Critikat
Cadavre exquis de Léa Mysius
Affiche de Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand, 35e édition

Tout n'est pas perdu

par Benoît Smith

Une pen­sée pour Cler­mont 2012, pas un mau­vais mil­lésime, avec un ratio ras­sur­ant entre belles trou­vailles, essais sym­pa­thiques et déchets. L’édi­tion 2013, à cet égard, fut ce qu’il faut bien appel­er une décep­tion. Les décou­vertes rafraîchissantes y furent plus rares, cédant plus de place à ce que le court métrage, trop sou­vent vu comme un sim­ple élé­ment de CV de futur réal­isa­teur de longs, peut favoris­er de pire chez un cinéaste : la facil­ité — celle des dis­cours, des effets, des pos­tures vis-à-vis des per­son­nages. Cette année, le court métrage s’est à trop de repris­es présen­té sous l’aspect auquel on tend à le can­ton­ner : un bête trem­plin pour le long, un exer­ci­ce d’ha­bil­ité nar­ra­tive où l’hon­nêteté d’un regard jeté sur le monde, qu’il soit léger ou grave, ne serait qu’un piètre acces­soire. Même la com­péti­tion “Labo”, prop­ice l’an­née dernière aux recherch­es formelles stim­u­lantes, nous lais­sa quelque peu sur notre faim, gan­grenée par des man­ques de réelle ambi­tion nar­ra­tive et esthé­tique der­rière les bidouil­lages et les dis­posi­tifs.

Et puisqu’il s’ag­it de la racine prim­i­tive de ce fes­ti­val, il faut dire quelques mots sur la com­péti­tion nationale — quelques gros mots, en vérité, si nous ne nous rete­nions pas. Car cette année à Cler­mont, le ciné­ma français mon­tra un de ses vis­ages les plus sin­istres et, pire encore, il en tira par­fois récom­pense au pal­marès. Ce vis­age arbore le ric­tus sat­is­fait de celui qui se gar­garise de ses pro­pres sem­blants d’au­dace, qui s’y vautrent pour faire oubli­er à quel point il n’a rien à racon­ter, rien à livr­er de per­son­nel, cap­i­tal­isant tout sur la sup­posée néces­sité de sa besogne et un cal­cul inavoué de la réac­tion du pub­lic. Il y a ceux qui se piquent de par­ler de “ce-dont-il-faut-absol­u­ment-par­ler” (les femmes battues dans Avant que de tout per­dre de Xavier Legrand, gros gag­nant de cette édi­tion, ou encore la pros­ti­tu­tion roumaine à Paris dans Soli­tudes de Lio­va Jedlic­ki). Il y a aus­si (plus nom­breux) ceux qui pré­ten­dent nous faire notre édu­ca­tion sex­uelle en faisant dans la trans­gres­sion jusqu’au ridicule, mais qui, dans leur zèle, témoignent surtout de leur impuis­sance totale, de leur instru­men­tal­i­sa­tion des ques­tions du sexe pour ne surtout pas affron­ter la réal­ité de leur sujet. Pour­tant, on essaie toutes les posi­tions, du plus cliché au plus tor­du. On fait pénible­ment témoign­er une pros­ti­tuée de tous les sévices qu’elle a subis (Soli­tudes). On exhibe une créa­ture de peep-show qui-n’est-surtout-pas-une-pute-mais-un-peu-quand-même, ambiva­lence de pure con­ven­tion décrépite (Pin Up de François Gal­lou). On s’ex­ile dans la moi­teur exoti­co-mis­éra­biliste de l’Asie du Sud-Est pour y décou­vrir sa sex­u­al­ité, avec sodomie dans une ruelle en sus (No Boy de Nathan Nicholovitch). Une pré-ado étale un fond de capote sur son bas-ven­tre en espérant gag­n­er en matu­rité (Musique de cham­bre de Julia Kowal­s­ki)… Der­rière toutes ces sima­grées et ces airs con­cernés, il n’y a hélas que la sécher­esse d’élèves rou­blards désireux de se faire remar­quer en se dis­pen­sant de réelles propo­si­tions, ne lais­sant à l’écran qu’­ef­fets-choc et chan­tage à la sen­si­bil­ité. La cat­a­stro­phe n’est évidem­ment pas général­isée, et même le sexe n’est pas con­damné à rester un ter­rain pour mau­vais ciné­ma gaulois (le film d’an­i­ma­tion Tram, de Michaela Pavla­to­va, explore une voie net­te­ment moins com­plexée et à l’im­per­ti­nence plus salu­taire), mais le tableau n’est quand même pas foli­chon.

Il est évidem­ment impos­si­ble de traiter ici la total­ité des films vus. Dans les trois sec­tions suiv­antes con­sacrées aux com­péti­tions, nous avons donc opéré une sélec­tion, tout à fait arbi­traire, des films qu’il nous a paru le plus oppor­tun d’évo­quer, bons ou mau­vais. Cela en laisse bien sûr pas mal dans l’om­bre, et nos choix ne doivent en rien laiss­er préjuger de la qual­ité, tou­jours vari­able, des quelque 140 films omis.

