Chaque mois sur Kiosk Radio et Critikat, un.e invité.e partage ses ban­des-son de films favorites et ses sou­venirs cinéphiles. Pour ce pre­mier épisode de The Scores : le mix de Liyo Gong, mon­teuse et co-fon­da­trice du col­lec­tif musi­cal HE4RTBROKEN.

SUN DOG BY DORIAN JESPERS

00′00″ ♪ Sound excerpt

Cet extrait est tiré de Sun Dog, un court-métrage sur un ser­ruri­er errant dans l’hiver d’un Arc­tique russe fan­tas­magorique. Dans cette scène, une fille qu’il vient de ren­con­tr­er traduit les paroles d’une chan­son d’amour en s’adressant à la caméra, sur fond de tem­pête de neige noc­turne. J’ai appris plus tard que le réal­isa­teur avait vécu une sit­u­a­tion sim­i­laire lors d’une fête à Moscou, et que c’est de là qu’était née la pre­mière idée du film. J’adore ce moment d’intimité inat­ten­du, qui sur­git avec douceur au milieu d’un film plutôt tac­i­turne et mélan­col­ique – et j’aime le fait qu’il soit déclenché par cette musique fan­tôme dont on n’entend pas le son, rap­portée par une incon­nue.

This excerpt is tak­en from Sun Dog, a dreamy short film about a lock­smith wan­der­ing through the Russ­ian Arc­tic win­ter. In this scene, a girl he has just met trans­lates the lyrics of a love song to the cam­era, with a night­time snow­storm in the back­ground. I lat­er learned that a sim­i­lar sit­u­a­tion actu­al­ly hap­pened to the film­mak­er at a par­ty in Moscow, and it was the first spark of inspi­ra­tion that gave birth to the film. I real­ly love that moment of sud­den inti­ma­cy and warmth, espe­cial­ly since the rest of the film is quite word­less and melan­cholic. I also love that it’s sparked by this unheard, ghost­ly music, inno­cent­ly recount­ed by a stranger.

THE MIRROR BY ANDREI TARKOVSKY

00′52″ ♪ Per­gole­si — Sta­bat Mater

Notre expéri­ence du temps est par nature mys­térieuse et insai­siss­able. Le seul moment dont on peut percevoir sen­si­ble­ment la réal­ité est le présent ; le passé et le futur n’existent que dans notre con­science, sous forme de mémoire et de pro­jec­tions. Dans Le Miroir, Tarkovs­ki “sculpte le temps” en dia­logue direct avec ce grand mys­tère, tis­sant ensem­ble réminis­cences et rêves, dis­solvant présent et passé dans un flux de con­science boulever­sant. Son util­i­sa­tion poé­tique du mon­tage y est très dif­férente de ses autres films, ce qui rend le Miroir par­ti­c­ulière­ment pré­cieux pour moi au sein de sa fil­mo­gra­phie. C’est une expéri­ence ver­tig­ineuse et spir­ituelle, sub­limée par l’usage de musiques sacrées comme le Sta­bat Mater de Per­golèse.

Time is a very mys­te­ri­ous thing; when you think about it, the only thing we can tru­ly per­ceive as real is the present — past and future exist only in our con­scious­ness, as mem­o­ry or pro­jec­tion. In The Mir­ror, Tarkovsky “sculpts time” in a way that brings us clos­er to that mys­tery, weav­ing togeth­er rem­i­nis­cences and dreams, merg­ing past and present into a stream of fleet­ing con­scious­ness. He uses the art of mon­tage here in a very unique, poet­ic way, which is why this film is the most spe­cial to me in all his fil­mog­ra­phy. It’s a ver­tig­i­nous, spir­i­tu­al expe­ri­ence, made even more sub­lime by the use of sacred music, like Pergolesi’s Sta­bat Mater.

OUVERTURES — THE LIVING AND THE DEAD ENSEMBLE BY LOUIS HENDERSON AND OLIVIER MARBOEUF

03′43″ ♪ Sound excerpt

Ouver­tures est un film col­lec­tif qui expéri­mente de nou­velles manières de racon­ter l’histoire et le présent depuis une per­spec­tive caribéenne, en s’inspirant de tra­di­tions créoles et du Spi­ral­isme, avec pour point de départ la pièce Mon­sieur Tou­s­saint d’Édouard Glis­sant, qui retrace les derniers jours de la vie de Tou­s­saint Lou­ver­ture, héros de la Révo­lu­tion haï­ti­enne. Je pense que l’ex­plo­ration d’autres formes de réc­its comme celles-ci est essen­tielle à une réin­ven­tion décolo­niale du ciné­ma. Dans cet extrait à l’atmosphère hal­lu­ci­na­toire, on peut enten­dre un peu de la bande orig­i­nale com­posée par Poli­do, ain­si que des paroles mur­murées par Lou­ver­ture face à sa mort prochaine.

