Critikat

Diamant Brut

par Josué Morel

C’est peu dire que le film d’Agathe Riedinger est brut, mais pour le diamant, on repassera : portrait poético-misérabiliste d’une influenceuse du sud de la France rêvant de rejoindre le casting d’une émission de télé-réalité, Diamant Brut est biberonné à une esthétique vaguement héritée des Dardenne ou de leurs épigones (la réalisatrice cite Andrea Arnold comme inspiration), mâtinée d’envolées élégiaques…

Hatari — DIRECT ACTION

par Josué Morel, Corentin Lê

Pour ce nouvel épisode d'Hatari, deux de nos rédacteurs débattent de DIRECT ACTION de Guillaume Cailleau et Ben Russell.    Avec : Corentin Lê et Josué Morel. Image : Clément Colliaux. Montage : Adrien Mitterrand Munch.

Hatari — Juré n°2

par Josué Morel, Clément Colliaux

Pour ce nouvel épisode d'Hatari, deux de nos rédacteurs débattent de Juré n°2 de Clint Eastwood.    Avec : Clément Colliaux et Josué Morel. Image : Corentin Lê. Montage : Clément Colliaux.

Juré n°2

par Josué Morel

Le premier plan est magnifique : dans le prolongement du générique, où s’affiche un dessin de Thémis, la déesse de la justice, pourvue de ses attributs emblématiques (ses yeux bandés, une balance dans une main, un glaive dans l’autre), on découvre le visage d’une femme dont le regard est lui aussi masqué. Il s’agit de l’épouse de Justin Kemp (Nicholas Hoult),…

Trois kilomètres jusqu’à la fin du monde

par Josué Morel

Trois kilomètres jusqu’à la fin du monde commence comme un film policier : dans un village du delta du Danube, Adi, un garçon de 17 ans, est rué de coups en rentrant d’une soirée. Si l’on devine assez vite pourquoi (dans le prologue, un plan fugace le montre en compagnie d’un garçon), le film met un certain temps à arriver à cette question de…

Miséricorde

par Josué Morel

À l’image de ses personnages obsessionnels, partagés entre un entêtement et une aspiration à la fuite, le cinéma de Guiraudie se caractérise par un étrange mélange de cohérence bornée (c’est une qualité) et d’indécidabilité : à peine a-t-on cru localiser son désir que ce dernier prend une autre direction. Si les films reconduisent à chaque fois une poignée de motifs…

Terrifier 3

par Josué Morel

Grosse déception : après un Terrifier 2 assez réjouissant, où Damien Leone faisait montre d’une inspiration excédant ce qu’il avait jusqu’ici montré – un goût de l’artisanal, une approche de l'horreur à la fois vintage et jusqu’au-boutiste dans son goût de l’hémoglobine –, le troisième volet des aventures d’Art le clown s’apparente à une régression esthétique. L’affaire commence pourtant bien, avec…

Hatari — Megalopolis

par Josué Morel, Marin Gérard

Pour ce nouvel épisode d'Hatari, deux de nos rédacteurs débattent de Megalopolis de Francis Ford Coppola.  Avec : Marin Gérard et Josué Morel. Image et montage : Clément Colliaux.

Joker : Folie à deux

par Josué Morel

On concédera un mérite à Folie à deux : par le pas de côté (un peu trompeur, on y reviendra) qu’il fait vers la comédie musicale, le film délaisse les atours vaguement « politiques » du premier volet. Exit le vernis insurrectionnel, qui faisait du pauvre Arthur Fleck (Joaquin Phoenix) un agent du chaos dont l’ascension médiatique embrasait la ville de Gotham City…

Chantal Akerman et le hasard

par Josué Morel

Quel rapport la mise en scène d’Akerman entretient-elle avec l’accident et le hasard ? Tentative de réponse avec trois scènes issues de son œuvre. Un coin à elle – Golden Eighties C’est le soir ; la galerie marchande de la Toison d’or, où se déroule l'intrigue de Golden Eighties, ferme ses portes. Mais deux amants, Lili et Robert, jouent les prolongations et…

