Critikat

John Carpenter ou le mensonge américain

par Jean-Sébastien Massart

Révisons Carpenter : la mini-rétrospective que le distributeur Splendor Films consacre, à partir du 12 avril, au cinéaste américain, nous offre l'occasion de revoir cinq films réalisés entre 1970 et 1988. À côté de Dark Star, son moyen-métrage de fin d’études, le corpus se compose de deux dystopies (New York 1997 et Invasion Los Angeles) et de deux autres films plus…

Creed III

par Jean-Sébastien Massart

Un vent de fraîcheur aurait pu – et dû – souffler sur la franchise Creed : en novembre 2018, quelques jours après la sortie américaine de Creed II, Sylvester Stallone annonçait qu’il cesserait définitivement d’apparaître dans son éternel rôle de Rocky Balboa. Mais l’industrie avait-elle encore besoin de lui pour continuer d’exploiter le filon Rocky ? Depuis plus de quarante ans, les…

Horreur américaine, état des lieux

par Fabrice Fuentes, Thomas Grignon, Jean-Sébastien Massart

Que nous a raconté en 2022 le cinéma d’horreur américain ? Petit état des lieux d’un genre à la fois malade et en forme, qui a su puiser une certaine vitalité de son penchant morbide pour la réitération des formes du passé. (Re)mettre l'horreur à plat « Elevated horror is like an artisanal cheeseburger. Make the goddamn cheeseburger. If it’s delicious,…

Barbare

par Jean-Sébastien Massart

Barbare commence comme une mauvaise blague : une jeune femme, Tess, a loué une maison en Airbnb dans la banlieue de Detroit, mais lorsqu’elle arrive en pleine nuit, elle découvre que les lieux sont occupés par un autre locataire, Keith. Sur ce canevas très classique – celui de la mauvaise rencontre avec un inconnu – Barbare réussit une entrée en matière frappante…

Halloween Ends

par Jean-Sébastien Massart

Comme son titre l’annonce, il est question de fin dans Halloween Ends – et même de plusieurs fins. D’abord celle de la trilogie entamée par David Gordon Green en 2019. Puis celle de la saga, composée des treize films engendrés, depuis quarante ans, par le chef-d’œuvre de Carpenter. Enfin, celle d’un personnage emblématique, Michael Myers, que ce chapitre final enterre à…

48e Festival du cinéma américain de Deauville

par Jean-Sébastien Massart

Deauville est un festival clivé : dans la journée, on y découvre de petits objets affichant parfois ostensiblement leur esthétique d’indépendants et réalisés la plupart du temps par des inconnus (la moitié des treize longs-métrages de la sélection officielle étaient cette année des premiers films). Le soir, le festival s’habille en smoking et déroule son tapis rouge pour accueillir ses stars…

En thérapie, saison 2

par Jean-Sébastien Massart

Au début de la saison 2 d’En thérapie, Philippe Dayan (Frédéric Pierrot) a déménagé, suite à son divorce, en banlieue parisienne. Ce changement de décor s’accompagne d’un saut temporel : après les attentats de novembre 2015 (saison 1), les consultations ont maintenant pour toile de fond le déconfinement de mai 2020. On constate pourtant – et la chose est suffisamment frappante…

2e Festival Reims Polar

par Jean-Sébastien Massart

Dix films en compétition, une sélection parallèle de découvertes (« Sang neuf »), des rétrospectives consacrées à Walter Hill et à Martin Campbell, ainsi que quelques grands films rares (dont La Vengeance est à moi de Shohei Imamura) : la programmation, riche et diversifiée, de la deuxième édition du festival Reims Polar recouvrait cette année tout le périmètre du genre. Thriller urbain…

Scream

par Jean-Sébastien Massart

Que pouvait-on attendre d’un nouveau Scream, dix ans après la sortie d’un quatrième volet tardif, déjà un peu à bout de souffle ? Pas grand-chose. Peut-être même : presque rien. Revenir à Woodsboro, retrouver Ghostface, Sidney Prescott et Gale Weathers, c’est rouvrir les portes de ce qui ressemble aujourd’hui à un grenier de l’horreur, là où les vieux jouets de Wes…

Jane par Charlotte

par Jean-Sébastien Massart

De quel héritage Jane par Charlotte se réclame-t-il ? D’abord de celui de Varda, qui a réalisé à la fin des années 1980 un premier film-portrait de Jane Birkin – Jane B. par Agnès V. – s’éloignant assez vite de son matériau biographique pour épouser la forme libre d’une évocation, essentiellement nourrie de peinture (Jane Birkin déambulait dans des scènes picturales…