Ouver­tures is a col­lec­tive film that explores new ways of telling his­to­ry and the present from a Caribbean per­spec­tive, draw­ing from Cre­ole tra­di­tions and Spi­ral­ism. I think films like this are essen­tial to the rein­ven­tion of cin­e­ma as part of a broad­er decolo­nial move­ment. The sto­ry is freely inspired by Edouard Glissant’s play Mon­sieur Tou­s­saint, which recounts the final days in the life of Tou­s­saint Lou­ver­ture, hero of the Hait­ian Rev­o­lu­tion. In this excerpt, we hear part of the orig­i­nal score com­posed by Poli­do, along with whis­pered lines by Lou­ver­ture, offer­ing a glimpse of the film’s hal­lu­ci­na­to­ry atmos­phere.

TABU BY MIGUEL GOMES

05′12″ ♪ Orig­i­nal Score by Joana Sa

Ces notes de piano, à la beauté déli­cate et un peu désuète, ouvrent le film sur des images fan­tas­mées d’une Afrique filmée comme au temps du vieux Hol­ly­wood. Dans Tabou, Gomes joue sur l’ambiguïté du pou­voir de séduc­tion du ciné­ma et sa capac­ité à créer des sou­venirs illu­soires. La musique com­posée par Joana Sa exprime à mer­veille ce roman­tisme naïf et cette nos­tal­gie dou­teuse des per­son­nages, pris dans la pas­sion de leur his­toire d’amour et aveu­gles au con­texte colo­nial dans lequel ils vivent.

This beau­ti­ful piano piece opens the film over images of a fan­ta­sized, ear­ly-Hol­ly­wood-style rep­re­sen­ta­tion of Africa. In Tabu, Gomes plays ambigu­ous­ly with cinema’s seduc­tive pow­er and the illu­so­ry mem­o­ries it can cre­ate. Joana Sa’s score, with its del­i­cate, old-fash­ioned charm, per­fect­ly cap­tures the naive roman­ti­cism and uncom­fort­able nos­tal­gia of the char­ac­ters, caught up in their love sto­ry, blind to the colo­nial con­text they live in.

MYSTERIOUS SKIN BY GREGG ARAKI

07′52″ ♪ Orig­i­nal Score by Harold Budd & Robin Guthrie

Les ban­des orig­i­nales des films de Gregg Ara­ki sont toutes incroy­ables, et ça a été dif­fi­cile de n’en choisir qu’une pour ce mix. Ces deux morceaux provi­en­nent de la bande son com­posée pour Mys­te­ri­ous Skin par Robin Guthrie et Harold Budd, tous deux affil­iés à l’un de mes groupes préférés devant l’éternel, Cocteau Twins. Gregg Ara­ki et Scott Heim (l’auteur du livre dont Mys­te­ri­ous Skin est adap­té) sont eux aus­si de grands fans de Cocteau Twins, ce qui a poussé Ara­ki à inviter Budd et Guthrie à tra­vailler sur le film. Ara­ki a dit que cette bande orig­i­nale fai­sait par­tie des « plus grandes fiertés » de sa car­rière, et qu’il n’en reve­nait tou­jours pas d’avoir eu la chance de tra­vailler avec ces deux légen­des.

Gregg Araki’s sound­tracks are always so per­fect! I’m hon­est­ly a bit obsessed, and it was hard to choose some­thing for this mix. But these two tracks come from the stun­ning score of Mys­te­ri­ous Skin, com­posed by Robin Guthrie and Harold Budd, respec­tive­ly co-founder and fre­quent col­lab­o­ra­tor of one of my all-time favorite bands, Cocteau Twins. Both Ara­ki and Scott Heim (author of the book the film is based on) are huge fans of them too, which led Ara­ki to invite Budd and Guthrie to work on the score. Ara­ki has called it one of the “proud­est achieve­ments” of his career, and said that he still couldn’t believe he had the chance to work with these leg­ends.

