Critikat

Bonjour la langue

par Robin Vaz

Dans la lignée des derniers films de Paul Vecchiali, Bonjour la langue adopte une forme en apparence très simple, presque bricolée, qui se voile progressivement d’une complexité et d’une épaisseur émotionnelle que sa facture ne laissait pas présager. Improvisé en une journée (quelques semaines avant le décès du cinéaste), le film se compose de trois longues séquences dialoguées mettant en…

Un soupçon d’amour

par Fabrice Fuentes

La fin d’Un soupçon d’amour est un recommencement. Elle invite aussitôt à revoir le film de Paul Vecchiali à l’aune d’une révélation douloureuse levant le voile d’étrangetés qui, à certains endroits, recouvrait le récit. Un corps que l’on croyait présent était donc en réalité absent. Tout le monde (mari, amies, collègues, quidams) jouait à faire semblant et, par précaution ou…

Train de vies / Les 7 Déserteurs

par Florian Guignandon

On reste admiratif face au parcours de Paul Vecchiali qui, à 87 ans, continue chaque année de sortir un ou plusieurs longs métrages. Non pas admiratif en raison de son âge, mais parce qu’au long d’une carrière déjà bien remplie, le réalisateur de Femmes Femmes continue de réinventer son cinéma d’un point de vue narratif et formel, ainsi qu’en termes…

Le Cancre

par François Giraud

Huit mois après la sortie de C’est l’amour, l’infatigable Paul Vecchiali, 86 ans, revient avec Le Cancre, un film qui met à l’honneur les femmes et les actrices, scrute la vieillesse et la mort et noue ses enjeux dramatiques autour de la relation entre un père et son fils. Le film ne se complait pas dans une gravité mortifère, et,…

C’est l’amour

par Axel Scoffier

Un couple se déchire, un autre se retrouve – avant de se séparer, vaincu par les élans amoureux d’une inconnue déboussolée. La trame narrative du nouveau Vecchiali, d’une grande simplicité, sans enjeu dramatique fort, est prétexte à une mise en scène lyrique outrée, dissonante et réjouissante. L’atypique auteur de Femmes femmes et de Corps à cœur, de retour sur la…

Le Café des Jules

par Clément Graminiès

Sorti en 1988, Le Café des Jules clôt une prolifique décennie au cours de laquelle Paul Vecchiali réalisa pas moins six longs-métrages (auxquels s’ajoutent quelques courts et sa participation au film collectif L’Archipel des amours), avant de connaître une petite traversée du désert qui durera jusqu’en 1994. Il marque également un changement dans la carrière du réalisateur, lui qui s’était…

En haut des marches

par Ariane Beauvillard

Alors qu'elle a quitté Toulon vingt ans auparavant, Françoise Canavaggia revient sur les traces de son amour perdu : un mari, lâchement abattu au tournant d'une nationale alors que les souvent injustes heures de l'épuration avaient sonné. De la temporalité du souvenir à celle de l'action, de l'espace de la reconstitution à celui de la vengeance, Françoise parcoure la ville…

Rosa la Rose, fille publique

par Louis Barroy

« Imaginé et raconté par Paul Vecchiali », clame en lettres rouges – depuis toujours couleur du mélodrame, parce qu’incarnation de l’hyperbole comme du déterminisme – un générique errant parmi les plans photographiques d’une capitale sans âge et devenue toute bleue – couleur des fantasmes du muet, de Griffith à Michael Mann. Imaginée et racontée, donc, cette histoire de Rosa,…

Once More (Encore)

par Clément Graminiès

Sorti en 1988, soit à peu près en même temps que Le Café des Jules, Once More (Encore) pourrait en quelques sortes être le pendant masculin de Corps à cœur sorti neuf ans plus tôt. Soit Louis, un quadragénaire en pleine crise conjugale avec sa femme, qui prend conscience de n’avoir jamais pleinement vécu ses désirs le jour où il…

