Critikat

Mademoiselle et son bébé

par Ophélie Wiel

Imaginait-on en 1939 que la petite rouquine au sourire coquin dont le plus grand danseur de tous les temps tombait amoureux film après film pouvait exister sans son partenaire? Ginger Rogers pouvait-elle conquérir le cœur du public sans Fred Astaire ni chansons? La réponse ne s'est pas faite attendre: Mademoiselle et son bébé, petite comédie romantique sortie la même année…

Coffret John Cassavetes

par Ophélie Wiel

En l'espace de vingt-sept ans (1959-1986) et seulement dix films (dont nous excluons volontairement les productions hollywoodiennes), John Cassavetes a révolutionné le cinéma. À une époque où nouvelles vagues en tous genres et en tous pays faisaient rage de leur jeunesse, il se servit de cette grande liberté retrouvée pour créer un univers reconnaissable entre tous et néanmoins différent de…

Le Cygne noir

par Ophélie Wiel

Le «film de pirates» est un sous-genre qui eut son heure de gloire à Hollywood et mourut, comme bien d'autres, de sa belle mort avant qu'on fasse mine de le ressusciter avec le très médiocre Pirates des Caraïbes. Peu de grands films nous en sont restés, mais Le Cygne noir, avec L'Aigle des mers, Capitaine Blood ou À l'abordage!, est…

River to River Florence Indian Film Festival, 8e édition

par Ophélie Wiel

Il fait plutôt beau à Florence en ce premier week-end de décembre, mais les spectateurs se pressent devant le superbe cinéma Odéon, en plein cœur de la ville pour découvrir le troisième film d'un jeune cinéaste canadien d'origine indienne, Amal, tourné en 2007 à New Delhi... La salle est quasiment pleine lorsque le film commence: une belle récompense pour l'initiatrice…

Les Sept Femmes de Barberousse

par Ophélie Wiel

Quand il tourne Les Sept Femmes de Barberousse en 1954, Stanley Donen a trente ans et déjà six films au compteur, dont deux ont révolutionné la comédie musicale: Un jour à New York (On the Town, 1951) et Chantons sous la pluie (1953). Il a dirigé Gene Kelly, Frank Sinatra et Fred Astaire. Et pourtant, la MGM ne lui fait…

Les Implacables

par Ophélie Wiel

Les Implacables (The Tall Men en anglais, référence à la chanson interprétée par Jane Russell) est le 128e film de Raoul Walsh, cinéaste prolifique qui avait pris pour habitude de réaliser deux films par an – si ce n'est plus. Walsh avait entamé sa carrière derrière la caméra dans les années 1910, aux côtés de David W. Griffith. C'est peu…

Jodhaa-Akbar

par Ophélie Wiel

Près d'un an après sa sortie en Inde, la nouvelle production du seul cinéaste indien qui semble quelque peu intéresser les distributeurs français arrive enfin timidement sur nos écrans, par le biais de quelques séances spéciales au cinéma et d'un triple DVD au demeurant très riche. Ashutosh Gowariker, réalisateur de Lagaan et de Swades – dont nous avions vanté les…

Richard III

par Ophélie Wiel

Richard III est le dernier volet des adaptations de Shakespeare réalisées et interprétées par Laurence Olivier après Henry V (1944) et Hamlet (1948). Acteur célébré au cinéma, Olivier était surtout connu en Grande-Bretagne comme comédien de théâtre et héritier d'une longue lignée shakespearienne. Son succès croissant sur grand écran ne le détacha jamais des planches, auxquelles il consacra sa carrière.…

Excalibur

par Ophélie Wiel

Arthur, Morgane, Lancelot, Galahad, Guenièvre: des noms magiques qui résonnent depuis la nuit des temps dans les forêts bretonnes, anglaises ou irlandaises, selon les légendes, les cultures ou les auteurs... De Chrétien de Troyes, premier romancier français qui narra l'épopée de Lancelot, aux Monty Python qui firent combattre le roi Arthur avec les chevaliers qui disent «ni» ou des lapins…

La Lettre

par Clément Graminiès, Ophélie Wiel

Adapté du romancier Somerset Maugham par le scénariste de Casablanca, Howard Koch, La Lettre est le deuxième film que tourna Bette Davis avec le réalisateur multi-oscarisé William Wyler, deux ans après L'Insoumise (Jezebel, 1938) et un an avant La Vipère (Little Foxes, 1941). Si le rôle tenu par la comédienne joue sur les mêmes registres que ces deux productions, le…

