par
Thomas Grignon, Camille Bouthors
Lorsque Miroirs no. 3 commence, on est d’abord un peu perplexe, voire méfiant. Dans une bicoque isolée au bord d’une route de campagne, Betty recueille Laura, victime d’un grave accident de voiture où son compagnon a perdu la vie. La première a des airs de grande bourgeoise déboussolée, façon Marie-Claire chez Bergman ; la seconde est une jeune pianiste berlinoise…
par
Corentin Lê
Couvrant plusieurs décennies de la seconde moitié du XXe siècle, Le Maître du Kabuki raconte l’histoire d’une vie : celle de Kikuo, un prodige du Kabuki, cette forme théâtrale japonaise interdite aux femmes durant le XVIIIe siècle et dont les rôles féminins sont depuis, par tradition, interprétés par des hommes (appelés onnagata). Le récit épouse plus précisément la logique d’un rise…
par
Camille Bouthors
Soit un passage à l'âge adulte, avec son lot d'épreuves, de découvertes, d'amitiés brisées et de traumas à surmonter. Comment donner un peu de chair à ce scénario, plus menacé qu'un autre par le stéréotype ? La Danse des renards ressemble à un petit manuel de solutions, pour la plupart pas très judicieuses. Dans un internat sportif, un jeune boxeur…
par
Marin Gérard
Entre le décor d'un village flottant irakien et l’image granuleuse vignettée aux angles, The President’s Cake ressemble de prime abord à un film contemplatif. Il s’articule pourtant autour d’une mission clairement définie : dans les années 1990, une petite fille, Lamia, est tirée au sort dans sa classe pour apporter un gâteau deux jours plus tard, afin de célébrer comme…
par
Pierre-Jean Delvolvé
Les premières séquences de Que ma volonté soit faite, deuxième long-métrage de Julia Kowalski, font redouter une énième itération d’une stratégie consistant à maquiller, par de petites touches opportunistes, une chronique réaliste en film de genre. Une ferme, une famille marquée par un traumatisme et, très vite, des vaches malades : on pense évidemment à Petit Paysan d’Hubert Charuel. Le…
par
Pierre-Jean Delvolvé
La mort n’existe pas, nouveau long-métrage d’animation de Félix Dufour-Laperrière présenté à la Quinzaine des cinéastes, n’est jamais plus convaincant que lorsqu’il fait de son titre un véritable programme plastique. Ainsi de cette scène où un mouton, dévoré par une meute de loups, gambade de nouveau après que sa chair s'est lentement reconstituée. Résurrections et réapparitions jalonnent l’errance d’Hélène, une…
par
Josué Morel
On l’a souligné en préambule du festival : cette année, presque toutes les sélections cannoises ont choisi de s’ouvrir avec un film français, doublant involontairement leurs différents partis pris de programmation d’un panorama de la production hexagonale. Quel cinéma français choisit-on ? Le chaos de Letourneur, la joie supposément fédératrice de Partir un jour – faux feel good movie, vrai film…
par
Robin Vaz
On sait depuis Oranges sanguines que Jean-Christophe Meurisse se rêve comme le sale gosse du cinéma hexagonal, n’hésitant pas à pousser le plus loin possible les curseurs de l’outrance pour brosser un portrait satirique de la société française. Avec Les Pistolets en plastique, le cinéaste persiste et signe en s’inspirant cette fois-ci de l’affaire Dupont de Ligonnès, qu’il déplie en…
par
Corentin Lê
Frankie, une veuve traumatisée par le suicide de son mari, souffre d’une maladie cognitive qui trouble sa perception du temps et provoque chez elle des absences. Pour l’aider à vivre normalement son quotidien à New York, elle enregistre des cassettes audio avec des indications (scruter l’environnement, être attentif aux détails, imaginer la vie des passants) lui permettant d’éviter les crises.…
par
Corentin Lê
Après l’échec de Jessica Forever, le duo composé par Caroline Poggi et Jonathan Vinel revient avec un film davantage dans les clous. C’est autant une bonne qu’une mauvaise nouvelle : pour viser un public plus large, le tandem s'est délesté à la fois de certains travers et de ce qui faisait sa singularité. Eat the Night témoigne de cet assagissement…
