par
Corentin Lê
Une scène, en apparence anodine, synthétise la dynamique au cœur du superbe L’Arbre aux papillons d’or. Thien, jeune saïgonnais de retour dans sa campagne natale pour les funérailles de sa belle-sœur, descend dans le sous-sol d’une bâtisse abandonnée. Comme à maintes reprises dans le récit, le personnage explore une sorte de tombeau renvoyant au « cocon » que pointe le…
par
Josué Morel
Agra cherche d'emblée à se démarquer en entrelaçant une ouverture psychédélique, la vision d’un écureuil écorché vif doté d’une voix distordue, et une scène de sexe fiévreuse virant au cauchemar. Cet enchaînement s'avère toutefois trompeur : ces coups de semonce précèdent un film plus sage qu’il n’y paraît, partagé entre une chronique sociale et le surgissement d’images mentales – une…
par
Marin Gérard
Produit par Graham Swon (producteur de Ted Fendt et de Matías Piñeiro), The Feeling That the Time for Doing Something Has Passed ressemble davantage à un film que l'on découvrirait au FID ou à Belfort que dans une sélection cannoise. La radicalité promise par Julien Rejl et le comité de la Quinzaine des cinéastes s’inscrit ici dans le choix de…
par
Josué Morel
J’ai vu le visage du diable s’inscrit dans une tendance lourde du cinéma de festival contemporain dont on a déjà amplement rendu compte dans ces colonnes : le saupoudrage de motifs empruntés au cinéma horrifique dans une perspective discursive et allégorique. En l’occurrence, l’équation proposée par Julia Kowalski est la suivante : (L’Exorciste de Friedkin + une plongée dans une bourgade polonaise) x…
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Clément Colliaux
Pendant leurs week-ends, Hazel, Jodie et Alice sillonnent à vélo les bourgs du Wyoming, détroussant les supermarchés ou les stations services à l’aide de pistolets de paintball rafistolés. Au diapason de l’imagination de ces jeunes aventuriers bricolés, Riddle of Fire transforme la campagne américaine d’aujourd’hui en un jeu de rôle grandeur nature, dans lequel les smartphones tiennent lieu de longues-vues…
par
Étienne Cimetière-Cano
Michel Gondry semble avoir trouvé avec Le Livre des solutions le cadre propice pour cultiver son humour absurde. Marc, un jeune réalisateur extravagant joué par Pierre Niney, présente à ses producteurs une première version de son film. Alors que ces derniers annoncent le retrait de leur financement et menacent de lui confisquer le final cut, il part s’installer dans la…
par
Marin Gérard
L'Autre Laurens semble contenir plusieurs films en un. Sa très mystérieuse ouverture dessine les fondations de l'un d'entre eux ; au bord d'une route sont plantés côte à côte un cactus solitaire et un lampadaire paré de deux néons roses. Le plan, stylisé, ressemble à la couverture d'un polar édité chez Rivages Noir, tandis que la scène qui suit, avec…
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Étienne Cimetière-Cano
C'est une forme d'inversion de l'imaginaire du far west, longtemps considéré comme l’espace de tous les possibles, qu'opère The Sweet East en envisageant cette fois-ci la côte Est des États-Unis comme un échappatoire à un foyer auquel Lillian semble ne plus vraiment appartenir. Prise dans une fusillade lors d’une sortie scolaire, elle s’en échappe pour ensuite naviguer de rencontre en…
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Thomas Grignon
Contrairement à ce que laisse prédire son titre, Conann n'est pas vraiment une relecture du classique de l'heroic fantasy signé Robert E. Howard, ni même un remake queer du film de John Milius, qui donna son premier grand rôle à Arnold Schwarzenegger. On devrait plutôt chercher du côté des références littéraires (notamment de la Divine Comédie de Dante) la véritable…
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Clément Colliaux
Mehdi (Fehd Benchemsi) et Hamid (Abdelhadi Talbi) sillonnent la campagne marocaine pour collecter des remboursements de crédits contractés par des villageois. S’il dépeint l’état économique de ces territoires reculés et la précarisation de l’emploi qui étreint le pays (les deux agents de recouvrement sont eux-mêmes dans une situation financière délicate), Déserts s’amuse d’abord de l’inadéquation entre ses personnages principaux et…