High School Musical 3

par Ophélie Wiel

Zac and Vanessa are back! Les petites minettes de 4 à 9 ans en trépignent d'avance: pour la troisième fois, elles vont pouvoir glousser devant les mièvreries de leurs ados préférés et les entendre enfin bêler leurs problèmes existentiels sur grand écran, par la magie marketing de leur cher tonton Disney, forcément ravi que les deux précédents opus aient été…

La Danse de l’enchanteresse

par Ophélie Wiel

Un haussement de sourcil, et c'est l'étonnement. Une main qui glisse délicatement sur le cœur, et c'est l'amour. Un tic des lèvres, et c'est l'effroi. Qu'elles sont attentives ces jolies petites danseuses, buvant les paroles de leur maître et ravies de l'impressionner par leurs pas précis et mesurés, leur élégance naturelle et leur réserve discrète! Né de la collaboration fructueuse…

Brigitte Chataignier

par Ophélie Wiel

De passage à Paris pour la promotion de son premier long métrage, La Danse de l'enchanteresse, la danseuse Brigitte Chataignier nous parle de son expérience au Kerala, en Inde, de son apprentissage du mohini attam et de sa collaboration avec le grand réalisateur kéralais Adoor Gopalakrishnan. Racontez-nous votre découverte de l'Inde et du mohini attam. À l'origine, je suis devenue…

Le Malin / Au-dessous du volcan

par Ophélie Wiel

On connaît bien le John Huston des Désaxés, du Faucon maltais ou de La Nuit de l'iguane. Plus discret à la télévision comme en DVD, voici que ressurgit grâce à Carlotta le Huston des derniers films, réalisés à la fin des années 1970 ou 1980, à l'aube de la disparition du cinéaste, en 1987. Deux films, deux occasions de découvrir…

La mort n’était pas au rendez-vous

par Ophélie Wiel

Nouvelle rareté présentée aux cinémas Action: si La mort n'était pas au rendez-vous - titre français plutôt intéressant face au sobre Conflict américain - bénéficie de la présence charismatique d'Humphrey Bogart et du label Warner, son cinéaste, Curtis Bernhardt, est pour le moins inconnu, même des cinéphiles. Polar de facture assez classique, mais pour autant jamais banal, ce film de 1945 présente…

Macao

par Ophélie Wiel

Tourné en 1952, Macao est un des derniers films de Josef von Sternberg, qui, après The Shanghai Gesture (1941) avec Gene Tierney, ne réalisa réellement aucune œuvre marquante. Peut-être l'Hollywood d'après-guerre ne convenait-il pas au cinéaste d'origine allemande, adepte des clairs-obscurs expressionnistes et d'un glamour exotique en noir et blanc destiné à sublimer la beauté énigmatique de son égérie, Marlene…

Parlez-moi de la pluie

par Ophélie Wiel

Pour éviter d'être accusés de mauvaise foi ou de subjectivisme mal placé, constatons de prime abord qu'il fut un temps où nous aimions beaucoup Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Leurs scénarios cynico-percutants relevaient le niveau cinématographique de films a priori inconsistants comme Un air de famille ou Cuisine et dépendances, devenus des recueils de répliques cultes. Leur style décalé convenait…

Pygmalion / The Browning Version

par Ophélie Wiel

Qui connaît Anthony Asquith? Presque plus personne, et pourtant l'éditeur Carlotta, dont le travail quasi archéologique n'est plus à prouver, a bravé l'incognito de ce réalisateur britannique aux 42 films (s'étalant du muet aux années 1960) pour nous présenter ses deux œuvres les plus importantes: Pygmalion, adaptation de la célèbre pièce de George Bernard Shaw (1938), et The Browning Version,…

La Belle de Moscou

par Ophélie Wiel

On connaissait Haute société, le remake musical tant décrié du chef-d'œuvre de Cukor, Indiscrétions; on connaît moins La Belle de Moscou, comédie musicale "inspirée" (en fait presque copiée-collée dans le scénario) de Ninotchka (autre chef-d'œuvre, de Lubitsch cette fois). Presque vingt ans séparent le film où «Garbo rit» des pas de Fred Astaire et Cyd Charisse; la Seconde Guerre est…

À l’est d’Eden / La Fureur de vivre

par Ophélie Wiel

À l'est d'Eden, réalisé par Elia Kazan, premier film de James Dean, et La Fureur de vivre, de Nicholas Ray, ont bien plus en commun que la simple présence du comédien. Ils sont avant tout le symbole de ces étonnantes années 1950, où l'Amérique triomphante commence à subir les contrecoups d'une contestation qui culminera au temps de la rébellion douce…