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Emmanuel Didier
En eaux troubles est l’ultime part d’une trilogie norvégienne jusque-là sans distribution en France, Schpaaa en 1998 et Hawaii Oslo en 2004 n’ayant connu que les strass de quelques festivals périphériques. Mélodrame sans forfaiture compassionnelle, ce film du publiciste-téléaste-photographe Erik Poppe touche sans attendrir, choque sans larmoyer. Si tout n’est pas parfait (les scories explicatives sont trop nombreuses), l’ouvrage est…
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Emmanuel Didier
Aussi bien portrait biographique qu’exposition filmée d’œuvres muséales, ce documentaire ouaté n’est pas particulièrement excitant. Tentant de s’accorder à la maxime maîtresse de l’artiste ("Si votre volonté est de refuser d’abandonner le passé, vous devez le recréer"), le film souhaite renouer les fils entre expérience intime et exposition publique, entre un passé meurtri et un présent recomposé. La comparaison n’est…
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Emmanuel Didier
Pour qui voir Christian Clavier en rigoriste social-démocrate intrigue, La Sainte Victoire peut amuser. Un instant. Pour les autres, que l’on imagine tout de même assez nombreux, il leur faudra se contenter d’une écriture lamentable, d’une mise en scène migraineuse et, cerise sur le gâteau, d’un ânonnant Clovis Cornillac, grimé en Séguéla-like. Tabou consensuel dans le cinéma français, la figure…
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Emmanuel Didier
Rwanda et cinéma riment souvent avec cata. Shooting Dogs de Michael Caton-Jones ou J’ai serré la main du diable de Roger Spottiswoode ont prouvé l’incapacité des images à rendre compte de l’horreur du génocide. Philippe Van Leeuw a emprunté des chemins de traverse avec Le Jour où Dieu est parti en voyage, ouvrant ainsi la voie de l’exploration du chaos…
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Emmanuel Didier
Depuis quelques millénaires, la forêt et ses sous-bois humides alimentent fantasmes, rêveries ou cauchemars. Rien d’étonnant à voir figurer ce thème à travers tous les supports de la culture mondiale, et ce particulièrement depuis l’avènement brutal de l’urbanité toute-puissante et de la plus tardive semi-conscience écologique. Si l’on ajoute à cet attrait universel pour la nature vierge et sauvage une…
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Emmanuel Didier
Avec un tel titre, le film cherche les coups : on entend déjà les ricanements et la récurrente dépréciation du cinéma français véhiculée par la doxa des Guignols (et le fameux faux-titre N’aie pas peur de m’aimer, il reste du pain à la cuisine…). Il est vrai que le projet a de quoi susciter une compréhensible appréhension : un fait…
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Emmanuel Didier
Genre particulièrement peu usité en France − mis à part Haneke (Le Temps du loup) ou Abel Gance qui signe en 1931 le très bien nommé La Fin du monde − le film-catastrophe se réfugie habituellement sous l’égide de la bannière étoilée. Les Derniers Jours du monde rompt avec ce réflexe quasi intégré puisqu’il est de production française. Et chose…
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Emmanuel Didier
Arnold et Willy disaient, dans leur grande sagesse, qu’il faut de tout pour faire un monde. Et même s’il est important d’écouter son cœur, il est parfois nécessaire de mettre en branle le gros appendice boursouflé et rosâtre situé quelque part entre les cheveux et les sinus. Michael Bay (Transformers 1 et 2, Armageddon…) ou Stephen Sommers (La Momie 1…
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Emmanuel Didier
Entre deux fictions, Claude Miller s’accorde une halte documentaire et pose sa caméra en Virginie, trois mois avant l’élection du super-héros Barack Obama et pendant les préparatifs d’un événement non moins considérable, le match de football opposant les deux universités de l’État. La petite histoire rejoignant la grande, le candidat démocrate réconcilie les adversaires d’un soir, dans une belle farandole…
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Emmanuel Didier
Marronnier estival, le nouveau Pixar répond toujours à l’appel depuis maintenant treize ans. La qualité étonnamment constante de chaque production du studio souligne cruellement la déliquescence de l’animation traditionnelle made in Disney (souvenons-nous des récentes calamités comme Frère des ours ou La ferme se rebelle…). Plus qu’une mutation technologique, cette passation de pouvoir répond à des motifs d’innovation créative :…
