Critikat

Enzo

par Josué Morel

On l’a souligné en préambule du festival : cette année, presque toutes les sélections cannoises ont choisi de s’ouvrir avec un film français, doublant involontairement leurs différents partis pris de programmation d’un panorama de la production hexagonale. Quel cinéma français choisit-on ? Le chaos de Letourneur, la joie supposément fédératrice de Partir un jour – faux feel good movie, vrai film…

Partir un jour

par Josué Morel

C’est quoi la France ? On ne s’attendait pas trop à ce que cette question travaille Partir un jour, présenté comme une comédie musicale fédératrice – et qui pourtant ne cesse de montrer que de fédération, il n’en est au fond plus question entre Paris et la France des bourgs. Cécile (Juliette Armanet), auréolée de sa victoire dans l’émission Top…

Cannes, nuages trompeurs ?

par Josué Morel

Petite grise mine chez les cinéphiles qui se rendent chaque année à Cannes comme on va à La Mecque en pèlerinage : on entend pas mal que cette édition 2025 serait de loin peu emballante, et qu’on se plierait presque au voyage en traînant les pieds, face au nombre de cinéastes attendus (Malick, Na Hong-jin, ou encore le serpent de…

Les Linceuls

par Josué Morel

Devant Les Linceuls, on est un peu comme Karsh (Vincent Cassel) contemplant, à l’aide d’un écran incrusté dans une stèle funéraire et d’une application dernier cri, la dépouille de son épouse qui gît six pieds sous terre. David Cronenberg joue ouvertement la carte de la mise en abyme – en témoigne la façon dont Cassel emprunte au cinéaste sa coupe…

Simón de la montaña

par Josué Morel

Simón de la montaña commence sous des auspices peu enthousiasmants : entre la chronique vériste et le coming of age sensible, son portrait d’une bande de jeunes handicapés mentaux paraît entrelacer deux horizons parmi les plus académiques du cinéma d’auteur international. Sauf qu’il y a un petit twist, révélé au bout d’une poignée de scènes : le Simón du titre (Lorenzo…

La jeune femme à l’aiguille

par Josué Morel

Il y a plusieurs façons d’approcher un film comme La Jeune femme à l’aiguille, fable doloriste et objet maniériste qui réactualise l’expressionnisme du muet allemand à l’heure du numérique : on peut opter pour un rejet franc et massif face à sa surenchère sensationnaliste et misanthrope, ou bien finir par sourire de son accumulation forcenée de péripéties toutes plus sombres…

Piégé

par Josué Morel

On y croit pendant à peu près cinq minutes, le temps qu’il faudra au dispositif pour épuiser d'emblée ses possibilités. Eddie, un petit criminel (Bill Skarsgård) n’ayant que quelques jours pour éponger ses dettes, se retrouve pris au piège d’une élégante berline qu’il entendait détrousser : si ses portes étaient ouvertes, le véhicule devient ensuite une prison parfaitement étanche dont…

Lumière, l’aventure continue

par Josué Morel

Lumière, l’aventure continue présente la spécificité d’être une œuvre à la paternité multiple. Déplions un peu : c’est d’abord un film de Thierry Frémaux, qui agence et commente cent-vingt vues Lumière inédites et restaurées. C’est ensuite, comme le précise en voix off le délégué général du Festival de Cannes, le fruit d’un projet ambitieux : « avec des films de Lumière, on va…

Legends of the Condor Heroes — The Gallants

par Josué Morel

Depuis vingt ans, le cinéma virevoltant de Tsui Hark s’est fondu dans un genre qui tend à limiter ses élans : le blockbuster historique, voire historico-fantastique, dont les différentes déclinaisons, bien que populaires au box-office chinois, ne trouvent plus que de manière intermittente le chemin des salles françaises. Legends of the Condors Heroes, qui entremêle un mélodrame sirupeux, une guerre…

Parthenope

par Josué Morel

Mystère ou escroquerie ? La question est posée dans le dernier mouvement du film par Parthenope elle-même, une jeune Napolitaine dont la beauté provoque chez tous ceux qui croisent son chemin un ravissement proche de l’hypnose. Est-elle si mystérieuse ? Son charme n’est-il pas de la poudre aux yeux ? « Que penses-tu ? » lui demande-t-on souvent, pour essayer de voir ce qui se trame…

Mickey 17

par Josué Morel

Pourquoi Mickey 17, et pas 14 ou 15 ? La question paraît de prime abord triviale : le nouveau film de Bong Joon-ho montre d’emblée que le dénommé Mickey (Robert Pattinson), pauvre Terrien un peu idiot qui rejoint une expédition spatiale en tant que « expandable », n’est qu’un clone parmi d’autres. Principe simple, qui augure son lot de situations burlesques : Mickey se voit…

Hatari — The Brutalist

par Josué Morel, Marin Gérard

Pour ce nouvel épisode d'Hatari, deux de nos rédacteurs débattent de The Brutalist de Brady Corbet.    Avec : Marin Gérard et Josué Morel. Image : Clément Colliaux. Montage : Adrien Mitterrand Munch.

The Brutalist

par Josué Morel

Si The Brutalist n’est que le premier film de Brady Corbet à trouver le chemin des salles françaises, l’ancien acteur (aperçu entre autres dans Mysterious Skin, Funny Games U.S. et Melancholia) s’est forgé en dix ans une petite réputation de cinéaste ambitieux et provocateur. L’Enfance d’un chef puis Vox Lux, présentés tous deux à la Mostra de Venise, où Corbet…

Toutes pour une

par Josué Morel

Souvenez-vous, c’était en 2016 : Divines, portrait d’une jeune femme vorace dont la mise en scène carburait au narcissisme, révélait Houda Benyamina, distinguée d’une Caméra d’or, ainsi qu’Oulaya Amamra, l’actrice principale. Ce premier long avait l’intérêt d’être conjointement une purge et un film assez passionnant dans sa manière de faire d’une banlieue parisienne un espace mental s’accordant à l’appétit de l’héroïne,…

Critikat a vingt ans

par Josué Morel

C’est avec une certaine émotion qu’on l’écrit : Critikat fête ses vingt ans. Il s’en est passé des choses depuis 2004, lorsque Clément Graminiès, avec quelques amis rencontrés sur les bancs de l’Université Paris 8, a fondé la publication : plus de deux cents rédactrices et rédacteurs sont passés par nos rangs, plus de treize mille articles ont été publiés, et…

Limonov, La Ballade

par Josué Morel

Avec la sulfureuse figure d’Édouard Limonov, remise au goût du jour en 2011 par la biographie d’Emmanuel Carrère (qui fait d’ailleurs une brève apparition dans le film), Serebrennikov semble avoir trouvé un personnage à son image et taillé pour son cinéma : insupportable, imbu de lui-même, rock’n roll et destroy. À partir de sa trajectoire bigger than life, le réalisateur russe signe une…

Top 10 de l’année 2024

par Josué Morel

1. Furiosa : une saga Mad Max – George Miller 2. DIRECT ACTION – Guillaume Cailleau et Ben Russell 3. Megalopolis – Francis Ford Coppola 4. Le mal n'existe pas – Ryūsuke Hamaguchi 5. Juré n°2 – Clint Eastwood 6. The Substance – Coralie Fargeat 7. Here - Les plus belles années de notre vie – Robert Zemeckis 8. Miséricorde…