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Ariane Beauvillard
On retrouve dans cette Impasse tragique les figures topiques du film noir et le professionnalisme d'Hathaway, toujours maître d'un noir et blanc tranchant. Si les surprises narratives et visuelles sont assez rares, l'objet reste cependant relativement plaisant, notamment par la profusion des intrigues et les jeux de miroirs qu'il développe. Henry Hathaway, jugé souvent trop dépendant des commandes de studios…
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Ariane Beauvillard
On connaît l'intérêt que le film noir a pu porter à la psychanalyse et ceux de Siodmak aux narrations floues et oppressantes. Dans ce film sur la dualité, le réalisateur des Tueurs montre une nouvelle fois sa grande capacité à structurer les liens entre personnages et leur évolution dans un espace d'angoisse et de danger permanent. Cette Double Énigme reste…
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Ariane Beauvillard
On ne demande pas à un documentariste de faire œuvre d'historien. Mais on pourrait demander à Lam Lê, visiblement hanté par son sujet, d'être plus limpide au développement de celui-ci. Malgré une photographie flamboyante, on peine parfois à comprendre les poses formelles de cette «longue nuit indochinoise» : s'il n'est pas phagocyté par les témoignages nombreux et fort intéressants, Lam…
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Ariane Beauvillard
À double tour, selon certains observateurs de 1959, sonnait le glas du cinéma de Claude Chabrol et la Nouvelle Vague, bien présente au générique. "Ampoulé", "maniéré", "pesant", le film a provoqué un concert d'insultes à sa sortie : il reste pourtant assez déterminant dans la filmographie d'un réalisateur que l'on a rapidement estampillé comme l'entomologiste de la bourgeoisie. Ici et…
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Ariane Beauvillard
Que penser aujourd'hui de l'œuvre de 1959 aux neuf Oscars dont celui du meilleur film ? Gigi n'est certainement pas le meilleur film de son réalisateur, Vincente Minnelli, qui a connu tout de même des heures plus flamboyantes et plus profondes que celles comptées dans cette adaptation gentillette, légère mais un peu vaine de Colette. Certes, les chefs-d'œuvre ne pleuvaient…
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Ariane Beauvillard
Polanski est un touche-à-tout. Tess, d'après le roman de Thomas Hardy, marque par son imprégnation totale de l'atmosphère désespérée de la littérature anglaise du XIXe siècle, formant une œuvre complète à la plastique remarquable et aux ouvertures multiples. De la lettre au pinceau puis à l'écran, il n'y a qu'un pas, et ce pas est ici franchi avec l'élégance et…
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Ariane Beauvillard
Dernier film de Roman Polanski tourné sur le sol américain, Chinatown est une sorte d'art poétique cinématographique jouant sur un genre (le film noir), sur l'espace (le huis clos westernien) et les codes narratifs. À quarante ans, le cinéaste s'attachait déjà à reformuler les données du classicisme et à en extraire une substantifique moelle, celle de la profondeur mystérieuse de…
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Ariane Beauvillard
Avec ce deuxième film, succès critique et populaire de 1973, George Lucas s'éloignait un temps de la science-fiction pour plonger dans un univers mi-clos mi-nostalgique. Rodéo motorisé d'une jeunesse hésitante, American Graffiti a gardé toute sa fraîcheur et son sens du rythme, et fait définitivement partie de ce cinéma américain qui décida de portraiturer la fin de l'innocence entre les…
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Ariane Beauvillard
Le nouvel ouvrage de Régis Dubois, coincé entre l'histoire de l'art et la sociologie politico-culturelle, a le mérite de vouloir livrer la nature sociale des représentations, ainsi que les circulations médiatiques et disciplinaires auxquelles les images cinématographiques participent. Mais on peut déplorer, dans la foule d'analyses diverses et parfois fort intéressantes, la présence d'amalgames et de contradictions qui appauvrissent quelque…
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Ariane Beauvillard
Études sur Paris est tout d'abord le montage, supervisé par la fille du réalisateur, d'extraits filmés par André Sauvage en 1928. Cinéaste du muet, du fantasme et de l'invitation au voyage, Sauvage connut la tragédie puis l'oubli, avant qu'Agnès, sa fille, et les Archives du CNC ne déterrent et ne restaurent ce qui pourrait bien ressembler à un trésor inachevé.…