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Emmanuel Didier
Les tentatives françaises récentes dans le domaine du fantastique sont rares. Totalement ratées (Belphégor, Humains…) ou hermétiquement repliées sur elles-mêmes (Les Revenants de Robin Campillo), elles n’ont jamais vraiment convaincu le public, encore moins la critique. La Femme invisible d’Agathe Teyssier tente une approche ludique et ironique du motif surnaturel en l’amalgamant à une tradition très reconnaissable, celle du naturalisme…
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Emmanuel Didier
Dérivant avec opportunisme sur le courant Ellen Page (Hard Candy, Juno), Rebelle adolescence atterrit en France quatre ans après son dernier clap et sans autre ambition que de lancer officiellement la naissance d’un nouveau distributeur hexagonal, Cosmopolis. Le film tient plus de la vidange de stocks périmés – frustration des fonds de tiroir – que d’une véritable volonté éditoriale (à…
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Emmanuel Didier
Quelque peu tétanisé par les tics habituels des films indés américains, SherryBaby ne dépasse pas l’illustration rigide d’une combinaison mélodramatique compassée: femme à la dérive, addiction à la drogue, enfant abandonné à reconquérir. Tentez toutes les combinaisons possibles entre ces trois thèmes et vous obtiendrez ce premier film de Laurie Collyer, le charisme de Maggie Gyllenhaal en plus. Sherry Swanson…
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Emmanuel Didier
Passer de l’immobile à l’animé est l’ambition de Kommunalka. À partir d’un ancien projet photographique, Françoise Huguier réanime les spectres et les traces fixés sur papier en une histoire de mouvements: les images de cinéma, bien sûr, mais aussi les soubresauts secrets d’armées humaines oubliées. Quand les proscrits ont pris l’habitude de se taire, isolés dans leurs ghettos, des films…
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Emmanuel Didier
Du côté d’Orouët est de ces films dont on a souvent entendu parler, par chuchotements, et que l’on a rarement eu l’occasion de voir. Faute à une gestation saccadée : tourné en 1969, le film sort quatre ans plus tard en 16 mm sur quelques écrans. Il lui faut attendre 1996 pour être gonflé en 35 mm, avant de connaître…
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Emmanuel Didier
Mariage à l’islandaise emprunte autant au road-movie psychologique qu’à la comédie bouffonne: le dépôt d’un si curieux mélange de froideur scandinave et d’effusion slavophile n’a rien d’un brouet sans saveur. Il s’apparente plutôt à une grosse soupe grumeleuse, plutôt indigeste même si généreuse. Quel est le point commun entre Festen, Le Nouveau Monde et Eternal Sunshine of the Spotless Mind?…
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Emmanuel Didier
Pas si heureux que ça, les Stockholmois. Après les banlieusards cafardeux de Morse et en attendant les sodomites cybernétiques de Millénium, voici les usagers du métro et les ados allumeuses en proie aux doutes existentiels de la vie en société. La ville suédoise est le cadre de cinq expérimentations mettant en jeu le même thème, soit cinq histoires autonomes traitant…
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Emmanuel Didier
Adoration a tout du repli défensif. Après une escapade peu convaincante aux États-Unis (La Vérité nue) et l’exploitation de formes narratives moins stratifiées qu’auparavant, Atom Egoyan revient à ses soubassements théoriques premiers. Renouant avec une complexité de récit parfois déroutante, le cinéaste canadien étaye une réflexion sur les déterminismes technologiques et leurs conséquences sociales. Il ne parvient cependant pas à…
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Emmanuel Didier
On avait quitté Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 117, au Caire, véritable nid d’espions et théâtre de ses frasques les plus ubuesques. Dans un déluge de vannes auto-parodiques et souvent borderline, le premier épisode nous avait agréablement surpris en s’affranchissant des normes lénifiantes du cinéma populaire français. Transposant le personnage dans un environnement hostile peuplé d’agents du Mossad…
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Emmanuel Didier
Les éditions Arte et la Cinémathèque Française se sont consultées afin de rendre un hommage commun à l’un des plus grands documentaristes du siècle dernier. Joris Ivens embarque tout le vingtième siècle dans une filmographie qui mêle ingénieusement poésie et politique, lyrisme et militantisme. Le coffret DVD présente ses films les plus importants – en excluant la plupart de ceux…