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Théo Ribeton
Dès les premières minutes des Amants du Texas – titre français plutôt grotesque, mais on y reviendra –, il faut faire le deuil de l’effet d’annonce monté en épingle ces dernières semaines. Loin, très loin, la largesse romanesque de ce prétendu Bonnie & Clyde malickien, qui s’emprisonne dans une intrigue bien trop ficelée pour laisser le film prendre de l’ampleur,…
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Théo Ribeton
Le déluge projette le festival dans une apocalypse torrentielle. Les tenues excentriques, les talons aiguilles, les barbes taillées, les cartons d'invitation – tout ça est somptueusement lavé dans un salmigondis formidable. Les soirées sont annulées. Les festivaliers sont à cran. Des cadavres de parapluies vendus à la sauvette jonchent les rues. Dans la file d'attente d'une pompeuse fête, smokings mouillés…
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Théo Ribeton
Jimmy P. (sous-titré « Psychothérapie d’un Indien des plaines » d’après l’ouvrage original) marque le retour d’Arnaud Desplechin sur la figure de Georges Devereux, déjà librement esquissée dans Rois et reine où le thérapeute de Mathieu Amalric, bien qu’incarné par une femme noire, prenait le nom de l’anthropologue. Inversion des rôles : le Blanc reprend la panoplie du savant –…
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Théo Ribeton
C’est avec des mots pour le moins élogieux que Charles Tesson, délégué général de la Semaine de la Critique, annonce son film d’ouverture : Suzanne ne mérite certainement pas un ton aussi laudateur, loin de là. Plus normé que la norme, le film de Katell Quillévéré travaille le cliché, au propre comme au figuré : au propre, parce qu’il cueille…
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Théo Ribeton
Il y a dans la faillite quasi totale du Congrès quelque chose d’étrangement beau, comme le fascinant naufrage d’un navire qui s’obstine à rester à flots, se raccroche à tout, suscitant une curiosité lasse puis une sidération grandissante à mesure que le film s’engloutit sous lui-même. Cela commence comme un Holy Motors du pauvre, où le démantèlement du réel se…
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Théo Ribeton
Un mérite revient à Rock the Casbah : celui de désigner bien malgré lui la rouille qui enveloppe désormais la grammaire du film de guerre, dès lors que ce dernier s’entiche de son encombrant grand frère américain des années 1970. Pris par une tentation proche de la recette de cuisine, de l’œuvre en kit, facilement exécutée, Yariv Horowitz ne rêve…
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Théo Ribeton
L’édition de Tabou ne relance que timidement la machine à décortiquer le film – et c’est peut-être tant mieux. Shellac agrémente cependant le DVD de deux courts métrages (et un entretien écrit pour les accompagner) qui retracent l’itinéraire d’un cinéaste délicieusement fuyant, toujours disposé à se renouveler et à surprendre, formulant ainsi une belle promesse pour la suite. Inventario de…
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Théo Ribeton
Steven Spielberg est-il indéboulonnable ? Il ne se passe plus un mois sans que le petit père de l’entertainment hollywoodien ne donne de ses nouvelles, entre une œuvre toujours prolifique, des productions tout aussi nombreuses au cinéma et à la télévision, une vidéo potache avec rien de moins que Barack Obama cette semaine – tandis que, bien sûr, sa reconnaissance…
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Sophia Collet, Théo Ribeton
Il y a à peine une semaine, nous en étions encore à colporter les rumeurs, à douter des unes, à croire aux autres ; voilà qui est fait : les trois sélections du 66ème Festival de Cannes ont été dévoilées coup sur coup, et après l’heure des suppositions et de l’impatience vient celle de sentiments plus variés, des déceptions (le…
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Théo Ribeton
Si le soutien mondial à la lutte d’Angela Davis a été possible, c’est certainement dû, bien sûr, à son statut d’ennemi absolu de l’establishment des années 1970 (femme, Noire, communiste), et de héros parfaitement légitime (moralement intouchable, très éduquée), mais surtout à la façon dont la militante afro-américaine a fait l’objet d’une véritable fétichisation, et dont son nom et son…