ATLANTICS BY MATI DIOP

11′44″ ♪ Orig­i­nal Score by Fati­ma Al Qadiri

Je suis égale­ment une grande fan de Fati­ma Al Qadiri, et j’étais par­ti­c­ulière­ment excitée de l’entendre tra­vailler sur un film, qui plus est réal­isé par Mati Diop. Elle a com­posé la bande orig­i­nale par­faite pour cette his­toire d’amour fan­tôme : pro­fonde, han­tée, hyp­no­tique. Je pense que la musique est un per­son­nage à part entière dans ce film, comme un chant lanci­nant de l’océan, qui porterait en lui les voix des hommes qu’il a emportés.

I’ve been a fan of Fati­ma Al Qadiri since day one, and I remem­ber how excit­ed I was to hear she’d be work­ing on a film, espe­cial­ly with Mati Diop. Atlantics is as much a ghost sto­ry as it is a love sto­ry, and this score fits it per­fect­ly: haunt­ing, deep, trance-like. It feels like the music is almost anoth­er char­ac­ter in the film, as if we could hear the beau­ti­ful yet dead­ly song of the ocean, car­ry­ing the voic­es of the ghost lovers lost to the sea.

SHARASÔJU BY NAOMI KAWASE

16′51″ ♪ Sound excerpt

Cet extrait provient d’une des plus belles scènes de cli­max que j’aie jamais vue, qui se passe lors d’une parade de print­emps au fes­ti­val tra­di­tion­nel de Basara, dans la ville natale de Nao­mi Kawase. C’est un moment de pure célébra­tion et de com­mu­nion, où les chants et la danse pren­nent la dimen­sion d’une prière pour la vie et le renou­veau. L’euphorie, le chaos d’une pluie soudaine, le rythme hyp­no­tique des chants… tout est ter­ri­ble­ment beau, et la tristesse et les émo­tions réprimées qui pesaient sur les per­son­nages tout au long du film trou­vent ici un exu­toire écla­tant.

This excerpt is from one of the most exhil­a­rat­ing cli­mac­tic scenes I’ve ever seen, which takes place dur­ing a spring parade at the tra­di­tion­al Basara fes­ti­val in Nao­mi Kawase’s home­town. This moment feels like a musi­cal prayer for life and rebirth, an ances­tral cel­e­bra­tion of com­mu­ni­ty through chant and dance. The eupho­ria, the chaos of the sud­den rain­fall, the hyp­not­ic rhythm of the chants… I just find it all so beau­ti­ful. It’s as if the long-sup­pressed, heavy-heart­ed emo­tions that run through­out the film can final­ly erupt here.

THE FITS BY ANNA ROSE HOLMER

18′56″ ♪ Orig­i­nal Score by Dan­ny Ben­si & Saun­der Jur­ri­aans

Dans ce long plan-séquence d’an­tholo­gie, le per­son­nage prin­ci­pal un peu garçon man­qué, Toni, tra­verse un pont en impro­visant une danse avec des mou­ve­ments appris à la boxe. Elle invente sa pro­pre féminité, dans ce moment de pas­sage métaphorique entre l’enfance et l’adolescence. J’aime beau­coup l’atmosphère inquié­tante que Dan­ny Ben­si et Saun­der Jur­ri­aans ont créée, avec ces per­cus­sions min­i­mal­istes et ces cuiv­res entê­tants.

In this anthol­o­gy sequence of The Fits, the main char­ac­ter, a young tomboy named Toni, cross­es a bridge in a beau­ti­ful long take, invent­ing her own body lan­guage some­where between box­ing and danc­ing. She’s explor­ing girl­hood and fem­i­nin­i­ty on her own terms, in what feels like a turn­ing point in her com­ing of age. I love the score by Dan­ny Ben­si and Saun­der Jur­ri­aans, with its min­i­mal, spooky beats and hyp­not­ic brass.

BLADE BY STEPHEN NORRINGTON

19′40″ ♪ Ni-Ten-Ichi-Ryu (Two Sword Tech­nique) — Photek

Blade est juste un film extrême­ment stylé, un Matrix avant l’heure mais avec des vam­pires, ce qui sonne quand même très engageant. La scène d’ouverture est une des rares bonnes scènes de club, le club étant un espace très dur à cap­tur­er au ciné­ma. La bande-son est un mélange de tout ce qu’il y avait de plus cool à l’époque, avec notam­ment des morceaux de DJ Krush, et ce morceau de Photek extrême­ment stylé aus­si.

Blade is just such a cool film. It had The Matrix-lev­el hype before The Matrix, but make it vam­pire. The open­ing scene is, in my opin­ion, one of the few tru­ly great club scenes in cin­e­ma — and clubs are noto­ri­ous­ly hard to shoot in inter­est­ing ways. The sound­track is a wild mix of every­thing cool from that era, includ­ing tracks by DJ Krush and this great cut by Photek.