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Josué Morel
Pourtant précédé d’une rumeur élogieuse, Un Prince de Pierre Creton constitue la première petite déception de ce festival. Il s’agit d’un entrelacs de bouts de scènes plus ou moins liées les uns aux autres, dont les plans sont bercés par des voix-off aux timbres immédiatement reconnaissables (Françoise Lebrun, Mathieu Amalric, Grégory Gadebois). Le dispositif, qui pourrait sembler de loin cryptique,…
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Marin Gérard
Dans un entretien qu'il nous a accordé peu après l'annonce de sa première sélection, Julien Rejl, délégué général de la Quinzaine des cinéastes, insistait sur la mission de contre-programmation de cette sélection parallèle. En découvrant coup sur coup l'ouverture de l'Officielle et celle de la Quinzaine, on comprend ce qu'il voulait dire. Là où Jeanne du Barry croule sous les…
par
Josué Morel
Le nouveau film de Nicolas Pariser, son plus réussi à ce jour, semble de prime abord entretenir une forme de paradoxe : si la mise en scène lorgne ouvertement du côté de la ligne claire de la bande dessinée, le récit organise dans le même temps un assemblage syncrétique de références, de clins d’œil et d’imaginaires divers. À la faveur d’un…
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Corentin Lê
La Montagne de Thomas Salvador reprend le principe de Vincent n’a pas d’écailles, à savoir filmer l’évolution d’un corps au sein d'un espace où l’homme n’a pas toute sa place (auparavant les rivières, désormais les montagnes), mais retarde cette fois, autant que possible, le surgissement du fantastique. Si ce deuxième long met ainsi plus de temps à se lancer, c’est…
par
Thomas Grignon
Si la découverte de Feu follet suscite un réel enthousiaste, c'est peut-être parce que la mise en scène se révèle proprement érotique, au sens où elle repose moins sur un chapelet de scènes affriolantes mises bout-à-bout (ces dernières sont somme toute assez rares) que sur une écriture directement indexée sur le mouvement de corps gagnés par le désir. « Je…
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Josué Morel, Corentin Lê
Cannes, jour 6. Deux de nos rédacteurs discutent de De Humani Corporis Fabrica de Lucien Castaing-Taylor et Véréna Paravel, présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Avec : Corentin Lê et Josué Morel. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.
par
Corentin Lê
De Leviathan à Caniba, où l’anthropophage Issei Sagawa était filmé au plus près de sa chair, le cinéma de Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor n’a cessé d’annoncer De Humani Corporis Fabrica, inspiré de l’ouvrage d’anatomie fondateur d’André Vésale, dont il reprend le titre. Le film se déroule au sein de plusieurs hôpitaux de la région parisienne et s’ouvre sur une…
par
Corentin Lê
Tous les films d’Alex Garland racontent peu ou prou la même chose. Un personnage déboussolé, souvent névrosé, arrive dans un lieu coupé du monde où se produisent d’inquiétants phénomènes (les pièces cachées du laboratoire-prison d’Ex Machina ou encore la « Zone X » d’Annihilation, jungle hostile et psychédélique). Dans Men, Garland opte pour un cadre plus réaliste en ancrant son…
par
Josué Morel
Un beau matin ne convaincra probablement pas ceux qui goûtent peu le cinéma de Mia Hansen-Løve. Un an après Bergman Island, la cinéaste revient avec un récit mêlant deux trames : Sandra (Léa Seydoux) est confrontée au déclin mental et physique de son père (Pascal Gregory), frappé par le syndrome de Benson, tandis qu’elle noue une relation adultérine avec Clément…
par
Marin Gérard
Il arrive parfois qu'après un premier film fauché et remarqué, augurant la naissance d'un regard, suive un deuxième autrement plus onéreux et dont on peine à voir la parenté avec le précédent. C'est le cas de God's Creatures d'Anna Rose Holmer, coréalisé avec Saela Davis, déjà partenaires sur The Fits (Saela Davis en était la monteuse et la coscénariste). Si…