Critikat

Mon père va me tuer

par Arnaud Hée

Daniele Ciprì officie cette fois sans son compère Francesco Maresco avec lequel il a notamment réalisé Totò qui vécut deux fois et Le Retour de Cagliostro. On ne va pas interdire au cinéma italien de revisiter le patrimoine représenté par ses fameuses comédies, mais on serait tout de même tenté de le faire concernant celui qui a commis Mon père…

Au pied du Mont Tabou. Le cinéma de Miguel Gomes

par Arnaud Hée

Élargissant régulièrement le propos à son sous-titre, ce livre d’entretiens est cependant centré sur le dernier film de Miguel Gomes, Tabou. Trois journées d’entretiens menées de façon très sûre par Cyril Neyrat aboutissent à un livre indispensable pour qui veut prolonger la discussion avec une œuvre passionnante. Au pied du Mont Tabou se termine par la reproduction d’une missive écrite…

Miguel Gomes

par Sophia Collet, Arnaud Hée

On allume le dictaphone, mais aussi les cigarettes… On se fait offrir un whisky ; c’est parti pour une rencontre avec Miguel Gomes autour de Tabou… Il nous semblait intéressant de partir du récit, que vous nous racontiez comment il s’est élaboré, selon quel processus. La matière très romanesque du film renvoie précisément à la littérature et à l’idée de…

Marcel Hanoun : un autre regard

par Arnaud Hée

Cette programmation dédiée à Marcel Hanoun au cinéma Saint-André-des-Arts à Paris (14 novembre-11 décembre 2012) n’était pas prévue comme post-mortem. Mais le cinéaste est décédé le 22 septembre dernier. « Je n’ai presque jamais matériellement vécu de mes créations cinématographiques. J’ai juste rêvé mes films, j’en ai été, pour la plupart, le peintre et l’écrivain. Mes œuvres n’ont jamais vécu…

Il était une foi

par Arnaud Hée

Sauf erreur ou supercherie, ce programme n’a pas été façonné par un quelconque lobby religieux afin de réévangéliser les salles de cinéma. Si Vita di Giacomo et Monsieur l’abbé questionnent la foi, ce sont bien les bruits du monde qui se font entendre en contrepoint. S’accommoder du monde dans lequel on vit ; c’est ce qui structure – au-delà même…

De Babel à ses cheveux

par Arnaud Hée

Dans la filmographie particulièrement touffue de Boris Lehman, on peut organiser bien des rencontres ; par exemple entre Lettre à mes amis restés en Belgique (1983-1991) et Histoire de mes cheveux (2010). Avec près de 400 films en bientôt 50 ans d’une vie de « cinématographiste » – dans Lettre à mes amis restés en Belgique, il déclare sa préférence…

Mal versus Bien ?

par Arnaud Hée

Amour de Michael Haneke a reçu un accueil critique triomphal, à l'exception de quelques articles discordants bienvenus pour le débat – Charlotte Garson dans Études (http://www.revue-etudes.com/Cinema/Amour/7502/14972) et Jean-Philippe Tessé dans Les Cahiers du cinéma (« Mal mal mal », pp 6-8). Un autre film, qui, vraisemblablement, n’aura pas le même écho, a reçu presque unanimement, à quelques nuances près, les…

Amour

par Arnaud Hée

Avec Amour, Michael Haneke a remporté la mise au dernier festival de Cannes : Palme d’or pour la deuxième fois, après celle acquise en 2009 pour Le Ruban blanc. En tenant compte du palmarès catastrophique rendu par le jury présidé par Nanni Moretti (écartant Holy Motors et In Another Country, primant Reality ou La Part des anges), on peut difficilement déplorer ce choix.…

Paperboy

par Arnaud Hée

Comme beaucoup de productions plus ou moins indépendantes, Paperboy représente une nouvelle manifestation du tropisme actuel du cinéma américain pour le "Deep South". Arrivé au dernier tiers de Paperboy, une femme noire obèse surgit d’on ne sait où. Affalée tout en piochant des chips dans un énorme récipient, elle n’est pas un personnage, juste un prétexte pour apposer une signature…

8es Rencontres cinématographiques Cerbère-Portbou

par Arnaud Hée

Quand j’ai été invité dans ces confins catalans accrochés à la frontière franco-espagnole, on m’a annoncé que je serais ainsi le premier à couvrir cette manifestation. Mon esprit pionnier m’a commandé d’accepter, et – jouons cartes sur table – le critique peu argenté ne peut pas se permettre de refuser deux jours et demi tout frais payés : manger à…