THE VIRGIN SUICIDES BY SOFIA COPPOLA

23’06′ ♪ Orig­i­nal Score by Air

J’ai vu The Vir­gin Sui­cides à sa sor­tie, quand j’étais encore moi-même pré-ado­les­cente, et décou­vrir ce film à cet âge-là a été boulever­sant. Je pense que c’est un de mes pre­miers grands sou­venirs de ciné­ma. J’ai décou­vert que la beauté, l’atmosphère et le mys­tère d’un film pou­vaient m’obséder de façon indi­ci­ble pen­dant des mois, sans que mon cerveau puisse le traiter ou l’exprimer d’une autre manière que dans le lan­gage du ciné­ma. Je n’ai pas for­cé­ment une con­nex­ion aus­si forte avec le reste de la fil­mo­gra­phie de Sofia Cop­po­la, mais The Vir­gin Sui­cides et sa bande son iconique com­posée par Air – que j’avais téléchargée sur eMule et par laque­lle j’étais aus­si com­plète­ment obsédée – incar­nent un moment très pré­cieux de mon ini­ti­a­tion au ciné­ma.

I was a young teenag­er when The Vir­gin Sui­cides came out in the­aters, and watch­ing it at that age was a pro­found expe­ri­ence, I remem­ber being shak­en to the core. It was prob­a­bly one of my first tru­ly impor­tant cin­e­ma moments. I real­ized that films could touch me in a com­plete­ly unspeak­able way, that the mys­tery, beau­ty, and atmos­phere of a film could stay with me for months in a way that my brain couldn’t process in any lan­guage oth­er than that of cin­e­ma. I don’t con­nect as much with the rest of Sofia Coppola’s work, but The Vir­gin Sui­cides — and its gor­geous score by Air, which I instant­ly down­loaded on eMule and lis­tened to on repeat for months — still rep­re­sents a pre­cious moment in my dis­cov­ery of cin­e­ma.

EAT THE NIGHT BY CAROLINE POGGI & JONATHAN VINEL

27’33’’ ♪ Gen­er­at­ed Tons by ssali­va feat City

Cette folle ascen­sion d’arpeggios com­posée par ssali­va et City colle par­faite­ment avec l’esthétique max­i­mal­iste et le par­ti pris rad­i­cale­ment emo de Eat The Night. La musique de ssali­va a tou­jours quelque chose de pur et direct, comme si le geste ini­tial restait appar­ent et cen­tral dans chaque morceau, elle a une énergie brute mais avec des mélodies très éthérées et mélan­col­iques, ce qui résonne beau­coup avec ce film. La fin désac­cordée de ce morceau tombait aus­si par­faite­ment pour intro­duire l’extrait suiv­ant de ce mix.

This crazy arpeg­gio esca­la­tion, com­posed by ssali­va and City, fits per­fect­ly the max­i­mal­ist, unapolo­get­i­cal­ly emo­tion­al tone of Eat The Night. I love how ssaliva’s music feels very pure and direct, as if the orig­i­nal cre­ative ges­ture car­ries through the whole pro­duc­tion process. It keeps a raw and sin­cere ener­gy, while still cre­at­ing melodies that have this melan­cholic, incan­des­cent glow, which res­onates very well with this film. And the detuned end­ing of the track is actu­al­ly a serendip­i­tous coin­ci­dence, the per­fect intro to the next excerpt in this mix.

HYMN OF THE PLAGUE BY ATAKA51

29’46’’ ♪ Sound excerpt

Mes par­ents ont tra­vail­lé pen­dant plus de 30 ans comme vio­lonistes dans un orchestre, et j’ai gran­di en enten­dant cette belle cacoph­o­nie d’instruments qu’on accorde, juste avant leurs répéti­tions ou leurs con­certs. J’étais choquée quand j’ai enten­du Hymn Of The Plague com­mencer par ce même son, le film se pas­sant dans un stu­dio d’enregistrement où un orchestre s’apprête à jouer. Le pre­mier per­son­nage qu’on voit est un petit garçon qui joue dans le couloir à côté du stu­dio, ce qui m’a aus­si rap­pelé les heures passées à m’occuper en couliss­es quand j’étais enfant. On l’entend ici réciter un extrait de la pièce Le Fes­tin en temps de peste de Pouchkine, dont l’orchestre essaie d’enregistrer une ver­sion musi­cale avant d’être lui-même emporté par un fléau mys­térieux. Hymn Of The Plague est un impres­sion­nant petit tour de force réal­isé par un col­lec­tif de jeunes réal­isa­teurs russ­es appelé Ataka51, que j’ai décou­vert avec bon­heur à Locarno l’année passée.

