Critikat

Entretien avec Nicolas Philibert

par Théo Ribeton

La première fois que j’ai entendu parler de La Maison de la Radio, c’est lors d’une présentation de Nénette il y a bientôt trois ans. Vous parliez alors du projet comme une envie de filmer un lieu où l’image est bannie. Qu’est devenue cette première envie ? C’est vrai, la radio c’est un média sans image ; et c’est ce…

Assistance mortelle

par Théo Ribeton

Il n’a rien fallu de moins qu’un cataclysme dans sa terre d’origine pour faire revenir Raoul Peck au grand écran, lui qui l’avait plutôt abandonné depuis une dizaine d’années. Le cinéaste raconte comment il a, dès le lendemain du séisme du 12 janvier 2010, pris un avion pour Port-au-Prince « pas pour faire du cinéma, mais simplement dans un premier…

Halbschatten

par Théo Ribeton

Depuis qu’on l’a vu, on oublie régulièrement son titre exact (qui signifie «pénombre»), mais on oubliera certainement très vite le film de toute façon. Halbschatten suit, sur fond de neutralité pseudo-réaliste, quelques jours de la vie de Merle, Allemande d’une petite quarantaine d’années venue visiter son fiancé à Nice, où il vit avec ses deux enfants d’une précédente union. L’amant…

The Act of Killing

par Théo Ribeton

Comment, devant ce film réalisé en Indonésie par un Anglais, ne pas penser à Duch, le documentaire de Rithy Panh sur ce tortionnaire cambodgien du régime khmer rouge ? Tous deux répondent à ce désir morbide de voir, face caméra, un monstre confesser froidement ses exactions, les décrire sans la moindre culpabilité ; l’ambition étant évidemment de comprendre comment un…

I Used to Be Darker

par Théo Ribeton

Matt Porterfield aime mettre des adolescentes dans des piscines. Dans Putty Hill, c’était une vieille bassine hors-sol, parsemée de feuilles mortes, où quelques jeunes filles se lovaient malgré le temps gris. Les filles ont grandi et sont presque adultes. La piscine aussi ; Taryn et Abby viennent s’y glisser la nuit, en sous-vêtements. Défier en douce les règles : c’est…

La Maison de la Radio

par Théo Ribeton

Nous faisons une belle découverte dès l’ouverture de cette Berlinale avec le nouveau documentaire de Nicolas Philibert. Dans La Maison de la Radio, le réalisateur d’Être et avoir part explorer l’antre de Radio France, à l’affût des enregistrements musicaux, vocaux, des émissions de plateau, du direct et du différé, et même de l’extérieur (les motards du Tour de France), dessinant…

Qui a peur de Virginia Woolf ?

par Théo Ribeton

C’est un film-jeu de société dont on comprend vite les règles : quatre joueurs, deux couples, une foire d’empoigne, un secret à découvrir. À coups de piques sarcastiques, de pugilat verbal, George, Martha, Nick et Honey s’affrontent jusqu’à épuisement. Le temps d’une partie, les masques tombent, les remarques acides fusent et les couples se reflètent. L’empreinte du théâtre est prononcée…

À l’aventure

par Julien Marsa, Théo Ribeton

Rite cinéphile du mois de février, nous partons pour la Berlinale. Nous vous proposerons à nouveau cette année un mini-site, ainsi qu'un blog en partenariat avec l'Office Franco-Allemand pour la Jeunesse, où vous pourrez suivre nos découvertes au jour le jour : c’est un rythme inhabituel et aussi plutôt excitant, que celui qui consiste à écrire vite, entre deux films, de…

Crawl

par Théo Ribeton

Martin, la vingtaine presque adulte, est un Tom Sawyer breton, moins jouasse que le bambin de Mark Twain, plus venimeux, plus mélancolique, il vit de rapines et de petits boulots d’où il se fait souvent limoger. Son beau-frère Jean (Gilles Cohen, constant mais juste dans le registre du businessman crapuleux) est un entrepreneur en bâtiment lui aussi volontiers filou, mais…

Too Much Love Will Kill You

par Théo Ribeton

Marina, Russe vivant en France, quitte ses tristes infidélités et son triste couple pour devenir strip-teaseuse à Beyrouth, où l’attendent un proxénète apathique et un climat social violent. C’est la grimaçante imitation d’une détresse de carte postale : un cumul de divorce, d’alcoolisme et de prostitution, enfumé de cigarettes, décoré de cynisme toc. Nous avons le droit à tout :…

