Critikat

A Touch of Sin

par Olivia Cooper Hadjian

Une route de campagne chinoise. Un homme en scooter est stoppé par des fripouilles qui, arme au poing, tentent de le détrousser. Moment de stase. Détonation : en un rien de temps, le conducteur a sorti sa propre arme et transpercé le corps de son agresseur. Non loin de là, dans la ville de Shanxi, alors que la police recherche…

Le Dernier des injustes

par Arnaud Hée

C'était le grand raout hier dans la salle Debussy, pour accueillir le nouveau film de Claude Lanzmann, en présence d'Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, et Valérie Trierweiler, la compagne du président Hollande. On a appris lors de la présentation du film que Thierry Frémaux souhaitait intégrer Le Dernier des injustes à la compétition, invitation déclinée par le cinéaste. Plus…

Shield of Straw

par Arnaud Hée

Takashi Miike revient en compétition officielle, deux ans après Hara-Kiri, mort d'un samourai, remake pas inintéressant du superbe film de Kobayashi, notamment par le travail de rétention de la violence de la part d'un cinéaste plutôt porté sur la frontalité. Shield of Straw ne se situe pas à l'époque impériale mais dans le Japon contemporain. Le cinéaste formule un prologue…

Borgman

par Olivia Cooper Hadjian

Alex van Warmerdam ne fait pas partie des habitués des sélections cannoises – parmi ses huit longs métrages, seul Le P’tit Tony fut présenté à "Un certain regard" en 1998. Malgré la récente ressortie de l’un de ses chefs-d’œuvre, Les Habitants, la présence de Borgman en sélection officielle fut donc une heureuse surprise. En vingt ans, le cinéaste néerlandais n’a…

Les Amants du Texas

par Théo Ribeton

Dès les premières minutes des Amants du Texas – titre français plutôt grotesque, mais on y reviendra –, il faut faire le deuil de l’effet d’annonce monté en épingle ces dernières semaines. Loin, très loin, la largesse romanesque de ce prétendu Bonnie & Clyde malickien, qui s’emprisonne dans une intrigue bien trop ficelée pour laisser le film prendre de l’ampleur,…

L’Image manquante

par Arnaud Hée

Après son face-à-face avec le bourreau d'un peuple (Duch, le maitre des forges de l'enfer, 2011), Rithy Panh parle encore davantage à la première personne dans L'Image manquante, où il dit tout simplement «je». L'auteur de S21, la machine de mort khmère rouge (2002) a toujours noué une relation très personnelle avec son travail autour de la mémoire du Cambodge,…

#6 – Croquis

par Théo Ribeton

Le déluge projette le festival dans une apocalypse torrentielle. Les tenues excentriques, les talons aiguilles, les barbes taillées, les cartons d'invitation – tout ça est somptueusement lavé dans un salmigondis formidable. Les soirées sont annulées. Les festivaliers sont à cran. Des cadavres de parapluies vendus à la sauvette jonchent les rues. Dans la file d'attente d'une pompeuse fête, smokings mouillés…

#5 – Croquis

par Arnaud Hée

Dimanche 20 mai, rue Jean Jaurès, vers 14h30 On sait que pendant le festival, Cannes devient la capitale de toutes les excentricités et audaces. Parfois ça va un peu loin. Par exemple, ce dimanche sont présentés deux documentaires, L'Image manquante de Rithy Panh et Le Dernier des injustes de Claude Lanzmann. L'an dernier, je m'étais beaucoup plaint – j'aime assez…

Jimmy P.

par Théo Ribeton

Jimmy P. (sous-titré « Psychothérapie d’un Indien des plaines » d’après l’ouvrage original) marque le retour d’Arnaud Desplechin sur la figure de Georges Devereux, déjà librement esquissée dans Rois et reine où le thérapeute de Mathieu Amalric, bien qu’incarné par une femme noire, prenait le nom de l’anthropologue. Inversion des rôles : le Blanc reprend la panoplie du savant –…

#4 – Croquis

par Arnaud Hée

Samedi 18 mai, rue Jean Jaurès, vers 17h L'entreprise de démaquillage se poursuit avec beaucoup de sévérité sous l'effet des fortes précipitations ; il ne restera bientôt plus que les os sur la peau du festival. En dehors des aspects les plus tragiques – avoir les pieds mouillés –, il règne une morne ambiance de samedi après-midi dans une ville…

L’Inconnu du lac

par Arnaud Hée

Un parking, des bagnoles, un lac, des mecs, du vent, un bois : voilà ce qui peuple le dernier film d'Alain Guiraudie. Disons-le tout net, c'est ce que nous avons vu de mieux depuis le début d'un festival très aqueux, non pas en raison de la moiteur mais des trombes d'eau qui s'abattent sur la Croisette, ce samedi tout particulièrement.…

Le Géant égoïste

par Olivia Cooper Hadjian

À la fin de la projection de The Selfish Giant, une grande partie de la salle ovationna la réalisatrice et ses trois comédiens, tout le générique durant. L’enthousiasme de l’autre partie du public était peut-être modéré par un trop fort sentiment de déjà vu. En effet, le second long métrage de Clio Barnard n’est pas sans rappeler les incursions de…

Top of the Lake

par Olivia Cooper Hadjian

On pense inévitablement à Twin Peaks face à Top of the Lake, la minisérie dont Jane Campion, lauréate cette année du Carrosse d’or, présenta jeudi les deux premiers épisodes. L’agent Cooper y est transformé en une femme inspecteur, Robin Griffin, qui, de passage dans sa région d’origine, se retrouve à enquêter sur le cas d’une jeune fille de douze ans…

#3 – Croquis

par Arnaud Hée

Avenue Jean Jaurès, vers 22h30 Si à Cannes comme ailleurs, se trouver dans une file sous la pluie tient du désagrément, le phénomène météorologique en lui-même contient quelque chose de réjouissant parce qu'il entraîne un dérèglement très sensible du bel ordonnancement. L'effet est comparable à un épais maquillage qui se mettrait à couler sous les effets des sanglots d'une actrice…

Suzanne

par Théo Ribeton

C’est avec des mots pour le moins élogieux que Charles Tesson, délégué général de la Semaine de la Critique, annonce son film d’ouverture : Suzanne ne mérite certainement pas un ton aussi laudateur, loin de là. Plus normé que la norme, le film de Katell Quillévéré travaille le cliché, au propre comme au figuré : au propre, parce qu’il cueille…

Le Congrès

par Théo Ribeton

Il y a dans la faillite quasi totale du Congrès quelque chose d’étrangement beau, comme le fascinant naufrage d’un navire qui s’obstine à rester à flots, se raccroche à tout, suscitant une curiosité lasse puis une sidération grandissante à mesure que le film s’engloutit sous lui-même. Cela commence comme un Holy Motors du pauvre, où le démantèlement du réel se…