par
Marin Gérard
Good One ressemble de prime abord à un film échappé de Sundance, dont la facture cosmétique n’aurait pas grand-chose à voir avec les autres films indépendants américains présentés cette année à la Quinzaine des Cinéastes (Eephus, Christmas Eve in Miller’s Point), autrement plus singuliers. Musique sirupeuse, découpage d’une grande platitude, paysages filmés depuis une voiture : tous les signaux semblent alors…
par
Fabrice Fuentes
Aux antipodes de Bowling Saturne, film sombre et sec, La Prisonnière de Bordeaux s’avère lumineux et doux. Écrit à plusieurs mains (dont celles de François Bégaudeau), le film dénote dans une filmographie qui nous a habitués à des trouées narratives et des dérèglements pulsionnels. Le cinéma de Mazuy se montre ici résolument tiède, préférant aux élans affectifs indécidables des ressorts psychologiques plus convenus.…
par
Marin Gérard
Au baseball, un « eephus » est une technique de pitcher qui consiste à lancer la balle en cloche d’une façon suffisamment lente pour désorienter le batteur ; bien exécuté, le geste donne même l'impression de suspendre le temps. Premier long-métrage de Carson Lund, Eephus se donne précisément cet objectif. L'action se déroule sur un terrain de baseball qui va bientôt…
par
Josué Morel
L’une des qualités principales du cinéma de Jonás Trueba est aussi son revers : si Septembre sans attendre dégage un certain charme, c’est justement ce dernier qui limite par endroits sa beauté. Les films du jeune cinéaste (enfin, plus tout à fait : la crise de la quarantaine est d’ailleurs ici le soubassement du récit) sont toujours travaillés par le…
par
Robin Vaz
Dans Christmas Eve in Miller's Point, Tyler Taormina pousse la logique du film choral, particulièrement adaptée aux rassemblements de fin d'année (Gens de Dublin, Un Conte de Noël, etc.), jusqu’à atomiser le réveillon de Noël d’une famille italo-américaine (très) élargie en une myriade de petites vignettes. Après quelques minutes, on comprend que cet éclatement sert de principe structurant au film…
par
Fabrice Fuentes
À son image propose comme une forme de contrepoint féminin à Une vie violente. Aux personnages d’indépendantistes corses, De Peretti substitue celui d’Antonia, une jeune photographe en quête de « l’image juste ». Amoureuse d’un membre du FLNC, elle devient le témoin malgré elle du combat politique de son protégé, puis de ses dérives nationalistes, avant d’avoir le courage de…
par
Marin Gérard
Sophie Fillières était une cinéaste-île. Si on peut la rapprocher d’autres auteurs de sa génération, comme les Larrieu (avec qui elle a collaboré sur leur meilleur film, Un homme un vrai) ou Noémie Lvovsky, l’une de ses camarades de la première promotion de la Fémis, ses films ont toujours évolué à part, dans un à-côté du cinéma français : ils ne ressemblaient…
par
Corentin Lê
Puisque le cinéma de Hong Sang-soo compte de nombreuses scènes de questions-réponses avec un réalisateur (Les Amours d’Oki, Un jour avec, un jour sans), autorisons-nous aussi de partir du Q&A organisé par la Quinzaine à l’issue de la projection de De nos jours... lors du dernier Festival de Cannes. Le cinéaste y décrivait l’idée à l’origine de son film :…
par
Clément Colliaux
À quarante-huit ans, Ethéro (Eka Chavleishvili) n’a jamais connu de relations amoureuses. Étreinte par la solitude, elle reste le plus souvent terrée dans sa maison ou sa boutique, jusqu’au jour où elle manque de mourir en tombant dans un ravin. Elle décide alors de ne plus rester dans l’ignorance et débute une idylle avec Mourmane (Teimuraz Chinchinadze), accédant en différé…
par
Corentin Lê, Marin Gérard
Cannes, jour 10 et clap de fin. Deux de nos rédacteurs discutent de De nos jours d'Hong Sang-soo, présenté à la Quinzaine des cinéastes. Avec : Marin Gérard et Corentin Lê. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.