My par­ents were vio­lin­ists in an orches­tra for more than 30 years, and I grew up hear­ing the beau­ti­ful cacoph­o­ny of tun­ing instru­ments before every rehearsal or con­cert they brought me to. Hymn of the Plague opens with that exact same sound, since it takes place in a record­ing stu­dio where an orches­tra is about to begin. When I heard it, it struck a deeply per­son­al chord. The first char­ac­ter we see is a lit­tle boy play­ing in the hall­way out­side the stu­dio, which also remind­ed me of the count­less hours I spent try­ing to enter­tain myself back­stage as a child. The poem we hear him read is from Pushkin’s A Feast in Time of Plague, as the orches­tra attempts to record a new com­po­si­tion inspired by the play — but they, too, get con­sumed by a mys­te­ri­ous Plague. Hymn is a mas­ter­ful­ly craft­ed short film made by a Russ­ian film­mak­ers’ col­lec­tive called Ataka51, which I dis­cov­ered at Locarno last year and fell in love with.

LUMAPIT SA AKIN, PARAISO BY STEPHANIE COMILANG

31’58’’ ♪ Orig­i­nal score by Why Be, SKY H1 and Elysia Cramp­ton

Ce film de sci­ence-fic­tion doc­u­men­taire sur la com­mu­nauté philip­pine de Hong Kong a béné­fi­cié d’un cast­ing cinq étoiles de musicien.nes pour sa bande-son : Why Be, SKY H1 et Elysia Cramp­ton. D’après Tobias Lee (Why Be), iels voulaient créer quelque chose d’irréel et hors du monde, tout en gar­dant une sonorité intime et émo­tion­nelle. J’écoute beau­coup cette bande-son, et j’avoue que je l’ai sou­vent util­isée comme référence pour des films que je mon­tais.

This sci­ence-fic­tion doc­u­men­tary about the Fil­ipino com­mu­ni­ty in Hong Kong fea­tures a five-star cast of music pro­duc­ers: Why Be, SKY H1, and Elysia Cramp­ton. As Tobias Lee (Why Be) put it, they want­ed the score to sound oth­er­world­ly, while still hold­ing onto a cer­tain emo­tion­al or inti­mate sen­si­tiv­i­ty. I lis­ten to this sound­track a lot, and often use it as a ref­er­ence for films I work on.

ME YOU AND EVERYONE WE KNOW BY MIRANDA JULY

36’00’’ ♪ Orig­i­nal score by Michael Andrews

J’ai vu Me, You and Every­one We Know il y a longtemps lors de sa sor­tie, et j’en garde le sou­venir d’un film plein de moments affreuse­ment mignons, con­tre­bal­ancés par une lucid­ité un peu cru­elle sur les rela­tions humaines, et la scène de fin m’avait par­ti­c­ulière­ment fait fon­dre. Sans spoil­er, je dirai juste qu’elle implique un petit garçon qui finit par résoudre un mys­tère qui le tour­men­tait, un beau lever de soleil orange-rose et un pou­voir mag­ique. Le thème musi­cal com­posé par Michael Andrews, qui revient timide­ment tout au long du film, prend finale­ment toute son ampleur sur ces dernières images.

I saw Me and You and Every­one We Know a long time ago when it was released in the­aters, and I remem­ber it as a love­ly film full of unbear­ably cute moments, bal­anced by a touch of lucid cru­el­ty. The final scene left me in awe, and with­out spoil­ing it, I’ll just say that a lit­tle boy final­ly solves a mys­tery he’s been try­ing to fig­ure out since the begin­ning of the film, and it involves a pink-orange sun­rise and a whole­some mag­i­cal pow­er. Fit­ting­ly, Michael Andrews’ theme, which plays through­out the film, final­ly reach­es its beau­ti­ful cli­max here.

GUMMO BY HARMONY KORINE

39’53’’ ♪ Roy Orbi­son — Cry­ing

Ma chan­son de karaoké ultime est aus­si la musique de fin de Gum­mo. Je voulais donc finir ce mix de de la manière la plus épique qui soit, sur le son déchi­rant d’un cœur brisé.

My ulti­mate go-to karaoke song also hap­pens to be the clos­ing track of Gum­mo. It’s just per­fect! I couldn’t resist end­ing the mix on this heart­break­ing­ly epic note.