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Josué Morel
Que raconte Titane ? On évoquait déjà la chose à propos de Bergman Island : nombre des titres en sélection officielle sont d'une part des films de créateurs qui mettent en scène des créateurs, et d'autre part, en filigrane, des fictions se regardant elles-mêmes, pour sonder ce qui les anime. Julia Ducournau, tout en s’inscrivant pleinement dans cette tendance, est probablement…
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Corentin Lê
Le rédacteur en chef d’un magazine américain, basé en France dans la ville fictive d’Ennui-sur-Blasé, meurt et laisse derrière lui une rédaction endeuillée. Les différents articles publiés dans le dernier numéro du journal constituent la trame de The French Dispatch, film à sketches qui exacerbe le style singulier de son auteur. La première entrée du numéro annonce d'emblée la couleur,…
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Josué Morel
Un héros appartient à une catégorie de films dont le Festival de Cannes est ordinairement très friand, mais dont on n’avait pas encore vu de représentant cette année en compétition : celle des thrillers psychologiques sociétaux, qui combinent efficacité dramatique et regard « politique » sur la société qu’ils ambitionnent, en sous-main, d’ausculter. Il est indéniable que le scénario du…
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Josué Morel
Puisque le Festival de Cannes nous invite à opérer des rapprochements entre les œuvres sélectionnées, on s’autorisera une petite remarque préalable avant d’évoquer plus en détail Bergman Island, qui sort en salle dans la foulée de sa première sur la Croisette. On n'a, de mémoire de festivalier, jamais vu une compétition avec des films mettant en scène autant d’artistes en…
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Josué Morel
Attention, cas clivant : on ne doute pas que certains verront dans l’interminable pensum de Kirill Serebrennikov un grand magma de formes et un concentré de « cinéma » avec un grand C. Il est vrai que La Fièvre de Petrov gesticule beaucoup, en télescopant des petites scènes déconnectées les unes des autres, et des bouts de récit qui, petit à petit, s’interpénètrent…
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Hugo Mattias
« Pourquoi soudain cet endroit me semble si triste ? », s’interroge Dora (Margherita Buy) en observant l’immeuble dont elle occupe le dernier étage. Dans Journal intime, Nanni Moretti rêvait d’un film composé de panoramiques sur des maisons et c’est précisément sur la façade d’un immeuble que s’ouvre Tre Piani, son quatorzième long-métrage. Mais ici, plus de mouvements de caméra ni de musique…
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Corentin Lê
Le nouveau film de Ryūsuke Hamaguchi s’ouvre sur une magnifique scène crépusculaire, où se dévoile en contrejour la silhouette d’une femme dont on entend seulement la voix, dans une série de champs-contrechamps où elle apparaît d’abord dans l’ombre, au contraire de son conjoint. Cette voix, lancinante, hantera la suite de Drive My Car : il s’agit de celle d’Oto, scénariste…
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Corentin Lê
Ne faisons pas durer le suspense : oui, le nouveau Sean Penn est un (énième) ratage. Tout sonne faux (et surtout creux) dans ce film qui retrace la relation entre la journaliste Jennifer Vogel (Dylan Penn) et son père (Sean Penn), un gangster de pacotille. Filtre vintage accentuant le grain de la pellicule, interludes musicaux aberrants où l’on voit de…
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Josué Morel
On ne s’attendait pas forcément à entendre Desireless dans un film finlandais se déroulant en Russie, mais c’est pourtant bien « Voyage, voyage » qui s’affirme comme l’hymne (et le mantra) de Compartiment N°6 de Juho Kuosmanen. Le voyage, c’est celui de Laura, finlandaise qui part seule pour un long trajet en train jusqu’à la ville de Musmank, afin de visiter un…
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Josué Morel
Lointainement inspiré par l'intrusion de Gilets jaunes à la Pitié-Salpêtrière (qualifiée à tort "d'attaque" par Christophe Castaner, alors Ministre de l'Intérieur), La Fracture se présente tout à la fois comme la première fiction revenant sur le mouvement protestataire qui a embrasé l’Hexagone pendant plusieurs mois, une plongée dans le milieu hospitalier (dont les difficultés ont été particulièrement mises en lumière…
