Critikat

Eddington

par Josué Morel

Dans la dernière partie de Beau is Afraid, une scène dessinait un devenir comique pour le cinéma d’Ari Aster grâce à la présence grotesque de Joaquin Phoenix, mais aussi à un certain sens de la durée et du timing : depuis le fond d’un plan nocturne, l'acteur s’avançait pas à pas vers la caméra, jusqu’à ce que l’on puisse enfin…

Sirāt

par Robin Vaz

Une traversée du désert dans un monde post-apocalyptique à la Mad Max, un long travelling sur un homme perdu dans l’immensité aride évoquant Gerry, un convoi dans un territoire hostile qui rappelle Sorcerer… Beaucoup de films reviennent en mémoire devant Sirāt d’Óliver Laxe. Mais il s’agit peut-être moins d’un geste citationnel à proprement parler que de la marque d’un film…

Dossier 137

par Josué Morel

À propos de L’Invraisemblable vérité, Jacques Rivette écrivait dans les Cahiers du cinéma être tout d’abord frappé par la logique « d’exposé des images », « comme si ce à quoi nous assistions était moins la mise en scène d’un scénario que la simple lecture de ce scénario, qui nous serait livré tel quel, sans ornement », avant de tempérer plus loin cette intuition et de suspecter…

Deux procureurs

par Corentin Lê

Si l'on pouvait jusqu'ici distinguer schématiquement le passionnant travail documentaire de Sergeï Loznitsa de ses fictions sentencieuses, Deux procureurs, sans changer complètement la donne, constitue au moins un virage formel par rapport à ces dernières (recours au 4:3 plutôt qu'au Scope, plans géométriques, absence de caméra portée). Il s’agit d’une fiction rigoureuse, adoptant le format d'image et le montage mathématique…

Jour 1 — Sound of Falling

par Josué Morel, Marin Gérard

Cannes, jour 1. Deux de nos rédacteurs discutent de Sound of Falling de Mascha Schilinski, présenté en compétition. Avec une carte blanche consacrée à L'Aventura de Sophie Letourneur.  Avec : Marin Gérard et Josué Morel. Et Pierre-Jean Delvolvé pour la carte blanche. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.

Sound of Falling

par Josué Morel

Premier film présenté en compétition et premier (petit) désaccord au sein de l’équipe de Critikat avec Sound of Falling de l’allemande Mascha Schilinski, qui s’inscrit, c’est selon, dans une tradition doloriste du festival de Cannes (les comparaisons à Haneke – à mon avis injustifiées – vont pleuvoir) ou dans celle d'un cinéma fragmentaire, entre le puzzle et le ruban d’images,…

La Plus précieuse des marchandises

par Marin Gérard

On ne sait pas très bien ce qui a poussé Thierry Frémaux à sélectionner en compétition La Plus précieuse des marchandises, tant le film semble surtout avoir été réalisé dans la perspective d’être montré dans un cadre scolaire. Premier film d’animation présenté en compétition à Cannes depuis Valse avec Bachir, ce conte sur la Shoah est principalement porté par une…

Les Graines du figuier sauvage

par Corentin Lê

La trame des Graines du figuier sauvage s'inscrit d'abord dans la continuité du Diable n’existe pas, film à sketches sur la peine de mort en Iran pour lequel Mohammad Rasoulof a remporté l’Ours d’or en 2020. À Téhéran, une famille est confrontée à un dilemme moral lorsqu'Iman (Misagh Zare), promu juge d'instruction du tribunal révolutionnaire, est contraint de signer à la…

Jour 10 — All We Imagine As Light

par Corentin Lê, Marin Gérard

Cannes, jour 10 et clap de fin. Deux de nos rédacteurs discutent d'All We Imagine As Light de Payal Kapadia, présenté en compétition. Avec un florilège des films préférés de la rédaction durant le festival.   Avec : Marin Gérard et Corentin Lê. Et Josué Morel, Bastien Gens et Robin Vaz pour le florilège. Réalisation et montage : Bastien Gens.

