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Josué Morel
"Ne pas donner de sens au film mais faire des films pour les sens" : c’est l’un des mantras de l’écurie Kourtrajmé, dont Romain Gavras fut avec Kim Chapiron la figure de proue. Le monde est à toi (titre qui rappelle évidemment le "The world is yours" de Scarface) aurait peut-être gagné à appliquer véritablement cette injonction adolescente, un peu…
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Josué Morel
Le Livre d’image s’ouvre sur une main, une main blanche qui se dessine sur un fond noir, l’index levé, avant qu’une autre, quelques plans plus loin, s'attelle à monter une bobine. Résonne alors un bout de Cossacks Are, un morceau de Scott Walker, dont le nom est cité par la voix-off en anglais qui recouvre le morceau. Il n’est pas…
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Josué Morel
Il apparaît comme ça, l’air de rien, au détour d’un raccord et encadré par une fenêtre, posant une question au personnage principal, Robert Tassen (Gaspard Ulliel), un jeune militaire français qui a survécu au massacre de son régiment. Son entrée dans le film semble si étrange que l’on se demande si son personnage est réel ou s’il appartient au territoire…
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Josué Morel
Yomeddine raconte le voyage de Beshay, un lépreux tout juste veuf qui décide de partir à la recherche de sa famille en compagnie d’Obama, un petit orphelin nubien. Le film pèse à peu près aussi lourd (sinon plus) que son argument de départ, et permet de déplier un programme attendu, entre galerie de freaks ("Je suis un être humain !"…
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Josué Morel
Rafiki, premier film kényan présenté à Un Certain Regard, s’inscrit à la croisée de deux genres largement investis dans la fiction contemporaine : le coming of age movie et la romance interdite (ici, deux jeunes filles qui tombent amoureuses l’une de l’autre dans une société religieuse et homophobe). Il y a une forme de paradoxe dans la manière dont le…
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Josué Morel
Bang, bang : ce sont deux coups de feu inattendus qui font définitivement basculer l’horizon narratif des Oiseaux de passage. Cette double détonation intervient alors que le film s’est d’abord attelé à l’observation d’une communauté et de ses rites (une famille Wayuu, peuple indigène qui vit dans la Guajira, au nord de la Colombie) par le truchement d’un jeune homme en…
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Josué Morel
Si l’on serait bien en peine de relever un plan frappant dans Everybody Knows, le nouveau film d’Asghar Farhadi, on pourrait toutefois recomposer a posteriori sa dramaturgie par la seule évocation des nombreux sons marquants qui essaiment l’avancée du récit. Le tic-tac d’une horloge (suspense), le ding-dong trop précoce d’une cloche (l’annonce d’une cérémonie qui va mal tourner), le vrombissement…
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Josué Morel
Si l’on serait bien en peine de relever un plan frappant dans Everybody Knows, le nouveau film d’Asghar Farhadi, on pourrait toutefois recomposer a posteriori sa dramaturgie par la seule évocation des nombreux sons marquants qui essaiment l’avancée du récit. Le tic-tac d’une horloge (suspense), le ding-dong trop précoce d’une cloche (l’annonce d’une cérémonie qui va mal tourner), (...)
