Critikat

La Huitième Femme de Barbe-Bleue

par Ophélie Wiel

Ernst Lubitsch est le chouchou des spécialistes du cinéma. À l'instar de l'œuvre d'Alfred Hitchcock, autre détenteur d'une fameuse "touch", celle du génie de la comédie américaine a engendré pléthore d'ouvrages, acharnés à découvrir les secrets de son humour léger et pétillant. Si To Be or Not To Be (Jeux dangereux en VF), Haute pègre et The Shop Around the…

Bajirao Mastani

par Ophélie Wiel

Au début du film, un long avertissement explique que les personnages comme l’histoire de Bajirao Mastani, bien qu’inspirés de « faits réels », restent fictifs. Rien de plus banal, et pourtant, l’annonce est devenue un passage obligé pour Sanjay Leela Bhansali depuis que ses productions, de plus en plus extravagantes, s’inspirent d’une Histoire indienne sujette à de faciles controverses. (...)

Le Sauvage

par Ophélie Wiel

La screwball comedy, genre typiquement américain sur le thème du "je te déteste pendant une heure trente pour mieux t'aimer dans les dix dernières minutes", n'a eu que rarement de succès dans ses versions françaises... sauf chez Jean-Paul Rappeneau première période, adepte des comédies romantiques sur fond historique (Les Mariés de l'An II, La Vie de château). Le Sauvage est…

Le Lieutenant souriant

par Ophélie Wiel

Considéré comme perdu pendant des décennies avant sa redécouverte dans les années 1990, méconnu donc des fans les plus jeunes de Lubitsch, Le Lieutenant souriant fut dès sa sortie en 1931 l'un des grands succès (publics et critiques) du cinéaste. Troisième et dernier opus de sa série de comédies musicales entamée avec les débuts du cinéma parlant (et comprenant également Parade d'amour…

Bajirao Mastani

par Ophélie Wiel

Au début du film, un long avertissement explique que les personnages comme l'histoire de Bajirao Mastani, bien qu'inspirés de "faits réels", restent fictifs. Rien de plus banal, et pourtant, l'annonce est devenue un passage obligé pour Sanjay Leela Bhansali depuis que ses productions, de plus en plus extravagantes, s'inspirent d'une Histoire indienne sujette à de faciles controverses. Témoin le tournage de…

Sérénade à trois

par Ophélie Wiel

Quand Lubitsch réalise Sérénade à trois, le terrible code de censure Hays ne s'est pas encore abattu sur la production hollywoodienne. Pour évoquer cette très courte période (1928-1934) où l'on produit des films parlants dans lesquels une profonde pudibonderie n'a pas encore droit de cité, on parle d'ailleurs aujourd'hui des "pre-Code films". Le cinéaste allemand, exilé depuis presque une décennie à Hollywood, peut…

Le Ciel peut attendre

par Ophélie Wiel

Lubitsch a cinquante-et-un ans quand il réalise Le Ciel peut attendre. Pas si vieux, encore, et pourtant... Il ne lui restera plus que le temps de réaliser deux films, dont l'un achevé par un autre, avant de s'éteindre, quatre ans plus tard. Au sommet de sa gloire ? Sans doute, car les chefs d'œuvre, La Huitième Femme de Barbe-Bleue, Ninotchka,…

Diamants sur canapé

par Ophélie Wiel

"Moon River/ Wider than a mile/ I'm crossing you in style/ Someday..." De Frank Sinatra à REM, quel musicien n'a jamais entonné la chanson qu'Henry Mancini composa spécialement pour le film de son ami Blake Edwards ? N'oublions pas pourtant que ce fut la voix délicate d'Audrey Hepburn et ses longs doigts maigres grattant la guitare, qui firent de "Moon…

Ariane

par Ophélie Wiel

Intercalé entre Sept ans de réflexion et Certains l'aiment chaud, les deux plus célèbres films de Billy Wilder - pour cause de sa comédienne star, Marilyn –, Ariane (Love in the Afternoon dans son très rohmérien titre original) est parfois injustement oublié par les critiques: injustement, car Ariane, loin d'un film mineur, est sans doute l'une des productions les plus…

Les bourreaux meurent aussi

par Ophélie Wiel

L'assassinat en juin 1942 par des résistants tchèques de Reinhard Heydrich, bourreau de la Tchécoslovaquie et l'un des plus fidèles serviteurs du régime nazi, est rarement relaté par les manuels d'histoire, déjà bien occupés à retenir les terribles faits de cette époque noire de l'humanité. En 1943, elle marque pourtant l'esprit de deux grands génies du cinéma allemand exilés aux…

