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Théo Ribeton
Ce que ces journées ont de dionysien, c'est bien sûr d'abord leur ancrage en Seine Saint-Denis, aux portes du nord de Paris ("dionysien" est l'élégant gentilé qui désigne les habitants de la ville) ; mais c'est certainement aussi et surtout le climat de douce folie hallucinée qui s'abat sur l'Écran de Saint-Denis depuis la quinzaine d'années d'existence du festival. Après…
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Théo Ribeton
Qu’on ne s’y trompe pas : s’il a beau être réalisé par Éric Omond – lui-même issu de la bande dessinée –, Loulou est, comme son affiche l’indique, un film « de » Grégoire Solotareff. Cet auteur de très beaux livres pour enfants (Un chat est un chat), déjà passé au long-métrage de cinéma avec brio en 2006 avec U,…
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Théo Ribeton
On a vu fleurir ces dernières années une nébuleuse de films queer à la voix puissante qui, lorsqu’ils n’étaient pas ouvertement autobiographiques, restaient tout de même solidement chevillés à l’itinéraire d’un seul personnage, à différents âges de sa vie, et d’autant plus chevillés que ce personnage était, justement, seul : seul face à la question du genre, seul au milieu…
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Théo Ribeton
On peut certes prendre Quai d’Orsay sous l’angle de l’adaptation de bande dessinée. Publié en deux tomes en 2010 et 2011, le roman graphique de Christophe Blain et Abel Lanzac est un petit chef-d’œuvre du neuvième art qui, par l’intermédiaire d’un jeune conseiller propulsé dans l’équipe d’un ministre des Affaires étrangères dont il est clair qu’il s’agit de Dominique de…
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Théo Ribeton
En premier lieu, brisons la glace : c’est un échec. Le projet, trop ambitieux, d’imaginer les quarante minutes coupées par la MPAA du controversé Cruising de William Friedkin mettant en scène Al Pacino en flic infiltré dans le milieu gay, ne pouvait se solder autrement. Il y aurait d’ailleurs lieu de le questionner plus avant, est-ce que Cruising ne tire…
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On avait laissé Sylvain Chomet sur une œuvre de dessins animés plutôt agile, certes un peu replète, mais chaleureuse et poétique (Les Triplettes de Belleville). Avec Attila Marcel, le cinéaste passe aux prises de vues directes, et comme c’est souvent le cas – citons cette année le cas Ari Folman –, son rapport au réel s’éternise volontiers du côté des…
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Que poursuit Chris Marker dans Sans soleil ? Dès l’ouverture du film, sur l’image simple et magnifique de trois enfants islandais marchant sur une route, sur la voix peu sensuelle, presque monocorde de Florence Delay, le film pose une distance. L’énonciation est indirecte : « il m’écrivait », comme une formule magique, introduit un récit en lettres persanes, où un…
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Atteint d’une forme sévère d’autisme, Tom Spicer vit reclus dans un institut pour adultes handicapés. Sa routine n’est rompue que par deux choses : les visites, épisodiques, de sa famille, et sa passion pour Metallica – en particulier, le batteur Lars Ulrich. Son frère, réalisateur, et sa sœur, journaliste, décident un beau jour de réaliser son rêve : l’amener rencontrer…
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Théo Ribeton
Peu de gens se rappellent son nom : pour cause, le régime postrévolutionnaire a entériné l’oubli que son exil à Rome avait déjà entamé. Né aux abords de la mer Caspienne en 1931, Bahman Mohassess fut pourtant un peintre et un sculpteur incontournable de l’Iran du Shah. Son œuvre alterne natures mortes énigmatiques, sculptures (souvent animales) en bronze aux positions…
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Théo Ribeton
Hubert Viel pourrait être un lointain cousin d’Antonin Peretjatko (le burlesque en moins). Avec lui, il compose une forme contemporaine de la Nouvelle Vague dans un mode énergique et acidulé : c’est un condensé d’expérimentations malicieuses et fantaisistes sur la matière du cinéma, toujours teintées d’humour distancié, mais pas dénuées de noirceur. Il en allait ainsi de son précédent court-métrage,…
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Théo Ribeton
