Critikat

Nos souvenirs

par Arnaud Hée

Cette année, l'accès aux projections presse est si difficile que lorsque l'on parvient à entrer, l'envie d'aimer le film s'en trouve décuplée. Mais avec The Sea of Trees, ce désir d'aimer et de retrouver l'auteur d'Elephant s'essoufflent vite. On entend depuis sa présentation tellement de mal du film de Gus Van Sant que l'on n'a pas spécialement envie de tirer…

Notre petite sœur

par Josué Morel

On nous l’a promis, la délégation asiatique sera la grande attraction de ce millésime 2015. Si les noms les plus attendus ne sont pas encore entrés dans la danse (Weerasethakul, Jia Zhang-ke, Kurosawa et Hou Hsiao-Hsien), on peut toutefois reconnaitre que l’affaire commence plutôt mal avec les présentations coup sur coup des nouveaux films de Naomi Kawase (Un Certain Regard)…

The Lobster

par Arnaud Hée

The Lobster était annoncé par Thierry Frémaux comme l'ovni de la compétition, sans doute à entendre comme la caution « radicale ». Yorgos Lanthimos pose une situation comme d'habitude faite de règles et rites bizarres où se joue l'assujettissement des corps et des individus, mettant en question le « jeu » et l'autorité – Canine et Alps étaient complètement dédiés à cela. La situation…

Le Fils de Saul

par Arnaud Hée

Il sera difficile de reprocher à László Nemes un manque d'ambition pour ce premier long métrage sélectionné en compétition à Cannes et récompensé par le Grand Prix. Ceci tant du point de vue du sujet que de la forme – et avec un tel propos il ne pouvait pas se passer de réfléchir à ces aspects formels. Le Fils de…

Tale of Tales

par Théo Ribeton

Patatras, voilà l’affreux : Tale of Tales, saut dans le vide de l’Italien Matteo Garrone, est une grosse tambouille visqueuse qui pénètre l’imaginaire du conte pour y entrecroiser une poignée de récits (a priori inconnus, du moins chez nous : tout provient d’un obscur recueil italien du XVIIe). Des rois, des princesses, des sorcières, des métamorphoses, mais aussi et surtout…

Mommy

par Clément Graminiès

Xavier Dolan agace. Quelques jours après la sortie en salles de l’ampoulé Tom à la ferme, on apprenait que Mommy, son nouveau film, était carrément sélectionné pour concourir à la Palme d’Or. Les soupçons d’imposture étaient amplifiés du fait qu’en seulement quatre longs-métrages, le jeune réalisateur de vingt-cinq ans n’avait jamais cessé de trahir la volonté un peu trop appuyée…

Deux jours, une nuit

par Julien Marsa

Habitués des joutes cannoises – ils y ont remporté, faut-il le rappeler, deux palmes d'or (pour Rosetta et L'Enfant) – les frères Dardenne reviennent une nouvelle fois en compétition, avec Deux jours, une nuit, film à la première personne, collé aux basques de Sandra (Marion Cotillard). Cette manière qu'ont les deux cinéastes de prendre un personnage pour le suivre pas…

Adieu au langage

par Arnaud Hée

Le feuilleton Godard – viendra, viendra pas – n'en a pas vraiment été un cette année. Il y a eu cette vidéo de la TSR (le cinéaste y répond avec douceur aux questions d'un morne journaliste encravaté), suivie de la lettre filmée envoyée au festival ce jour de présentation officielle d'Adieu au langage. Il n'est pas venu mais on s'en…

Maps to the Stars

par Sophia Collet

Le voici, ce moment où le festival bascule : quand le sentiment le plus intense du contemporain s’élève à un degré de réalité magnifié ; une réalité dont tout le fond d’irrationalité éclaterait soudain. Troublant, ainsi, comme, dans les premières images de Maps to the Stars, le LA où débarque Agatha Weiss, jouée par Mia Wasikowska, se confond étrangement avec…

The Search

par Arnaud Hée

Fini la rigolade (Le Grand Détournement), la gaudriole (les OSS 117), la déclaration d'amour aux magies du cinéma d'antan (The Artist), Michel Hazavanicius veut parler du monde, de la vie vraie en regardant la vérité droit dans les yeux. D'ailleurs, pour faire vrai, il mime un régime d'image supposément vrai avec un prologue perçu par le biais d'un caméscope captant…

Still the Water

par Arnaud Hée

Voilà un film qui a fait son petit effet, les applaudissements très nourris lors de ses présentations en font sans doute un prétendant au palmarès et même à la palme d'or. On suit deux beaux adolescents, Kaito, le garçon, et Kyoko, la fille. Ils vont vivre leur initiation à la vie, à la mort, à l'amour, apprendre à prendre place…

Foxcatcher

par Arnaud Hée

À moins de se lancer dans la fosse aux lions du grand spectacle (comme le catch ou les déclinaisons de quelque ultimate fighting), la vie de lutteur n'est pas franchement sexy, nonobstant le maillot de bain une pièce très échancré et si seyant enfilé par ses praticiens. Mark Schultz (Channing Tatum) a porté haut les couleurs américaines aux JO de…

David Cronenberg

par Théo Ribeton

Dans l'inferno hollywoodien de Maps to the Stars, le plus grand péché hollywoodien semble être la destruction du lien familial : parents destructeurs, enfants-adultes, inceste... Quel rapport voyez-vous entre l'idée de famille et Hollywood ? On peut voir Hollywood comme une famille, étrange, difficile, mais c’est une communauté où tout le monde se connaît. Chacun à Hollywood comprend les règles…

Les Merveilles

par Arnaud Hée

Nous évoquions avec plaisir hier l'absence des « habitués » italiens (pas celle de Nanni Moretti, entendons-nous bien) comme Paolo Sorrentino, Les Merveilles, le film transalpin en compétition officielle cette année, est venu redoubler ce contentement. Alice Rohrwacher appartient à une autre famille du cinéma italien, celle de Leonardo Di Costanzo (L'Intervallo), Michelangelo Frammartino (Le Quattro Volte), Tizza Covi et Rainer Frimmel…

Saint Laurent

par Josué Morel

Aujourd’hui place à Bertrand Bonello et son très attendu Saint Laurent, premier film de la délégation française présenté en Compétition Officielle. Le réalisateur de L’Apollonide s’attaque au mythe du couturier français (quelques mois après l’insipide hagiographie de Jalil Lespert), avec la force d’un cinéaste désormais assuré de son don d’esthète. Dans Saint Laurent Bonello gomme en effet quelques défauts inhérents…

Captives

par Théo Ribeton

Dans la presse, son de cloche plutôt mitigé à la sortie de Captives : acteurs cabotins (c'est vrai pour certains, assez sévère pour d'autres), mise en scène hiératique (on rétorque : raide, acéré), on passe tout de suite à Nuri Bilge Ceylan, vraiment ? Le film d'Atom Egoyan, certes pas l'auteur le plus attendu du festival, est un petit polar…