Retour sur la nature duale des images du 11-Sep­tem­bre à l’aune d’une scène de Matrix Reloaded.

Le 11-Sep­tem­bre a eu lieu deux fois. Événe­ment fondé sur le dédou­ble­ment et la répéti­tion, il a, au moment de son exé­cu­tion, été rejoué sur les écrans du monde entier, tout en rel­e­vant lui-même d’une opéra­tion en deux temps. Un avion entre dans l’une des Twin Tow­ers, et bis repeti­ta. L’horreur du choc est ampli­fiée par le rejeu d’une pre­mière défla­gra­tion jusqu’alors restée prin­ci­pale­ment hors champ[1], la portée sans précé­dent du 11-Sep­tem­bre rési­dant pré­cisé­ment dans la répéti­tion d’un crash. Stratégie de mise en scène : c’est parce qu’un pre­mier avion s’est écrasé dans la tour nord du World Trade Cen­ter, atti­rant les caméras en sa direc­tion, qu’a pu être dif­fusé, en direct, le sur­gisse­ment du sec­ond quinze min­utes plus tard. W. J. T. Mitchell, théoricien et icono­logue améri­cain, rap­pelle à ce sujet qu’a été émise, au moment des atten­tats, l’hypothèse selon laque­lle « le bref laps de temps entre le pre­mier et le sec­ond impact sur les tours jumelles avait été cal­culé pour max­imiser la cou­ver­ture médi­a­tique, puisqu’il était évi­dent que les objec­tifs du monde entier seraient braqués sur le World Trade Cen­ter immé­di­ate­ment après la frappe ini­tiale. »[2] Il s’agissait, en d’autres ter­mes, de répéter deux fois une même défla­gra­tion pour en mul­ti­pli­er les copies médi­a­tiques, et par exten­sion la portée plané­taire. Inscrit dans un cir­cuit de répli­ca­tion, le 11-Sep­tem­bre aura par la suite accouché de toute une série de dou­bles, dans des films rejouant plus ou moins explicite­ment la destruc­tion du World Trade Cen­ter – alors même que celle-ci sem­blait déjà recon­duire cer­taines images du ciné­ma améri­cain (Die Hard en tête). Tan­dis que l’industrie cul­turelle s’est donc occupée à exor­cis­er l’événement, en prenant bien sou­vent des chemins de tra­verse, c’est la crainte qu’il ne se repro­duise « pour de vrai » qui aura, pen­dant ce temps, motivé le déclenche­ment de guer­res au Moyen-Ori­ent et l’adoption de textes de loi sécu­ri­taires. Car, comme le rap­pelle Jacques Der­ri­da, « la médi­ati­sa­tion max­i­male était l’intérêt com­mun des organ­isa­teurs du “11 sep­tem­bre”, des “ter­ror­istes” et de ceux qui, au nom des vic­times, tenaient à déclar­er la “guerre au ter­ror­isme”. […] La vraie “ter­reur” a con­sisté, et elle a com­mencé là, à en expos­er, à en exploiter, à en faire expos­er et exploiter l’image par la cible même. »[3]

