Après dix années passée à la Ciné­math­èque en tant que direc­trice adjointe à l’ac­tion cul­turelle, Elsa Char­bit est la nou­velle déléguée générale des Ren­con­tres du Moyen métrage de Brive. Sébastien Bail­ly, avait en effet annon­cé à l’is­sue de la précé­dente édi­tion son désir de se con­sacr­er exclu­sive­ment à son activ­ité de réal­isa­teur. Dans un souci de con­ti­nu­ité avec les dix années qui l’ont précédée, Elsa Char­bit revient sur la pro­gram­ma­tion de cette édi­tion 2015, ain­si que sur les spé­ci­ficités d’un for­mat pris entre ent­hou­si­as­mantes expéri­men­ta­tions formelles et préoc­cu­pants prob­lèmes struc­turels de dif­fu­sion.

Com­ment procédez-vous pour la sélec­tion des films en com­péti­tion entre le vision­nage des films qui vous parvi­en­nent et la prospec­tion ?

Le fes­ti­val est aujourd’hui très bien iden­ti­fié en France, si bien que les pro­duc­teurs français nous envoient sys­té­ma­tique­ment les films qui entrent dans le for­mat, jusqu’aux «52 min­utes» pro­duits pour la télévi­sion. En revanche, je trou­ve qu’il y a encore un véri­ta­ble déficit du point de vue européen. La précé­dente équipe de sélec­tion m’avait alertée sur ce dilemme de devoir choisir des films qu’on l’on juge moins bons pour respecter une cer­taine représen­ta­tiv­ité des pays européens au sein de la sélec­tion. Sur les plus de 400 films qui nous sont par­venus, un quart était pro­duit en dehors de France (ou co-pro­duits). Ces films-là représen­tent env­i­ron un tiers de la sélec­tion défini­tive, et le gros des troupes étant tou­jours représen­té par les mêmes ciné­matogra­phies actives : la Pologne, le Por­tu­gal, le Roy­aume Uni et l’Allemagne. Je suis absol­u­ment opposée à tout idée de quo­ta. Je ne trou­ve pas défend­able de choisir un film par rap­port à son orig­ine.

C’est pourquoi nous par­tons aus­si à la pêche avec Eva Markovits et Samuel Petit qui tra­vail­lent avec moi à la pro­gram­ma­tion. Nous menons un tra­vail de prospec­tion qui cible les écoles d’art et de ciné­ma. Mon regret est que trop peu de films d’animation nous parvi­en­nent. Cette année, nous en avons reçu un seul. Les écoles ne four­nissent pas de films de fin d’étude de ce for­mat-là, car l’animation représente un tel tra­vail que les films de trente min­utes ne con­stituent jamais la pre­mière réal­i­sa­tion. Il nous reste un véri­ta­ble tra­vail de prospec­tion à faire du côté des asso­ci­a­tions spé­cial­isées pour trou­ver des films qui cor­re­spon­dent au for­mat du moyen métrage, peu habituel en ani­ma­tion. On en voit peu, et le plus sou­vent dans des fes­ti­vals dédiés.

La sélec­tion resser­rée autour de 22 films mon­tre une très grande var­iété, de la fic­tion à l’expérimental. Com­ment opérez-vous les choix entre l’envie de présen­ter une ligne édi­to­ri­ale cohérente et le souhait de mon­tr­er de la diver­sité ?

Il faut avant tout que le film par lui-même fasse œuvre ciné­matographique, qu’il s’agisse d’un geste de mise en scène, d’un regard d’auteur, même si le film est mal équili­bré. Cela nous rend bien sûr très heureux d’avoir des propo­si­tions très dif­férentes, dans le doc­u­men­taires, des témoignages de l’ordre de la con­fes­sions intime jusqu’à des obser­va­tions de groupe presque ethno­graphiques, et des fic­tions nat­u­ral­istes mais aus­si d’autres formes plus poé­tiques qui relèvent presque de la fable ou du con­te. Mais surtout, les films sont très beaux, j’ai vrai­ment hâte de les faire décou­vrir. Bien enten­du, le rôle des fes­ti­vals est d’être défricheur : c’est pourquoi la ques­tion de l’inédit est tou­jours impor­tante. Un film qui n’a jamais été vu et qui auquel nous pou­vons don­ner la chance de ren­con­tr­er le pub­lic pour la pre­mière fois attire évidem­ment davan­tage notre atten­tion. Mais il ne faut pas que cela ne devi­enne une loi incon­tourn­able.

Les fron­tières de la pro­gram­ma­tion s’ouvrent bien au-delà de l’Europe avec le Panora­ma con­sacré au Japon.