Cette sacrée vérité

par Ophélie Wiel

Cette sacrée vérité est aujourd'hui considérée comme la quintessence d'un genre proprement américain, la comédie du remariage, dont l'âge d'or est établi entre les années 1930 et 1940, et dont les maîtres ont pour nom Frank Capra, George Cukor, Ernst Lubitsch ou Leo McCarey. Si l'on peut lui préférer d'autres chefs-d'œuvre (tels qu'Indiscrétions ou La Dame du vendredi), plus riches…

Les Désaxés

par Ophélie Wiel

C’est un cliché vérifié pour toute forme d’art, et d’autant plus pour le cinéma, dont le rapport au monde est si fort : les œuvres les plus vraies, les plus puissantes émotionnellement sont celles qui viennent directement des tripes de l’artiste, celles pour lesquelles il donne son âme quitte à la dévoiler publiquement. Le scénariste des Désaxés, le dramaturge Arthur…

L’Emmerdeur

par Ophélie Wiel

Doit-on réhabiliter Édouard Molinaro, estampillé aimable "faiseur" du cinéma populaire français, régulièrement adoubé par les programmateurs du petit écran, mais rarement par les critiques ? Habitué des grands succès commerciaux - 5,4 millions d'entrées pour La Cage aux folles en France et 8 millions aux États-Unis (!), Molinaro se spécialise dès les débuts de sa carrière dans la comédie burlesque…

Pas de printemps pour Marnie

par Ophélie Wiel

On a vu parfois dans Pas de printemps pour Marnie le premier des quelques films mineurs qui devaient achever la carrière du génial Hitchcock. En fait, Marnie est plutôt le chant du cygne de cette même carrière, précédant des œuvres effectivement oubliables (Le Rideau déchiré, Topaze, Complot de famille) si l'on excepte l'étrange et fascinant Frenzy. Le cinéaste anglais en fait presque…

Impitoyable

par Ophélie Wiel

Le cinéma américain n'est pas avare de dates clés, après lesquelles un genre bien établi n'est plus jamais tout à fait pareil. Pour le western, il y a 1992 et Impitoyable, comme trente ans plus tôt, il y eut John Ford et L'Homme qui tua Liberty Valance. La comparaison n'est pas fortuite : Clint Eastwood connaît son maître mieux que tout autre.…

Épouses et concubines

par Ophélie Wiel

Lion d'argent à la Mostra de Venise en 1991, encensé au moment de sa sortie, grand succès public, Épouses et concubines demeure surtout, vingt-cinq ans après sa sortie, le film qui symbolisa, pour la critique occidentale, le renouveau du cinéma chinois. La Chine ne l'entendit d'ailleurs pas tout à fait de la même oreille, puisque l'œuvre de Zhang Yimou y fut…

L’Homme aux cent visages

par Ophélie Wiel

Gerardo Latini, acteur raté, s'est rendu célèbre pour ses escroqueries de haut vol. À présent rangé, marié, il prend plaisir à raconter ses rocambolesques aventures à un homme qui a tenté de le plumer... Régler des diamants à l'aide de pâtisseries, échapper à une note de restaurant en menaçant de procès pour empoisonnement, organiser un faux mariage dans une fausse église…

Les Lauriers-Roses rouges

par Ophélie Wiel

On connaît peu le cinéma du Bangladesh, petit pays écrasé par son imposant voisin, l'Inde - avec qui il entretient des rapports historiques très forts depuis son indépendance en 1971 et l'afflux de réfugiés bangladeshis dans l'État indien du Bengale (les deux régions partagent en effet une langue et une culture communes). Plus souvent dans l'actualité pour sa pauvreté endémique…

A Serious Game

par Ophélie Wiel

Lydia est jeune et belle, Arvid est jeune et beau. Tous deux vivent une histoire d'amour contrariée par le manque d'argent dans la Suède du début du XXe siècle. Aux commandes de ce film qu'on imagine déjà passionnément romantique, on trouve Pernilla August, d'abord remarquée comme actrice chez Bergman (Fanny et Alexandre). Une tendre histoire à l'ancienne et du beau…

Misère et noblesse

par Ophélie Wiel

On trépigne d'avance à la lecture du pitch de cette comédie italienne méconnue, pourtant présentée comme un classique : dans l'Italie d'après-guerre, deux familles affamées et sans le sou décident, pour servir les desseins matrimoniaux d'un jeune comte, de se faire passer pour des aristocrates le temps d'un dîner. Si le nom du réalisateur, passé dans l'oubli malgré une imposante filmographie…