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Josué Morel, Corentin Lê
Cannes, jour 7. Deux de nos rédacteurs discutent de Les Linceuls de David Cronenberg, présenté en compétition. Avec une carte blanche consacrée à Miséricorde d'Alain Guiraudie. Avec : Corentin Lê et Josué Morel. Et Marin Gérard pour la carte blanche. Réalisation et montage : Bastien Gens.
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Josué Morel
Devant Les Linceuls, on est un peu comme Karsh (Vincent Cassel) contemplant, à l’aide d’un écran incrusté dans une stèle funéraire et d’une application dernier cri, la dépouille de son épouse qui gît six pieds sous terre. David Cronenberg joue ouvertement la carte de la mise en abyme – en témoigne la façon dont Cassel emprunte au cinéaste sa coupe…
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Corentin Lê
Deuxième long-métrage de Coralie Fargeat, The Substance est animé par une ambition analogue à celle de Revenge, premier coup d’éclat abrasif : réaliser un film de genre qui ne fait pas genre de faire du cinéma de genre. Le programme est simple : Elizabeth (Demi Moore), une actrice sur le déclin, opte pour un traitement nommé « The Substance », qui lui permet de générer…
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Fabrice Fuentes
Aux antipodes de Bowling Saturne, film sombre et sec, La Prisonnière de Bordeaux s’avère lumineux et doux. Écrit à plusieurs mains (dont celles de François Bégaudeau), le film dénote dans une filmographie qui nous a habitués à des trouées narratives et des dérèglements pulsionnels. Le cinéma de Mazuy se montre ici résolument tiède, préférant aux élans affectifs indécidables des ressorts psychologiques plus convenus.…
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Josué Morel, Corentin Lê
Cannes, jour 6. Deux de nos rédacteurs discutent de The Substance de Coralie Fargeat, présenté en compétition. Avec une carte blanche consacrée à C'est pas moi de Leos Carax. Avec : Corentin Lê et Josué Morel. Réalisation et montage : Bastien Gens.
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Josué Morel
À l’image de ses personnages obsessionnels, partagés entre un entêtement et une aspiration à la fuite, le cinéma de Guiraudie se caractérise par un étrange mélange de cohérence bornée (c’est une qualité) et d’indécidabilité : à peine a-t-on cru localiser son désir que ce dernier prend une autre direction. Si les films reconduisent à chaque fois une poignée de motifs…
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Marin Gérard
Au baseball, un « eephus » est une technique de pitcher qui consiste à lancer la balle en cloche d’une façon suffisamment lente pour désorienter le batteur ; bien exécuté, le geste donne même l'impression de suspendre le temps. Premier long-métrage de Carson Lund, Eephus se donne précisément cet objectif. L'action se déroule sur un terrain de baseball qui va bientôt…
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Josué Morel
Avec The Apprentice, centré sur la jeunesse de Trump et sa transformation en redoutable tycoon, on tient le premier film « Canada Dry » d’une compétition jusqu’ici stimulante, en dépit de sa tenue inégale. Sous des dehors mordants et rutilants, le film a la fadeur des biographies enluminées. Reproduisant la patine des bandes VHS, l’esthétique du film semble puiser son…
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Josué Morel
L’une des qualités principales du cinéma de Jonás Trueba est aussi son revers : si Septembre sans attendre dégage un certain charme, c’est justement ce dernier qui limite par endroits sa beauté. Les films du jeune cinéaste (enfin, plus tout à fait : la crise de la quarantaine est d’ailleurs ici le soubassement du récit) sont toujours travaillés par le…
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Robin Vaz
Dans Christmas Eve in Miller's Point, Tyler Taormina pousse la logique du film choral, particulièrement adaptée aux rassemblements de fin d'année (Gens de Dublin, Un Conte de Noël, etc.), jusqu’à atomiser le réveillon de Noël d’une famille italo-américaine (très) élargie en une myriade de petites vignettes. Après quelques minutes, on comprend que cet éclatement sert de principe structurant au film…
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Marin Gérard
Certains premiers films permettent de découvrir un auteur, mais également un territoire. C’était par exemple le cas de Kaili Blues, que Bi Gan avait tourné dans la province chinoise du Guizhou, jusque-là peu filmée, et donc désormais d’In Retreat, qui se déroule dans la région du Ladakh en Inde, près de la frontière du Tibet. En racontant le retour d’un…
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Josué Morel
C’est pas moi ? Un peu tout de même, mais finalement, pas tout à fait non plus. Réalisé pour une exposition finalement annulée au Centre Pompidou, le film, long d'à peine quarante minutes, est un bric-à-brac de collages, d’intertitres, d’extraits de films (surtout ceux de Carax) et de microbouts de fiction tournés pour l’occasion. Même pour les spectateurs qui ne…
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Corentin Lê, Marin Gérard
Cannes, jour 5. Deux de nos rédacteurs discutent d'Emilia Perez de Jacques Audiard, présenté en compétition. Avec une carte blanche consacrée à Caught by the Tides de Jia Zhang-ke. Avec : Marin Gérard et Corentin Lê. Réalisation et montage : Bastien Gens.
