par
Juliette Goffart
Dans les trois films que George Cukor consacre au monde du music-hall (Une étoile est née, Les Girls et Le Milliardaire), la vérité se dissimule au creux du mensonge et de l'artifice. Le point de départ de ce troisième volet a ainsi la complexité d'une poupée gigogne : le milliardaire Jean-Marc Clément (Yves Montand) accepte de se caricaturer lui-même dans…
par
Clément Graminiès
Réalisé lors du petit passage à vide que connut Cukor dans l'immédiat après-guerre, Othello permit néanmoins à l'acteur de théâtre Ronald Colman de remporter l'Oscar du meilleur acteur en 1948. C'eût été la moindre des choses lorsqu'on sait combien cette libre variation shakespearienne ramenée à la dualité du comédien se présente comme une parabole troublante sur les zones d'ombre qu'amènent…
par
Mikaël Buch
Un drame profondément masculin se cache derrière certains des films les plus féminins de George Cukor: le drame d’un homme dépassé par sa création. En tentant de modeler une femme pour l’accorder à son fantasme, un homme finit accidentellement par accorder à celle-ci une puissance nouvelle qui lui permettra de s’affranchir de son pygmalion. Ainsi l’œuvre cukorienne est truffée de…
par
Clément Graminiès
Dernier film d'une longue et prolifique filmographie qui s'étendit des années 1930 aux début des années 1980, Riches et célèbres, caché derrière son scénario un peu trop roublard et son esthétique papier-glacé, n'est pas si anecdotique qu'il y paraît. Parfois cruel, souvent ironique, le film rappelle qu'à plus de quatre-vingts ans, George Cukor n'avait pas perdu la main pour les…
par
Ophélie Wiel, Marie Bigorie, Ariane Beauvillard
George Cukor a connu le muet avant le parlant. Peut-être tirera-t-il de cette expérience, doublée d'un premier parcours artistique au théâtre, l'importance de la direction d'acteurs. Ce qui ne signifie pas que Cukor soit un réalisateur de stars. Il a cependant eu la volonté, tout au long de sa carrière, de Tarnished Lady en 1931 à Riches et célèbres en…
par
Ariane Beauvillard
Cinéaste des femmes s'il en est, George Cukor réalise pour Indiscrétions le fantasme de tout un chacun : faire une comédie parfaite réunissant les deux monstres du genre, Cary Grant et James Stewart, autour de la déesse Hepburn, tout en conservant les grands thèmes d'une screwball comedy bien plus sophistiquée que d'habitude. Indiscrétions est également l'un des films les plus fins,…
par
Clément Graminiès
Les Éditions Montparnasse poursuivent leur travail d'exhumation de classiques injustement oubliés, notamment grâce à leur collection RKO. Parmi les derniers titres édités, What Price Hollywood? (1932), l'un des premiers films de George Cukor où il fait déjà preuve d'une cruelle ironie pour dépeindre les ravages de l'industrie du rêve. Au moment de la sortie de What Price Hollywood ? en…
par
Clément Graminiès
Réalisé juste après le célèbre Indiscrétions, A Woman's Face, souvent proposé sous sa traduction française Il était une fois, fait partie de ces films mineurs, presque oubliés, que l'on redécouvre avec un étonnement certain. D'une belle élégance classique, le film est une célébration du glamour hollywoodien et n'hésite pas un instant à ériger la beauté des actrices comme argument de…
par
Ophélie Wiel
Comme nombre de films de l'époque, Holiday (parfois intitulé Vacances en français) s'inspire d'une pièce à succès de Broadway, qui fut jouée 229 fois en 1928 et fut l'objet d'une première adaptation cinématographique en 1930. George Cukor était déjà familier du genre, puisqu'il avait tourné en 1932 l'adaptation d'Une heure près de toi, puis en 1933 celle des Invités de…
par
Ophélie Wiel
Qui se ressemble s'assemble: le leitmotiv de l'univers cukorien dont nous nous sommes déjà fait l'écho dans ces colonnes forme le principal intérêt de ce film au demeurant très mineur, qui devait initialement surfer sur le succès du contre-emploi comique de Garbo dans Ninotchka (1940). Ce qui fonctionnait chez Lubitsch se révèle hélas désastreux pour Cukor: la Divine, ridiculisée dans un…
par
Clément Graminiès
Bien plus douloureux et mélancolique que la version originale réalisée par William A. Wellman en 1937, Une étoile est née selon George Cukor allie avec un certain brio sophistication de la mise en scène et critique désenchantée du star-system hollywoodien. Presque de tous les plans, Judy Garland explose dans tous les registres et compose avec James Mason, son partenaire, un…
par
Ophélie Wiel
On ne change pas une équipe qui gagne... tout. Et surtout pas quand cette équipe réunit l'élite d'Hollywood : en vrac, l'indéboulonnable Cedric Gibbons de la MGM à la direction artistique, le génial William H. Daniels à la photo, le prolifique David Raksin à l'accompagnement musical et le couple à la ville comme au scénario Gordon/Kanin (à qui l'on doit…
par
Ophélie Wiel
Êtes-vous plutôt "Taratata" ou "Fiddle-dee-dee" ? Plutôt Ashley Wilkes ou Rhett Butler ? Tara ou Les Douze Chênes ? Si ces termes vous parlent, c'est que vous aussi avez succombé au récit de l'amour tumultueux et inachevé entre l'ensorcelante (mais pimbêche) Scarlett O'Hara et le fascinant (mais cynique) Rhett Butler, sur fond de guerre fratricide entre Yankees et Confédérés. Vous…
par
Clément Graminiès
Surtout connu pour ses « musicals » et ses comédies de remariage, George Cukor savait pourtant s'illustrer avec brio dans les autres genres du cinéma hollywoodien. Hantise, drame psychologique ambigu et paranoïaque, est l'une des plus belles preuves de cet éclectisme. Servi par une Ingrid Bergman toute en nuance et récompensée par un oscar, Hantise est un film à redécouvrir…