Chaque année, un panora­ma ouvrait une ciné­matogra­phie européenne. Le fes­ti­val est européen depuis quelques années, ce qui a per­mis de faire le tour des pays dont la pro­duc­tion de moyens métrages est impor­tante. Les pays du Nord, l’Angleterre, l’Allemagne ont déjà été traités. La mis­sion du fes­ti­val de met­tre en avant le moyen métrage est aus­si pas­sion­nante que néces­saire, mais je trou­ve dom­mage d’accumuler la con­trainte géo­graphique à la restric­tion à un for­mat. J’aimerais pour­voir mon­tr­er des films du monde entier. À défaut de pou­voir dans l’immédiat ouvrir la com­péti­tion à l’international, ce qui deman­derait des moyens financiers bien plus impor­tants, je me suis effor­cée de don­ner cette ouver­ture à la pro­gram­ma­tion.
Le fes­ti­val, qui est très bien ancré sur le ter­ri­toire français depuis plusieurs années a cher­ché à s’ouvrir pro­gres­sive­ment à la fran­coph­o­nie puis à l’Europe en tâchant de se garan­tir la matu­rité de cette ouver­ture.

Certes, la dimen­sion européenne cor­re­spond à une réal­ité poli­tique qui est l’appartenance de la France à l’espace européen, mais je ne crois pas aux fron­tières en terme de ciné­ma. Pour autant, il ne s’agit pas de s’attaquer à un ter­ri­toire que l’on n’aurait pas les moyens de cou­vrir.

Le panora­ma con­stitue la fenêtre ouverte au-delà des fron­tières de l’Europe. J’ai choisi cette année le Japon qui entre­tient his­torique­ment un rap­port avec ce for­mat, avec des cinéastes de Ozu à Ôshi­ma ou avec le pink cin­e­ma, ce dont Waka­mat­su pro­gram­mé l’an dernier est un représen­tant, un ciné­ma de série B, une indus­trie qui a pro­duit ces for­mats courts. Il s’agit d’une ciné­matogra­phie pas­sion­nante très suiv­ie par les fes­ti­vals ces dernières années. Suite au tsuna­mi, la société japon­aise doit se recon­stru­ire, ce qui la rend pas­sion­nante à vis­iter. J’ai demandé à Clé­ment Rauger qui est un fin con­nais­seur de ce ciné­ma de com­pos­er ce panora­ma 9 films des cinéastes con­tem­po­rains les plus recon­nus comme Kyoshi Kuro­sawa à des cinéastes qui sor­tent de l’école.

Votre expéri­ence à la Ciné­math­èque française a dû représen­ter un atout impor­tant de votre can­di­da­ture puisque la pro­gram­ma­tion hors com­péti­tion occupe une place à part pour le fes­ti­val.

Il est vrai que la pro­gram­ma­tion hors com­péti­tion a tou­jours été très exigeante et cinéphile. Sébastien Bail­ly, le fon­da­teur du fes­ti­val, a su mon­tr­er des cinéastes aux démarch­es créa­tri­ces forte qui ont eu une œuvre à géométrie vari­able, pas­sant du cours au long et pour lesquels la durée est celle qui s’impose artis­tique­ment au film, plutôt qu’un impératif com­mer­cial de dif­fu­sion. J’ai bien sûr épluché toutes ces pro­gram­ma­tions passées avec atten­tion, et le pre­mier réflexe, en regar­dant les pro­gram­ma­tions con­sacrées à Jean Renoir, Chris Mark­er, Agnès Var­da, Waka­mat­su Kôji, c’est de se dire que la ques­tion été vrai­ment bien explorée.
Mais il reste des idées ! Cette année, j’ai choisi de con­sacr­er une rétro­spec­tive au Free ciné­ma anglais au sein duquel les courts et les moyens ont con­sti­tué un vrai lab­o­ra­toire d’expérimentations pour les jeunes cinéastes autant qu’un moment de bas­cule du doc­u­men­taire à la fic­tion. Ces cinéastes, Karel Reisz, Tony Richard­son ou Lind­say Ander­son sont davan­tage con­nus pour leurs pre­miers longs métrages de fic­tion, très imprégnés des prob­lèmes du pro­lé­tari­at anglais. C’est ce que l’on a appelé la «British New Wave» : l’effervescence qui se fait autour de la ren­con­tre entre de jeunes cinéastes de doc­u­men­taire et une généra­tion d’écrivains, les «Angry Young Men». Ces réal­isa­teurs passés à la fic­tion vont suiv­re des car­rières beau­coup plus com­mer­ciales. Le «Free Cin­e­ma», c’est la péri­ode d’ébullition qui se situe juste avant et qui est absol­u­ment pas­sion­nante. Ces gens qui sont des met­teurs en scène de théâtre et des cri­tiques passent à l’acte et com­men­cent à faire des films avec l’aide de la Bourse d’aide du BFI et font une explo­ration doc­u­men­taire pas­sion­nante sur le quo­ti­di­en qui hérite très directe­ment du tra­vail de John Gri­er­son au sein du GPO ou pour des com­man­di­taires privés.

