par
Sylvain Blandy
Alors qu’en cette fin d’année le ciné-club de la revue fait la part belle aux fantômes et autres revenants, et après avoir fait cause commune avec les zombies de Romero dans le sommaire du mois dernier, la rédaction poursuit son dialogue avec l’outre-tombe à l’occasion de l’exposition "Vampires, de Dracula à Buffy" qui se tient ces jours-ci à la Cinémathèque Française.…
par
Sylvain Blandy
Pour les besoins du tournage d’un petit film amateur, Matthias (Gabriel d’Almeida Freitas) et Maxime (Xavier Dolan) sont contraints d’échanger un baiser. Véritable déflagration, il suscite en chacun des deux amis un trouble dont le film s’efforcera de suivre la trace, en enregistrant la façon dont il ébranle les certitudes les mieux installées (l’orientation sexuelle des personnages, l’opportunité du départ…
par
Sylvain Blandy
Il serait malaisé de situer Alice et le maire sur le continent largement balisé du film prenant « l’arène politique » pour objet. Il se dérobe à certains traits caractéristiques du genre et, notamment, sur le terrain attendu de l’antagonisme entre idéalisme et pragmatisme, au récit d’initiation alliant fascination pour les rites du pouvoir et perte de l’innocence. Nul cynisme ici, plutôt le constat mesuré d’un ensemble d’« écarts » qui minent l’exercice du pouvoir ;…
par
Sylvain Blandy
« La grande noirceur » : le titre original du nouveau film de Maxime Giroux (après Félix et Meira, sorti en 2015) reprend une expression par laquelle on surnomme communément au Québec la période de l’immédiat après-guerre ; la notion s'est construite rétrospectivement, par contraste avec la génération de la Révolution tranquille qui la désigne ainsi comme un repoussoir, une…
par
Sylvain Blandy
Dans une scène à mi-chemin de Halte, l’un des personnages s’assied longuement devant un gramophone d'où s'échappe une musique aux distorsions électriques chaotiques puis devant un tableau dont on ne perçoit pas les couleurs, mises à part des nuances de gris. Une psychologue l’interroge sur ses impressions. Quelle est donc la couleur principale du tableau ? Le personnage répond : rouge.…
par
Sylvain Blandy
L’acteur Vincent Cassel s'irritait récemment sur Instagram du formatage des affiches de comédies populaires françaises, invariablement titrées en jaune sur fond bleu (au moins depuis le succès de Bienvenue chez les Ch’tis). Dès l’ouverture d’Ibiza, qui consiste en une succession de plans sur les hôtels de luxe de l’île et les festivités qu’ils accueillent, cette même palette de couleurs saturées…
par
Sylvain Blandy
Si le générique d'un film peut avoir vocation à introduire l’intrigue (en reconstituant, par exemple, la généalogie d’une action ou en l’inscrivant dans une chaîne de cause à effet), il peut également annoncer un programme. Cas extrême : Mission Impossible et son générique qui déroule à grande vitesse la totalité du récit à venir. Plus généralement, le film d’action apparaît…
par
Sylvain Blandy
« Des jouets qui se racontent des histoires » : c’est ainsi que l’on est tenté de traduire le titre de la saga. Là où le dernier volet s’ouvrait encore dans le jeu, soit la projection d’un imaginaire d’enfant (de nature cinématographique : il s’agissait de sauver l’équipage d’un train dans un décor de western), Toy Story 4 débute sur…
par
Sylvain Blandy
Les vives réactions suscitées par la projection de Mektoub, My love : Intermezzo invitent à aborder le film avec prudence. S'il est difficile de ne pas faire cas des nombreuses problématiques qui ont été soulevées ici et là, elle seront traitées en temps et en heure, avec le recul nécessaire, loin du tumulte qu'implique le rythme intense d'un festival. Nous…
par
Sylvain Blandy
Pour les besoins du tournage d’un petit film amateur, Matthias (Gabriel d’Almeida Freitas) et Maxime (Xavier Dolan) sont contraints d'échanger un baiser. Véritable déflagration, il suscite en chacun des deux amis un trouble dont le film s'efforcera de suivre la trace, en enregistrant la façon dont il ébranle les certitudes les mieux installées (l'orientation sexuelle des personnages, l'opportunité du départ…
