Chaque mois sur Kiosk Radio et Critikat, un.e invité.e partage ses ban­des-son de films favorites et ses sou­venirs cinéphiles. Lagri­ma (Avran Thé­pault) est musi­cien et com­pose pour le ciné­ma. Dans cet épisode, il s’intéresse aux per­for­mances musi­cales diégé­tiques dans les films, quand les per­son­nages com­men­cent à chanter ou à jouer d’un instru­ment, que ce soit seuls dans une cham­bre, sur scène ou pour une per­son­ne chère. 

In this episode, he does a spe­cial focus on diegetic musi­cal per­for­mances in film, when the char­ac­ters start singing or play­ing an instru­ment, whether it is alone in their rooms, on stage or for a loved one.

LA LEÇON DE GUITARE BY MARTIN RIT

00′00″ ♪ Sound excerpt

Un court-métrage tout sim­ple mais très char­mant de 2006, avec Serge Riaboukine en quar­an­te­naire un peu paumé qui décide d’apprendre la gui­tare, et Luc Moul­let en vendeur d’instruments de musique.

A sim­ple, yet charm­ing short film from 2006. Serge Riaboukine as a slight­ly lost forty-some­thing who decides to learn gui­tar, and Luc Moul­let as a musi­cal instru­ment sales­man.

MONSOON BY APICHATPONG WEERASETHAKUL

00′50″ ♪ Sound excerpt 

Apichat­pong ouvre ce petit poème filmé par un plan sur un gui­tariste qui accom­pa­gne les images qui suiv­ront : le soir d’un séisme dévas­ta­teur au Japon, un homme skype son amant à l’autre bout du monde. Sans un mot, il mon­tre une luci­ole qui s’est posée sur son doigt.

Apichat­pong opens this lit­tle film poem by a shot of a gui­tar play­er, who will play over the next images: on the night of the news of Japan’s dev­as­tat­ing earth­quake, alone and far from home a man skyped his lover on the oth­er side of the world. No words came — the man dis­cov­ered a fire­fly and showed it to his part­ner. 

JEUNESSE (LES TOURMENTS) BY WANG BING

03′11″ ♪ Sound excerpt

Je me sou­viens avoir été assez sur­pris par cette scène du deux­ième volet de la trilo­gie Jeunesse de Wang Bing. Les ouvri­ers des usines de tex­tile de Zhili retour­nent auprès de leurs familles dans la dernière par­tie du film. Dans une séquence de tran­si­tion (le voy­age), un homme joue de la gui­tare dans un bus pour chanter son blues.

I remem­ber being quite sur­prised by this scene from the sec­ond instal­ment of Wang Bing’s Youth tril­o­gy. In the final sec­tion of the film, the tex­tile work­ers of Zhili return home to their fam­i­lies. Dur­ing a tran­si­tion­al sequence (the jour­ney back), one of them plays gui­tar on a bus and sings his blues.

HAPPINESS BY TODD SOLONDZ

04′38″ ♪ Sound excerpt

La chan­son-titre, Hap­pi­ness, a été écrite par Eytan Mirsky, et inter­prétée par Michael Stipe de R.E.M dans le générique de fin. Mais aus­si dans une scène du film par l’actrice Jane Adams, dans une ver­sion acous­tique bien plus char­mante.

The title song, “Hap­pi­ness,” was writ­ten by Eytan Mirsky and per­formed by Michael Stipe of R.E.M. over the end cred­its. It also appears ear­li­er in the film in a much more charm­ing acoustic ren­di­tion per­formed by actress Jane Adams.

LINDA LINDA LINDA BY NOBUHIRO YAMASHITA

05′37″ ♪ Sound excerpt 

Le groupe d’adolescentes de Lin­da Lin­da Lin­da a 3 jours pour pré­par­er le con­cert de fin d’année du lycée. Mais après la blessure à la main de leur gui­tariste et la démis­sion de la chanteuse, c’est un peu la panique. Le film est rem­pli de moments musi­caux très cute, à l’énergie punk et DIY.

The teenage band at the cen­tre of Lin­da Lin­da Lin­da has three days to pre­pare for their high school’s end-of-year con­cert. But after their gui­tarist injures her hand and their singer quits, things start to unrav­el. The film is full of cute musi­cal moments, burst­ing with DIY punk ener­gy.

LAST DAYS BY GUS VAN SANT

07′42″ ♪ Sound excerpt

Les derniers jours de Kurt Cobain, imag­inés par Gus Van Sant, avec Michael Pitt dans le rôle-titre. Si le per­son­nage est plutôt taiseux, il déverse toute sa frus­tra­tion et son mal-être dans cette impro­vi­sa­tion musi­cale dark et rageuse.

