Critikat

The History of Sound

par Josué Morel

Un soir de septembre 2015 à Venise, je me souviens avoir assisté à la projection presse de La Rivière sans fin d’Oliver Hermanus, présenté en compétition. Jamais je n’ai vu, encore à ce jour, un film être aussi mal reçu par une salle : huées copieuses, mines furax à la sortie, exaspération collective d’avoir vu la Mostra programmer un film…

Fuori

par Josué Morel

Ce n’est pas la première fois que Martone réalise le biopic d’un écrivain (Leopardi). Ce n’est pas non plus la première fois qu’il brosse un portrait atmosphérique (Nostalgia) : Fuori (« dehors ») raconte les semaines suivant la sortie de prison de Goliarda Sapienza, écrivaine alors presque inconnue dans son propre pays, et qui ne connaîtra le succès qu’une dizaine d’années…

Jour 7 — Alpha

par Josué Morel, Corentin Lê

Cannes, jour 7. Deux de nos rédacteurs discutent d'Alpha de Julia Ducournau, présenté en compétition. Avec une carte blanche consacrée à Exit 8 de Genki Kawamura.    Avec : Corentin Lê et Josué Morel. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.

Alpha

par Josué Morel

Jusqu’ici, Ducournau avait aux yeux de la critique l’aura d’une première de la classe : un court remarqué (Junior), un premier long plébiscité (Grave) et une palme précoce (Titane). Cannes aime bien le storytelling, les ascensions et les chutes fulgurantes, et invente donc un nouveau chapitre au roman de la cinéaste : son troisième long, celui qui devait confirmer son statut…

Les Aigles de la République

par Josué Morel

Si Les Aigles de la République raconte un complot, son moteur est plus encore la fausse piste. Mêlant fiction et réel (le récit intègre la figure d’al-Sissi, actuel dictateur de l’Égypte, au sein d’une trame inventée), le film commence comme une comédie : George Fahmy, l’acteur le plus connu du pays (Fares Fares, comédien fétiche de Tarik Saleh), mais bonhomme…

Mission : Impossible – The Final Reckoning

par Josué Morel

Si Christopher McQuarrie n’a jamais été le plus prestigieux des cinéastes choisis par Tom Cruise pour codiriger Mission : Impossible, franchise dont il est à la fois l’acteur principal et le réel architecte, on devait peut-être à ce fidèle lieutenant le meilleur volet non réalisé par De Palma : Dead Reckoning, qui combinait scènes d’actions racées et spectralisation plus marquée que jamais d’Ethan Hunt. L’agent secret y devenait…

Jour 6 — The Phoenician Scheme

par Josué Morel, Marin Gérard

Cannes, jour 6. Deux de nos rédacteurs discutent de The Phoenician Scheme de Wes Anderson, présenté en compétition. Avec une carte blanche consacrée à Magellan de Lav Diaz.    Avec : Marin Gérard et Josué Morel. Et Pierre-Jean Delvolvé pour la carte blanche. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.

La Femme la plus riche du monde

par Josué Morel

La Femme la plus riche du monde a beau avoir remplacé tous les noms des personnages, personne n’est dupe sur l’inspiration juridique de son intrigue : Marianne Farrère (Isabelle Huppert) est Liliane Bettencourt, Pierre-Alain Fantin (Laurent Lafitte) est le fantasque photographe François-Marie Banier – condamné pour abus de faiblesse sur la milliardaire –, le magazine Égoïste devient « Selfish »…

Jour 5 — Nouvelle vague

par Josué Morel, Corentin Lê

Cannes, jour 5. Deux de nos rédacteurs discutent de Nouvelle vague de Richard Linklater, présenté en compétition. Avec une carte blanche consacrée à Miroirs no. 3 de Christian Petzold.    Avec : Corentin Lê et Josué Morel. Et Clémence Duhornay pour la carte blanche. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.