Compétition nationale

Clermont 2013 : Avant que de tout perdre, réalisé par Xavier Legrand Avant que de tout per­dre de Xavier Legrand
Grand Prix, Prix du pub­lic, Prix de la jeunesse, Prix de la presse Téléra­ma

Coup de cœur man­i­feste des jurys de la com­péti­tion nationale, Avant que de tout per­dre n’est pas le pire représen­tant des tares de la sélec­tion, mais il en reste bien symp­to­ma­tique. Tan­dis qu’il racon­te les péripéties d’une femme battue (Léa Druck­er) qui, sur le chemin de la fuite avec ses enfants, doit pass­er à son tra­vail touch­er ses indem­nités en cat­a­stro­phe et ain­si per­dre un temps pré­cieux, le film ne peut s’empêcher, der­rière la trame à sus­pense, de nous agiter le fait de société en fil­igrane pour s’as­sur­er que nous nous sen­tions bien con­cernés par ce qui se passe, que ce soit par le mys­tère lour­de­ment entretenu autour des raisons de la fuite ou par le por­trait tout en clichés soci­ologiques du mari vio­lent, en gros chas­seur à chien vêtu de kaki avec le physique épais du pau­vre Denis Méno­chet. Le sus­pense sèche­ment entretenu sur l’is­sue de cette étape, puis les sat­is­féc­its décernés à cet exer­ci­ce de sen­sa­tion­nal­isme qui ne dit pas son nom (et qui ne rend aucun ser­vice aux vic­times réelles de vio­lences con­ju­gales), se voient dès lors entachés d’une cer­taine obscénité.

Clermont 2013 : Solitudes, réalisé par Liova Jedlicki Soli­tudes de Lio­va Jedlic­ki
Prix d’in­ter­pré­ta­tion fémi­nine pour Madali­na Con­stan­tin, men­tion “Pialat” du jury nation­al, men­tion du jury Téléra­ma

Voici un spéci­men plus per­cu­tant encore du dra­gage de fait divers dans un ciné­ma français à voca­tion télévi­suelle. Ou com­ment, der­rière un argu­ment sur la bar­rière lin­guis­tique qui ne fait pas longtemps illu­sion (à Paris, un inter­prète roumain assure la com­mu­ni­ca­tion entre des policiers et une pros­ti­tuée ayant subi les plus atro­ces sévices), on se vautre jusqu’à la nausée dans la pornogra­phie nat­u­ral­iste, où la procé­dure poli­cière et les dif­fi­cultés de la tra­duc­tion ne sont que des pré­textes pour nous appren­dre pesam­ment, dans le détail et plutôt deux fois qu’une, toutes les hor­reurs qu’on peut infliger à une femme qui fait le trot­toir. Pourquoi pornogra­phie ? Parce que der­rière cette insis­tance, der­rière la néces­sité d’alert­er que les auteurs nous bran­dis­sent, on ne perçoit rien d’autre que la sat­is­fac­tion du détail sor­dide, le plaisir d’é­taler de l’ex­trait de fait divers plus vrai que nature dans un dis­posi­tif de retrans­mis­sion appuyée rel­e­vant de la télévi­sion la plus médiocre (le com­mis­sari­at pour­rait sor­tir tout droit d’une de nos séries). Décidé­ment, dans ce pal­marès, les femmes ont bon dos.

Clermont 2013 : Le Sens de l'orientation, réalisé par Fabien Gorgeart Le Sens de l’ori­en­ta­tion de Fabi­en Gorgeart
Prix spé­cial du jury

Les incur­sions du ciné­ma français dans la cama­raderie mas­cu­line se font avec de trop rares réus­sites ces temps-ci (men­ace de com­plai­sance dans la beauferie façon 15 août / Le Cœur des hommes) pour ne pas saluer la justesse, le goût pour le jeu et le dis­cours jamais puant de la “bro­mance” de Fabi­en Gorgeart. Suiv­ant les péripéties de deux potes (le cou­ple habituel ou presque : le sérieux cachant son mal-être et le décon­neur) à la recherche d’une église où le pre­mier compte se mari­er, le film orchestre, par les oppo­si­tions entre les deux com­porte­ments, la mise à nu de deux angoiss­es face à une matu­rité pas évi­dente à accepter. Le pro­gramme est certes assez atten­du, mais Gorgeart sait en faire un véri­ta­ble périple en esquiv­ant quelques clichés (l’an­tag­o­nisme des deux hommes, qui pour­rait annon­cer un clash, au lieu de quoi cela se pro­longe et se résout autrement) et surtout en accom­pa­g­nant avec empathie l’er­rance entre jeux de grands gamins et choix d’adultes, jusqu’à un finale en forme d’adieu ludique mais non dénué d’é­mo­tion. Cela n’a rien d’une révéla­tion, mais c’est net­te­ment plus sincère et vivant que le gros de cette com­péti­tion.