All We Imagine as Light

par Josué Morel

Auréolé d'un Grand Prix qu'on est en droit de trouver taillé trop grand pour lui, All We Imagine as Light a suscité sur la Croisette un enthousiasme qui s'explique peut-être par le timing de sa projection, en queue d'une compétition riche en objets imposants et démonstratifs. Il faut reconnaître que le film est tout l'inverse : modeste, discret, petit, presque…

Chantal Akerman au-delà de Jeanne Dielman

par Josué Morel

Le sacre de Jeanne Dielman, 23, Quai du Commerce, 1080 Bruxelles dans le dernier classement décennal des « meilleurs films de tous les temps » de la revue Sight and Sound a, comme le rappelait Alexandre Moussa dans sa critique du film (ressorti pour l’occasion quelques mois plus tard), « recentré » le statut d’un film pourtant conçu à la marge et…

Emmanuelle

par Josué Morel

Audrey Diwan (secondée au scénario par Rebecca Zlotowski) avait nécessairement une idée derrière la tête en faisant le choix étonnant de revisiter la figure très datée d’Emmanuelle, grande bourgeoise libertine au cœur d’une série de romans signés Emmanuelle Arsan, puis de films et de téléfilms érotiques à succès. La scène d’ouverture, située à bord d’un avion emmenant l’héroïne (Noémie Merlant),…

Megalopolis

par Josué Morel

Comment Francis Ford Coppola a-t-il pu signer, à la place de l’opus magnum attendu, un film aussi libre et fou ? Et que raconte au fond Megalopolis, cet improbable film expérimental et baroque à 120 millions de dollars, dont l’inventivité et l’audace foisonnantes ont laissé coi la plupart des spectateurs qui l’ont découvert au dernier Festival de Cannes ? De prime…

Kill

par Josué Morel

Présenté comme un rejeton indien de John Wick, qui est devenu en quelques années la référence incontournable du cinéma d’action contemporain, Kill fait pourtant davantage penser à un autre « nouveau classique » du genre des années 2010 : The Raid de Gareth Evans, auquel il emprunte sa violence débridée et une unité de lieu restreinte pour canaliser la castagne, en l’occurrence un…

Alain Delon, Je est un autre

par Josué Morel

Le décès d’Alain Delon a fait ressurgir les nombreuses ambivalences de l’homme et de l’acteur – conservateur à la ville tout en étant l’une des incarnations de la modernité cinématographique d’après-guerre ; viril mais fragile ; doté d’un visage d’une extrême beauté qui aura toutefois beaucoup servi dans ses rôles de masque mortuaire, etc. Delon fut à la fois une figure hyper…

Septembre sans attendre

par Josué Morel

L’une des qualités principales du cinéma de Jonás Trueba est aussi son revers : si Septembre sans attendre dégage un certain charme, c’est justement ce dernier qui limite par endroits sa beauté. Les films du jeune cinéaste (enfin, plus tout à fait : la crise de la quarantaine est d’ailleurs ici le soubassement du récit) sont toujours travaillés par le…

Emilia Pérez

par Josué Morel

« Le reset » : c’est ainsi que Manitas, un redoutable chef de cartel, qualifie l'opération qui parachèvera sa transition de genre pour devenir Emilia. Le reset, c’est désormais aussi le mode opératoire de Jacques Audiard qui, depuis sa Palme d’or pour Dheepan, s’est lancé dans une entreprise de remise à plat de son univers viriliste. Comme Les Olympiades, qui tentait de…

Le Roman de Jim

par Josué Morel

On ne niera pas qu’on a failli lâcher une petite larme devant Le Roman de Jim, adapté d’un livre de Pierric Bailly publié en 2021, sans pour autant que les bouffées d’émotions suscitées par le film masquent ses faiblesses. Mélo en sourdine centré sur Aymeric (Karim Leklou), un père adoptif qui reste droit et doux face à la cruauté ordinaire de la vie, le…

Trap

par Josué Morel

Trap se fonde sur un stupéfiant effet de miroir au sein de la filmographie de M. Night Shyamalan. Dans Incassable, David Dunn, simple agent de sécurité d’un stade de Philadelphie, découvrait peu à peu qu’il était un super-héros, sous les yeux émus et emplis de croyance de son fils. Près de vingt-cinq ans plus tard, Trap prend lui aussi place…