En faisant le con­stat que les pro­gram­ma­tions étaient moins suiv­ies que la com­péti­tion, j’ai eu envie de pro­pos­er des séances par cinéastes. Nous sommes sur un fes­ti­val court : cinq jours seule­ment, et il m’a sem­blé que sans renon­cer au principe de la rétro­spec­tive, il était d’intéressant d’offrir égale­ment un pan­el qui per­me­tte de don­ner à voir en une séance com­ment un cinéaste se tire de la con­trainte du for­mat, plutôt que de pari­er sur une fréquen­ta­tion sur la durée d’une rétro­spec­tive. J’en ai choisi qua­tre et je leur con­sacre une séance à cha­cun : René Vau­ti­er, Dou­glas Sirk, Paul Ver­ho­even et Wern­er Her­zog. À tra­vers ces qua­tre séances, j’ai à cœur de rou­vrir toute l’histoire du ciné­ma, et de faire une tra­ver­sée avec des séances fortes.

Le terme de moyen métrage désigne les films dont la durée se situe entre 30 et 60 min­utes, mais il ne ren­voie à un statut spé­ci­fique en terme de pro­duc­tion du point de vue du CNC. On peut con­sid­ér­er qu’il cumule les ambi­tions esthé­tiques du long et les moyens de finance­ment du court. Com­ment définiriez-vous l’enjeu du fes­ti­val vis à vis de ce for­mat ?

Effec­tive­ment, cet entre-deux lui per­met de rassem­bler les qual­ités des deux for­mats. On retrou­ve plus aisé­ment dans le moyen métrage une forme de lib­erté à laque­lle la lour­deur de la recherche de finance­ment du long peut nuire. J’ai sou­vent con­staté qu’on entre dans un moyen métrage comme dans un long, car les cinéastes n’y sont pas tenus à l’efficacité du court.

La poli­tique du CNC en matière d’aide à la créa­tion du court métrage est réelle, mais le prob­lème du moyen relève surtout de la dif­fu­sion. Sébastien Bail­ly et Katell Quil­lévéré ont créé le fes­ti­val autour du con­stat que les moyens métrages étaient sou­vent les films qu’ils trou­vaient les plus intéres­sants, mais qu’ils se heur­taient à de graves prob­lèmes de dif­fu­sion. Trop longs pour être dif­fusés dans des pro­grammes de courts, ils sont sou­vent con­sid­érés comme trop frag­iles pour faire leur place dans des com­péti­tions de longs. Leur durée restreint naturelle­ment leur pro­por­tion dans les sec­tions courts métrages des fes­ti­vals. Fort heureuse­ment, il existe des excep­tions. Je me sou­viens notam­ment d’Olivier Père pro­gram­mant un film de Yer­vant Gianikian et Angela Ric­ci Luc­chi d’1h05 à la Quin­zaine des Réal­isa­teurs.

Le fes­ti­val a été créé pour offrir une réponse à ces écueils de dif­fu­sion. La vie a été dure très longtemps pour ces films là, et le fes­ti­val a large­ment con­tribué à leur don­ner une vis­i­bil­ité autant qu’une recon­nais­sance, notam­ment cri­tique. L’action a été très vertueuse : beau­coup de fes­ti­vals con­sacrent doré­na­vant une sec­tion au moyen, des cas­es sur les chaînes de télé sont apparues, l’édition DVD s’est mul­ti­pliée, autant que les sor­ties en salles. Mais dans ce qui reste reste un com­bat à men­er, les dis­trib­u­teurs sont de plus en plus frag­ilisés : com­bi­en de temps les dis­trib­u­teurs comme Shel­lac ou Potemkine qui font un tra­vail for­mi­da­ble vont-ils pou­voir encore se per­me­t­tre cette prise de risque ?

La SRF qui a créé et organ­ise le fes­ti­val s’est tou­jours battue con­tre le for­matage qui tue la créa­tion. L’ambition de ces Ren­con­tres a tou­jours été de met­tre ces films sous les yeux des spec­ta­teurs, des cri­tiques, puisqu’il s’agit d’un mail­lon essen­tiel pour la recon­nais­sance te la décou­verte de nou­veaux tal­ents. C’est un moment clé de la car­rière des cinéastes. Avant sa créa­tion, les moyens métrages étaient des films qu’on ne voy­ait pas unique­ment pour des raisons de for­mat. Rap­pel­er la richesse de ce for­mat dans toute l’histoire du ciné­ma con­tribue à le met­tre en valeur.

Le fes­ti­val a été créé par la SRF, mais il s’appuie aus­si sur le finance­ment des col­lec­tiv­ités ter­ri­to­ri­ales. Quelles sont leurs attentes en matière de fréquen­ta­tion ?

