par
Thomas Lequeu
Juste avant d’opérer l’œsophage de Salvador, un chirurgien lui demande si son prochain film sera plutôt une comédie ou un drame. Le réalisateur, allongé sur la table d’hôpital, répond « On ne le sait que… » avant de s’endormir sous l’effet de l’anesthésie. Comme ce secret de polichinelle en forme de devinette, tout le film repose sur l’ambiguïté d’une autobiographie qui se…
par
Josué Morel
L’enchaînement frénétique des projections dont Cannes est le théâtre donne parfois l’occasion au critique, entre deux scènes ou deux films, de se poser quelques questions de méthode. Par exemple, on s'interroge devant le nouveau film de Bertrand Bonello : à quel niveau l’écriture s’organise-t-elle ? Quelle serait l'unité métrique du film ? On serait tenté de poser l'hypothèse que Zombi…
par
Josué Morel
Oleg est un travailleur détaché letton dont la vie précaire qu’il s’est trouvée en Belgique tourne rapidement au cauchemar : injustement licencié de son poste de boucher dans une usine, il se voit aidé par Andrzej, un jeune polonais faussement bienveillant qui, de fil en aiguille, va le réduire au rang d’esclave au sein d’une organisation maffieuse. Le récit, qui…
par
Thomas Lequeu
Rocketman fait preuve d’une littéralité et d’un premier degré rarement observés dans de telles proportions. Quelques exemples : alors qu’il raconte son histoire intime au cours d’une réunion des alcooliques anonymes, Elton se met à nu, quittant progressivement ses oripeaux de star matérialisés par son costume de scène. Plus loin dans le film, au cours de la même séance, il…
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Josué Morel
« Mais qu’est-il donc arrivée à la journée de huit heures ? » La question, sur laquelle se referme une séquence, constitue le « problème » du nouveau film de Ken Loach, toujours coscénarisé avec Paul Laverty. Problème plus que sujet, car l’intérêt du film tient précisément dans la manière dont il rend compte d’une reconfiguration du capitalisme – l’adoption d’un…
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Olivia Cooper Hadjian
Si la figure du mort-vivant est cette année récurrente dans la sélection cannoise, Alain Cavalier la convoque dans le cadre d’un genre filmique qui n’appartient qu’à lui. Dans la continuité de ses Six Portraits XL d’un côté et d’Irène de l’autre, Être vivant et le savoir, présenté en séance spéciale, rend compte d’amitiés profondes et de la finitude. Au cœur…
par
Chloé Cavillier
À l'issue de la projection d'On va tout péter, où les ouvriers GM&S sont montés sur scène, une émotion s’est emparée du Théâtre Croisette face la réunion de deux mondes a priori séparés, ceux de l’usine à rêves et de l’usine automobile. Si l’apparition a eu autant d’effet, c’est aussi parce qu’elle prolongeait ce qu’il y a de plus réussi…
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Thomas Lequeu
En appliquant les codes de la comédie romantique à la relation fusionnelle qui lie Sophia et son frère Karim, La Femme de mon frère suggère, dans ses scènes les plus intéressantes, une joyeuse dimension incestueuse que le film n’ose toutefois jamais prendre réellement en charge. À la place, Monia Chokri récite besogneusement la leçon apprise chez Xavier Dolan, dont les…
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Thomas Lequeu
Retour des zombies sur la Croisette, même si les morts-vivants de Mati Diop se révèlent toutefois nettement plus flegmatiques que ceux de Jarmusch. Tout commence ici comme une histoire d’amour impossible entre Souleiman et Ada, promise contre son gré à un autre. Le film creuse sa veine sociale en esquissant le portrait quasi-documentaire d’une jeunesse sénégalaise à travers ces deux…
par
Josué Morel
Intéressant cas que cette Grande fille (Beanpole, soit « la girafe »), qui investit, dans la lignée d’une tendance que l’on évoquait brièvement en ouverture de cette couverture, une esthétique héritée de la modernité. Stalingrad, 1945. Le film s’ouvre sur une pure suspension de la signification, via la stase mentale et physique dans laquelle plonge parfois Ilya, infirmière qui a gardé comme…
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Josué Morel
On s’étonne un peu, pour être mesuré, de l’enthousiasme critique suscité par Bacurau, troisième film de Kleber Mendonça Filho, qui confirme un net infléchissement formel de la part du réalisateur des Bruits de Recife, dont Aquarius, toutefois défendu à l’époque dans nos colonnes, avait déjà déçu certains (dont l’auteur de ces lignes). Le film s’ouvre pourtant sur une séduisante séquence…
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Thomas Lequeu
Alors que Salomé quitte sa colocation pour l’été afin de surveiller la déchetterie du village isolé où elle a grandi, la caméra d’Alain Raoust filme cette campagne désertée et écrasée par le soleil comme un paysage de western. La cabane et le camion, où la jeune femme prend ses quartiers, portent les marques de son mystérieux prédécesseur et définissent un…
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Josué Morel
Que peut-on attendre d’un critique, a fortiori au Festival de Cannes, où il se trouve en première ligne face aux films ? Idéalement, qu’il rende compte de ce que le film fait ou cherche à faire, en fondant son regard dans le regard du film lui-même, de sorte que sa subjectivité s’exprime naturellement dans les plis d’une tentative de restituer,…
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Josué Morel
Bull, premier film présenté dans la sélection Un Certain Regard, appartient à une famille bien particulière du cinéma d'auteur dont le modus operandi se révèle pour le moins paradoxal : celle de la chronique, ancrée dans un milieu bien précis (une petite communauté du Sud des États-Unis et plus particulièrement le circuit du rodéo), mais qui dans le même temps…
par
Thomas Lequeu
Après les zombies de Jarmusch, l’autre film post-moderne du festival, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, souffre des mêmes maux et ne rattrape pas la déception suscitée par son cousin américain. Dupieux s'attelle lui aussi à une opération de recyclage, qui constitue le point de départ de l’intrigue : Georges rachète un vieux blouson en daim qui dort au fond…
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Josué Morel
Il n’est pas si étonnant de voir Jim Jarmusch s’emparer de la figure du zombie, lui qui mettait déjà en scène dans Only Lovers Left Alive des morts-vivants aristocrates regardant de haut le reste de l’humanité, qualifiée avec dédain de "goules". Voilà que ces mêmes goules occupent le centre de The Dead Don’t Die, variation post-moderniste du cinéma de George…
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Josué Morel
Qu’attendre de cette édition cannoise ? Dans l’entretien qu’il nous a accordés, Paolo Moretti pointe le rôle que peut jouer un festival de l’envergure de Cannes pour rendre compte des évolutions du cinéma et mettre en valeur « des écritures modernes ». Cannes apparaît en effet historiquement comme un berceau de la modernité cinématographique, son émergence au sortir de la guerre coïncidant avec…
par
Josué Morel, Chloé Cavillier
Avant d'être nommé en mars 2018 à la tête de la Quinzaine des réalisateurs, Paolo Moretti a collaboré à la programmation de nombreux festivals et institutions tels que le Centre Pompidou, la Mostra de Venise ou encore le Festival international du film de La Roche-sur-Yon. À deux semaines du Festival de Cannes, nous l’interrogeons sur sa conception de la Quinzaine,…