par
Sylvain Blandy
Share, premier film de l'américaine Pippa Bianco, décrit les tourments d'une jeune fille (Rhianne Barreto) suite à la diffusion d'une vidéo enregistrée lors d'une soirée dont elle ne se rappelle rien et qui laisse penser qu'elle a été abusée sexuellement. Le film s'ouvre sur un fond noir, balayé par des nappes de lumière de diverses couleurs, sur lequel se détachent…
par
Sylvain Blandy
Curieux objet que le dernier film des Frères Dardenne qui, posant d’emblée la « radicalité » du jeune Ahmed comme une donnée brute, ne cherchera jamais à l’inscrire dans un faisceau d’indices susceptibles de l’expliquer ou de la discuter. Si l’on connaît au garçon un cousin emporté par le djihadisme et un père absent, le film se dérobe d’autant plus…
par
Sylvain Blandy
Il serait malaisé de situer Alice et le maire sur le continent largement balisé du film prenant « l’arène politique » pour objet. Il se dérobe à certains traits caractéristiques du genre et, notamment, sur le terrain attendu de l’antagonisme entre idéalisme et pragmatisme, au récit d’initiation alliant fascination pour les rites du pouvoir et perte de l'innocence. Nul cynisme ici, plutôt…
par
Sylvain Blandy
Pour rendre compte de l’architecture de L’Esprit Le Corbusier, il faut prêter attention aux lignes tracées par les séquences qui bordent le film. L’ouverture et la conclusion ont en commun de présenter en quelques plans l’église Saint-Pierre de Firminy, ouvrage de béton achevé en 2006 sur les plans du Corbusier. On parcourt d’abord l’édifice de l’intérieur, suivant un mouvement descendant…
par
Sylvain Blandy
"J’ai changé les plaquettes de frein et le liquide de refroidissement. 350 € chez Norauto". Prononcés par François Ruffin, ces quelques mots font écho à ce qui a été présenté comme l’élément déclencheur de l’irruption des gilets jaunes : la hausse du prix du carburant, avec pour corollaire la perte en mobilité des habitants du périurbain. En amorce du film,…
par
Sylvain Blandy
Tout ce que le ciel permet (Douglas Sirk, 1955). Carey (Jane Wyman) est veuve. On lui refuse la couleur. Le rouge sur sa robe est l’objet du scandale – "that color becomes you" l’avertit l'un de ses prétendants –, peut-être plus encore que l’homme dont elle s’est éprise et qu’elle présente à ses connaissances lors d’une soirée mondaine. Ron (Rock…
par
Sylvain Blandy
Au début du film, Anna (Noémie Schmidt), vêtue d’un chemisier à motif d’oiseaux, s’arrête dans l’escalier en colimaçon du restaurant où elle travaille pour observer, à travers les pans d’une baie vitrée, des "âmes en peine" ou peut-être de simples enveloppes corporelles errer, éparses, apparemment sans but. Qu’arrive-t-il à Anna, cette jeune parisienne en bisbille avec son copain ? Elle…
par
Sylvain Blandy
Au début du film, Nanni Moretti met en scène son propre regard. Surplombant Santiago, il est cadré de dos dans un plan verticalement strié de plusieurs lignes : le ciel, la crête d’un massif montagneux, la brume qui recouvre une bande de tissu urbain et un mur qui, se trouvant devant le réalisateur, scinde également le plan dans la profondeur.…
par
Sylvain Blandy
Par son titre, Vice interroge d’emblée un rapport problématique entre une fonction (celle de vice-président des États-Unis, exercée par Dick Cheney entre 2001 et 2009) et un certain "défaut" (car le vice, avant d’être un penchant pour l’immoralité, désigne d’abord une imperfection). En dressant le portrait de ce "faucon" néoconservateur, figure majeure de la "guerre contre la terreur" post-9/11, le…
par
Sylvain Blandy
Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? s’ouvre sur un générique programmatique : constitué d’une série de cartons, véritable patchwork de couleurs où chaque personnage est annoncé par des attributs spécifiques (par exemple, une menorah pour le personnage de David Benichou), il se clôt sur la forme d’une maison, laquelle se confond dans un fondu avec la demeure…