Cette répéti­tion des images de l’attentat par sa médi­ati­sa­tion fonde toute la thèse de Mitchell, qui s’interroge sur la col­li­sion, à par­tir du début des années 2000, entre la clono­pho­bie (la peur du clon­age et de la répli­ca­tion qui ali­men­ta, l’été précé­dant le 11-Sep­tem­bre, les débats socio-poli­tiques out­re-Atlan­tique) et la guerre con­tre le ter­ror­isme : « comme la ter­reur, le clon­age porte à un point extrême de vir­u­lence, de tox­i­c­ité et d’invisibilité sournoise la logique de l’image comme fig­ure de la ressem­blance, de la simil­i­tude et de la copie. »[4] Il avance à ce sujet que la liq­ui­da­tion des deux tours jumelles, avec « leur mon­u­men­tale dual­ité, leur gémel­lité [et] leur statut de clones archi­tec­turaux »[5], a quelque part été l’incarnation par­faite de ce tour­nant sym­bol­ique et iconologique. Une lec­ture dans le sil­lage de celle qu’a pro­posée Jean Bau­drillard du 11-Sep­tem­bre. Ce dernier affir­ma par exem­ple, dans le cas des Twin Tow­ers, que « cette symétrie par­faite et cette gémel­lité, qui est certes une qual­ité esthé­tique, mais surtout un crime con­tre la forme, une tau­tolo­gie de la forme, [entraî­na] la ten­ta­tion de la bris­er », avant d’a­jouter ensuite que « leur destruc­tion elle-même a respec­té cette symétrie : dou­ble impact à quelques min­utes d’in­ter­valle – sus­pense qui peut encore faire croire à un acci­dent, là encore c’est le deux­ième impact qui signe l’acte ter­ror­iste. »[6] Le philosophe ira encore un peu plus loin, avançant l’idée que le ter­ror­isme s’est man­i­festé à l’en­con­tre d’un monde de la copie et du con­formisme : celui de la glob­al­i­sa­tion et de la « vio­lence du mon­di­al » qu’incarnaient dans leur archi­tec­ture les deux tours jumelles[7]. Les atten­tats du World Trade Cen­ter auraient alors con­sisté à bat­tre à son pro­pre jeu (par le spec­ta­cle médi­a­tique d’une destruc­tion répétée)[8] le roy­aume hégé­monique de la copie con­forme. Ils auront, autrement dit, exac­er­bé l’existence d’un « affron­te­ment, presque anthro­pologique, entre une cul­ture uni­verselle indif­féren­ciée et tout ce qui, dans quelque domaine que ce soit, garde quelque chose d’une altérité irré­ductible »[9].

La stratégie fatale

Par­mi les films con­tem­po­rains des événe­ments du 11 sep­tem­bre 2001, Matrix Reloaded des sœurs Wachows­ki ne compte pas par­mi les plus cités quand il est ques­tion d’évoquer les échos, répons­es et autres avatars ciné­matographiques des atten­tats. Écrit avant mais tourné au même moment (à par­tir d’avril 2001, et jusqu’à l’année suiv­ante), le deux­ième Matrix dresse pour­tant, incon­sciem­ment ou non, de nom­breux ponts avec les ques­tions que posent la médi­ati­sa­tion des attaques du 11-Sep­tem­bre – sans compter les liens explicites tis­sés, en sym­biose ou en oppo­si­tion[10], par toute la trilo­gie avec la pen­sée de Jean Bau­drillard[11]. C’est notam­ment le cas d’une scène, qui ren­voie de manière par­ti­c­ulière­ment éton­nante aux atten­tats et à la destruc­tion des tours. À la fin de Reloaded, Neo fait la ren­con­tre de l’Architecte, l’entité infor­ma­tique ges­tion­naire de la Matrice qui, en plus de le con­fron­ter à un dilemme cornélien (sauver la femme qui l’aime ou assur­er la survie de l’humanité), lui révèle sa nature de pro­gramme. Ce qui s’y joue est typ­ique­ment bau­drillar­di­en : une vérité fatale est assénée à un indi­vidu débous­solé, dans une pièce dont les murs ne sont plus que des écrans où se dupliquent Neo, « The One », cloné à l’arrière-plan et piégé au cen­tre d’un miroir replié sur lui-même. L’Architecte con­fie que la créa­tion de Neo con­siste à assur­er le renou­velle­ment de la Matrice, qui intè­gre dans son fonc­tion­nement même le développe­ment de cette irrégu­lar­ité lui per­me­t­tant de se régénér­er au fil des soulève­ments, soit de se recharg­er de manière cyclique pour con­tin­uer de tourn­er. Élu par des croy­ants mais fab­riqué de toute pièces, unique mais copi­able à l’infini, Neo s’inscrit donc dans une boucle pro­gram­ma­tique para­doxale, pris dans l’éternel retour d’une révolte répétée à tra­vers le temps pour mieux ali­menter le sys­tème qu’elle com­bat et croit pou­voir abat­tre. C’est ce qui con­stitue la désil­lu­sion à laque­lle invite Reloaded, qui ferait presque pass­er le pre­mier Matrix pour un film un peu trop sim­ple et naïf : entre Neo et son enne­mi intime l’Agent Smith, il n’y a, à ce stade du réc­it, que peu de dif­férence. Tous deux ne sont que des copies vouées à men­ac­er le sys­tème, et à périr durant l’exécution de leur tâche, avant que le sys­tème ne fleurisse à nou­veau, expurgé des failles révélées par ses anti­corps. Osons le par­al­lèle : l’Agent et Neo seraient par-là les avatars d’une ère de la boucle, de la dupli­ca­tion infor­ma­tique, mais aus­si du ter­ror­isme au temps du tech­no-cap­i­tal­isme[12].