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Bastien Gens
La Belle de Gaza commence à la manière de Reprise de Hervé Le Roux : le visage d’une anonyme, filmé quelques années auparavant par Yolande Zauberman, obsède la cinéaste, qui tente de la retrouver pour raconter son histoire. Selon une légende urbaine parvenue aux oreilles de la documentariste, la Belle de Gaza – comme la surnomme la cinéaste – se…
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Josué Morel
Avec la sulfureuse figure d’Édouard Limonov, remise au goût du jour en 2011 par la biographie d’Emmanuel Carrère (qui fait d’ailleurs une brève apparition dans le film), Serebrennikov semble avoir trouvé un personnage à son image et taillé pour son cinéma : insupportable, imbu de lui-même, rock’n roll et destroy. À partir de sa trajectoire bigger than life, le réalisateur russe signe une…
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Robin Vaz
Le titre du nouveau film de Claire Simon retranscrit limpidement la démarche de la documentariste : Apprendre suit le quotidien de plusieurs classes d’une école primaire d’Ivry-sur-Seine pour se focaliser sur ce qui constitue à proprement parler l’expérience scolaire, laissant de côté les discours sociopolitiques sur l’institution qui accompagnent souvent ce genre de films. La découverte de l’univers chaotique des…
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Lukas Moreau
Depuis Réveil dans la terreur, les terres australiennes sont souvent le théâtre de spirales infernales qui aspirent des personnages impuissants. Variation côtière sur ce thème, The Surfer se déroule intégralement sur une plage et son parking attenant. Dirigée par une bande de malfrats, la communauté locale tente de préserver la « pureté » du lieu, chassant surfeurs et touristes indésirables.…
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Marin Gérard
Rattrapé par les marées : traduire littéralement le titre du nouveau film de Jia Zhang-ke permet peut-être de mieux l’appréhender. À 53 ans, le réalisateur chinois revisite son cinéma avec un récit en trois parties, situées respectivement en 2001, 2006 et 2022, non pour signer une grande fresque romanesque comme Au-delà des montagnes ou Les Éternels, mais pour reparcourir l’itinéraire emprunté par son…
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Corentin Lê
Surprise : il n’y a aucun loup solitaire en quête de repentance dans Oh, Canada, adaptation par Paul Schrader de l'ultime roman de Russell Banks. Si le cinéma de Schrader change de disque, ce qu’il propose à la place s’avère hélas moins excitant que ses derniers faits d’armes (First Reformed, The Card Counter, Master Gardener). Oh, Canada retrace le parcours…
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Josué Morel
« Le reset » : c’est ainsi que Manitas, un redoutable chef de cartel, qualifie l'opération qui parachèvera sa transition de genre pour devenir Emilia. Le reset, c’est désormais aussi le mode opératoire de Jacques Audiard qui, depuis sa Palme d’or pour Dheepan, s’est lancé dans une entreprise de remise à plat de son univers viriliste. Comme Les Olympiades, qui tentait de…