Clermont 2013 : Cadavre exquis, réalisé par Léa Mysius Cadavre exquis de Léa Mysius
Prix de la pre­mière œuvre de fic­tion

Il faut l’avouer : une bonne par­tie du charme de ce film nous vient de la pen­sée ce qu’il aurait pu être, mais n’est surtout pas — un coup de bluff à l’au­dace putride sur le dos de l’en­fance en quête de perte d’in­no­cence (à la manière de son mépris­able con­cur­rent Musique de cham­bre évo­qué plus haut). Pour­tant, on y suit une fil­lette exagéré­ment aven­tureuse qui trou­ve le cadavre d’une femme et, pas intimidée le moins du monde, déploie efforts et ingéniosité pour le ramen­er dans sa cabane, le net­toy­er, le cacher, tâch­er de le con­serv­er… Or Léa Mysius capte le rit­uel avec une absence d’af­fect qui en désamorce tout le scabreux, et un regard dénué de toute pose dis­cur­sive — d’au­tant que c’est tout naturelle­ment que se dégage l’am­biguïté de cette inno­cence enfan­tine, jouant à la poupée avec une morte sans sem­bler se pos­er de ques­tions, mais se sen­tant assez coupable pour dis­simuler son activ­ité. La fin, lais­sant atten­dre un pro­longe­ment de mys­tère crim­inel, évite mali­cieuse­ment d’avoir à s’appe­san­tir sur cette ques­tion qu’elle laisse ouverte. Cette semaine-là à Cler­mont, on aurait aimé voir un peu plus de cette légèreté.

Clermont 2013 : Ce n'est pas un film de cow-boys, réalisé par Benjamin Parent Ce n’est pas un film de cow-boys de Ben­jamin Par­ent
Prix d’in­ter­pré­ta­tion mas­cu­line : Finnegan Old­field

Pas plus que Le Secret de Broke­back Moun­tain n’est un film de cow-boys, ce court métrage n’est un film sur l’ac­cep­ta­tion de l’ho­mo­sex­u­al­ité, con­traire­ment à ce que ses prémiss­es nous avan­cent. Un tan­dem de garçons et un autre de filles, cha­cun dans ses toi­lettes respec­tives du même lycée, com­men­cent à par­ler de Broke­back Moun­tain qu’ils ont vu la veille à la télé. Un des garçons (Finnegan Old­field, primé) finit par en faire une expli­ca­tion de texte à son copain, tan­dis que chez les filles la dis­cus­sion dérive sur le père homo­sex­uel de l’une d’elles. Si ces dis­cus­sions man­i­fes­tent un sujet osten­si­ble (les réac­tions d’ado­les­cents face à l’ho­mo­sex­u­al­ité), ce n’est pour­tant pas sur ce sujet-là que les efforts de Ben­jamin Par­ent se font le plus remar­quer. C’est plutôt sur l’im­age ren­voyée de l’ado­les­cent lui-même, du lycéen, fig­ure que le scé­nar­iste-réal­isa­teur tente, à tra­vers ces qua­tre per­son­nages, d’i­den­ti­fi­er par moult tics de lan­gage et atti­tudes. Or au ciné­ma, c’est con­nu, plus les efforts de repro­duc­tion sont vis­i­bles, plus ils risquent l’échec : certes emprun­tés au réel, ces tics de “dje­unz” sont ici accu­mulés de façon si académique et sys­té­ma­tique qu’ils ne ser­vent pas vrai­ment la vérité de ces per­son­nages, dont ils ne font guère que des vari­antes des clichés éculés en vigueur sur cette tranche d’âge. Quel que soit son sujet, le film passe véri­ta­ble­ment à côté.

Clermont 2013 : Nous ne serons plus jamais seuls, réalisé par Yann Gonzalez Nous ne serons plus jamais seuls de Yann Gon­za­lez

C’est un tout autre por­trait de la jeunesse que Yann Gon­za­lez nous pro­pose, tour­nant le dos au nat­u­ral­isme, pour un hédon­isme clig­nant de l’œil à l’esthé­tique de Philippe Gar­rel avec son noir et blanc gran­uleux han­té par nul autre son que la musique du groupe M83. Cela aboutit aus­si, et c’est mal­heureux, à une autre forme de com­plai­sance dans une représen­ta­tion pré­conçue. La pre­mière des deux scènes, une fête en un lieu souter­rain, s’in­car­ne pour­tant assez bien à par­tir de ces choix esthé­tique, fig­u­rant un chaos sen­soriel d’où émer­gent des instan­ta­nés de vis­ages d’une jeunesse plurielle. Mais la sec­onde scène affa­dit l’ensem­ble en réduisant ce plus bel âge à une galerie de beaux vis­ages fix­ant l’avenir avec déter­mi­na­tion (face au soleil, évidem­ment), tombant dans ce que la pre­mière scène a su éviter d’être : un clip poseur.

Clermont 2013 : Nos jours, absolument, doivent être illuminés, réalisé par Jean-Gabriel Périot Nos jours, absol­u­ment, doivent être illu­minés de Jean-Gabriel Péri­ot
men­tion “Depar­don” du jury nation­al

Quand, le 28 mai 2011, le doc­u­men­tariste Jean-Gabriel Péri­ot capte un con­cert de détenus de la mai­son d’ar­rêt d’Or­léans retrans­mis devant les murs, c’est aux vis­ages des spec­ta­teurs qu’il s’in­téresse. Qu’ils soient des proches ou de sim­ples pas­sants, il cherche sur ces traits des signes d’é­mo­tion, d’empathie de ceux du dehors avec ceux du dedans, du hors-champ. Les réac­tions sont divers­es, par­fois évi­dentes (comme les repris­es en chœur des chants), par­fois mys­térieuses (comme ces regards de biais dont on ignore la cible : un autre spec­ta­teur, peut-être ? rela­tions pos­si­bles entre les per­son­nes présentes ?), l’é­coute des chants sem­ble avoir des échos divers, éveiller par ric­o­chets des his­toires incon­nues. On peut regret­ter que dans son par­ti pris, Péri­ot ne se soit pas intéressé à l’autre hors-champ, non devant mais der­rière les spec­ta­teurs : aux pas­sants qui ont dû, c’est cer­tain, approcher ce spec­ta­cle puis détourn­er le regard et pass­er leur chemin; c’eût apporté un con­tre­point intéres­sant à cette vision de com­mu­nauté. Le film ne tire pas moins, de cette rela­tion de don et de récep­tion entre libres et enfer­més, des frag­ments d’hu­man­ité por­teurs d’assez de reliefs et d’in­ter­ro­ga­tions pour intéress­er.