4 livres-DVD de Paul Vecchiali

par Pierre Eugène

Quatre livres-DVD réunissant huit films (quatre longs et quatre courts) de Paul Vecchiali viennent compléter la seconde rétrospective du cinéaste sur les écrans parisiens (qui débute en juillet), agrandissant les possibilités de fréquentation de sa pléthorique et hétérogène production. Les Roses de la vie (CM, 1962), Le Récit de Rebecca (CM, 1964), Les Ruses du diable (1966), Change pas de…

Change pas de main

par Louis Barroy

Change pas de main apparaît aujourd’hui comme le symptôme mineur et attachant de la tension qui semble animer tout l’œuvre de Vecchiali : tout contre une nostalgie infinie du cinéma populaire des années 1930 (celles qui animèrent le visage de Darrieux, ultime référent), une recherche quasiment expérimentale de tous les instants insufflant, jusqu’à Nuits blanches sur la jetée, une sensation de…

Corps à cœur

par Clément Graminiès

Auteur populaire très injustement ignoré du grand public, Paul Vecchiali continue pourtant de faire des films avec les modestes moyens qui lui sont désormais octroyés. En témoignent les sorties d'À vot'bon coeur (2004) ou du récent Nuits blanches sur la jetée, preuves intangibles que l'admirable énergie de Vecchiali tient d'un désir viscéral de retrouver ses acteurs et de faire des…

Nuits blanches sur la jetée

par Louis Barroy

Rencontrer le cinéma en feignant le dispositif théâtral, l’atteindre autant que le laisser venir à soi par l’abondance même des mots, c’est peut-être là l’éternel projet de Vecchiali : étirer le langage d’un bout à l’autre du champ, avec au centre des acteurs et, immédiatement derrière eux, des événements qui surgissent dans l’hétérogénéité souveraine de la forme. Cette hétérogénéité est ici…

L’Archipel des amours

par Pierre Eugène

En 1983 sortent ces neuf «nouvelles cinématographiques», réalisées dans la bien nommée maison de production Diagonale, sous l'égide de Paul Vecchiali. Conçus au montage comme neuf îlots séparés, entrecoupés de plans aériens de récifs ensoleillés et anonymes, les neuf courts-métrages de l'Archipel des amours composent autant un tableau de famille (famille moderne, c'est-à-dire recomposée au gré du désir, donc disparate)…

L’Étrangleur

par Clément Graminiès

Bien moins connu que son chef d'œuvre, Femmes, femmes, L'Étrangleur, le second long-métrage de Paul Vecchiali à avoir été exploité en salles après Les Ruses du diable, bénéficie à son tour d'une sortie DVD. Et on ne peut que louer le travail de l'éditeur, La Vie Est Belle, d'avoir fait ce choix : mélancolique et poétique, ce film est une…

L’Encinéclopédie — Cinéastes “français” des années 30 et leur œuvre

par Florian Guignandon

Voici un livre qui fera date ! L’Encinéclopédie, du cinéaste Paul Vecchiali, est un dictionnaire en deux tomes publié par Les Éditions de l’Œil, s’attachant aux cinéastes français des années 1930, les suivant film par film au-delà de cette époque, tout au long de leur carrière. Entreprise unique et gigantesque, cet ouvrage passionne, intrigue, crée le débat, tout en se…

Paul Vecchiali

par Arnaud Hallet

Le 19 mars dernier, Femmes, femmes était projeté au Reflet Médicis en copie 35mm – chose rare et savoureuse – avec la présence de Hélène Surgère et Noël Simsolo pour un débat. Plusieurs personnes semblaient découvrir le film, malgré la présence de quelques fervents admirateurs du film. Aussi, l’impression était étrange, lorsque par exemple sonne le happy-end chanté, euphorique et…

Femmes, femmes

par Arnaud Hallet

« Oui, croyez-moi, pour vivre dans la vérité, jouez la comédie… » Albert Camus La citation ouvre le film. Et plus qu’un programme (annonçant véritablement les enjeux du film, elle est son cœur, son moteur), elle est un manifeste de la quête de l’incertitude. C’est l’éditeur DVD La Vie Est Belle qui nous offre un merveilleux cadeau : la sortie…