Critikat

Johnny Guitare

par Raphaël Lefèvre

Avec ses sentences péremptoires et provocatrices, Godard a souvent eu raison. Nicholas Ray ne sait faire rien d’autre que du cinéma, il est le cinéma : ça a l’air vaseux, on pourrait appliquer ce propos à plus d’un auteur... et pourtant comme ça parle des films de Ray ! De leur immédiateté, de leur nécessité, de leur vérité qui semblent…

À l’ombre des potences

par Clément Graminiès

Sorti juste après le mythique Johnny Guitar avec Joan Crawford, À l'ombre des potences pourrait passer à tort pour un film mineur dans la filmographie de Nicholas Ray. Si cette production de 1955 n'a pas suffisamment marqué la mémoire du cinéphile, c'est peut-être parce qu'on ne peut à aucun moment réduire son complexe enjeu dramatique à sa stricte dimension symbolique.…

We Can’t Go Home Again

par Max Robin

On connaît la réflexion cinglante de Jean-Luc Godard lorsqu’il apprit qu’il devrait partager avec Xavier Dolan le prix décerné par le jury cannois pour Adieu au langage : le jury a selon lui récompensé « un film de vieux fait par un jeune et un film de jeune fait par un vieux ». À découvrir We Can’t Go Home Again,…

La Fureur de vivre

par Nicolas Maille

Malgré lui, La Fureur de vivre a fini de construire le mythe James Dean. Après trois films et à seulement vingt-quatre ans, le « rebelle sans cause » s’est tué en voiture, un mois avant la sortie en salles de ce classique de Nicholas Ray. Le film reste donc pour beaucoup la dernière apparition de cette légende et véhicule tout…

La Forêt interdite

par Raphaël Lefèvre

Wild Side a eu la bonne idée d’éditer en DVD ce film méconnu de Nicholas Ray, un peu raté mais émouvant, qui constitue une curiosité à plus d’un titre. Les cinéphiles purs et durs y verront un parangon du « grand film malade » et la preuve qu’un auteur n’a pas besoin de maîtriser la fabrication d'une œuvre pour que…

Macao

par Ophélie Wiel

Tourné en 1952, Macao est un des derniers films de Josef von Sternberg, qui, après The Shanghai Gesture (1941) avec Gene Tierney, ne réalisa réellement aucune œuvre marquante. Peut-être l'Hollywood d'après-guerre ne convenait-il pas au cinéaste d'origine allemande, adepte des clairs-obscurs expressionnistes et d'un glamour exotique en noir et blanc destiné à sublimer la beauté énigmatique de son égérie, Marlene…

À l’est d’Eden / La Fureur de vivre

par Ophélie Wiel

À l'est d'Eden, réalisé par Elia Kazan, premier film de James Dean, et La Fureur de vivre, de Nicholas Ray, ont bien plus en commun que la simple présence du comédien. Ils sont avant tout le symbole de ces étonnantes années 1950, où l'Amérique triomphante commence à subir les contrecoups d'une contestation qui culminera au temps de la rébellion douce…

Les Amants de la nuit

par Clément Graminiès

Pour son premier long-métrage, Nicholas Ray frappe très fort : Les Amants de la nuit est d'une beauté et d'une précision impressionnantes, et annonce par ailleurs toutes les thématiques chères au cinéaste, de l'adolescence rebelle à une certaine forme de fatalité romantique. À (re)découvrir. Nicholas Ray, cinéaste emblématique de l'âge d'or hollywoodien n'a pourtant connu qu'une courte heure de gloire.…

Traquenard

par Raphaël Lefèvre

Film-clé dans la cinéphilie de Rivette, influence évidente de certains Scorsese et De Palma, Traquenard est un splendide film de genres. Film de gangsters, musical, mélodrame et film de procès parsemé de touches burlesques, c'est surtout un film de Nicholas Ray. Or un film de Nicholas Ray, c'est toujours autre chose qu'un banal film de genre hollywoodien. C'est la garantie…

Le Brigand bien-aimé

par Ophélie Wiel

Quand Nicholas Ray réalise Le Brigand bien-aimé, en 1957, il est depuis longtemps un réalisateur confirmé à Hollywood. Avec Johnny Guitar, La Fureur de vivre (qui révéla James Dean) et Les Amants de la nuit, ses trois chefs-d'œuvre, il a acquis un statut particulier d'auteur hors normes, inclassable, chroniqueur d'une société désenchantée, avide d'une liberté inatteignable. Le Brigand bien-aimé, œuvre…

Les Indomptables

par Ophélie Wiel

Selon Serge Daney (cité par Emmanuel Burdeau, qui présentait le film en avant-première dans une séance spéciale « Cahiers du cinéma »), au cœur de l'œuvre de Nicholas Ray est « l'impossible révolte et le contentieux entre deux hommes [à travers un rapport de filiation] ». À la vue des Indomptables, on ne saurait être complètement d'accord avec cette affirmation…