Kurt Cobain’s final days as imag­ined by Gus Van Sant, with Michael Pitt in the lead role. Though the char­ac­ter rarely speaks, he pours all of his frus­tra­tion and sor­row into this dark, furi­ous musi­cal impro­vi­sa­tion.

DAMNATION BY BÉLA TARR

11′30″ ♪ Sound excerpt

Vali Kerekes chante Over and Done au Titanik Bar, le Road­house de Twin Peaks ver­sion béla-tar­ri­enne, c’est à dire en noir et blanc, sous la pluie et plutôt dép­ri­mant. Les films de Béla Tarr sont parsemés de séquences musi­cales qui s’étirent sou­vent sur de longues min­utes, de façon assez hyp­no­ti­sante.

Vali Kerekes per­forms Over and Done at the Titanik Bar, a Béla Tarr ver­sion of Twin Peaks’ Road­house: black and white, under the rain, and quite depress­ing. Béla Tarr’s films are dot­ted with musi­cal sequences that often stretch on for sev­er­al hyp­not­ic min­utes.

TWIN PEAKS: THE RETURN BY DAVID LYNCH

14′36″ ♪  Sound excerpt

Il y a telle­ment de scènes de musique mémorables dans la sai­son 3 de Twin Peaks qu’il fut dif­fi­cile de faire un choix. Il y a une très jolie chan­son chan­tée par Har­ry Dean Stan­ton dans l’épisode 10. Et dans l’épisode 9, une appari­tion d’Hudson Mohawke sur la scène du Road­house pour inter­préter son morceau Human. La musique élec­tron­ique étant assez peu filmée live au ciné­ma, j’ai eu envie d’inclure cet extrait dans le mix !

There are so many mem­o­rable musi­cal moments in sea­son three of Twin Peaks that choos­ing just one was dif­fi­cult. There’s the beau­ti­ful song per­formed by Har­ry Dean Stan­ton in episode 10, and there’s Hud­son Mohawke’s appear­ance on the Road­house stage in episode 9 per­form­ing Human. Since elec­tron­ic music is so rarely filmed live in cin­e­ma, I want­ed to include this one in the mix.

LOVE STREAMS BY JOHN CASSAVETES

16′03″ ♪ Sound excerpt

A Delu­sion­al Opera : dans une séquence musi­cale rêvée digne d’un film de Bob Fos­se, le per­son­nage de Sarah, inter­prétée par Gena Row­lands, trans­pose ses angoiss­es sur scène dans un numéro qui oscille entre fragilité et maîtrise, sur la musique tou­jours sub­lime de Bo Har­wood.

A Delu­sion­al Opera: in a dream musi­cal sequence wor­thy of a Bob Fos­se film, Sarah, played by Gena Row­lands, projects her anx­i­eties onto the stage in a per­for­mance that bal­ances fragili­ty and mas­tery, accom­pa­nied by Bo Harwood’s ever-sub­lime music.

LISBON STORY BY WIM WENDERS

19′07″ ♪ Sound excerpt

L’ingénieur du son Philip Win­ter se rend à Lis­bonne pour enreg­istr­er des sons pour un film sur lequel il va tra­vailler. Il croise le groupe Madredeus, auteur de la musique du film de Wim Wen­ders, mais qui est aus­si chargé de com­pos­er la bande-orig­i­nale du film dans le film. Il va assis­ter à des répéti­tions de plusieurs morceaux, dont le mag­nifique Ain­da.

Sound engi­neer Philip Win­ter trav­els to Lis­bon to record sounds for a film he has been invit­ed to work on. There he encoun­ters Madredeus, the group respon­si­ble for Wim Wen­ders’ sound­track, who also hap­pen to be com­pos­ing the score for the film-with­in-the-film. He attends sev­er­al rehearsals, includ­ing one for the mag­nif­i­cent Ain­da.

DESPERADO BY ROBERT RODRIGUEZ

23’51″ ♪ Sound excerpt

Le gui­tariste sans nom, El Mari­achi, donne un cours de tremo­lo à un enfant dans la rue. La tech­nique main droite d’Antonio Ban­deras est un peu à la ramasse, mais son con­seil n’est peut-être pas mau­vais “prac­tice this every day, all day”.

The name­less gui­tarist, El Mari­achi, gives a child a quick tremo­lo les­son in the street. Anto­nio Ban­deras’ right-hand tech­nique seems a bit rusty, but his advice may not be that bad l: “prac­tice this every day, all day.”