Ajou­tons que Jean-Gabriel Péri­ot était aus­si présent dans la com­péti­tion Labo avec le beau The Dev­il, mon­tage d’archives sur la lutte des Noirs améri­cains con­tre la ségré­ga­tion dans les années 1960, mon­tage qui fait de ces images et de ces sons un chant con­tes­tataire. On est là plus dans le clip que dans le doc­u­men­taire, mais ce clip promeut moins la rage de l’époque qu’il n’en célèbre la musi­cal­ité véri­ta­ble et implaca­ble.

Clermont 2013 : Souffre !, réalisé par Pamela Varela Souf­fre ! de Pamela Varela

Voilà ce qui peut se pro­duire quand on se pique de par­ler social sans véri­ta­ble et sincère rela­tion à son sujet, juste parce que c’est dans l’air du temps, parce que les ten­dances d’un cer­tain ciné­ma l’ex­i­gent. Le film de Pamela Varela ne démarre pas mal, pour­tant. Tan­dis que délégués syn­di­caux et patronaux s’af­fron­tent autour de la fer­me­ture immi­nente d’une usine, l’héroïne, une ouvrière dont le tra­vail a vis­i­ble­ment affec­té la san­té sans la pré­mu­nir con­tre la pré­car­ité, tâche de sur­vivre, à dis­tance de ce con­flit, rel­a­tivisant par son exis­tence le car­ac­tère tranché de la lutte de class­es qui se joue. Or la vision de cette ques­tion (la survie de l’in­di­vidu dans la société) par la réal­isatrice ne sem­ble pas aller plus loin que ce con­stat, au vu de la queue de pois­son pseu­do-nihiliste facile et fac­tice qu’elle nous bal­ance en guise de fin, comme si elle allait de soi et devait tout résoudre, alors qu’elle s’ap­par­ente en vérité à l’échap­pa­toire grossière d’une cinéaste qui, à force de jouer dans la zone grise et l’en­tre-deux, ne savait plus com­ment finir son film.

Clermont 2013 : L'Étoile du matin, réalisé par David Kremer L’É­toile du matin de David Kre­mer

Dans les gen­res à usage prin­ci­pale­ment anglo-sax­on et où a pu se ris­quer le ciné­ma français, on ne comp­tait encore guère les films basés sur l’ar­ti­fice du found footage — pré­ten­dues traces vidéo dont un tel film serait le résul­tat de l’assem­blage pour recon­stituer, en général, le mys­tère d’une dis­pari­tion, d’un meurtre ou de phénomènes étranges : bref, les films “à la” Blair Witch / Para­nor­mal Activ­i­ty. Dans L’É­toile du matin, c’est le jour­nal filmé d’une jeune nav­i­ga­trice qu’on a retrou­vé sur son voili­er désert per­du dans l’océan Indi­en, celui avec lequel elle avait entre­pris le tour du monde en soli­taire, sans escale ni assis­tance. Le genre du film très tôt cerné, son tout-venant nous incite à anticiper toutes les raisons fic­tion­nelles pos­si­bles de la dis­pari­tion de la jeune fille : acci­dent, sta­tion­nement sur une île déserte, mon­stre marin, cap­ture et sévices par des pirates ou de mau­vais­es ren­con­tres façon Calme blanc etc. David Kre­mer a opté pour un déroule­ment dra­ma­tique réal­iste (que nous ne détaillerons pas), et ça tient plutôt bien la route (enfin, le vent) tout en main­tenant un réel sus­pense de sur­vival, même si on le sent par­fois hésiter entre son impératif réal­iste et un désir de spec­tac­u­laire. Et puis, déflorons par­tielle­ment la fin : nous ne ver­rons pas le moment de la dis­pari­tion de l’héroïne, la caméra étant détournée quelques instants aupar­a­vant. Par le vent ou par une main déli­cate ? La ques­tion à jamais sans réponse ajoute une ultime pointe de charme à un exer­ci­ce de style qui aura con­quis, non sans labeur, une cer­taine incar­na­tion.

