Critikat

My Girlfriend’s Wedding

par Mathieu Macheret

Survivance édite en DVD les deux premiers volets de la trilogie séminale de Jim McBride (Le Journal de David Holzman, My Girlfriend's Wedding et Pictures From Life's Other Side). Le Journal de David Holzman (1967), démontage ironique du cinéma-vérité par la mise en fiction de ses codes, fut déjà conséquemment chroniqué en ces pages lors de sa sortie en juillet…

Un été brûlant

par Mathieu Macheret

Le dernier film de Philippe Garrel, trois ans après La Frontière de l'aube, est zébré de beautés fulgurantes. C'est indéniable. On en ressort pourtant avec une drôle d'impression. La crainte que quelque chose se soit perdu en chemin. L'impression que le film bégaie, que Garrel fait du surplace. Qu'il se film-du-milieu-ise. Qu'Un été brûlant ressemble un peu par-ci à du…

Los Herederos, les enfants héritiers

par Mathieu Macheret

Eugenio Polgovsky, jeune cinéaste mexicain, a traîné sa caméra dans six provinces mexicaines pour filmer les enfants au travail. Il en tire un documentaire saisissant et obstiné, traduisant dans sa forme, sans commentaire ni pathos, le cercle vicieux où tournent sans fin, génération après génération, les habitants des campagnes les plus pauvres, sortes d'héritiers déshérités. La caméra de Polgovsky se…

4h44, dernier jour sur Terre

par Mathieu Macheret

Les journaux télévisés sont formels. Quelque robinet à images qu’on ouvre, la même information est ressassée jusqu’à plus soif, dépliée, commentée, discutée : l’extinction finale du monde est prévue à l’heure fatidique de 4h44. Dans un vaste appartement surplombant la métropole, un couple, entre sérénité suspecte, relents d’angoisse et résignation zen, reçoit les nouvelles du monde. Leur espace est truffé…

The Sword Identity

par Mathieu Macheret

Cet après-midi, à Venise, nous avons vu un wu xia pian. C’est l’un des grands régals du festivalier à la Mostra, que d’accéder aux nouveautés de genre asiatiques, dont beaucoup ne sortiront probablement jamais en salles. L’année dernière, le Détective Dee de Tsui Hark nous avait ravis. The Sword Identity est le premier film d’un romancier spécialiste des arts martiaux,…

Warriors of the Rainbow : Seediq Bale

par Mathieu Macheret

Passé une première vague de surprise devant ces guerriers aborigènes chassant dans les montagnes centrales de Taiwan avant l’occupation de l'île par les Japonais, et une première scène enlevée, il ne reste plus grand-chose à se mettre sous la dent, durant les deux bonnes heures et demie de métrage. Warriors of the Rainbow, signé Wei Te-Sheng et produit en partie…

Vacances à Paris

par Mathieu Macheret

Cette délicieuse comédie de 1958, quatrième film de Blake Edwards, appartient à sa toute première période et précède de peu les grands chefs-d'œuvre à venir (Diamants sur canapé, Le Jour du vin et des roses, La Panthère rose). On en jouit doublement. D'une part, on assiste aux aurores d'un stupéfiant talent comique, à cet âge ingénu où il ne se…

La Planète des singes : Les Origines

par Mathieu Macheret

Dix ans après le reboot foireux de Burton qui l'avait laissée moribonde, La Planète des singes revient sous forme d'un prequel. Le roman de Pierre Boulle, fidèlement porté à l'écran par Franklin J. Schaffner en 1968, se présentait comme le rêve fantastique d'un pilote américain se retrouvant, au terme d'un vol, sur une planète dominée par des singes tyrans. Son…

En ville

par Mathieu Macheret

En ville est un film aussi curieux qu'irritant. Peut-être doit-il cette ambivalence à la nature bicéphale de sa conception : il est le fruit de deux cinéastes, d'une femme et d'un homme, l'une confirmée et l'autre débutant, Valérie Mréjen et Bertrand Schefer, la première venant des arts plastiques, de la vidéo et du court-métrage, le second de la philosophie, de…

Il n’est jamais trop tard

par Mathieu Macheret

Tom Hanks, pour son second passage derrière la caméra depuis That Thing You Do ! (1996), s'évertue à faire passer la pilule de la crise économique en la greffant sur le mythe américain, si fécond en récits, du « reborn » – ou, si l'on veut, du phénix qui renaît de ses cendres. Sachez, victimes de la crise, qu'un licenciement…

Que l’arbre ne cache pas la forêt

par Mathieu Macheret

Le palmarès est un mal nécessaire. La justice qu'il rend est trop rare pour être avérée. Bien souvent, il lance le signal de discussions infinies et de protestations quant à son bien-fondé. Avec lui, tout se passe comme si un second festival recommençait, comme s'il fallait immanquablement rejouer le match. En fait, son rôle n'est pas tant de clore que…

We Need to Talk about Kevin

par Mathieu Macheret

Dans le cadre du cinéma d'auteur international qu'on dit novateur, on trouve, pour quelques films originaux, beaucoup d'autres qui courent après l'originalité comme des dératés. Le troisième long-métrage de Lynne Ramsay fait partie de ces tentatives wannabe. Il nous invite d'abord à partager la subjectivité perturbée d'Eva (Tilda Swinton, dans son rôle connu de grande tige déphasée, déjà tenu dans…

Cannes 2011

par Mathieu Macheret

Il faut bien le reconnaître : la précédente édition du festival de Cannes nous avait laissés sur notre faim. Entre une Quinzaine des Réalisateurs en pleine crise d'identité et une Compétition Officielle maintenue sous respirateur par une invraisemblable accumulation de bouses (entre Soleil trompeur 2 de Nikita Mikhalkov et La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier, entre La Nostra Vita…

Le Dilemme

par Ariane Beauvillard, Mathieu Macheret

Il faut bien avouer que l'on attend peu de Ron Howard : prince du conformisme, roi depuis quelques années de l'adaptation de succès de librairie, le réalisateur tente cette fois de marcher sur les traces de Judd Apatow sans réussir à masquer ses pires travers. De clichés sociaux et narratifs en numéros comiques étirés jusqu'à la corde, le réalisateur que…

Je veux seulement que vous m’aimiez

par Mathieu Macheret

On n'a pas fini d'explorer l'œuvre de R.W. Fassbinder. Régulièrement, il en ressort une pépite oubliée, laissée de côté par le flux de sa productivité surhumaine. En tournant parfois jusqu'à sept films par an, Fassbinder prenait tout le monde de vitesse, y compris son public. Aujourd'hui, trente ans après sa mort, nous lui courons toujours après. Gageons qu'il faudra encore…