Les attentes ne se traduisent pas sous forme d’une exi­gence d’une fréquen­ta­tion, mais plutôt celle d’un dynamisme à faire vivre la ville, le départe­ment la région, d’une volon­té d’offrir richesse cul­turelle sup­plé­men­taire aux citoyens de ces ensem­bles là. Dans cette optique, l’initiation au ciné­ma et la trans­mis­sion au jeune pub­lic sont portés par un Pôle d’éducation à l’image très act­if, Les Yeux verts. Le Lycée d’Arsonval com­porte une sec­tion audio­vi­suelle très dynamique, qu’on suiv­ie d’ailleurs Sebastien Bail­ly et Héli­er Cis­terne. Ce mail­lage du ciné­ma au sens large qui va jusqu’au tra­vail d’accueil du bureau des tour­nages donne un con­texte très favor­able à la cinéphilie qui s’appuie sur le tra­vail fait au Rex par Bernard Duroux qui est un exploitant incroy­able.

La fréquen­ta­tion du fes­ti­val évolue et pro­gresse chaque année pour s’établir à 7200 spec­ta­teurs sur cinq jours les dernières années. Cela reste un fes­ti­val qui cherche à met­tre en valeur des auteurs courageux, ambitieux. Pas for­cé­ment grand pub­lic, mais je pense qu’il ne faut jamais pré­sup­pos­er de ce que peut être la ren­con­tre entre un film et un pub­lic. Garder une ligne édi­to­ri­ale forte reste une pri­or­ité.

Les fes­ti­vals, en plus de faire décou­vrir des films, con­stituent des lieux d’échanges sur le ciné­ma entre les cinéastes et le pub­lic, mais aus­si entre pro­fes­sion­nels. Quelle place comptez-vous accorder à la parole ?

À la Ciné­math­èque française, j’ai tra­vail­lé pen­dant dix ans au ser­vice de l’action cul­turelle à organ­is­er des ren­con­tres avec ceux qui font le ciné­ma (les cinéastes, les acteurs, les tech­ni­ciens, les com­pos­i­teurs de musique de film) et à créer des moments d’échanges et de réflex­ion autour de leurs films. Pour moi, ce moment de défense des films par les auteurs est fon­da­men­tal. Ces ren­con­tres exis­taient déjà dans le fes­ti­val, mais j’ai eu envie de les ren­forcer, notam­ment en allongeant les créneaux des séances pour per­me­t­tre un temps de débat plus long. D’autant plus pour des films dont le for­mat fait qu’ils seront peu vus ailleurs, il est indis­pens­able de créer les meilleures con­di­tions qui soient de ren­con­tre avec le pub­lic. Il faut que le fes­ti­val soit un écrin, et la parole des cinéastes con­tribue à faire de la ren­con­tre de leurs films avec le pub­lic un moment clé. Dans une sélec­tion aus­si resser­rée, les vingt-deux films choi­sis ne sont pas noyés dans la masse, ils sont très vis­i­bles. Ces deux aspects font que lorsqu’un film est sélec­tion­né à Brive, cela lui donne une cham­bre d’écho. De plus l’effervescence du fes­ti­val est con­cen­trée dans un lieu, ce qui facilite les échanges : les réal­isa­teurs sont très acces­si­bles.

Mais la parole passe aus­si par d’autres formes de ren­con­tres, comme la table ronde con­sacrée à la ques­tion de la dif­fu­sion, la mas­ter-class autour de la musique de film à laque­lle je tiens énor­mé­ment, ou la ren­con­tre entre réal­isa­teurs sans la médi­a­tion d’un cri­tique, con­fig­u­ra­tion de parole très chère à la SRF. Céline Sci­amma a choisi cette année de dia­loguer avec Pierre Sal­vadori. C’est un moment impor­tant et sin­guli­er, c’est pourquoi j’ai tenu à le pro­gram­mer au cœur du fes­ti­val.

Enfin, nous pro­posons une mas­ter-class sur la pro­duc­tion des moyens métrages. Cette année, nous avons invité le GREC qui aide à l’écriture des pre­miers films. À par­tir de la pro­jec­tion de Tant qu’il nous reste des fusils à pompe, film réal­isé par de très jeunes cinéastes, et qui a con­nu un très beau par­cours en fes­ti­vals, il s’agira de faire le réc­it de l’aventure de sa pro­duc­tion. C’est à dire savoir com­ment ça se passe du moment où on écrit son pro­jet, com­ment s’échafaude un film, quelles sont les con­traintes, com­ment on les détourne, etc. pour. J’ai envie qu’année après année, ce ren­dez-vous donne à com­pren­dre la spé­ci­ficité de l’expérience de la pro­duc­tion du moyen métrage. La présence de ces pro­fes­sion­nels est très impor­tante pour moi : c’est elle qui garan­tisse que les films puis­sent être repérés.