AFTER SCHOOL KNIFE FIGHT BY JONATHAN VINEL & CAROLINE POGGI

25’13″ ♪ Sound excerpt

Un autre film sur un groupe de lycée, par le duo de réalisateur.ices zicos les plus cools de Paris. Ici dans le rôle de la chanteuse, la pop star Oklou, qui doit bien­tôt par­tir à la cap­i­tale pour ses études, ce qui signe la fin de leur groupe. Ils répè­tent pour la dernière fois et le film se ter­mine sur ce joli morceau de shoegaze.

Anoth­er film about a high school band, this time from Paris’ coolest film­mak­ers. Pop star Oklou plays the singer, who is about to leave for uni­ver­si­ty in the cap­i­tal, mean­ing the end of the band. They rehearse one last time, and the film clos­es on this beau­ti­ful shoegaze track.

BLED NUMBER ONE BY RABAH AMEUR-ZAÏMECHE

29’00″ ♪ Sound excerpt

Le gui­tariste Rodolphe Burg­er fait deux appari­tions dans Bled Num­ber One. Elles n’étaient apparem­ment pas prévues au scé­nario, et Rabah Ameur-Zaïmeche lui avait seule­ment demandé de pass­er sur le tour­nage pour s’imprégner du lieu avant de com­pos­er la BO. Ils ont finale­ment trou­vé un petit généra­teur et un ampli de gui­tare pour filmer des séquences musi­cales dans les mon­tagnes de l’est de l’Algérie.

Gui­tarist Rodolphe Burg­er appears twice in Bled Num­ber One. These scenes were appar­ent­ly nev­er planned in the script: Rabah Ameur-Zaïmeche had sim­ply invit­ed him to vis­it the shoot and absorb the atmos­phere before com­pos­ing the score. In the end, they found a small gen­er­a­tor and a gui­tar amp and filmed these musi­cal sequences in the moun­tains of east­ern Alge­ria.

GILMORE GIRLS BY AMY SHERMAN-PALLADINO

31’10″ ♪ Sound excerpt

Un autre caméo mag­nifique, celui de Kim Gor­don, Thurston Moore et leur fille dans Gilmore Girls. Dans le finale de la sai­son 6, la ville de Stars Hol­low est sub­mergée de trou­ba­dours qui inter­vi­en­nent tout au long de l’épisode. Yo La Ten­go et Sparks font aus­si des appari­tions remar­quées.

Anoth­er won­der­ful cameo: Kim Gor­don, Thurston Moore and their daugh­ter appear­ing in Gilmore Girls. In the sea­son six finale, the town of Stars Hol­low is over­run by trou­ba­dours who pop up through­out the episode. Yo La Ten­go and Sparks also make mem­o­rable appear­ances.

PRAEJUSIOS DIENOS ATMINIMUI BY ŠARŪNAS BARTAS

32’19″ ♪ Sound excerpt

Le film de fin d’études de Šarū­nas Bar­tas est un moyen-métrage doc­u­men­taire com­posé de saynètes dans les rues de Vil­nius. Un homme monte pénible­ment un escalier pour aller s’installer au car­il­lon d’une église, puis joue cette mag­nifique mélodie.

Šarū­nas Bar­tas’ grad­u­a­tion film is a medi­um-length doc­u­men­tary made up of vignettes filmed in the streets of Vil­nius. A man slow­ly climbs a stair­case to reach a church bell tow­er, where he sits down and plays this beau­ti­ful melody.

MON COEUR EST ROUGE BY MICHÈLE ROSIER

33’32″ ♪ Sound excerpt

Le “noise show” expéri­men­tal au ciné­ma. Le deux­ième long-métrage de Michèle Rosier se ter­mine sur une longue séquence où s’en­chaî­nent les per­for­mances musi­cales et artis­tiques. La très belle BO du film est par ailleurs signée Kei­th Jar­rett.

Exper­i­men­tal noise per­for­mance on film. Michèle Rosier’s sec­ond fea­ture ends with an extend­ed sequence of musi­cal and artis­tic per­for­mances. The film’s beau­ti­ful sound­track was com­posed by Kei­th Jar­rett.

ERASERHEAD BY DAVID LYNCH

34’24″ ♪ Sound excerpt

David Lynch est l’un des réal­isa­teurs qui a mis en scène le plus de séquences musi­cales mar­quantes. Les scènes de cabaret dans Blue Vel­vet ou Mul­hol­land Dri­ve, le sax­o­phone dans Lost High­way ou Nico­las Cage chan­tant Elvis dans Sailor & Lula. Et dès son pre­mier film, la Lady in the Radi­a­tor qui chante ce morceau mag­nifique, In Heav­en.

