par
Damien Bonelli
Avant de rafler la Caméra d’Or et la Queer Palm, le premier film de Lukas Dhont, Girl avait été accueilli par une standing ovation retentissante lors du premier week-end cannois, qui en a fait d’emblée le chouchou d’Un Certain Regard. Un coup d’essai à l’équilibre pourtant périlleux, puisqu’il repose en grande partie sur les frêles épaules de Victor Polster, récompensé…
par
Thomas Choury
Littéralement borné par deux plans qui se répondent – le premier ouvre le film et montre quatre nouveau-nés braillards sur un chariot de clinique, le second, juste avant l’épilogue, aligne quatre chiots en train de téter leur mère, dans le cabinet d’un vétérinaire – Ayka cède encore, comme de nombreuses œuvres en compétition (Dogman, Les Filles du soleil, BlacKkKlansman) à…
par
Thomas Choury
Ouvert par la confrontation entre un puissant pitbull très menaçant, tous crocs dehors, et le corps fragile d’un homme qui essaye, péniblement de lutter contre sa peur pour laver le molosse, Dogman pouvait presque déjà être clos tant cette séquence introductive contient tout le programme du film, qui se contentera ensuite de le dérouler et l’hypertrophier. Soit, les amours chiennes…
par
Olivia Cooper Hadjian
La nouvelle comédie de Pierre Salvadori débute par une scène qui semble tout droit tirée d’un film policier inspiré de superproductions hollywoodiennes : un flic débarque dans un appartement et y massacre quantité de bandits grâce à sa force et son astuce hors du commun. On découvre alors que ce film dans le film n’est que l’illustration de l’histoire qu’une mère…
par
Olivia Cooper Hadjian
Auteur de plusieurs films documentaires, Ognjen Glavonić réalise avec Teret un premier long métrage de fiction qui témoigne déjà d’une certaine maturité esthétique. On y suit Vlada, qui s’est vu confier la mission de conduire un poids lourd contenant une mystérieuse cargaison du Kosovo à Belgrade, alors que la Serbie est bombardée par l’OTAN – nous sommes en 1999. Peu…
par
Olivia Cooper Hadjian
Si le personnage qui donne son titre à la nouvelle réalisation de Philippe Faucon est un travailleur africain immigré en France, Amin se distingue de nombreux films portant sur le même sujet par un refus de la surdramatisation. Il ne s’agit pas ici d’infliger au spectateur une pesante leçon de morale et d’apaiser ainsi le vague sentiment de culpabilité que…
par
Josué Morel
Vers la fin du film, Zaïn (douze ans) demande au petit Yonas (un an) de rester à un endroit bien précis de la rue où se trouvent les deux bambins livrés à eux-mêmes. Rien à faire : dès que Zaïn s’éloigne, le garçonnet le suit. L’enfant réfléchit puis noue un bout de ficelle autour de la cheville de Yonas, mais…
par
Thomas Choury
Certes, Trois Visages est un hommage à Abbas Kiarostami, tant le film regorge de citations explicites des films du maître de la Nouvelle Vague iranienne, disparu l’an passé – ceci, jusqu’à l’ultime plan, bouleversant à tous les niveaux de lectures. Certes, Trois Visages est une construction cinématographique ingénieuse qui met en abyme la situation judiciaire et politique de son auteur…
par
Damien Bonelli
Cinquième long-métrage d’Alice Rohrwacher, Heureux comme Lazzaro est une fable politique sur la captivité : celle à laquelle sont condamnés, semble-t-il depuis toujours, une cinquantaine de paysans réduits au servage par une aristocrate fin de race, qui règne sur une plantation de tabac séparée du reste de l’Italie à la suite d’une inondation. Ignorant tout de ce qui se passe en…
par
Josué Morel
Burning marque autant le retour de Lee Chang-dong (premier film depuis Poetry) qu’il ne confirme cette année une domination des films à stratégies scénaristiques sur la compétition. Quelle est "l’intelligence" du film ? De glisser, l’air de rien, d’un récit à l’autre. Le film dépeint d'abord les retrouvailles de deux amis d’enfance, Jongsu et Haemi. Lui est un peu éteint,…
