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Josué Morel
Parasite n’est pas un mauvais film, loin de là, mais il déçoit un peu au regard de ce qu’il met en place – un jeu de stratifications sociales et spatiales dans une maison bourgeoise – et de ce qu’il peine à finalement atteindre – une épaisseur qui irait au-delà d’un quadrillage topographique joueur et bien tenu. Le film est à…
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Josué Morel
Parabellum, le troisième volet de John Wick, ressemble peu ou prou à John Wick 2, avec ses qualités, mais aussi et surtout ses limites, peut-être plus manifestes encore dans ce volet-ci. La franchise de Chad Stahelski, qui fut cascadeur et coordinateur de cascades avant de passer derrière la caméra, continue l’exploration d’un univers situé à mi-chemin entre le cartoon et…
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Josué Morel
Le travail d’un critique demande parfois de prendre un recul qu’une manifestation comme Cannes n’encourage guère. Prenez par exemple Once Upon a Time... in Hollywood, le nouveau film de Quentin Tarantino, haut la main le titre le plus attendu de cette édition. Avant la projection, le cinéaste faisait lire une lettre, un peu maladroite, qui nous invitait à ne pas…
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Josué Morel
Le plus beau plan de Frankie se trouve à la toute fin du film et il a quelque peu le défaut de surligner son ambition : face à la mer, un groupe d’amis contemple le soleil se coucher, tandis que ses reflets sur l’azur forment comme un ruban dorée que prolonge un sentier terreux que les personnages vont, un à…
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Josué Morel
« Tu n’as pas besoin de comprendre les paroles pour aimer la musique » : c’est ce que rétorque une vétérinaire à Amador, fermier qui vient de sortir de prison pour incendie volontaire, alors que retentit Suzanne de Leonard Cohen dans l’autoradio d’un pick-up. La réplique, qui précise de manière un peu appuyée l’objet du film, clôt toutefois moins la conversation qu’elle…
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Josué Morel
Dans le dernier tiers de Tenzo, une nonne explique à Chiken, le moine cuisinier et ami d’enfance de Tomita autour duquel le moyen-métrage est construit, que « l’interdépendance » constitue la notion centrale de la pensée bouddhiste. Il n’est dès lors pas si étonnant de voir Tomita, dont les précédents films exploraient des milieux autrement plus à la marge (le rap dans…
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Josué Morel
Très attendu pour son entrée en compétition, Corneliu Porumboiu déçoit pour tout dire un peu, même si le film suscite suffisamment de curiosité pour qu'on ne livre pas tout de suite un jugement définitif. La Gomera, à mi-chemin entre la comédie réflexive et le film policier, fait le récit d'un double apprentissage. Le premier concerne une langue sifflée, par laquelle…
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Josué Morel
Radegund est un village « situé au-dessus des nuages », détail qui a son importance dans l’économie du récit. D’abord parce que la Seconde Guerre Mondiale, qui vient troubler la belle harmonie du hameau, se voit dans un premier temps figurée par le simple son d’un avion transperçant le ciel, mais aussi et surtout parce que cette position intermédiaire entre deux…
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Josué Morel
Le Lac aux oies sauvages appartient à ce qui s’apparente désormais à un sous-genre festivalier, le polar chinois nocturne, dont Black Coal, déjà de Diao Yinan, constituerait une sorte de mètre-étalon. Ce nouveau film, qui raconte une chasse à l’homme sur fond de règlements de comptes et de trahisons, a le mérite de s’écarter de toute perspective sociologique ou métaphysique…
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Josué Morel
Les films de Jessica Hausner suivent, en dépit de leur cadres et inspirations très distincts, un même cap et plus encore un beau problème de cinéaste : comment filmer l'invisible et, dans le même temps, ne pas complètement le vider de son ambivalence ? Little Joe, première entrée en compétition pour la réalisatrice autrichienne, promettait beaucoup avec son récit lointainement…
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Josué Morel
