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Josué Morel
On appréhendait un peu de découvrir le nouveau film de Valéria Bruni-Tedeschi, papesse du cinéma d’autofiction à la française, qui prend place au Théâtre des Amandiers dans les années 1980, à l’époque où il était dirigé par Patrice Chéreau (interprété ici par Louis Garrel). Si la tentation de l’autoportrait demeure présente (la réalisatrice a fait partie des élèves du théâtre-école),…
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Josué Morel
Il faut attendre la fin du prologue des Nuits de Mashhad, qui induit volontairement le spectateur en erreur, pour comprendre où veut en venir le film : il s’agit au fond d’un remake de Frenzy d’Alfred Hitchcock, à un détail près, l'arme du crime – Iran oblige, le tueur en série étrangle ses victimes à l’aide de leur voile islamique…
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Josué Morel
Le titre de R.M.N., contrairement aux apparences, est moins cryptique qu’on pourrait le croire : correspondant à l’acronyme roumain d’IRM, il résume bien l’horizon du récit, qui scanne les pulsions racistes et violentes d’un village perturbé par l’arrivée de travailleurs sri-lankais. Le programme n’est pas sans lourdeur, en témoigne un dernier plan métaphorique appuyé, mais la méthode de Mungiu, elle,…
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Josué Morel
Après le carré, le triangle : Ruben Östlund continue de circonscrire géométriquement les travers du monde contemporain avec un film qui, comme le précédent (auréolé, on le rappelle, d’une Palme d’or), dessine deux voies inégalement convaincantes. Triangle of Sadness confirme le talent d’Östlünd pour aménager des situations à partir desquelles la mise en scène cultive un humour acide. On pense…
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Marin Gérard
Hasard du calendrier cannois, nous avons découvert quasi coup sur coup Un beau matin de Mia Hansen-Løve et Frère et sœur d'Arnaud Desplechin. Si les filmographies de ces deux cinéastes s'inscrivent dans le sillon d'un certain cinéma français littéraire et sentimental, et qu'ils accueillent ici ce grand acteur qu'est Melvil Poupaud, il existe une différence fondamentale entre leurs œuvres. Là…
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Josué Morel, Corentin Lê
Cannes, jour 3. Deux de nos rédacteurs discutent de Hi-han de Jerzy Skolimowski, présenté en compétition. Avec : Corentin Lê et Josué Morel Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.
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Marin Gérard
Devant Armageddon Time, il est difficile de ne pas penser à Licorice Pizza de Paul Thomas Anderson, d’autant que le geste mémoriel qui les préside s’opère à peu près au même moment dans leurs filmographies respectives. Portés par un désir commun de revisiter la jeunesse de leurs auteurs, les deux films cultivent cependant un certain nombre de différences : souvenirs…
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Corentin Lê
Hi-han, le nouveau film du vétéran Jerzy Skolimowski, s’ouvre sur un mystérieux spectacle son et lumière. Des flashs écarlates percent l’obscurité et révèlent un ballet dansant entre un âne, Hi-han, et sa dresseuse, Kasandra, qui prennent part à une parade quasi nuptiale sur la piste d’un cirque polonais. D'emblée, l’âne d’Au hasard Balthazar de Bresson paraît déjà loin. Le film…
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Josué Morel
La compétition cannoise, on le sait, obéit à certaines lois. L’une d’entre elles stipule que les films doivent aussi de temps en temps nous « donner des nouvelles du monde », c’est-à-dire nous raconter, par le cinéma, quelque chose d’une culture, d’un événement historique ou d’une situation géopolitique que le public occidental méconnaîtrait. En principe, Boy from Heaven répond à…
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Corentin Lê
Il est facile de tomber sous le charme du début des Huit montagnes, qui retrace les aventures estivales de deux enfants dans les Alpes italiennes. Les jeunes Pietro et Bruno habitent et réinventent ensemble cet espace, loin du tumulte de Turin, où le premier réside avec ses parents le reste de l'année. Lors d’une excursion sur un glacier avec le…
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Corentin Lê, Marin Gérard
Cannes, jour 1 : deux de nos rédacteurs discutent de La Femme de Tchaïkovski de Kirill Serebrennikov, présenté en compétition. Avec : Marin Gérard et Corentin Lê. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.