Pour extrêmement prolifique, Woody Allen est surtout un cinéaste très multiple. Forcément, l’empressement furieux avec lequel il a enchaîné depuis les années 1960 près d’une cinquantaine de longs-métrages n’a pu que télescoper une incessante circulation de fantaisies, de pastiches (Bergman, Cassavetes), de logorrhées des plus diverses. Parmi la foule se tient, pourtant, une race de films graves et imposants. Si…
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On a par erreur présenté Les Amants du Texas (dont le titre original Ain’t Them Bodies Saints peut se traduire grossièrement par « Ces corps ne sont-ils pas sacrés », version argotique redneck) comme une échappée malickienne, prenant son envol à un point très proche du final de La Balade sauvage, la fin de cavale d’un couple apparenté à Bonnie…
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Quasiment inconnu en Europe, Władzio Valentino Liberace, ou plus simplement "Liberace", est pourtant une personnalité incontournable aux États-Unis. Pianiste fantasque et virtuose, dont la carrière s’étale du piano-bar de saloon au kitsch télévisé des années 1980, son empreinte la plus mémorable reste certainement celle de sa dualité homo/hétéro. Au sein de son innombrable public, vieilles rombières poudrées et jeunes garçons…
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Figure déjà en sommeil dans son cinéma éminemment psychanalytique (il donnait discrètement son nom à la thérapeute de Rois et Reine), Georges Devereux éclot avec Jimmy P. en plein centre de la galaxie d’Arnaud Desplechin. Il en incarne en fait le phénix : l’éclatant basculement qui voit Mathieu Amalric, éternel infirme d’une œuvre obsédée par les plaies de l’esprit, devenir…
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Judicieux choix de sortie que ce début de mois de septembre, qui sied bien aux teintes brunies de Ma belle gosse : même si, imprégné d’atmosphère estivale, il s’insère logiquement dans l’agenda culturel des beaux jours, il y occupe pourtant une place joliment crépusculaire, tenant autant du soleil que de la tombée du soir. Entre plage, vélo, repas et jeux…
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Théo Ribeton
Cecil Gaines est un témoin privilégié de l’histoire contemporaine : il a officié durant sept présidences – nous n’en verrons réellement que cinq – en tant que majordome à la Maison Blanche. C’est aussi un Noir américain, né dans les champs de coton du Sud où il a vu son propre père se faire assassiner par son employeur blanc, avant…
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Théo Ribeton
Films profondément marqués du sceau de l’âge d’or hollywoodien que ces récits à enchâssements, naviguant d’un temps à l’autre au fil des raconteurs d’histoires, couverts de voix off. Fedora éveille à la lumière un genre quelque peu déchu, comme on tirerait brutalement les rideaux sur la chambre d’un aïeul alité dans la pénombre. William Holden, vieilli et déboussolé, prolonge le…
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Théo Ribeton
Adapté de la bande dessinée éponyme par son auteur Marguerite Abouet, Aya de Yopougon pourrait se poser comme une sorte de Persépolis ivoirien, où le regard introspectif d’une petite fille devenue cinéaste projette sur ses souvenirs d’enfance une radioscopie sociale fouillée. Marguerite Abouet vogue cependant bien loin de l’acuité de Satrapi sur Téhéran, avec un film assez anecdotique, surtout préoccupé…
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Théo Ribeton
De cette vingt-deuxième édition émergent principalement deux films, et surtout une actrice : Sigrid Bouaziz. Respiration difficile Certes on ne saurait dénigrer la qualité des programmations de Pantin ; cependant l’on regrette parfois de ne pas pouvoir donner isolément leur chance aux films, les picorer un par un. En les enchaînant d’une traite, on manque parfois de respiration : le…
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Théo Ribeton
Producteurs, scénaristes, réalisateurs sonnent comme un seul homme : "faire en sorte que Superman corresponde au public d’aujourd’hui", "un super-héros de notre temps", etc. C’est presque une excuse par avance : le monolithique homme d’acier affiche d’emblée une sorte d’insubordination à l’époque contemporaine bouffie de ses héros ombrageux, parsemés de fêlures. À l’ère de l’ambivalence comme bagage par défaut du…