Il y a un an, le 2 mars 2010, Jafar Panahi, cinéaste phare de la nou­velle vague irani­enne, était arrêté à son domi­cile par les forces de sécu­rité. Sa con­damna­tion (et celle de Moham­mad Rasoulof, réal­isa­teur égale­ment) lourde et ter­ri­fi­ante de six ans de prison et inter­dic­tion de tourn­er des films pen­dant vingt ans, est sur­v­enue le 20 décem­bre dernier, alors que Stéphane Bergouh­nioux et Jean-Marie Nizan tour­naient à Téhéran un doc­u­men­taire sur le ciné­ma iranien con­tem­po­rain.

Que con­nais­sons-nous de l’Iran ? De son ciné­ma et de son pub­lic ? Ce film, inti­t­ulé Le Ciné­ma iranien, la dernière vague, dif­fusé le 18 mars sur Canal+ Ciné­ma pro­pose un état des lieux cap­ti­vant de la vie des films en Iran. Mal­gré son titre ambigu, il offre un éclairage sur une sit­u­a­tion pour­tant som­bre, bat­tant en brèche le pes­simisme ambiant. Les réal­isa­teurs ont fait le choix du par­ti-pris basique mais hon­nête de ren­dre compte de leur pro­pre con­fu­sion. Une caméra mobile, désori­en­tée, regarde avec éton­nement le Téhéran diurne et grouil­lant. Cinéphiles, exploitants de salles, réal­isa­teur pro-régime, réal­isa­teurs ou actrice exilée, la parole cir­cule et lève le voile sur un pays extrême­ment para­dox­al. Vous appren­drez notam­ment que pro­por­tion­nelle­ment, l’Iran est le pays au monde qui compte le plus de réal­isatri­ces. Vous remar­querez aus­si que le suc­cès de Jafar Panahi enorgueil­lit les autorités, celles-là mêmes qui lui ôtent sa lib­erté de cinéaste…

Nou­velle ou dernière vague, l’heure n’est pas encore au bilan : Jafar Panahi est atten­du à la Quin­zaine des réal­isa­teurs à Cannes cette année où lui sera remis le Car­rosse d’Or pour l’ensemble de sa car­rière que l’on veut encore longue !