par
Thomas Choury
L’hybridité du deuxième long-métrage de la jeune réalisatrice brésilienne Beatriz Seigner semble renforcer l’idée qu’il existe une porosité étonnante entre deux cinématographies géographiquement éloignées : Los Silencios s’ancre profondément dans une esthétique latino-américaine, teintée de motifs sociaux et de saillies merveilleuses – dans la lignée directe du réalisme magique – et emprunte sûrement au rythme patient et hypnotique qui fonde…
par
Raphaëlle Pireyre
Les premiers plans des Éternels suivent Qiao (Zhao Tao, la femme du cinéaste) qui parcourt la ville, jusqu’à un cercle de jeu où elle retrouve son compagnon Bin. Ce dernier, parrain de la pègre locale, traverse souverainement le passage du millénaire. Sur une période longue et en trois actes (2001, 2006, 2016), le film va jouer de ces effets de…
par
Josué Morel
Le premier et le dernier plan d'Under the Silver Lake rejouent, l’air de rien, la même situation : Sam (Andrew Garfield), un jeune homme un peu paumé, se tient devant une inscription (une phrase et un symbole) dont lui seul connaît dans le cas présent la signification. C’est à la fois la limite (le rapport au sens et au signe…
par
Josué Morel
À la moitié du long et déjà fameux plan-séquence en 3D d’Un grand voyage vers la nuit, un petit détail vient mettre en exergue le potentiel certain mais aussi les limites du dispositif : Luo Hongwu, le héros, met au défi deux loubards en train d’agresser la tenancière d’un bar où ils sont en train de jouer au billard. Si…
par
Raphaëlle Pireyre
Rancunier, Lars Von Trier ruminait son bannissement du Festival de Cannes depuis 2011, suite à ses propos ambigus concernant Hitler en marge de la présentation de Melancholia. Son purgatoire prend fin avec ce film en forme de règlement de compte qui retourne en tous sens l’obsession du mal et de la création. Au détour d'une route forestière, Jack (Matt Dillon)…
par
Damien Bonelli
Retour en fanfare à Cannes pour Spike Lee, qui n’avait plus mis les pieds en sélection officielle depuis 1989 avec Do the Right Thing, son meilleur film à ce jour. Un classement que ne risque pas de remettre en cause BlacKkKlansman, qui entérine l’académisme d’un réalisateur persuadé que le cinéma est au service de la cause qu’il s’est choisie, sans se…
par
Josué Morel
En guerre s’ouvre sur une fausse séquence de BFMTV présentant les enjeux du récit : en dépit d’un engagement de la part de la direction d’une entreprise automobile, la fermeture d’une usine est violemment annoncée, provoquant la colère de ses salariés et des syndicats. Le détail a son importance et ne tient pas qu’à la volonté manifeste de Brizé d’inscrire…
par
Josué Morel
C’est une scène située vers la fin du film, une petite scène en apparence anodine qui renseigne toutefois beaucoup sur le chemin parcouru par Asako, jeune fille tiraillée entre deux garçons au même visage. À ce stade du récit elle a déjà choisi, mais la réunion avec l’être aimé reste encore à accomplir. En visite chez des amis, assise dos…
par
Olivia Cooper Hadjian
Le premier long métrage de Marie Losier, The Ballad of Genesis and Lady Jaye, était si beau que l’on pouvait aborder le deuxième avec une certaine appréhension, d’autant plus qu’il marque une évolution dans sa pratique – la cinéaste travaille ici pour la première fois avec une production et une monteuse. On retrouve pourtant dans Cassandro the Exotico ! les mêmes…
par
Raphaëlle Pireyre
On pourrait ne voir dans Nos batailles qu’un drame social de plus. Caméra à l’épaule proche des personnages pour un sujet autant social (une usine d’empaquetage de type Amazon dans laquelle Romain Duris, chef d’équipe syndiqué, lutte contre le management sauvage de sa direction) et familial (sa femme déserte le foyer sans préavis), il serait facile de n’y voir qu’une…