Compétition internationale

Clermont 2013 : Welcome and... Our Condoleances (Bienvenue... et sincères condoléances), réalisé par Leon Prudovsky Wel­come and… Our Con­doleances (Bien­v­enue et… sincères con­doléances) de Leon Pru­dovsky
Prix de la jeunesse

On peut dire que l’Is­raélien Leon Pru­dovsky aura été mieux accueil­li à Cler­mont-Fer­rand en 2013 qu’il ne le fut en France en 2010, quand les ciné­mas Utopia boy­cottèrent son long métrage À cinq heures de Paris pour pro­test­er con­tre le blocage par Tsa­hal d’une flot­tille qui ten­tait de bris­er le blo­cus de Gaza (inci­dents avec lesquels le film n’avait stricte­ment aucun rap­port). Bien­v­enue et… sincères con­doléances est le sec­ond des deux films basés sur le found footage, avec le sus­men­tion­né L’É­toile du matin, mais à l’op­posé du Français, on tient sans doute là le film le plus drôle vu dans les com­péti­tions. Soit, en 1991, une famille de Juifs russ­es venant émi­gr­er en Israël, alors qu’ils n’ont jamais par­lé de leurs vies un mot d’hébreu. La procé­dure déjà pas sim­ple (l’aéro­port de Tel Aviv est surpe­u­plé de can­di­dats à la Terre promise !) est encore com­pliquée par le décès de la vieille tante peu avant l’at­ter­ris­sage ; la famille doit dès lors user des strat­a­gèmes les plus éhon­tés et cocass­es pour faire tran­siter le corps avec eux. Tout cela sous l’ob­jec­tif facétieux du camés­cope du fils dont le film adopte le point de vue sub­jec­tif, aux arte­facts déli­cieuse­ment nineties témoignant de la fragilité de la sit­u­a­tion qu’il embrasse, obser­va­teur fausse­ment neu­tre mais par­fois som­mé de se faire com­plice des sub­terfuges dés­espérés pour sor­tir de cet étouf­fant espace clos par la bonne porte. La mise à con­tri­bu­tion du regard spec­ta­teur dans la danse ajoute un ressort comique effi­cace à un film qui, par ailleurs, s’ap­puie avec aplomb et justesse sur l’é­tat de la dias­po­ra juive cher­chant aujour­d’hui encore son rassem­ble­ment, les chocs cul­turels entre Juifs que celui-ci occa­sionne et la bureau­cratie qui le régule.

Clermont 2013 : Girl of Wall (La Fille du mur), réalisé par Yuji Harada Girl of Wall (La Fille du mur) de Yuji Hara­da
Prix des médiathèques

Les aven­tures d’une jeune fille soli­taire et nég­ligée, amoureuse silen­cieuse du livreur qui dessert le lieu de tra­vail où elle se mor­fond, et dont le seul hob­by con­siste à pub­li­er sur son blog des pho­tos d’elle embras­sant des murs. À tra­vers son por­trait et celui d’un fan dudit blog, dif­fi­cile de dire si le regard du réal­isa­teur sur ces per­son­nages pas si bien dans leur peau et peu inté­grés dans la société est une con­nivence sincère ou une forme de con­de­scen­dance moins sym­pa­thique.

Clermont 2013 : Noodle Fish (Poisson nouille), réalisé par Kim Jin-man Noo­dle Fish (Pois­son nouille) de Kim Jin-man

La prouesse tech­nique et esthé­tique est assez remar­quable pour être sig­nalée : voici un film qui, à l’ex­cep­tion d’une séquence finale en prise de vue réelle tout à fait jus­ti­fiée, a été entière­ment tourné en ani­ma­tion image par image sur la base de reliefs sculp­tés sur des sur­faces de… pâtes jux­ta­posées. Le choix se révèle plus qu’adéquat pour con­ter l’his­toire d’un petit pois­son qui, lut­tant dans une chaîne ali­men­taire impi­toy­able, tâche d’ex­plor­er son envi­ron­nement jusqu’aux extrêmes, sous l’eau… et au-dessus.

Clermont 2013 : Tender (Tendresse), réalisé par Jessica Redenbach Ten­der (Ten­dresse) de Jes­si­ca Reden­bach

Le pos­tu­lat de ce court métrage aus­tralien ressem­ble à s’y mépren­dre à celui d’Intim­ité de Patrice Chéreau — et ce n’est pas un com­pli­ment. Un homme et une femme, donc, enta­ment une rela­tion qu’ils envis­agent comme pure­ment sex­uelle — et les deux films ne se privent pas, dès lors, de quelques pas­sages bien tor­rides. Mais un beau jour, naît sournoise­ment entre eux ce que les clichés puri­tains ont l’habi­tude de dress­er comme antag­o­niste du sexe débridé : les sen­ti­ments. La seule vraie dif­férence de Ten­der avec Intim­ité est que le pre­mier se con­clut sur un autre cliché bien con­nu, soci­ologique cette fois, à pro­pos du cou­ple : l’homme, dès qu’il se sent men­acé par cette évo­lu­tion de la rela­tion, se réfugie devant un match à la télé, tan­dis que la femme (por­teuse de sen­ti­ments vrais et purs, comme cha­cun sait…) se mor­fond. Tant d’ef­forts et d’œil­lades pour finir sur le facile Post coï­tum ani­mal triste : rien de très orig­i­nal ni de très enrichissant.

Clermont 2013 : Sessiz / Be Deng (Silencieux), réalisé par L. Rezan Yesilbas Ses­siz / Be Deng (Silen­cieux) de L. Rezan Yesil­bas

Se tisse ici un con­te tout en déli­catesse sur la lutte dis­crète con­tre l’op­pres­sion (en l’oc­cur­rence celle des Kur­des par les Turcs) où, entre divers­es actions du quo­ti­di­en et/ou de résis­tance (pass­er des chaus­sures via un par­loir de prison au nez et à la barbe des gar­di­ens), on est pris dans le sus­pense de l’at­tente du moment où vont reten­tir les pre­miers mots en une langue opprimée, ciment de l’i­den­tité d’un peu­ple.