À pre­mière vue, rien de com­mun pour­tant entre la révolte cyberné­tique de Matrix et l’entreprise kamikaze des ter­ror­istes du 11-Sep­tem­bre. Les pro­jets sont rad­i­cale­ment opposés et l’on ne saurait rap­procher, idéologique­ment du moins, la rébel­lion à laque­lle aspirent les per­son­nages des Wachows­ki à la lutte armée menée par Al-Qaï­da au tour­nant du XXIe siè­cle. Le ter­ror­isme, pris en tant qu’acte de lutte poli­tique et idéologique par le recours à la vio­lence matérielle et psy­chologique, a cepen­dant tou­jours été présent dans la trilo­gie, depuis le pre­mier film, et pour­rait même con­stituer l’un de ses piliers sym­bol­iques[13]. Comme le rap­pel­lent les auteurs de Matrix, Machine philosophique : « le thème du ter­ror­iste est explicite dès les pre­mières scènes du film : Mor­pheus est décrit par les coupures de presse, puis par l’agent Smith lui-même, comme un dan­gereux ter­ror­iste, recher­ché par plusieurs pays. Le terme est celui qui con­vient, puisque les rebelles ne se con­tentent pas d’avoir recours à la vio­lence, mais font l’apologie de la vio­lence aveu­gle. […] Busi­ness­men, avo­cats, étu­di­ants : ils n’ont de virtuel que l’apparence, et der­rière cha­cun d’eux il y a un indi­vidu en chair et en os, branché de l’autre côté. Il n’empêche : ils font par­tie du sys­tème et cela fait d’eux des enne­mis (“That’s makes every one on them our ene­my”), ce qui sig­ni­fie con­crète­ment qu’on peut les sup­primer sans état d’âme. »[14] L’issue de la révéla­tion finale de Matrix Reloaded, proche des textes de Bau­drillard, qui con­sid­érait que l’opposition au sys­tème per­me­t­tait juste­ment son bon fonc­tion­nement, ren­force cette hypothèse. Alors que Neo décide d’ouvrir la porte qui le mèn­era vers Trin­i­ty et lui per­me­t­tra de rompre la boucle mor­tifère annon­cée par l’Architecte, son corps s’échappe de la pièce en s’envolant, pour­suivi par les flammes, avant de s’extraire d’un bâti­ment qui s’embrase lors de son départ. Le plan de la défla­gra­tion, filmée en con­tre-plongée comme depuis la rue, est on ne peut plus clair : reflet dif­forme des images du 11-Sep­tem­bre, il s’agit d’un trou­blant écho dont on s’étonne, pour un film sor­ti seule­ment deux ans après les faits, qu’il fig­ure un acte libéra­teur.

