Critikat

Luca

par Hugo Mattias

Luca, le dernier long-métrage des studios Pixar (et le second à sortir directement sur la plateforme Disney+), s’inscrit à l’évidence dans la veine des petites fables modestes que la firme a désormais pris l’habitude de produire entre deux projets plus ambitieux. Moins mélodramatique que Coco, moins réflexif que Soul et moins « adulte », en somme, que les meilleurs titres du catalogue…

Ibrahim

par Hugo Mattias

Ibrahim (Abdel Bendaher), le héros du premier film de Samir Guesmi, est un adolescent rêveur. La scène d’ouverture le montre face à un match de foot, la main levée devant son écran de télévision pour en réduire le cadre et faire disparaître les quatre dernières lettres du nom d’Ibrahimović. Le film ne cesse ensuite de réitérer cette présence discrète d’un…

Gagarine

par Hugo Mattias

Une même tension semble à la fois motiver le projet Gagarine et l’enfermer dans une contradiction qui l’empêche d’atteindre son plein potentiel. D’un côté, le film s’ouvre sur des images d’archives : en 1963, dans l’enthousiasme général, le cosmonaute soviétique Youri Gagarine inaugure la cité d’Ivry-sur-Seine à laquelle il a donné son nom. De l’autre, il se referme plus d’un…

Nanni Moretti, l’intransigeant (1)

par Hugo Mattias

Tre Piani, le nouveau film de Nanni Moretti, sera dévoilé dans quelques mois. En attendant, revenons sur l’un des motifs les plus structurants de sa filmographie : la colère. Au programme de cette première partie : le rapport paradoxal qu’entretient le cinéaste avec la scène politique et sociale italienne. À la fin d’Ecce Bombo (1978), au comptoir d’un café, Michele…

Drunk

par Hugo Mattias

Drunk démarre en trombe, au rythme d’une course lycéenne d’un genre un peu particulier. Dans cette compétition, l’alcool tient à la fois lieu de carburant (on boit à la moindre occasion), d’obstacle (on doit s’arrêter régulièrement pour vomir) et de récompense (la fête se prolonge ensuite en ville, une bouteille à la main). À cette ivresse de la jeunesse succède…

Sailor et Lula

par Hugo Mattias

Alors que Sailor et Lula se trouvent coincés dans le motel où leur road trip s’est enlisé, la jeune femme se lamente entre deux sanglots : « This world is wild at heart and weird on top » (littéralement : « ce monde est sauvage au cœur et étrange en surface »). Ces quelques mots, en plus de donner au cinquième long métrage de David…

Soul

par Hugo Mattias

Après avoir démontré leur capacité à animer toutes sortes de créatures plus ou moins inertes (jouets, robots, cauchemars, émotions, défunts et autres fourchettes en plastique), il semble presque naturel que les studios Pixar se penchent sur leur propre recette pour en isoler l’ingrédient secret, la « petite flamme » tapie au cœur du réacteur numérique le mieux huilé du cinéma d’animation contemporain.…

Effacer l’historique

par Hugo Mattias

Allongée sur un transat, sous la véranda en pleine construction d’un petit pavillon du Pas-de-Calais, Marie (Blanche Gardin) regarde vers le ciel et soupire : « Tous nos problèmes, vus de la Lune… ». Et la caméra de Kervern et Delépine d’appuyer aussitôt sa pensée en s’élevant au-dessus du lotissement, dépassant les nuages jusqu’à atteindre la surface de la Lune, depuis laquelle, en…

Mignonnes

par Hugo Mattias

Le titre du premier long métrage de Maïmouna Doucouré installe d’emblée le récit dans une polysémie calquée sur les tensions qui agitent sa jeune héroïne, parvenue à l’âge délicat où l’adjectif « mignonne » change de sens et de valeur. Amy (Fathia Youssouf) est donc « mignonne » lorsqu’elle accompagne sagement sa mère à la salle de prière ou qu’elle prétend pouvoir compter les…

Canción sin nombre

par Hugo Mattias

Canción sin nombre s’ouvre sur des images d’archives qui installent aussitôt le récit dans un pays au bord de l’implosion. Records d’inflation, contestation de plus en plus radicale du Sentier Lumineux et surenchère répressive d’Alan Garcia, président controversé dont le surnom (« caballo loco », le cheval fou) s’étale sur les murs des villes : le premier film de Melina…

The Yards

par Hugo Mattias

The Yards s’ouvre sur un jeu d’ombre et de lumière. C’est d’abord l’obscurité du tunnel que traverse une rame de métro, puis la clarté du jour qui envahit soudain l’écran. C’est ensuite une ampoule qui menace de s’éteindre, puis une coupure de courant et enfin l’éclairage tamisé et vacillant des bougies. Après quatre années passées à l’ombre, Leo (Mark Wahlberg),…