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Ariane Beauvillard
Votez McKay, sorti en 1972, développe a priori le thème classique de la confrontation de l'idéalisme à un réel plus ardu. Véritable plongée obsessive dans une campagne sénatoriale, le film de Michael Ritchie, moins connu que les essais politiques d'un Pakula, évoque pourtant, à la même époque, la même désillusion politique, avec, au centre, le même acteur phare : Robert…
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Ariane Beauvillard
Le Clan des irréductibles, sorti pour la nouvelle année 1971, est un film de crise morale, politique et affective. Mais, comme toujours dans les œuvres de Paul Newman, il ne s'agit pas de signer un tract, de revendiquer une appartenance politique ou de se faire l'écho d'un clan. C'est tout en subtilité, évitant les écueils du mélodrame, que le réalisateur…
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Ariane Beauvillard
Vu (et apprécié) à la Mostra de Venise 2011, le nouveau film de Tomas Alfredson a de quoi en faire saliver plus d'un : l'univers socio-morbide de Morse compilé aux trames labyrinthiques de John Le Carré ? Le pari est réussi, tant dans la construction que le déroulement de cet univers masculin dépressif que l'image ternie restitue sans effet abusif…
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Ariane Beauvillard
La collusion entre le quatrième pouvoir et l'État fait, depuis quelque temps et à bon droit, couler beaucoup d'images. Après les fanfaronnades gonflées et auto-centrées de Pierre Carles, voici un pamphlet moins agaçant sur les rapports serrés qu'entretiennent les médias avec les relais politiques et financiers de l'Hexagone : et si l'on reconnaît une certaine malice à l'objet et une…
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Ariane Beauvillard
Il est quelque peu difficile de moquer l'entreprise, en 2012, de faire revivre le temps d'un film le processus créatif de Bruegel (l'Ancien), d'autant que la peinture flamande est encore une des sources centrales d'inspiration de certains réalisateurs (comme Sokourov dans son grandiose Faust). Mais le film de Lech Majewski ne se libère pas assez du carcan pictural pour produire…
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Ariane Beauvillard
Bien que tourné à Paris et adapté d'une pièce de Yasmina Reza, le huis clos de Polanski effectue bel et bien une percée dans la bonne conscience libérale américaine. Cette espèce de film-vengeance de la part d'un Polanski banni pour les raisons que l'on connaît outre-Atlantique n'en reste pas moins une jouissive saillie contre l'intelligentsia bien pensante portée par un…
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Ariane Beauvillard
Sur le papier, l'alliance du réalisateur de Truman Capote et du scénariste de la série The West Wing aurait pu donner à l'écran une plongée insidieuse dans le monde base-ball, bien que l'attente ne demeurait pas insoutenable. Point du tout : coincé entre une star dont la caméra semble incapable de se décoller et un immobilisme qui finit par prendre…
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Ariane Beauvillard
Acteur-réalisateur assez typique de l'opposition culturelle et politique américaine lors des mandats Bush, George Clooney se range aujourd'hui du côté des déçus du parti démocrate et de son leader, Obama. Mêlant intrigues de campagne un peu molles aux débats sociétaux classiques outre-Atlantique (peine de mort, avortement), il délaisse et sa fantaisie et son amour du classicisme pour livrer une sorte…
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Ariane Beauvillard
Certains sujets sont inattaquables : le massacre perpétré par la SS et les malgré-nous d'Oradour-sur-Glane en fait partie. Louable, évidemment, est l'intention de raconter et de rappeler précisément le tragique événement. Mais bien que compréhensible, la volonté mémorielle ne se transforme que rarement en geste cinématographique par magie. Et c'est bien le problème de ce genre de carnet un peu…
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Ariane Beauvillard
Le roman à scandale d’Emily Brontë n’avait pas eu jusque-là beaucoup de chance tant les différents films qu’il a inspirés faisaient preuve d’académisme un peu niaisouille (celui de Wyler) ou versaient dans le contresens (celui de Kosminsky) : on peut tout d’abord reconnaître à Andrea Arnold, réalisatrice du très contestable Fish Tank, la volonté réelle d’adapter, de se nourrir de…