David Lynch is one of the film­mak­ers who has imag­ined the most unfor­get­table musi­cal sequences: the cabaret scenes in Blue Vel­vet and Mul­hol­land Dri­ve, the sax­o­phone in Lost High­way, or Nico­las Cage singing Elvis in Wild at Heart. And already in his first fea­ture, there was the Lady in the Radi­a­tor singing the won­der­ful In Heav­en.

LENINGRAD COWBOYS GO AMERICA BY AKI KAURISMÄKI

36’25″ ♪ Sound excerpt

A la manière des Blues Broth­ers, les Leningrad Cow­boys sont un groupe de musique à la base fic­tion­nel qui ont ensuite eu une vraie car­rière hors de la fic­tion. Le groupe a été créé dans un bar par Aki Kau­ris­mä­ki et deux mem­bres des Sleepy Sleep­ers, comme une blague sur le déclin de l’Union Sovié­tique. Pour com­mencer ce périple en Amérique, ils débar­quent à New York où ils dor­ment sur un toit et jouent ces quelques notes mélan­col­iques d’accordéon.

Much like the Blues Broth­ers, the Leningrad Cow­boys began as a fic­tion­al band before devel­op­ing a real-life career out­side the films. The group was cre­at­ed in a bar by Aki Kau­ris­mä­ki and two mem­bers of the Sleepy Sleep­ers as a joke about the decline of the Sovi­et Union. At the start of their Amer­i­can jour­ney, they arrive in New York, sleep on a rooftop, and play these few accor­dion notes.

BOYS DON’T CRY BY KIMBERLY PEIRCE

38’22″ ♪ Sound excerpt

Une scène de karaoké où Chloë Sevi­gny et deux amies inter­prè­tent la chan­son The Bluest Eyes in Texas du groupe Rest­less Hearts. Un long eye con­tact avec le per­son­nage d’Hillary Swank laisse sup­pos­er une romance nais­sante. Fun fact, le film avait d’abord été pro­posé à Claire Denis qui a refusé car elle ne pen­sait pas pou­voir s’impliquer dans un pro­jet qu’elle n’avait pas écrit.

A karaoke scene in which Chloë Sevi­gny and two friends per­form The Bluest Eyes in Texas by Rest­less Heart. An extend­ed exchange of glances with Hilary Swank’s char­ac­ter sug­gests the begin­nings of a romance. Fun fact: the project was ini­tial­ly offered to Claire Denis, who turned it down because she didn’t feel she could ful­ly com­mit to a film she hadn’t writ­ten her­self.

J’AI PAS SOMMEIL BY CLAIRE DENIS

39’33″ ♪ Sound excerpt

La musique est tou­jours très présente dans les films de Claire Denis. Dans J’ai pas som­meil, il y a deux numéros musi­caux, d’abord une scène de drag sur une chan­son de Jean-Louis Murat, puis cette scène de con­cert du chanteur mar­tini­quais Kali, qui chante le morceau Racines.

Music is always cen­tral to Claire Denis’ films. J’ai pas som­meil fea­tures two musi­cal num­bers: first a drag per­for­mance set to a Jean-Louis Murat song, and then this con­cert scene with Mar­tini­can singer Kali per­form­ing Racines.

BARÇA ZOU BY PAUL NOUHET

43’52″ ♪ Avran Thé­pault — Barcelona (end cred­its)

Seul morceau de ce mix ne venant pas d’une per­for­mance musi­cale diégé­tique. C’est le morceau du générique de fin de Barça Zou, de Paul Nouhet, dont j’ai com­posé la bande-orig­i­nale, en util­isant notam­ment de la gui­tare lap steel. Dans les salles fin 2026 !

The only track in this mix that does not come from a diegetic musi­cal per­for­mance. It plays over the end cred­its of Rewind Barcelona by Paul Nouhet, for which I com­posed the score, notably using lap steel gui­tar. In the­aters by the end of 2026 !

RIO BRAVO BY HOWARD HAWKS

47’06″ ♪ Sound excerpt

Peut-être l’une des chan­sons les plus iconiques de l’histoire du ciné­ma. Dean Mar­tin au chant et sif­fle­ment, Ricky Nel­son au chant et à la gui­tare, Wal­ter Bren­nan à l’harmonica, sous les yeux de John Wayne.

Per­haps one of the most icon­ic songs in cin­e­ma his­to­ry. Dean Mar­tin on vocals and whis­tle, Ricky Nel­son on vocals and gui­tar, Wal­ter Bren­nan on har­mon­i­ca, all under the watch­ful eye of John Wayne.