La suite est tout aus­si élo­quente : face à une audi­ence médusée (deux rebelles assis­tent, depuis leur écran d’ordinateur, à l’événement), Neo pour­suit sa tra­jec­toire, fen­dant la ver­ti­cal­ité dystopique d’une méga­lo­pole qui ressem­ble, à s’y mépren­dre, à la ville de New York. Comme un oura­gan né d’une vio­lente ren­con­tre avec le cœur déci­sion­naire du sys­tème, il emporte alors tout sur son pas­sage, fra­cas­sant les vit­res des bâti­ments aux alen­tours et bal­ayant les voitures garées en con­tre­bas. Ce qui pré­side à notre regard évolue ici à la lim­ite du per­cep­ti­ble et de l’imag­in­able, dans le flou d’un mou­ve­ment impos­si­ble : « What­ev­er it is, it’s mov­ing faster than any­thing I’ve ever seen », avouera l’un des per­son­nages spec­ta­teurs de l’exploit.

Que racon­te au fond cette séquence, réminis­cence visuelle et sym­bol­ique du 11-Sep­tem­bre la plus fla­grante de la trilo­gie ? Out­re la mise en scène d’une opéra­tion de sauve­tage – celle de Trin­i­ty, en chute libre après avoir sauté d’un immeu­ble, comme s’il s’agissait, en dépit du rejeu de l’explosion des tours, de ne pas repro­duire la tragédie des « jumpers » du 11-Sep­tem­bre –, elle fig­ure la tra­ver­sée d’un corps qui, à toute vitesse, refuse d’embrasser le spec­tre de la copie et du recom­mence­ment, brisant par son mou­ve­ment l’architecture d’un sys­tème indésir­able. La séquence met ain­si en jeu la ten­sion qui pré­side entre la mobil­ité et la fix­ité, l’ex­cep­tion et la règle, l’horizontalité d’un déchaîne­ment et la ver­ti­cal­ité du pou­voir, la sin­gu­lar­ité d’une exis­tence et la dupli­ca­tion pro­gram­ma­tique – autrement dit, la dif­férence et la répéti­tion. Autant de dynamiques opposées que la trilo­gie n’aura eu de cesse d’aborder sous un angle qua­si mythologique, pour mieux en nuancer les fonde­ments dichotomiques. Pen­sons notam­ment à la fin de Matrix Rev­o­lu­tions, qui voit Neo et l’Agent Smith s’affronter dans un duel allé­gorique entre le « Sin­guli­er » et le « Même » (le vis­age de l’Agent occupe, à ce moment-là, l’entièreté de la Matrice). Au bout du com­bat, il nous sera sug­géré, dans une ouver­ture qui refor­mule la pen­sée de Bau­drillard, que la bataille peut finale­ment s’arrêter, et la répéti­tion avec elle, à par­tir du moment où le Sin­guli­er (Neo) entre­prend de se fon­dre paci­fique­ment dans le Même (l’Agent) pour mod­i­fi­er le sys­tème de l’intérieur, quitte à pactis­er si néces­saire avec ses fig­ures d’autorité (l’Architecte et l’Oracle, qui à la fin du film s’entendent pour recharg­er la Matrice sous une autre forme). C’est la prin­ci­pale dif­férence, et non des moin­dres, entre d’un côté les per­spec­tives impéri­al­istes (du cap­i­tal­isme hégé­monique) et fon­da­men­tal­istes (du ter­ror­isme islamisme) qui ont con­join­te­ment « pro­duit » les atten­tats du 11-Sep­tem­bre, et de l’autre celles de la révolte mise en scène dans la trilo­gie des Wachows­ki, aux con­tours tout aus­si prophé­tiques et kamikazes, mais à l’horizon davan­tage réfor­ma­teur et volon­tiers utopique.