All We Imagine As Light

par Josué Morel

Surprise du chef lors de l’annonce de la sélection officielle, le deuxième long-métrage de Payal Kapadia était attendu pour réveiller la compétition dans son ultime ligne droite. Dès les premières scènes, on a pourtant plutôt l’impression de voir un film taillé pour Un certain regard : les promesses de l’intrigant Toute une nuit sans savoir ont laissé place à une…

Motel Destino

par Corentin Lê

« J’adore tellement baiser », dit Heraldo, personnage principal de Motel Destino, à son amante et copropriétaire du love hotel dans lequel il se cache pour échapper à un gang lancé à ses trousses. Débridé et libidineux, le nouveau film de Karim Aïnouz, de retour en compétition un an seulement après l’affreux Le Jeu de la Reine, ne l’est qu'en…

Jour 9 — Grand Tour

par Josué Morel, Marin Gérard

Cannes, jour 9. Deux de nos rédacteurs discutent de Grand Tour de Miguel Gomes, présenté en compétition. Avec une carte blanche consacrée à Un pays en flammes de Mona Convert.   Avec : Marin Gérard et Josué Morel. Et Corentin Lê pour la carte blanche. Réalisation et montage : Bastien Gens.

L’Amour ouf

par Josué Morel

Après la frénésie de Megalopolis et la voracité (plus canalisée) de The Substance, L’Amour ouf vient confirmer le penchant cette année de la compétition pour les films à l’appétit énorme. La comparaison s’arrête toutefois à cette observation liminaire, tant la gloutonnerie de Lellouche fait pencher cette fois la balance vers le grand n’importe quoi surchargé et pseudo-baroque. Dès sa scène…

Anora

par Marin Gérard

Si l’on avait déjà vu Mikey Madison en hippie de la Manson Family dans Once Upon a Time in Hollywood, on a l’impression d’assister ici à la naissance d’une actrice. Anora semble fait pour elle, embrassant totalement la dynamique d’Ani, son personnage de strip-teaseuse qui devient l'épouse de Vanya, le fils immature d’un milliardaire russe. L’entêtement de cette jeune femme…

Grand Tour

par Robin Vaz

Si Grand Tour, le sixième long-métrage de Miguel Gomes et le premier sélectionné en compétition à Cannes, faisait partie des titres les plus attendus de cette édition, il se révèle hélas peut-être comme le film le moins inspiré de son auteur. Cette déambulation asiatique avait pourtant tout pour séduire les admirateurs de Miguel Gomes, en terrain familier. On y retrouve…

Jour 8 — Anora

par Josué Morel, Marin Gérard

Cannes, jour 8. Deux de nos rédacteurs discutent d'Anora de Sean Baker, présenté en compétition. Avec une carte blanche consacrée à l'édition 2024 de la Quinzaine des Cinéastes. Avec : Marin Gérard et Josué Morel. Réalisation et montage : Bastien Gens.

Parthenope

par Josué Morel

Mystère ou escroquerie ? La question est posée dans le dernier mouvement du film par Parthenope elle-même, une jeune Napolitaine dont la beauté provoque chez tous ceux qui croisent son chemin un ravissement proche de l’hypnose. Est-elle si mystérieuse ? Son charme n’est-il pas de la poudre aux yeux ? « Que penses-tu ? » lui demande-t-on souvent, pour essayer de voir ce qui se trame…

Marcello Mio

par Josué Morel

C’est une citation approximative de Nietzsche que Fabrice Luchini lance à Chiara Mastroianni avec la faconde qu’on lui connaît, après une scène où l’actrice se voit violemment ramenée à son indécollable statut de « fille de » : tout ce qui est bon en nous viendrait de l’héritage. Le mot revient plusieurs fois au cœur de ce film à l’intrigant…

Jour 7 — Les Linceuls

par Josué Morel, Corentin Lê

Cannes, jour 7. Deux de nos rédacteurs discutent de Les Linceuls de David Cronenberg, présenté en compétition. Avec une carte blanche consacrée à Miséricorde d'Alain Guiraudie.    Avec : Corentin Lê et Josué Morel. Et Marin Gérard pour la carte blanche. Réalisation et montage : Bastien Gens.

Les Linceuls

par Josué Morel

Devant Les Linceuls, on est un peu comme Karsh (Vincent Cassel) contemplant, à l’aide d’un écran incrusté dans une stèle funéraire et d’une application dernier cri, la dépouille de son épouse qui gît six pieds sous terre. David Cronenberg joue ouvertement la carte de la mise en abyme – en témoigne la façon dont Cassel emprunte au cinéaste sa coupe…