Vénus noire
par Mathieu Macheret
par Mathieu Macheret
par Mathieu Macheret
Non. Que la longue fresque de Mario Martone aborde le Risorgimiento sous l'angle opposé à la grande communion nationale – redoutée – ne suffit pas à la rendre intéressante, ni même "regardable". Le renversement du mythe national, passé au crible du scepticisme et d'un partage des torts nuancé, ne sauve aucunement le film de son indécrottable indigence. L'unification de l'Italie…
par Arnaud Hée
Le dossier de presse soigné que nous avons eu en main dès hier laissait penser que le pubis féminin serait définitivement le roi de cette 67e Mostra. Enrubanné chez Aleksei Fedortchenko, enfariné par Antony Cordier, scruté par Vincent Gallo (qui va jusqu'à composer, modeste comme l'est le démiurge, son Origine du monde), tout portait à croire qu'Attenberg ferait émerger une…
par Mathieu Macheret
En un autre temps et un autre lieu, le générique d’un film de Vincent Gallo aurait suffi à lui décerner le titre d’auteur. Aujourd’hui, quand son nom apparaît à répétition à l’écran, face à presque tous les postes-clés de son dernier film, la salle ricane à n’en plus finir. Il faudrait lui rappeler, à cette salle, que Vincent Gallo ne…
par Arnaud Hée
Les surprises, y a les bonnes et les mauvaises. En amont de cette projection matinale, il était amusant de tirer des plans sur la comète. Quel sera LE film dont on n'avait aucune idée ; Camping 3, le dernier Malick (qui va finir par se retrouver à Deauville…) ou LA pépite d'un cinéma «émergent» ? Le brouillage des pistes a…
par Mathieu Macheret
Difficile de ne pas établir de comparaison entre le dernier Tsui Hark et la co-réalisation de John Woo et Su Chao-pin, présentée vendredi dernier hors compétition. Difficile de ne pas voir que le premier réussit partout où le second s'était planté. L’inventivité bouillonnante de Tsui Hark, alliée aux chorégraphies géniales du grand Sammo Hung, perturbent le wu xia pian par…
Essential Killing est un film sadique. La souffrance ne mène ici ni à la rédemption ni à une quelconque libération : elle existe en tant que telle ; elle est une déformation de l’humanité. L’objet de cette souffrance est Mohammed, rebelle afghan qui, par hasard ou par résistance politique -on ne le saura jamais- tue en début de film trois…
par Arnaud Hée
On a déjà dit que la Russie (cf Silent Souls d’Alekseï Fedortchenko, projeté vendredi) ce n’était pas de la rigolade. Et bien le Chili, pour d’autres raisons, non plus. C’était le menu au petit-déjeuner du jour. De fait, chaque film chilien distribué à l’étranger évoque, au moins en filigrane, la dictature de la junte militaire dirigée par Pinochet. C’était déjà…
par Mathieu Macheret
Peut-on apprécier un film dont on n'a pas saisi la moitié des dialogues ? La réponse est, bien évidemment, oui. Avouons qu'aujourd'hui, dans la salle Darsena – la salle de presse – on avait du mal à suivre l'accent américain, à couper au couteau, des acteurs de Meek's Cutoff, troisième long-métrage de Kelly Reichardt, après Old Joy et Wendy &…
François Ozon n’est décidément jamais où on l’attend. Après quelques voyages plus ou moins ridicules au pays de la comédie de mœurs (Le Refuge) et du fantastique (Ricky), il revient à ses anciennes amours : les années Giscard. Reprenant les teintes passées et les artifices orangés de Gouttes d’eau sur pierre brûlante, le cinéaste s’éloigne de Fassbinder pour faire sien…
par Arnaud Hée
En guise d’antipasti, il s’agissait d’avaler ce matin, à 8h30 pétantes, cette comédie italienne dont certains détails hideux de l’affiche avaient éveillé soupçons, méfiance et curiosité un poil moqueuse, pour ne pas dire plus. Alors ? Alors une profonde empathie pour débuter, l’impression d’un réel partage du rédacteur avec le réveil difficile du personnage principal. Pour le reste, Silvio Orlando…
par Mathieu Macheret
Sofia Coppola n’aime plus MTV, elle lorgne désormais les plans fixes d’un Jarmusch en mal d’écriture. Au diable les robes à longue traîne et les macarons pralinés ; au diable les parties de campagne anachroniques. Nous voici plongés dans le quotidien d’une pauvre star hollywoodienne qui dépérit dans sa suite d’hôtel : dur dur le triste spectacle des admiratrices et…
par Arnaud Hée
Pour ceux qui avaient placé, après son premier long-métrage, quelque espoir en Anthony Cordier, Happy Few pourrait faire l’effet d’une douche froide. Et même, après avoir vu son second, se sentiront-ils peut-être, comme les quatre protagonistes lors d’une scène assez grotesque, roulés dans la farine. Avec un ton naturaliste et une mise en scène se voulant alerte, dans le mouvement…
par Arnaud Hée
La Russie, on le sait bien, c’est pas fait pour rigoler ; un vieil homme, deux oiseaux, une forêt éventrée par une route forestière détrempée, le décor est vite planté. Pourtant, au début, Silent Souls semble pouvoir se tenir sur une brèche où affleurerait un burlesque contenu, disons kaurismakien. Mais la piste s’épuise vite pour laisser place aux tourments de…
par Mathieu Macheret
Non, vraiment, le dernier Tran Anh Hung, c'est du beau boulot. Adapté d'un roman du célèbre auteur japonais Haruki Murakami, Norwegian Wood aligne pendant plus de deux heures des images hyper léchées, somptueusement tournées et servies dans un rythme aux petits oignons. Tout le monde s'est bien défoncé : le chef-opérateur, le décorateur, les costumiers, le monteur, les maquilleurs, l'ingénieur-son.…