L’enchaînement frénétique des projections dont Cannes est le théâtre donne parfois l’occasion au critique, entre deux scènes ou deux films, de se poser quelques questions de méthode. Par exemple, on s'interroge devant le nouveau film de Bertrand Bonello : à quel niveau l’écriture s’organise-t-elle ? Quelle serait l'unité métrique du film ? On serait tenté de poser l'hypothèse que Zombi…
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Josué Morel
Oleg est un travailleur détaché letton dont la vie précaire qu’il s’est trouvée en Belgique tourne rapidement au cauchemar : injustement licencié de son poste de boucher dans une usine, il se voit aidé par Andrzej, un jeune polonais faussement bienveillant qui, de fil en aiguille, va le réduire au rang d’esclave au sein d’une organisation maffieuse. Le récit, qui…
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Josué Morel
« Mais qu’est-il donc arrivée à la journée de huit heures ? » La question, sur laquelle se referme une séquence, constitue le « problème » du nouveau film de Ken Loach, toujours coscénarisé avec Paul Laverty. Problème plus que sujet, car l’intérêt du film tient précisément dans la manière dont il rend compte d’une reconfiguration du capitalisme – l’adoption d’un…
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Josué Morel
Intéressant cas que cette Grande fille (Beanpole, soit « la girafe »), qui investit, dans la lignée d’une tendance que l’on évoquait brièvement en ouverture de cette couverture, une esthétique héritée de la modernité. Stalingrad, 1945. Le film s’ouvre sur une pure suspension de la signification, via la stase mentale et physique dans laquelle plonge parfois Ilya, infirmière qui a gardé comme…
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Josué Morel
On s’étonne un peu, pour être mesuré, de l’enthousiasme critique suscité par Bacurau, troisième film de Kleber Mendonça Filho, qui confirme un net infléchissement formel de la part du réalisateur des Bruits de Recife, dont Aquarius, toutefois défendu à l’époque dans nos colonnes, avait déjà déçu certains (dont l’auteur de ces lignes). Le film s’ouvre pourtant sur une séduisante séquence…
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Josué Morel
Que peut-on attendre d’un critique, a fortiori au Festival de Cannes, où il se trouve en première ligne face aux films ? Idéalement, qu’il rende compte de ce que le film fait ou cherche à faire, en fondant son regard dans le regard du film lui-même, de sorte que sa subjectivité s’exprime naturellement dans les plis d’une tentative de restituer,…
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Josué Morel
Bull, premier film présenté dans la sélection Un Certain Regard, appartient à une famille bien particulière du cinéma d'auteur dont le modus operandi se révèle pour le moins paradoxal : celle de la chronique, ancrée dans un milieu bien précis (une petite communauté du Sud des États-Unis et plus particulièrement le circuit du rodéo), mais qui dans le même temps…
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Josué Morel
Il n’est pas si étonnant de voir Jim Jarmusch s’emparer de la figure du zombie, lui qui mettait déjà en scène dans Only Lovers Left Alive des morts-vivants aristocrates regardant de haut le reste de l’humanité, qualifiée avec dédain de "goules". Voilà que ces mêmes goules occupent le centre de The Dead Don’t Die, variation post-moderniste du cinéma de George…
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Josué Morel
Belle initiative que cette sortie en salles du tout premier film de Ryūsuke Hamaguchi, un an après la double découverte de Senses et de Asako I&II. Si le film a beau dater de 2008 et constitue à l’origine le projet de fin d’études d’Hamaguchi, il ressemble à une étrange contraction de ses deux derniers longs-métrages, en préfigurant Senses par la…
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Josué Morel
Qu’attendre de cette édition cannoise ? Dans l’entretien qu’il nous a accordés, Paolo Moretti pointe le rôle que peut jouer un festival de l’envergure de Cannes pour rendre compte des évolutions du cinéma et mettre en valeur « des écritures modernes ». Cannes apparaît en effet historiquement comme un berceau de la modernité cinématographique, son émergence au sortir de la guerre coïncidant avec…