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Théo Ribeton
Dans le vaste phénomène de normalisation de la figure du mort-vivant auquel on assiste depuis quelques années, on ne peut pas vraiment dire que le cap de la « comédie romantique avec des zombies » soit de la plus grande fraîcheur : c’était mot pour mot l’argument de vente de Shaun of the Dead, un film de bientôt dix ans…
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Théo Ribeton
Est-ce son origine italienne qui rapproche ce Pinocchio animé du matériau originel de Carlo Collodi, autant qu’elle semble l’éloigner de son inévitable cousin américain ? Gageons que oui : Enzo D’Alò retrouve dans son adaptation une véritable figure de commedia transalpine, entre arlequin et polichinelle, un authentique garnement qui troque l’ingénuité de Walt Disney pour une indécrottable espièglerie. Pinocchio feint…
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Théo Ribeton
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Théo Ribeton
C’est un cauchemar. Lucien Castaing-Taylor et Véréna Paravel nous piègent au milieu de la lutte à mort des éléments, à bord d’un gros rafiot rouillé bravant la houle au large de la Nouvelle-Angleterre. Le titre mythologique taille une encoche dans les flots noirs et cache en leur sein une créature fabuleuse, un Moby Dick, dont le verset de Job en…
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Théo Ribeton
Comme un inespéré répondant au déjà réussi Assistance mortelle de Raoul Peck, dans une de ces connexions imprévues dont les festivals de cinéma détiennent le secret, Senzo ni Naru prend le revers du thème de la reconstruction après une catastrophe climatique ; là où Peck prenait par l’amont politique le séisme haïtien du 12 janvier 2010, Kaoru Ikeya s’établit dans…
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Théo Ribeton
Après le sidérant George Washington, d’autres réussites plus nuancées dans le drame, puis un brillant passage par la comédie incarné par l’incontournable Pineapple Express, autant dire qu’on attendait beaucoup du retour de David Gordon Green à des projets plus personnels, dont deux sont prévus pour cette année. Prince Avalanche suit donc les jalons de Sundance et de Berlin, itinéraire tracé…
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Théo Ribeton
On grommelle un peu, en sortant, contre la sélection de ce Soderbergh franchement mineur tandis que son très sous-estimé Haywire était resté l’an dernier hors compétition. Tout n’est cependant pas à jeter dans ce Side Effects, qui commence comme une histoire d’antidépresseurs, pour se transformer en potentiel thriller pharmaceutique, avant de devenir à nouveau autre chose, à savoir un bras…
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Théo Ribeton
Fort d’un honorable succès en festivals, le premier film d’Antonio Méndez Esparza arrive sur nos écrans et fait montre d’une belle intelligence. Le sujet de l’immigration latino-américaine y dépasse ses tics de forme : avec une douce distance, sans violence, Ici et là-bas livre une vision réfléchie et humaine de ces flux migratoires, puissamment habitée par son talentueux casting. Montagnes…
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Théo Ribeton
Le nouveau courant grec incarné entre autres par les films d’Athiná Rachél Tsangári ou Yorgos Lanthimos continue de faire des émules : cette histoire de présentateur vedette (Christos Stergioglou, le père de famille de Canine) qui simule son propre enlèvement pour se retirer dans un luxueux hôtel abandonné, et préparer un chimérique retour en grande pompe, convoque à nouveau une…
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Théo Ribeton
Deuxième échec documentaire après The Act of Killing, Narco Cultura s’intéresse à un singulier phénomène culturel : la récupération pop – au cinéma, à la télévision, mais surtout dans la musique – de l’imagerie de la guerre des cartels, qui exalte une violence pourtant bien réelle et glorifie les narcotrafiquants comme les grands gagnants d’une société mexicaine un peu déboussolée.…