The Phoenician Scheme

par Josué Morel

The Phoenician Scheme sort l’artillerie lourde au bout de quelques secondes seulement. À bord d’un avion, Zsa-zsa Korda (Benicio del Toro), un riche industriel qui doit sa réussite à son don pour la magouille, semble sur ses gardes, comme s’il se préparait à l’imminence d’une catastrophe. La menace, instillée par la bande-son d’Alexandre Desplat (sa plus belle partition à ce…

Die, My Love

par Josué Morel

« Assez » : c’est le dernier mot prononcé dans Die, My Love, et il résume bien l’entreprise d’épuisement à laquelle s’est attelé le film. La fatigue du personnage de Grace (Jennifer Lawrence), dont le post-partum se confond avec la démence, n'a d'égal que celle du spectateur : le cinéma de Lynne Ramsay, ce n’est pas nouveau, veut approcher au plus près…

Nouvelle vague

par Josué Morel

Redoutable projet que celui de Linklater, qui revient sur la gestation d’À bout de souffle en même temps qu’il ambitionne de pasticher l’esthétique du Godard première manière – on y reviendra toutefois, ce n’est pas si net. Redoutable, car l’équation à multiples facteurs est en principe, mais aussi dans les faits, pratiquement insoluble : peut-on faire un film godardien sur…

L’Inconnu de la Grande Arche

par Josué Morel

Megalopolis, The Brutalist, et maintenant L’Inconnu de la Grande Arche, sa déclinaison française : en l’espace d’un an, trois films se seront inspirés, de près ou de loin, du Rebelle de King Vidor – Demoustier étant probablement celui qui s'inscrit le plus dans les pas de son modèle. Comment lire ce retour en force de la figure de l’architecte dressé…

Eddington

par Josué Morel

Dans la dernière partie de Beau is Afraid, une scène dessinait un devenir comique pour le cinéma d’Ari Aster grâce à la présence grotesque de Joaquin Phoenix, mais aussi à un certain sens de la durée et du timing : depuis le fond d’un plan nocturne, l'acteur s’avançait pas à pas vers la caméra, jusqu’à ce que l’on puisse enfin…

The Plague

par Josué Morel

The Plague est de ces films dont la forme entre en contradiction avec le propos : si le premier long de Charlie Polinger se veut l’exploration du rejet de la différence et prend le parti des « weirdos » contre celui des « bullies » (l’intrigue se passe dans un camp d’été de water-polo où de jeunes garçons sont victimes de harcèlement), sa mise…

Jour 2 — Mission : Impossible — The Final Reckoning

par Josué Morel, Corentin Lê

Cannes, jour 2. Deux de nos rédacteurs discutent de Mission : Impossible - The Final Reckoning de Christopher McQuarrie, présenté hors-compétition. Avec une carte blanche consacrée à Put Your Soul on Your Hand and Walk de Sepideh Farsi.    Avec : Corentin Lê et Josué Morel. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.

Dossier 137

par Josué Morel

À propos de L’Invraisemblable vérité, Jacques Rivette écrivait dans les Cahiers du cinéma être tout d’abord frappé par la logique « d’exposé des images », « comme si ce à quoi nous assistions était moins la mise en scène d’un scénario que la simple lecture de ce scénario, qui nous serait livré tel quel, sans ornement », avant de tempérer plus loin cette intuition et de suspecter…

Mission : Impossible — The Final Reckoning

par Josué Morel

Si Christopher McQuarrie n’a jamais été le plus prestigieux des cinéastes choisis par Tom Cruise pour codiriger Mission : Impossible, franchise dont il est à la fois l'acteur principal et le réel architecte, on devait peut-être à ce fidèle lieutenant le meilleur volet non réalisé par De Palma : Dead Reckoning, qui combinait scènes d’actions racées et spectralisation plus marquée que…

Jour 1 — Sound of Falling

par Josué Morel, Marin Gérard

Cannes, jour 1. Deux de nos rédacteurs discutent de Sound of Falling de Mascha Schilinski, présenté en compétition. Avec une carte blanche consacrée à L'Aventura de Sophie Letourneur.  Avec : Marin Gérard et Josué Morel. Et Pierre-Jean Delvolvé pour la carte blanche. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.

Sound of Falling

par Josué Morel

Premier film présenté en compétition et premier (petit) désaccord au sein de l’équipe de Critikat avec Sound of Falling de l’allemande Mascha Schilinski, qui s’inscrit, c’est selon, dans une tradition doloriste du festival de Cannes (les comparaisons à Haneke – à mon avis injustifiées – vont pleuvoir) ou dans celle d'un cinéma fragmentaire, entre le puzzle et le ruban d’images,…