Critikat

10.000 Km

par Marianne Fernandez

Qu’est-ce que l’absence et comment lui donner corps à l’écran ? C’est à cela que tente de répondre 10.000 km, qui filme la distance s’immiscer au sein d’un couple séparé par l’océan. Encadré par deux scènes qui seules matérialisent l’amour de Sergi et Alex (elles mettent en scène la présence des personnages l’un à l’autre), ce premier film espagnol enregistre…

Dear White People

par Marianne Fernandez

Rapporté de Sundance 2014 dans les bagages du distributeur Happiness, Dear White People se présente a priori comme un choix risqué. Si les références à la culture afro-américaine qui en constituent le cœur nous sont familières pour la plupart, Prince de Bel-Air en tête, reste qu’un certain nombre d’autres, du South Side de Chicago au tabou constitué par le mot…

Le Dernier Coup de marteau

par Marianne Fernandez

Si l’habitude en France voit souvent les films s’allonger avec l’expérience de leurs réalisateurs, c’est en premier lieu par sa concision que Le Dernier Coup de marteau surprend – deuxième film d’Alix Delaporte après le sensible Angèle et Tony en 2010. Cette nouvelle fiction en réunit les deux principaux interprètes (le couple Clotilde Hesme / Grégory Gadebois) et l’essentiel des…

À 14 ans

par Marianne Fernandez

Les cinquante « nuances » de l’amour et du sexe arrivées en masse sur nos écrans il y a quelques jours ont attiré en salles plusieurs millions de spectateurs, regroupés tous dans l’ombre de la spectatrice adolescente et ses copines, friandes de chick lit. Quelques jours plus tard, de façon amusante, À 14 ans en est comme le contre-champ tourné…

Max et Lenny

par Marianne Fernandez

Pour l’une, c’est la danse hip hop ; pour l’autre il faut rapper. À chaque fois, l’adolescence au féminin, âge des possibles et prise de liberté sur le monde. On se souvient de la jeunesse heurtée aux murs de Fish Tank ; ici le cadre n’y ressemble qu’en partie. C’est bien ce qui cristallise l’ambivalence adolescente : la ville de…

Casting sauvage

par Marianne Fernandez

Habitué des projets à budget modéré qu’il peut accompagner en production comme en distribution, le collectif Commune Image a pour marque de fabrique l’énergie débrouillarde des cinéastes qu’il soutient. Les idées souvent audacieuses mises en place par les films, corollaires de la petitesse des moyens dont ils disposent (ce qu’on généralise habituellement par la caution « do it yourself »),…

Fidelio, l’odyssée d’Alice

par Marianne Fernandez

Ses omoplates saillantes brillaient à l’affiche d’Attenberg et c’est de nouveau par les curiosités du corps que la composition d’Ariane Labed fait des étincelles dans un premier long-métrage. Dès l’ouverture du film, la protagoniste Alice semble se mouvoir avec spontanéité et indépendance, naturel en somme, dans son rapport aux autres notamment. C’est cette magnifique actrice une fois de plus (qui…

La Terre éphémère

par Marianne Fernandez

Sur les îlots éphémères de l’Inguri, en Abkhazie (région indépendante de la Géorgie depuis 1992, reconnue par six États uniquement, Russie comprise), émergeant au printemps avec la baisse du niveau de l’eau, les paysans font pousser les récoltes qui leur permettront de vivre et nourrir leurs familles pendant le reste de l’année. Tel est le cas du vieil homme qui…

34e Festival d’Amiens

par Marianne Fernandez

Il est difficile de faire des ponts entre les films d’une compétition comme celle du Festival d’Amiens, dont c’était cette année la 34ème édition. Tourné avant tout vers le public régional, auquel il apporte des films encore inédits (et pour certain à la perspective assez incertaine de trouver un distributeur en France), le festival propose des films venus d’un peu…

White God

par Marianne Fernandez

Après la Grèce, voilà la Hongrie qui, avec White God et cet étrange film présenté cette année à Cannes (Un Certain Regard), semble à son tour se saisir de la crise politique voire sociale qu’elle traverse pour offrir un cinéma proche de la fable, à la limite du fantastique. Et du malaise. Pourtant White God a tout pour plaire :…