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Josué Morel
On ne va pas faire semblant : La Fièvre de Petrov n’était pas exactement notre film préféré du dernier Festival de Cannes. Alors, forcément, on appréhendait des retrouvailles si rapides avec le cinéaste russe. À tort (ou du moins à moitié) : La Femme de Tchaïkovski est à ce jour le Serebrennikov le plus digeste, le cadre du biopic tempérant sans doute…
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Josué Morel
C’est un profil de films que l’on retrouve souvent en fin de festival, parmi les concurrents à la Palme d’or : le petit film politique à sujet, qui compense son manque de finesse de mise en scène par un allant et une énergie contagieuse. Ce n’est pas insulter Haut et fort que de le ranger dans cette catégorie, puisqu’il embrasse…
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Hugo Mattias
Plutôt avare en partis pris, Les Intranquilles pourrait se résumer à une seule véritable idée : l’inscription des symptômes de la bipolarité dans le cadre d’un récit à suspense. Le film s’ouvre ainsi sur les images d’un père abandonnant les commandes de son bateau à son fils pour piquer une tête dans la Méditerranée, puis quittant le lit conjugal en pleine…
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Hugo Mattias
Il faudra quelques minutes avant que l’on comprenne de qui parle Lou (Blanche Gardin) lorsqu’elle conseille à France de Meurs (Léa Seydoux) de « lui mettre sa race ». Le temps pour la journaliste star d’entrer à l’Élysée, de rejoindre ses confrères et de s’assoir au premier rang, face au siège où s’installera bientôt Emmanuel Macron, brièvement invité à « jouer »…
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Corentin Lê
Retraçant le massacre de Port Athur en Tasmanie, perpétré par Martin Bryant en 1996, Nitram est un film à programme qui cache trop longtemps son jeu. Le nouveau long-métrage de Justin Kurzel, dont on se demande encore pourquoi il figure en compétition, se présente d'abord comme un lourd portrait psychologique : celui d’un jeune homme, Nitram, atteint d’un handicap mental.…
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Corentin Lê
C’est une scène charnière de Memoria : dans une salle de mixage, une herboriste, Jessica (Tilda Swinton), échange avec Hernan (Juan Pablo Urrego), un mixeur son avec lequel elle tente de retrouver la tonalité exacte d’une détonation qui la tourmente. D’abord assise derrière lui, elle rejoint le jeune homme en se plaçant dans le prolongement d’une ligne verticale à l’arrière-plan…
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Josué Morel
C’est peut-être injuste, mais c’est ainsi : l’enchaînement frénétique des projections cannoises invite inévitablement à la comparaison, et il arrive parfois que la découverte d’un film éclipse quelque peu ceux qui l’entourent. Autant dire que L’Histoire de la femme souffre d’avoir été montré avant Memoria d’Apichatpong Weerasethakul, mais pas sûr que, découvert loin du tumulte de la Croisette, le film d’Ildiko…
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Hugo Mattias
On entre dans Les Olympiades aimanté, comme la caméra de Jacques Audiard, par le corps nu d’une jeune femme assise dans son canapé et sublimée par le contraste du noir et blanc. Un micro à la main, Emilie (Lucie Zhang) fredonne une chanson en mandarin qui plonge la scène dans l’atmosphère mélancolique d’un karaoké de fin de soirée. Cette ouverture…
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Josué Morel
Ce n’était pas nécessairement le film le plus attendu sur la Croisette, mais Red Rocket pourrait bien être, en fin de compte, l’une des bonnes surprises de cette compétition. Film modeste, assurément, mais qui, dans le détail, et c’est bien cela au fond qui importe, fait preuve d’une certaine minutie qui tranche avec les grands gestes jusqu’ici mis à l’honneur.…