The Beatles : Get back

par Jean-Sébastien Massart

Fruit d’un très long travail de montage et de restauration, The Beatles : Get Back est arrivé sur Disney+ comme un cadeau de Noël. Et de ce cadeau, il faut à la fois souligner la très grande générosité (les trois parties qui composent le film s’étendent sur une durée d’environ huit heures) et la modestie : loin de la grande célébration…

The Card Counter

par Jean-Sébastien Massart

Si The Card Counter faisait partie, au dernier festival de Deauville, du haut du panier d’une sélection composée de films globalement médiocres, le retour en grâce Paul Schrader, annoncé avec First Reformed, mérite cependant d’être légèrement nuancé. Je signalais déjà, en septembre dernier, que The Card Counter « suivait la ligne aride et désolée d’un imaginaire évidé » – impression confirmée aujourd’hui…

The Beta Test

par Jean-Sébastien Massart

The Beta Test commence à la manière d’un thriller : dans un appartement californien, une femme compose le 911 pour signaler une dispute conjugale. Elle rejoint ensuite son compagnon à table et partage avec lui un début de dîner glacial avant de recevoir plusieurs coups de couteau et de passer par-dessus le balcon. De cette scène de meurtre, il ne sera…

Sermons de minuit

par Damien Bonelli, Jean-Sébastien Massart

Il est préférable d’avoir vu la série préalablement à la lecture de ce texte, qui révèle plusieurs de ses rebondissements. Il y a trois ans, Netflix diffusait la mini-série The Haunting of Hill House, une création de Mike Flanagan qui permit à ce réalisateur et scénariste américain rompu au cinéma de genre à petits moyens d’être soudainement reconnu et « auteurisé ».…

My Zoé

par Jean-Sébastien Massart

Voilà maintenant environ vingt-cinq ans que Julie Delpy poursuit, à distance du cinéma français, une carrière parallèle : jeune première dans les années 1980 (elle débute chez Godard et Carax), elle fait assez vite le choix de l’exil américain, suivant un chemin libre, entre seconds rôles (une belle apparition dans Broken Flowers de Jarmusch) et expérimentations auteuristes (la série des Before…

Pleasure

par Jean-Sébastien Massart

Film à sujet – les coulisses de l’industrie du porno comme vous ne les avez jamais vues –, Pleasure de Ninja Thyberg a d’indéniables qualités documentaires : on devine que la plupart des scènes auxquelles se livre Bella, jeune Suédoise voulant percer dans le milieu du porno américain, sont le fruit d’un travail d’observation et d’immersion de la réalisatrice dans…

My Zoé

par Jean-Sébastien Massart

Voilà maintenant environ vingt-cinq ans que Julie Delpy poursuit, à distance du cinéma français, une carrière parallèle : jeune première dans les années 1980 (elle débute chez Godard et Carax), elle fait assez vite le choix de l’exil américain, suivant un chemin libre, entre seconds rôles (une belle apparition dans Broken Flowers de Jarmusch) et expérimentations auteuristes (la série des Before…

L’Origine du monde

par Jean-Sébastien Massart

En adaptant, pour son premier film, une pièce à succès de l’acteur Sébastien Thierry, Laurent Lafitte se prête au jeu de l’autofiction tout en brouillant les pistes : si L’Origine du monde aborde, comme l’indique son titre, la question des origines et de l’identité, il le fait avec suffisamment de distance pour ne pas être un simple autoportrait narcissique d’acteur en…

47e Festival du cinéma américain de Deauville

par Jean-Sébastien Massart

Le cinéma d’auteur américain, tel qu’il s’est manifesté cette année à Deauville, est à l’image du cinéma d’auteur mondial : de jeunes réalisateurs visent désormais, dès le premier film, la consécration, l’auteurisation ; ils veulent frapper un grand coup, nous vendre immédiatement la qualité de leur regard. Portrait hanekien d’un ado perturbé (John and the Hole), western relu sous l’angle du mythe d’Oedipe…

The King of New York

par Jean-Sébastien Massart

The King of New York renaît cet automne dans une version restaurée éditée par Carlotta. Peu de films d’Abel Ferrara ont été autant honorés que celui-là, qui a acquis, en trente ans, une réputation de chef-d’œuvre. Pourtant, la beauté de The King of New York résistera toujours à la consécration en grande pompe ; ce ne sera jamais un film…