Mal­gré une pho­to et une direc­tion artis­tique ruti­lantes, The Tragedy of Mac­beth, le pre­mier film de Joel Coen sans son frère Ethan[1] n’a guère mar­qué les esprits. Dénué de toute pré­ten­tion artis­tique, celui d’Ethan sans Joel a cepen­dant toutes les chances de pass­er directe­ment aux oubli­ettes. Remake saphique de Thel­ma et Louise, Dri­ve-Away Dolls est le fruit de l’imagination de Tri­cia Cooke, l’épouse du réal­isa­teur, qui a écrit la pre­mière mou­ture du scé­nario il y a plus de 20 ans. Situé en 1999, ce road movie déjan­té (ou qui du moins s’envisage comme tel) réu­nit deux copines, Jamie (Mar­garet Qual­ley) et Mar­i­an (Geral­dine Viswanathan), qui trans­portent à leur insu une mal­lette très con­voitée, plan­quée à bord de leur véhicule de loca­tion. Cette tra­ver­sée de l’Amérique au tour­nant du mil­lé­naire vire à l’odyssée sex­uelle et sen­ti­men­tale pour les deux com­pars­es, traquées par des mal­frats bien décidés à récupér­er leur dû, à savoir une col­lec­tion de godemichés moulés sur les pénis de politi­ciens en vue.

Sans queue ni tête (Pedro Pas­cal est d’ailleurs décapité dès les pre­mières min­utes), Dri­ve-Away Dolls croule sous les références, voire l’autoréférence, en livrant une car­i­ca­ture défraîchie des comédies comp­tant déjà par­mi les moins inspirées des frères Coen, de Ladykillers à Intolérable cru­auté. Les rebondisse­ments s’accumulent et les reg­istres se téle­scopent comme autant de cache-mis­ères, dis­sim­u­lant mal l’absence de rai­son d’être du pro­jet. Vari­ant les angles de pris­es de vue à n’en plus finir, le film est en out­re mon­té à la machette, dés­espéré d’imprimer un quel­conque rythme à un réc­it con­damné au sur­place par son manque d’enjeux. Un comble pour un road trip. Cet échec est d’autant plus patent qu’au même moment, la moitié d’une autre fratrie légendaire du ciné­ma améri­cain, Peter Far­rel­ly, renoue avec la vigueur égril­larde de ses débuts dans Ricky Stan­icky, dont les out­rances ne sont que l’envers d’une célébra­tion de la dif­férence, qu’elle soit sex­uelle ou de classe.

Notes

Notes
↑1 Même si Joel était crédité comme seul met­teur en scène jusqu’à Ladykillers, et Ethan comme pro­duc­teur et coscé­nar­iste.