Clermont 2013 : en haut, 45 Degrees (45 degrés) réalisé par Georgis Grigorakis ; en bas, Fishing Without Nets (Pêche sans filets), réalisé par Cutter Hodierne 45 Degrees (45 degrés) de Geor­gis Grig­o­rakis et Fish­ing With­out Nets (Pêche sans filets) de Cut­ter Hodierne

Voici deux exem­ples de soci­olo­gie de comp­toir mis en place avec le plus sérieux, basés sur des arrière-plans bien actuels — la Grèce en crise pour 45 degrés, la pira­terie au large de la “corne de l’Afrique” pour Fish­ing With­out Nets. Leurs symp­tômes sont com­muns: ils usent très dis­crète­ment mais vis­i­ble­ment d’un arse­nal d’ef­fets esthé­tiques pour mar­quer leur effi­cac­ité, tan­dis qu’ils déroulent dans les bouch­es de leurs per­son­nages un dis­cours unique et dis­cutable mais jamais dis­cuté sur l’é­tat de la société et la vio­lence qui en découle — dis­cours qu’ils lais­sent accréditer sans brocher. Donc si on résume: en Grèce, c’est la pré­car­ité qui expli­querait la mon­tée de la vio­lence xéno­phobe ; tan­dis qu’en Soma­lie, le seul moyen de gag­n­er sa vie serait la pira­terie. On applau­dit des deux mains cette clair­voy­ance impa­ra­ble qui n’ap­pelle nul autre com­plé­ment d’en­quête…

Clermont 2013 : A Society (Une société), réalisé par Jens Assur A Soci­ety (Une société) de Jens Assur

Après Le Dernier Chien du Rwan­da et Killing the Chick­ens to Scare the Mon­keys (sélec­tion­né l’an dernier), Jens Assur con­forte sa posi­tion de réal­isa­teur pré­ten­dant à un tra­vail esthé­tique sur son obser­va­tion de l’é­tat du monde. Posi­tion con­testable, le nar­cis­sisme de l’au­teur prenant le sujet en otage. A Soci­ety orchestre un huis clos entre immi­grants clan­des­tins d’Afrique noire dans l’ob­scu­rité — trouée de quelques rais — d’un camion de marchan­dis­es roulant à tra­vers l’Eu­rope. Dans cette atmo­sphère con­finée esthétisée par le noir et blanc, cha­cun y va de son cou­plet sur ce qu’il était avant l’ex­il, nour­ris­sant un petit théâtre enlu­miné autour de l’idée d’un immi­grant pas si lisse et mis­éreux que les médias européens ne le dépeignent (idée bien sûr défend­able, mais amenée de façon trop appuyée et arti­fi­cielle pour être hon­nête). Moins “gad­get” que Killing the Chick­ens… et son mon­tage chronologique inverse, A Soci­ety n’en pro­longe pas moins une œuvre assez dou­teuse où l’artiste auto-proclamé, prenant pour pré­texte les atteintes à la dig­nité humaine, ne tra­vaille en vérité qu’à préserv­er son pro­pre petit statut.

Compétition Labo

Clermont 2013 : A Story for the Modlins (Une histoire pour les Modlin), réalisé par Sergio Oksman A Sto­ry for the Mod­lins (Une his­toire pour les Mod­lin) de Ser­gio Oks­man
Grand Prix, Prix du pub­lic

Ser­gio Oks­man pré­tend qu’un jour, dans une rue de Madrid, il trou­va des poubelles rem­plies de traces, notam­ment pho­tographiques, de la vie d’une famille venue des États-Unis. Le film qui en résulte est le sim­ple défilé de ces traces pho­tographiques, pic­turales, vidéo, accom­pa­g­nées d’une voix off qui les relie en une chronique sobre mais évo­ca­trice, les seules preuves de l’his­toire d’une famille mar­quée par le pire fléau que puisse crain­dre un Améri­cain : l’échec. Il y a le père, Elmer, acteur que l’his­toire du ciné­ma ne retient guère que pour une appari­tion de fig­u­rant à la fin de Rose­mary’s Baby. Il y a la mère, Mar­garet, artiste pein­tre qui con­nut son l’heure de gloire trop tôt et trop fugace­ment. Et il y a Nel­son, le fils qui, après avoir posé plusieurs fois comme mod­èle pour sa mère, déci­da un jour de quit­ter la mai­son avec fra­cas pour des activ­ités incon­nues, et finit par mourir avant son cinquan­tième anniver­saire, devançant ses par­ents… Ces traces, alignées par un Oks­man se refu­sant à la recon­sti­tu­tion et à l’ex­trap­o­la­tion, con­stituent la chronique d’un enquê­teur sur des gens qui avaient man­qué le coche de la gloire, qui le savaient et qui (la dernière vidéo est frap­pante sur ce point) sup­por­t­aient cette sit­u­a­tion en se rac­crochant à leur attache­ment l’un pour l’autre.