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Josué Morel
Avant de parler plus en détail de ce film passionnant qu’est Benedetta, il faut lever un malentendu que l’euphorie cannoise risque d’entretenir : loin du chef-d’œuvre annoncé, le nouveau Verhoeven se présente à nous dans une nudité rêche et impure, qui rapproche davantage le film de l’artificialité télévisuelle des Rois maudits que de la saleté somptueuse de La Chair et…
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Hugo Mattias
Avec Julie (en 12 chapitres), Joachim Trier livre le portrait d’une jeune femme dont l’errance urbaine et le perpétuel sentiment d’inadéquation rappellent le beau film de Jonás Trueba, Eva en août, sorti l’été dernier. Comme Eva, Julie (Renate Reinsve) se caractérise par une soif d’indépendance et une ouverture totale aux opportunités qui se présentent à elle (par exemple, un mariage où…
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Josué Morel, Corentin Lê
Puisque Lingui parle de « liens », permettons-nous d’abord un petit préambule sur la place qu’occupe le film de Mahamat-Saleh Haroun par rapport aux autres titres présentés jusqu’ici en compétition. Si la critique festivalière s’attarde souvent sur les thématiques qui se dégagent volontairement ou non de la juxtaposition des œuvres, elle évoque moins fréquemment les fluctuations de tonalités, de formes…
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Hugo Mattias
Tout s’est bien passé va droit au but : en quelques secondes et une sonnerie de téléphone, Emmanuelle (Sophie Marceau) rejoint à toute vitesse l’hôpital où son père (André Dussollier) se remet péniblement d’un AVC. On la retrouve ensuite dans une rame de métro, où un touriste lui demande son chemin en lui tendant une carte. La caméra isole le…
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Josué Morel
Après la projection d’Annette, la découverte du Genou d’Ahed entérine la mainmise des cinéastes « audacieux » sur ce début de compétition (mais ça ne devrait pas durer, le Ozon arrive) : on y tente beaucoup, souvent à perte, avec une volonté crânement affichée de rompre avec le ronron des conventions du cinéma. Chez Lapid, la charge se double d’une…
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Josué Morel
« So may we start ? » demande Leos Carax en personne au début d’Annette, avant que les Sparks ne reprennent l’interrogation pour en faire l’antienne du film. Question bien caraxienne que ce « peut-on y aller ? », qui recouvre un nœud : qu’est-ce qui pourrait bien entraver l’élan vitaliste porté par cette promesse d’un départ apparaissant d’emblée comme contrarié ? Du « on voudrait revivre…
par
Sylvain Blandy
Les vives réactions suscitées par la projection de Mektoub, My love : Intermezzo invitent à aborder le film avec prudence. S'il est difficile de ne pas faire cas des nombreuses problématiques qui ont été soulevées ici et là, elle seront traitées en temps et en heure, avec le recul nécessaire, loin du tumulte qu'implique le rythme intense d'un festival. Nous…
par
Corentin Lê
Si la caractérisation psychologique était déjà présente, par intermittence, dans ses deux premiers films, Justine Triet en a fait le sujet de son troisième, délaissant la vivacité d’un dispositif entre fiction et documentaire (La Bataille de Solférino) ou la légèreté comique d’un film de procès (Victoria) pour n’en garder que la part la plus bruyante. Sibyl, une psychanalyste reconvertie en…
par
Thomas Lequeu
Dans It Must Be Heaven, Elia Suleiman fait voyager E.S., son alter ego cinématographique, de la Palestine à New York en passant par Paris. Dans un enchaînement de petites scènes burlesques, le réalisateur, avec ses faux airs de Buster Keaton ou de Jacques Tati miniature, pose un regard inquiet sur la société occidentale. Le principal ressort comique du film résulte…
par
Thomas Lequeu
Loin du film de gangsters que son pitch pouvait promettre (la trahison, dans les années 1980, de Tommaso Buscetta, membre de Cosa Nostra, fait tomber une partie de la mafia sicilienne), Le Traître s’attache à dresser le portrait complexe d’un traître non repenti, image ambiguë de l’homme juste qui a du sang sur les mains. Marco Bellocchio tourne autour de…