélange déton­nant de con­spir­a­tion, d’humour, de com­men­taire poli­tique et d’animation sur­réal­iste. C’est aus­si la chan­son par­faite à envoy­er à mon ami Jonathan lorsqu’il met trop de temps à répon­dre à mes mes­sages.

A psy­che­del­ic sto­ry about a mys­te­ri­ous mush­room that can cure almost any­thing, and the phar­ma­ceu­ti­cal indus­try doing every­thing it can to keep it hid­den. This series is a wild com­bi­na­tion of con­spir­a­cy, humour, polit­i­cal com­men­tary and sur­re­al ani­ma­tion. It is also the per­fect song to send to my friend Jonathan when he takes too long to reply to my mes­sages. 

ANY WAY THE WIND BLOWS BY TOM BARMAN

34′46″ ♪ Sound excerpt

“- Un nou­veau KISS ?

- Tu sais bien qu’on ne vend pas ça ici. Ici, on vend de la dance music.

- Ah, les snobs de la dance réu­nis ! Eh bien, moi, je danse sur la musique de KISS.

- KISS ne joue plus, non ?

- Qu’est-ce que tu viens de dire ?”

- Any­thing new from KISS?
— You know we won’t sell that here. Here, we sell dance music.
— Ah, the dance snobs togeth­er! Well, I dance to the music of KISS.
— KISS stopped play­ing, right?
— What did you say?



LOVERS ROCK BY STEVE MCQUEEN

35′15″ ♪ The Rev­o­lu­tion­ar­ies — Kun­ta Kinte

Les DJ passent ce morceau emblé­ma­tique trois fois de suite lors d’une incroy­able fête, jusqu’à ce que la police vienne y met­tre fin. J’adore ces dix min­utes de dub, débor­dantes d’énergie. L’une de mes séquences de danse préférées, dans un mag­nifique film sur la musique, la poli­tique et la scène dub du Lon­dres des années 1970. C’est le genre de film qu’il faut décou­vrir devant un mur d’enceintes.

The DJs play this icon­ic track three times in a row at an amaz­ing house par­ty, until the police break it up. I love these 10 min­utes of unin­ter­rupt­ed, high-ener­gy dub inten­si­ty. One of my favourite dance sequences, in a beau­ti­ful film about music, pol­i­tics, and the dub scene in 1970s Lon­don. It’s the kind of film best expe­ri­enced in front of a wall of speak­ers.

ANY WAY THE WIND BLOWS BY TOM BARMAN

39′45″ ♪ Square­push­er — My Red Hot Car

Any Way the Wind Blows présente Anvers au début des années 2000 comme l’endroit le plus cool de la planète. Vrai ou faux, je trou­ve que c’est un film belge unique, sur l’imprévisibilité de la ville, la chaleur de l’été, les rêves et la para­noïa. Toute la bande orig­i­nale est géniale. On le pas­sait autre­fois dans les bars où je tra­vail­lais avec mes amis, ce qui don­nait à nos nuits de tra­vail un petit air de ciné­ma.

Any Way the Wind Blows shows ear­ly-2000s Antwerp as the coolest place on earth. True or not true, I think it’s a unique Bel­gian film, about the unpre­dictabil­i­ty of the city, sum­mer heat, dreams and para­noia. The whole sound­track is great. We used to play it in the bars where I worked with my friends, giv­ing our work nights a film-like qual­i­ty.

THE MATRIX BY Lana & Lilly Wachowski

44′06″ ♪ The Prodi­gy — Mind­fields

- Pourquoi j’ai mal aux yeux ?
— Parce que tu ne les as jamais util­isés.

- Why do my eyes hurt?
- You’ve nev­er used them before.

BEAU TRAVAIL BY CLAIRE DENIS

46′24″ ♪ Tarkan — Simarik

Une chan­son inou­bli­able qui a accom­pa­g­né l’enfance de nom­breux euro-mil­len­ni­als, sou­vent chan­tée sans aucune grâce dans un turc phoné­tique approx­i­matif. Elle reten­tit au début de la scène en boîte de nuit de Beau Tra­vail, après les rit­uels et chants mil­i­taires. Le film a récem­ment été restau­ré ; j’ai envie de le revoir.

An unfor­get­table song from the child­hood of many euro-mil­len­ni­als, often grace­less­ly sung along to in ter­ri­ble pho­net­ic Turk­ish. It plays dur­ing the ear­ly night­club scene in Beau Tra­vail, fol­low­ing mil­i­tary rit­u­als, march­ing and singing. The film was recent­ly restored; I want to see it again.