Clermont 2013 : Sizígia, réalisé par Luis Urbano Sizí­gia de Luis Urbano
Prix spé­cial du jury

Archi­tecte de for­ma­tion, le Por­tu­gais Luis Urbano (à ne pas con­fon­dre avec son homonyme pro­duc­teur, col­lab­o­ra­teur de la société O Som e a Fúria qui pro­duit notam­ment Miguel Gomes) a trou­vé à filmer un cadre fasci­nant dans une piscine de marée aux nom­breux recoins. Recon­sti­tu­ant son proces­sus de net­toy­age par un employé soli­taire, met­tant en évi­dence la façon dont les sons (marée, radio du per­son­nage, frot­te­ments des out­ils) meublent le silence dans l’e­space frag­men­té de l’in­stal­la­tion, le film for­mule un fasci­nant témoignage de la soli­tude ordi­naire du tra­vailleur, comme peu­vent l’être à leur façon les films de Yuri Ancar­ani (voir ci-après).

Clermont 2013 : Piattaforma Luna (Plateforme Lune), réalisé par Yuri Ancarani Piattafor­ma Luna (Plate-forme Lune) de Yuri Ancar­ani

Le nou­veau film de Yuri Ancar­ani était peut-être bien notre plus grosse attente de ce fes­ti­val, un an après un Grand Prix Labo mérité pour Il Capo. Piattafor­ma Luna, qui s’in­téresse à une équipe de plongeurs sous-marins, est peut-être moins spec­tac­u­laire et moins évi­dent que son précé­dent por­trait de con­tremaître de chantier en sémaphore taiseux, mais con­firme bel et bien le doc­u­men­tariste ital­ien comme un obser­va­teur atten­tif du rap­port entre l’homme et la tech­nique. Après cet éton­nant plan d’ou­ver­ture mon­trant, au sein du décor métallique de la plate-forme sous-marine, le bref instant de répit qu’un homme s’ac­corde dans la médi­ta­tion boud­dhiste, le film démarre par l’en­reg­istrement de la vie trop bien réglée à bord, sou­vent cap­tée à tra­vers le cer­cle con­traig­nant des entrées des pièces, où pra­tique­ment chaque mou­ve­ment est soumis à une val­i­da­tion via un micro par un cen­tre en sur­face (hors champ), rap­port hiérar­chique à une entité à l’ex­pres­sion mécan­isée évo­quant irré­sistible­ment celui de cer­tains équipages spa­ti­aux de ciné­ma à l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle de leur vais­seau (“Hal” dans 2001, l’Odyssée de l’e­space, “Moth­er” dans Alien). Puis, quand les plongeurs finis­sent par sor­tir tra­vailler dans les pro­fondeurs, le ton change, le silence se fait, au poids du métal peint en blanc suc­cè­dent des ténèbres libéra­tri­ces tan­dis que les hommes tra­vail­lent au couteau, libres de ne plus ren­dre de comptes. Comme le con­tremaître d’Il Capo, les plongeurs de la plate-forme Lune (et peut-être Ancar­ani avec eux) trou­vent vis­i­ble­ment leur récon­fort dans les ombres de la nature, à l’abri de la lumière qui expose et de la mécanique qui con­traint.

Critikat 2013 : Men of the Earth (Les Hommes de la Terre), réalisé par Andrew Kavanagh Men of the Earth (Les Hommes de la terre) d’An­drew Kavanagh

Comme At the For­mal que le même Andrew Kavanagh avait présen­té à Cler­mont l’an dernier, Men of the Earth se plaît à met­tre en scène des rit­uels prim­i­tifs au sein d’ac­tiv­ités humaines trompeuse­ment sophis­tiquées (une célébra­tion étu­di­ante dans le précé­dent, une activ­ité de chantier ici). L’idée est intéres­sante, mais les débouchés en sont incer­tains entre les mains de petits malins comme Kavanagh. On n’avait pas du tout aimé At the For­mal qui, après un plan-séquence au ralen­ti por­tant bien l’at­ten­tion sur le car­ac­tère rit­uel qui accom­pa­gne toute cou­tume (a for­tiori une fête étu­di­ante avec uni­forme), se con­clu­ait sur une scène-choc sur-sig­nifi­ant le tout et s’ap­parentant à un ultime effet de manche bien antipathique. On com­mence par prédire le même des­tin funeste à Men of the Earth, qui s’ou­vre pré­cisé­ment sur un long plan nous bal­adant à tra­vers le chantier et ses ouvri­ers affairés jusqu’à aboutir à l’un d’eux dans une activ­ité moins ortho­doxe. Or passé cette inquié­tante entrée en matière, Kavanagh crée la sur­prise en ces­sant de la jouer à l’es­broufe, dévoilant ses cartes plus tôt que prévu et favorisant notre admis­sion à cet univers prim­i­tif secret caché der­rière l’in­soupçonnable grouille­ment humain. Il y a tou­jours chez ce cinéaste un amour assez agaçant de sa pro­pre vir­tu­osité, mais au moins, cette fois, l’amène-t-elle à quit­ter toute démon­stra­tion pour racon­ter quelque chose.