Notes

Notes
↑1 À l’exception de quelques images, par exem­ple les plans de l’attaque de la tour Nord dans New York : 11 sep­tem­bre des frères Naudet.
↑2 W.J.T. Mitchell, Cloning Ter­ror ou la guerre des images du 11 sep­tem­bre au présent, trad. Maxime Boidy, Stéphane Roth, Paris, Les Prairies ordi­naires, Penser/Croiser, 2011, p. 88.
↑3 Jacques Der­ri­da, « Auto-immu­nités, sui­cides réels et sym­bol­iques » in Jacques Der­ri­da, Jür­gen Haber­mas, Le con­cept du 11 sep­tem­bre. Dia­logues à New York (octo­bre-décem­bre 2001), trad. Syl­vette Gleize, Chris­t­ian Bouch­ind­homme, Paris, Galilée, p. 163.
↑4 W.J.T. Mitchell, Cloning Ter­ror ou la guerre des images du 11 sep­tem­bre au présent, op. cit., p. 124.
↑5 Ibid., p. 132.
↑6 Jean Bau­drillard, Pow­er Infer­no. Requiem pour les Twin Tow­ers. Hypothès­es sur le ter­ror­isme. La Vio­lence du mon­di­al, Paris, Galilée, 2002, p. 5.
↑7 À ce sujet, voir notam­ment le pas­sage con­sacré par Bau­drillard à l’architecture de New York dans Amérique, Paris, Gras­set, 1986, p. 22 : « Là s’engendre l’objet archi­tec­tur­al pur, celui qui échappe aux archi­tec­tures, qui nie au fond caté­gorique­ment la ville et son usage, nie l’intérêt de la col­lec­tiv­ité et des indi­vidus, per­siste dans son délire et n’a d’équivalent que l’orgueil des villes de la Renais­sance. […] [L’anti-architecture] s’est faite ici, toute seule, à New York, et sans con­sid­éra­tion de niche, de bien-être ou d’écologie idéale. Elle a joué des tech­nolo­gies dures, elle a exagéré toutes les dimen­sions, elle a par­ié sur le ciel et sur l’enfer… »
↑8 « [Les ter­ror­istes] ont tout assim­ilé de la moder­nité et de la mon­di­al­ité, sans chang­er de cap, qui est de la détru­ire. » Cf. Jean Bau­drillard, « L’esprit du ter­ror­isme », Le Monde, 3 novem­bre 2001.
↑9 Ibid.
↑10 Au sujet des rap­ports fluc­tu­ants que la trilo­gie entre­tient avec la pen­sée de Jean Bau­drillard, voir Cather­ine Con­sta­ble, « Bau­drillard Reloaded. Inter­re­lat­ing phi­los­o­phy and film via The Matrix Tril­o­gy », Screen, vol­ume 47, n°2, 2006, pp. 233–249.
↑11 Voir à ce sujet la con­férence de Jean-Bap­tiste Thoret au Forum des Images le 30 avril 2010, inti­t­ulée « À quoi pense le ciné­ma améri­cain lorsqu’il rêve de Jean Bau­drillard ? ».
↑12 C’était déjà, dans une per­spec­tive plus lit­térale encore, la han­tise de Fight Club de David Finch­er (1999), avec ses ter­ror­istes indif­féren­ciés et leur leader deux-en-un, sa cri­tique du con­sumérisme et de la numéri­sa­tion, mais aus­si sa scène finale en forme d’annonciation.
↑13 Rap­pelons au pas­sage une coïn­ci­dence que n’ont pas man­qué de not­er les con­spir­a­teurs de comp­toir et autres exégètes de la trilo­gie : la carte d’identité de Thomas Ander­son, alias Neo, affiche dans le pre­mier film sor­ti en 1999 une date d’expiration fixée au 11 sep­tem­bre 2001. À not­er égale­ment que le prénom « Thomas » provient de l’araméen « toma », qui sig­ni­fie « jumeau » (comme les tours), et que Reloaded mar­que aus­si l’apparition de deux antag­o­nistes jumeaux… Quoiqu’il en soit, parce qu’elle invite pré­cisé­ment à remet­tre en ques­tion notre per­cep­tion du vis­i­ble, la trilo­gie se prête bien à ce type de théories far­felues fondées sur une col­li­sion, plus ou moins for­tu­ite, entre plusieurs signes con­comi­tants.
↑14 Alain Badiou, Thomas Béna­touïl, Elie Dur­ing, Patrice Manigli­er, David Rabouin, Jean-Pierre Zarad­er (dir.), Matrix, Machine philosophique (2003), Paris, Ellipses, 2013, p. 242.