Les Rencontres du cinéma documentaire (4–12 octobre 2012)

par Arnaud Hée

Thème des Rencontres cette année, le cinéma « à la première personne » a déjà fait l’objet d’une attention particulière de notre part, notamment à l’occasion d’un dossier intitulé « Je » filme, filme « Je », tandis que cette question parcourait en filigrane la table ronde Critikat à Cinéma du Réel en mars dernier – « Personnage(s) ». Avec…

Rencontres du Cinéma Documentaire de Montreuil, 17e édition

par Arnaud Hée

Dans la programmation proposée par les Rencontres cette année, les chemins sont potentiellement nombreux. En voici un passant par Rémi Lange, Joseph Morder, Antony Cordier, Daniela De Felice et Arnaud Desplechin. Au début d’Omelette (1997), Rémi Lange brûle ses scénarios : "Je ne veux plus imaginer" dit-il. On pourrait poursuivre à sa place en lui prêtant des mots qu’il ne…

Sombras

par Arnaud Hée

Présenté par l’ACID à Cannes en 2009, passé et remarqué dans de nombreux festivals (dont Doclisboa, la même année), Sombras a fini par se frayer un chemin dans la jungle de la distribution, si cruelle pour la création documentaire. Oriol Canals formule une subtile variation autour de destins de migrants, à l’équilibre entre modestie et ambition. Sombras porte sur une…

Les Trois Sœurs du Yunnan (Three Sisters)

par Arnaud Hée

On l’a mentionné plusieurs fois en rendant compte de la 69e Mostra, le cinéma documentaire s’est trouvé marginalisé dans les deux principales compétitions (en officielle, ce qui pour le moins habituel, et surtout à Orizzonti, ce qui l’est moins et qui coïncide avec l’arrivée de la nouvelle direction artistique). Petite revanche et belle ironie, Three Sisters est habité par le…

Les vrais jurys ont joué au jeu du vrai palmarès

par Arnaud Hée

Lion d'or: Pietà de Kim Ki-duk Lion d'argent (meilleur réalisateur): Paul Thomas Anderson pour The Master Prix spécial du jury: Paradies : Glaube d'Ulrich Seidl Coupe Volpi pour la meilleure interprétation masculine: Joaquin Phoenix et Philip Seymour Hoffman pour The Master Coupe Volpi pour la meilleure interprétation féminine: Hadas Yaron pour Lemale Et Ha’Chalal Prix Osella pour le meilleur scénario:…

Jouons au jeu du palmarès

par Arnaud Hée

Il ne s'agit pas de deviner le verdict du jury présidé par Michael Mann, mais de faire notre propre palmarès de cette 69e Mostra. En attribuant un impossible Lion d'or à Three Sisters de Wang Bing, qui nous a semblé le meilleur film vu pendant le festival (il était présenté dans la section Orizzonti). Lion d'or Alice Leroy (AL) :…

Passion

par Arnaud Hée

Bien que remake d'un film d'Alain Corneau (Crime d'amour), le dernier film de Brian De Palma s'annonçait sulfureux et plutôt excitant, avec à l'affiche Rachel McAdams (Christine) et Noomi Rapace (Isabelle) pour camper deux femmes s'adonnant à la manipulation dans le cadre d'une grande multinationale, entre rivalités professionnelles et séduction perverse. Au cœur du film, un pli en forme de…

Une journée à Rome

par Arnaud Hée

Sur le papier, les films italiens en sélection présentaient davantage de promesses que ces dernières années. On fera pourtant le même constat que lors des éditions précédentes : ils font grise mine (par contre, ils sont de meilleure tenue à Orizzonti). Bellocchio (Bella Addormentata) semble nous donner un os aussi gros que peu charnu – comme on est bien disposé,…

Araf / Thy Womb

par Arnaud Hée

En cas de besoin, on pourra renommer la Sala Grande, en version française, la salle d’accouchement. Aujourd’hui Thy Womb de Brillante Mendoza, hier, Araf. Nous suivions avec un certain intérêt ce film de Yeşim Ustaoğlu (présenté à Orizzonti) jusqu’à ce qu'il nous propose une scène d’expulsion de fœtus – un auto-avortement tout à fait barbare, c’est-à-dire sans tout l’attirail de…

La Belle endormie

par Arnaud Hée

La présentation du nouveau film de Marco Bellocchio en compétition officielle marquait le retour d’une des têtes d’affiche du cinéma national, peu présentes ici ces dernières années – sauf si l'on considère ainsi Emanuele Crialese comme tel (ce qui est contestable), ou, justement, Marco Bellocchio en 2010, mais hors compétition avec le très beau Sorelle Mai. On pouvait raisonnablement penser…