Le déluge pro­jette le fes­ti­val dans une apoc­a­lypse tor­ren­tielle. Les tenues excen­triques, les talons aigu­illes, les barbes tail­lées, les car­tons d’in­vi­ta­tion – tout ça est somptueuse­ment lavé dans un salmigondis for­mi­da­ble. Les soirées sont annulées. Les fes­ti­va­liers sont à cran. Des cadavres de para­pluies ven­dus à la sauvette jonchent les rues. Dans la file d’at­tente d’une pom­peuse fête, smok­ings mouil­lés et pré­cieuses ridicules se livrent un pugi­lat. Lev­ant les yeux, je me rends compte que mon para­pluie tient tout seul, posé sur les autres, et que ces derniers for­ment au dessus de la foule humide une cara­pace bosselée. Je prends une pho­to. Ce matin, elle sem­ble venir d’un autre temps, d’un cauchemar qui n’a pas eu lieu. Le soleil trône sur la ville. Tout reprend mine de rien. Pas un mot.