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Josué Morel
Kings : le titre du nouveau film de Deniz Gamze Ergüven évoque autant le nom de Rodney King, dont le passage à tabac en 1991 par quatre policiers finalement acquittés avait embrasé les rues de Los Angeles, qu’il n’annonce la célébration de corps, ceux des jeunes Afro-Américains recueillis par Millie (Halle Berry). Le film court de fait deux lièvres à la…
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Josué Morel
Le projet du nouveau film de Gus Van Sant peut se résumer à son titre, Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot, soit un fait négatif (ici, le handicap) transformé en un élan positif (en l’occurrence un gag de John Callahan, le cartooniste tétraplégique dont le cinéaste dresse le portrait). C’est à la lettre l’itinéraire de Callahan, alcoolique déprimé…
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Josué Morel
Si Ready Player One est un film important à l’échelle de la carrière de Steven Spielberg, il représente peut-être plus encore une date pour le cinéma de notre époque. C’est justement l’époque qui constitue le sujet de ce nouveau film, une époque dont la peinture, sans passer par le truchement d’une dystopie ou d’une uchronie, prend la forme d’un décalque…
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Josué Morel
Si Uprising ne convaincra probablement pas les amateurs du premier Pacific Rim, dont il constitue sur le plan du spectacle une forme de suite au rabais, le film présente toutefois un intérêt sur un point précis. Uprising reprend le cours du récit dix ans après les événements du premier volet et s’articule autour de la répétition d’une menace (des robots…
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Josué Morel
Mektoub, My Love : Canto uno, comme nous l'évoquions ici, présente une inflexion dans le regard de Kechiche, regard qui jusqu'ici butait sur un nœud dont il faut retracer la généalogie pour pleinement comprendre le renversement opéré par ce nouveau film. Serge Daney disait, dans une maxime reprise jusqu'à l'usure, que le cinéma promettait le monde et non la société…
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Josué Morel
Mektoub, My Love : Canto uno s’ouvre sur deux citations consacrées à la lumière (on y reviendra) mais surtout avec une scène dont l’organisation donne la clef de ce qui se joue le long des trois heures qui composent le film. Amin (Shaïn Boumedine), de retour à Sète après une année d’études à Paris, s’approche de la maison d’Ophélie (Ophélie…
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Josué Morel
L’histoire est désormais bien connue : en 2003 sort The Room, un film si mauvais qu’il en devient rapidement culte. L’homme derrière le nanar (réalisateur, scénariste, producteur et acteur principal) s’appelle Tommy Wiseau, drôle de personnage dont l’âge, le pays d’origine et la fortune restent teintés de mystère. Dix ans plus tard, le compère de Wiseau (et acteur sur le film), Greg…
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Josué Morel
Que raconte Jusqu’à la garde ? De prime abord, on pourrait croire que le premier long-métrage de Xavier Legrand s’attelle à insuffler par l’entremise d’un père inquiétant (joué par Denis Ménochet) une tension de thriller, voire de film d’horreur, à un drame ordinaire (une famille en plein divorce). Ce faisant, le film semble faire du familier (le père) une figure d’altérité…
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Josué Morel
Vera Cruz s’ouvre sur une série de cartons qui semble inscrire le film dans la permanence du western : « Alors que la Guerre de Sécession s’achève, une autre guerre commence. » Pourtant, tout de suite quelque chose cloche : sur les images d’un cavalier solitaire chevauchant les grands espaces du Sud, les lettres rouge sang du générique viennent salir la splendeur du…
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Josué Morel
Dans une scène de La Douleur, Marguerite (Mélanie Thierry) arpente les rues désertes d’un Paris encore occupé mais où poindra bientôt l’horizon de la Libération. Sa voix, qui reproduit le phrasé durassien, à l'instar d'Emmanuelle Riva dans Hiroshima mon amour, se superpose à sa marche. Lorsqu’elle dit "Le bruit de la rue semblait se feutrer", c’est une Marguerite entourée de…
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Josué Morel
À l'instar de Lincoln, Pentagon Papers s'ouvre sur des images de guerre (le Vietnam en 1967) comme prémisse d'un récit qui déplace le champ de bataille dans les couloirs et les salons de Washington. Spielberg ne relate toutefois pas ici un événement d’une ampleur équivalente à celle de l'abolition de l'esclavage, et aucun des personnages n'a la stature du mythique…
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Josué Morel
Dans son dictionnaire du cinéma, Jacques Lourcelles avance à propos de La Rivière rouge, le premier western de Howard Hawks, que « le modernisme du film vient des ambiguïtés et de la complexité du personnage de John Wayne dont l’obstination et l’autorité presque pathologiques cachent un déséquilibre, une instabilité et même une certaine immaturité dangereuse, utilisés par Hawks pour enrichir…