Clermont 2013 : Liza, Namo ! (Liza, rentre à la maison !), réalisé par Oksana Buraja Liza, Namo ! (Liza, ren­tre à la mai­son !) d’Ok­sana Bura­ja

Quand la petite Liza fugue, la caméra respecte son échap­pée et ne la suit pas, se con­tentant de faire enten­dre les appels de sa mère. Et Liza fugue sou­vent. Pourquoi ? Dif­fi­cile à expli­quer, mais le film tente d’en dessin­er quelques indices. Sa mère la rép­ri­mande sèche­ment, mais à sup­pos­er qu’elle prend des sanc­tions, on ne les ver­ra jamais. Le réc­it ménage pas mal d’el­lipses entre les scènes, don­nant l’im­pres­sion que les rap­ports entre la fil­lette et les grandes per­son­nes qui l’en­tourent n’en sont pas vrai­ment changés, la vie non plus, que l’in­quié­tude ne dure jamais longtemps, comme si cette insta­bil­ité enfan­tine entrait finale­ment dans la rou­tine, à moins que les grands ne s’avouent sim­ple­ment désar­més face à elle. Il y a de l’amour dans ce foy­er, mais per­son­ne ne sait voir chez Liza cette dis­tance, cette méfi­ance à l’é­gard de l’or­di­naire des adultes, cette mar­gin­al­i­sa­tion sourde de la com­mu­nauté. Le film se ferme comme il s’est ouvert : elle fugue tou­jours. Sans début ni fin mar­qués, Liza, Namo ! offre cepen­dant, comme “au pas­sage”, un poignant por­trait d’en­fant s’in­ter­ro­geant sur sa place dans la vie (ter­rain où il fait val­oir son iden­tité aux côtés de l’af­freux Musique de cham­bre et du déli­cat Cadavre exquis).

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Ressources

Le palmarès complet :

Compétition nationale :
- Grand Prix : Avant que de tout perdre de Xavier Legrand
- Prix spécial du jury : Le Sens de l'orientation de Fabien Gorgeart
- Mentions spéciales du jury :
"Depardon" : Nos jours, absolument, doivent être illuminés de Jean-Gabriel Périot
"Pialat" : Solitudes de Liova Jedlicki
"Gondry" : Feux de Thibaut Piotrowski
"South Park" : Comme des lapins (Chroniques de la poisse, chap. 2) d'Osman Cerfon
- Prix du public : Avant que de tout perdre
- Prix de l’ACSE : (Agence Nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances) Rodri de Franco Lolli
- Prix de la meilleure musique originale : Petr Marek pour Tram de Michaela Pavlatova
- Prix de la meilleure photographie : Léo Hinstin pour deux films : Ce chemin devant moi de Mohamed Bourokba dit Hamé et Lisières de Grégoire Colin
- Prix de la meilleure première œuvre de fiction : Cadavre exquis de Léa Mysius
- Prix ADAMI d’interprétation (masculin et féminin) : Finnegan Oldfield dans Ce n'est pas un film de cow-boys de Benjamin Parent, et Madalina Constantin dans Solitudes de Liova Jedlicki
- Prix du meilleur film d’animation francophone : Vie et mort de l'illustre Grigori Efimovitch Raspoutine de Céline Devaux
- Prix de la jeunesse : Avant que de tout perdre
- Prix Canal+ : Swing absolu de François Choquet
- Prix de la presse Télérama : Avant que de tout perdre
- Mentions du jury Télérama : La Maison vide de Mathieu Hippeau et Solitudes de Liova Jedlicki
- Prix Procirep du producteur de court métrage : Mathieu Bompoint pour Mezzanine Films

Compétition internationale
- Grand Prix : Para Armar un Helicóptero (Même de quoi construire un hélicoptère) d'Izabel Acevedo (Mexique)
- Prix spécial du jury : Qurban (Sacrifice) d'Anar Abbasov (Russie, Azerbaïdjan)
- Mentions du jury :
San Juan, la Noche Más Longa (Saint-Jean, la nuit la plus longue) de Claudia Haiquimilla (Chili)
Kendo Monogatari de Fabián Suárez (Cuba, Guatemala)
The Curse (Le Sort) de Fyzal Boulifa (Royaume-Uni, Maroc)
Koorsoo (Lueur) d'Omid Abdollahi (Iran)
Girl of Wall (La Fille du mur) de Yuji Harada (Japon)
- Prix du public : Penny Dreadful (Penny la Terreur) de Shane Atkinson (États-Unis)
- Prix du meilleur film d’animation : Bydlo de Patrick Bouchard (Canada)
- Prix de la jeunesse : Welcome and... Our Condoleances (Bienvenue et... sincères condoléances) de Leon Prudovsky (Israël)
- Prix Canal+ : A Pretty Funny Story (Une histoire plutôt marrante) d'Evan Morgan (Canada)
- Prix des médiathèques : Girl of Wall (La Fille du mur) de Yuji Harada (Japon)

Compétition Labo
- Grand Prix : A Story for the Modlins (Une histoire pour les Modlin) de Sergio Oksman (Espagne)
- Prix spécial du jury : Sizígia de Luis Urbano (Portugal)
- Mention du jury : The Lady and the Tooth (La Dame et la Dent) de Shaun Clark (Royaume-Uni)
- Prix du public : A Story for the Modlins
- Prix Canal+ : Rauch und Spiegel (Fumée et miroir) de Nick Moore (Australie)

Prix du rire Fernand Raynaud (toutes compétitions confondues) : Helmut d'Éric et Rose Turpin (France)

Nomination aux European Film Awards : Skok (Saut) de Kristina Grozeva et Petar Valchanov (Bulgarie)