Respire

par Marianne Fernandez

On connaît Mélanie Laurent l’actrice ; son premier long-métrage, Les Adoptés (2011) n’avait pas encore suffi à faire de la jeune femme une réalisatrice reconnue, en raison de sa confondante naïveté sans doute. Malgré un résultat honorable au box-office, ce triste film qui était d’une ingénuité presque touchante est rapidement passé aux oubliettes. Comment, après ce forfait, Respire a-t-il pu…

Fièvres

par Marianne Fernandez

Qu’est-ce qu’un film de banlieue ? Une empreinte sociologique dans les marges du cinéma français, ou un genre à part entière ? Au moment où sort Fièvres, le troisième long-métrage de Hicham Ayouch après notamment Fissures en 2009, la bande de filles de Céline Sciamma propose une déclinaison, ou une relecture (en l’occurrence grand public, bien plus lisse) du mythe…

Tuer un homme

par Marianne Fernandez

La structure de Tuer un homme est construite avec une régularité de métronome. Entre les différentes vagues d’intensité qui mènent au programme annoncé par le titre et au-delà, trône le visage impassible du protagoniste Jorge. D’abord père de famille sans histoire, il voit son quotidien calme et tranquille chamboulé un jour où un petit caïd de son quartier, Kalule, le…

La Paz

par Marianne Fernandez

Jeune homme désemparé issu d’une famille bourgeoise argentine, Liso sort, quand commence La Paz (l’apaisement, objectif annoncé), d’un internement psychiatrique dont on connaîtra bien plus les conséquences que les causes. De la dépression voire du trouble mental, Santiago Loza donne à voir l’état transitoire, de réadaptation au monde, de reconquête progressive du quotidien. Bien sûr le caractère bourgeois de la…

Les Combattants

par Marianne Fernandez

Ces combattants du titre, symboles d’une génération en proie au désarroi qui occupe le cinéma français depuis peu, sont autant faits de poings serrés que de boules d’émotions. Ce sont deux jeunes gens perdus à l’heure de la crise, du manque de débouchés et du chômage. Diplômée en macroéconomie (car le mot en impose, et surtout ancre le personnage dans…

J’arrête quand je veux

par Marianne Fernandez

Chez les exportateurs de films, le résultat au box-office national est bien sûr un fort argument de vente. Voilà comment, au-delà du radar cinéphile des Festivals et du réseau art-house, mais aussi des groupes multinationaux, des comédies nationales s’exportent en vertu de leur succès à domicile. Ce fut le cas d’Intouchables ou Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?,…

Palma Real Motel

par Marianne Fernandez

Dans sa version originale, Palma Real Motel avait le bon sens d’annoncer les heures mortes à venir (Las Horas Muertas est le titre original de ce second long-métrage mexicain, sous-titré d’ailleurs à l’écran « les heures creuses »). Il n’est d’abord question que d’ennui dans ce film qui voit Sebastián, jeune homme d’à peine dix-huit ans, s’occuper du motel de…

Tanta Agua

par Marianne Fernandez

On connaît du cinéma uruguayen un goût pour la fantaisie privée, couplé à une représentation terre-à-terre du réel et un intérêt appuyé pour le quotidien. Une attention toute particulière, en somme, pour les plus petites particules de l’individualité de chacun, qu’elles s’incarnent dans la plus grande banalité ou dans de brusques éclats d’originalité. Tanta Agua, le premier long-métrage d’un duo…

Two Hundred Thousand Dirty

par Marianne Fernandez

Malgré une ouverture assez bien mise en scène, qui semble astucieuse en tout cas, et qui condamne comme un couperet ses personnages à la lose à laquelle ils feront face tout au long du film, Two Hundred Thousand Dirty tombe très vite dans le piège du manque d’inventivité. Des idées pourtant le réalisateur, scénariste, monteur et producteur de ce petit…

Je ne suis pas lui

par Marianne Fernandez

Par l’intermédiaire d’un jeu de rôles entre ses personnages et acteurs, Tayfun Pirselimoğlu pose avec Je ne suis pas lui une interrogation sur l’identité et le désespoir dont les motifs sont proches de l’absurde. Le pessimisme et l’atonie du film sont d’abord ceux de son protagoniste, et ils gagnent finalement toutes les nuances du métrage. On a là un air…