Le Monde de Nemo

par Théo Ribeton

L’aube du millénaire fut pour Pixar l’avènement d’un âge d’or : des films d’une ambition esthétique alors inédite en images de synthèses, depuis les mouvements aquatiques de Nemo jusqu’au photoréalisme poussiéreux de WALL-E en passant par la plastique gastronomique de Ratatouille ; également des films puissamment originaux et d’une succulente diversité, muets, parlants, regorgeant de personnages de tous types, comme…

Le Hobbit : Un voyage inattendu

par Théo Ribeton

Le mash-up découvert la semaine dernière entre le son de la bande-annonce du Hobbit et des images des Goonies n’a rien d’innocent : il cristallise certainement les aspirations du retour de Peter Jackson à l’œuvre de J.R.R. Tolkien. Le Hobbit, d’une façon ou d’une autre, a vocation à entrer presque dès sa sortie dans un panthéon du grand divertissement ;…

Festival du Film de Vendôme, 21e édition

par Théo Ribeton

Premier court métrage présenté, Un dimanche matin ne raconte rien d’autre que la promenade matinale d’un homme et de son chien à travers une ville de proche banlieue. Muet, très risqué, le film de Damien Manivel suit un mystérieux aller-retour, qui reste une énigme mais dont la complétude ne fait aucun doute. Comme un Arriéré bradburyen, l’homme au chien visite…

Anna Karénine

par Théo Ribeton

Gare aux amoureux de Tolstoï : l’adaptation des classiques semble être devenue une sorte de sous-genre désespérément plat dont l’argument littéraire n’est plus qu’une excuse, une caution qualitative que le cinéma met à son service à grand renfort de figurants endimanchés. Anna Karénine apparaît, à ce titre, en droite ligne de l’incongru Bel-Ami sorti cette année, de Jane Eyre un…

Mais qui a re-tué Pamela Rose ?

par Théo Ribeton

Il y a dix ans, Kad et Olivier – ils n’avaient pas encore de nom de famille – étaient déjà sur le déclin, disons-le franchement. Leur humour, qui s’était toujours situé sur une brèche fragile entre l’absurde bien senti et la gaminerie lourde, commençait sérieusement à roupiller, et Mais qui a tué Pamela Rose ? en a fait les frais.…

21ème Festival du Film de Vendôme

par Théo Ribeton

Nous serons encore présents cette année à la vingt-et-unième édition du festival du film de Vendôme (du 30 novembre au 7 décembre). Les éditions précédentes nous l’ont bien prouvé, rivalisant de découvertes et de voix nouvelles : audace et prises de risque (cette année, un cycle programmé par des lycéens autour des comédies sur la Seconde Guerre mondiale) sont la…

Little Bird

par Théo Ribeton

L’histoire fait quelque peu frissonner. Jojo, dix ans, fils d’un père instable, parfois violent, et d’une mère absente, trouve un oisillon et en fait son compagnon ; il le nourrit, l’élève et traverse avec lui les épreuves de l’enfance. On craint le film de Noël un peu en avance, la fable facile et mièvre sur l’innocence, la pureté du lien…

Festival Cinéma et droits humains

par Théo Ribeton

Aujourd’hui s’ouvre au cinéma Saint-André des Arts à Paris la troisième édition du festival Cinéma et droits humains, organisée par les militants de la section parisienne d’Amnesty International. Nous y relayons notre voix au sein d’un jury de blogueurs en charge de la remise d’un prix pour le meilleur court métrage de la compétition. La sélection se compose de dix…

Profession journaliste

par Théo Ribeton

Une certaine presse alternative française, agglutinée autour de figures comme François Ruffin ou Pierre Carles, a fini par recracher une idéologie victimaire. Elle est, certes, fondée – nous n’irons pas nous porter défenseurs de la sclérose journalistique des systèmes Bolloré, Bouygues et autres éditeurs superstars – mais simpliste : les rouages de la presse moderne ont beau être marchands, il…

Les Lumières de la ville

par Théo Ribeton

Chaplin est la seule star du burlesque à avoir joui d’un prestige si établi que l’avènement du parlant n’a pas enterré sa carrière. Keaton s’est cassé les dents, Lloyd n’a pas fait mieux ; quant aux cinéastes, ils prirent le pas plus facilement que les comédiens. Nous voilà donc en 1931 : depuis trois ans, le public se désintéresse graduellement…